Global Garden - Actualité manga
Dossier manga - Global Garden

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Sommaire

Publié le Jeudi, 10 June 2010


L’écologie face à la science

 
Ne serait-ce que par le titre, on s’aperçoit tout de suite que Global Garden est un manga qui se portera sur l’écologie, la nature et l’importance de la préserver. Mais plus que les verdoyantes prairies, c’est la protection de la vie qui est ici en jeu. Einstein a dévasté des contrées, du moins le croit-il, indirectement et grâce à la bombe atomique lâchée sur deux villes japonaises. Cet acte d’une barbarie extrême a complètement retourné le jardin de la Terre, et l’arbre de vie s’est vu détruit de l’intérieur. Les homes se sont eux-mêmes condamnés à ce destin, et pourtant une poignée d’entre eux va rechercher la déesse capable de réparer leurs erreurs. On remarque bien que, si leurs efforts sont louables, c’est d’une entité supérieure et étrange que viendra le pouvoir de restaurer les racines de la Terre et de faire vivre à nouveau ce majestueux arbre monde. Mais une fois cette grande part de l’intrigue mise à part, il reste beaucoup d’empreinte écologique dans le manga. Le fait de permettre aux âmes de se reposer au Garden, par exemple, ou tout simplement l’attachement presque religieux de Ruika à tout type de jardin passant sous ses yeux. Haruhi aussi chérit l’endroit aménagé en hauteur d’un immeuble, où le calme se fait et où l’évasion est possible. La naissance de Ruika à partir d’une graine, la tristesse d’Einstein face à la catastrophe, les évolutions de la gardienne du Garden en fonction de ses émotions et des chances d’Yggdrasil de renaitre, tout se confond pour évoluer d’un même élan vers la concrétisation du dernier rêve d’Einstein : faire évoluer l’être humain pour lui enlever les pulsions destructrices dont Freud lui parlait, afin d’éradiquer les guerres de la surface de la planète et ainsi purifier le monde et permettre à l’arbre monde de vivre longtemps.

Mais face à ce bel idéal vient se forger toute l’importance des machines, notamment aux côtés d’Haruhi. Hikaru reste plus proche de l’essence même de sa mission tandis que son ancien ami d’enfance s’entoure d’expériences, de jeux avec la vie des gens, de tests et de prémonitions rendues possibles par quelques petites modifications applicables sur des enfants. La biologie, l’informatique, la médecine reprennent leurs droits en tant que créations de l’homme et donc connaissances nobles. Narada est l’incarnation même, pure et sans défaut, de cette technologie qui pousse les hommes à ronger leur propre planète, à détruire le sol sur lequel ils vivent et à évoluer toujours plus vers le progrès, sans plus de respect pour la vie humaine. Tout est bon, et même si le manga adopte toujours un ton plutôt décontracté, il n’en est pas moins que la narration tourne souvent autour d’expériences sur enfants. En les baptisant avec le sang d’Haruhi, les chercheurs en place condamnent quasiment toujours ces enfants à la mort, dans le seul but de faire évoluer l’espèce et de trouver un être capable de prédire l’avenir. Mais la science n’a pas que des défauts, puisque la technologie moderne est également utilisée au quotidien, simplement, pour améliorer la vie et le confort de tous. De là à dire qu’une machine à laver peut devenir dangereuse dans les mains de certaines personnes, il n’y a qu’un pas pour ce manga qui dénonce l’utilisation parfois obscure qui est faite de technologies au nom de l’évolution.

Toute la dualité paradoxale de ce manga est dans son rapport qu’elle entretient, dans un premier temps avec l’impact écologique de nos actes, dans un deuxième dans l’importance de la technologie pour évoluer. Ne faisant pas l’apologie de l’un par rapport à l’autre, la mangaka soulève cependant un point important qui est de comprendre que, si la nature n’a pas besoin des hommes et peut être juste ou non avec eux, la science ne se construit que grâce à eux et ses conséquences dépendent de l’usage qu’on en fait. Entre de mauvaises mains, la technologie sera mauvaise tandis que l’environnement n’a pas besoin d’aide pour punir ou sévir. C’est donc le contrôle qu’on exerce sur l’un et l’autre qui est habilement mis en exergue, notamment par Ruika. Elle est la gardienne du Garden, et ce dernier a besoin d’elle pour faire renaitre l’arbre de vie. Elle influe également sur la vie des hommes en approchant la nature, puisque le Garden lui offre un vœu ultime, tout en lui prêtant de la force pour réaliser, au fur et à mesure de l’histoire, les désirs impérieux de la jeune femme. La Terre possède donc sa conscience propre, sous la forme d’un arbre magistral et protecteur, et si elle peut être blessée par les actes humains, elle peut aussi se reconstruire à partir d’eux. L’interdépendance entre les deux plus grandes puissances de la planète est joliment soulevée ici, dans un débat assez intéressant entre le message écologique extrêmement fort contre la nécessité d’évoluer, de s’améliorer, en dépit parfois des grands principes de la vie …
 
 
 
 
 

GLOBAL GARDEN © 2001 by Saki Hiwatari / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

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