Dragon Ball - Partie 2 - Actualité manga
Dossier manga - Dragon Ball - Partie 2

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Publié le Vendredi, 05 May 2017


Les anime Dragon Ball et l’adaptation française


On ne pourrait éviter le sujet des adaptations animées de Dragon Ball sans évoquer les adaptations françaises. Il y beaucoup à dire sur les versions que nous avons connu dans l’hexagone, aussi bien à l’époque de Dragon Ball et Dragon Ball Z au Club Dorothée, que le doublage particulier de Dragon Ball GT ou encore le casting à moitié neuf que l’on connait depuis Dragon Ball Z Kai.

Ça n’est un secret pour personne, le doublage d’époque serait vu d’un très mauvais œil pour le spectateur découvrant l’anime aujourd’hui, sans connaissance des conditions de travail dans les années 80 et 90. L’adaptation laissait place à des choix parfois farfelus dans le changement des noms et des termes, Piccolo devenant, par exemple, Petit Cœur, les techniques changeaient de nom ou devenaient des cris, et les légendaires dragon ball furent appelée « boules de cristal », comme si justifier le titre de l’œuvre allait effrayer le jeune spectateur. Car si on peut destiner Dragon Ball à un lecteur jeune mais souvent adolescent, le cœur de cible du Club Dorothée était des enfants, la même tranche d’âge qui regarderait plus tard les Minikeums. Évidemment, des fans plus âgés regardaient aussi l’émission, aussi pour des séries comme Saint Seiya ou Hokuto no Ken, mais le fait est que l’enfant constituait la cible phare de Dorothée et ses camarades présentateurs.

Il y avait donc une volonté d’épurée le plus possible les têtes blondes d’époque dans les programmes du Club Dorothée. Du côté de la censure, de nombreux épisodes se voyaient amputés de séquences jugées violentes par des psychologues affiliés à l’émission. Pas étonnant, donc, qu’on se retrouve avec des combats à la narration parfois confuse, un personnage étant mort au plan suivant puisque la version française d’époque ne montrait simplement pas sa destruction. Si la pratique semble aujourd’hui incroyable de non-sens, bien que Toonami nous ait fait un remake des traditions d’époque dans la diffusion de Dragon Ball Super, non sans provoquer les heurs des fans, les équipes du Club Dorothée n’avaient pas vraiment le choix. Le manga et l’animation japonaise faisaient leurs entrées sur le sol français, ils étaient mal vus car affiliés au sexe et à la violence par les penseurs du moment, et se sont même attirée les foudre d’une personnalité politique bien connue : Ségolène Royale, et son « célèbre » livre Le Ras-le-bol des bébés zappeurs, sorti en octobre 1898. En pression du côté des associations et institutions et désaccords entre TF1 et le groupe AB, les jours du Club Dorothée et ses programmes semblaient en danger malgré l’incroyable popularité de l’émission et de ses dessins-animés.


De gauche à droite : Patrick, Jacky, Dorothée, Ariane et Corbier, les animateurs du Club Dorothée


Concernant l’adaptation de Dragon Ball et Dragon Ball Z en ce qui concerne le texte, c’est une autre histoire. Si à l’époque le doublage et l’écriture posaient énormément de questions, les nombreuses interviews des comédiens phares Patrick Borg (Son Gokû et Majin Buu), Brigitte Lecordier (Gokû, Gohan et Goten enfants, C-18, Trunks enfants et bien d’autres), Philippe Ariotti (Piccolo, Freezer et Babidi pour les principaux), Eric Legrand (Vegeta et Yamcha), Mark Lesser (Gohan adulte et Trunks du futur) et Céline Monsarrat (Bulma et Chichi) ont fait la lumière sur les points les plus obscurs de notre adaptation. A l’époque, le nombre d’auteurs sur les textes de la série était important et tous ne travaillaient pas ensemble comme c’est le cas aujourd’hui sur Dragon Ball Super, ce qui explique les traductions hasardeuses, les changements de termes selon les épisodes (qui ne se souvient pas de Kakarot qui devenait Cachalot dans les arcs cyborgs et Cell et dans le film 10 ?) et les nombreuses erreurs de traductions. Celles-ci changeaient parfois le sens de tout l’univers, l’exemple le plus connu étant le titre français du troisième film de Dragon Ball Z, Le combat fratricide, une erreur puisque Thales n’est pas le frère de Gokû mais une vision de ce que serait le personnage s’il avait suivi l’idéologie Saiyen.
Et autour du doublage à proprement parler, c’était souvent confus. Les épisodes devant être doublés à vitesse grand V, l’absence d’un comédien obligeait le regretté Pierre Trabaud, directeur artistique d’époque, à confier temporairement le rôle à ses camarades. Le casting était d’ailleurs en nombre très réduit et contraignait certains comédiens à endosser un nombre incalculable de figures secondaires. Néanmoins, si les textes, les censures et les changements de voix laissent croire à un doublage massacré jusqu’au bout, les comédiens se sont toujours montrés investis dans cette série, curieuse pour eux à l’époque, qu’étais Dragon Ball. Pour preuve, les voix des deux séries sont devenues mythiques, au même titre que les interprétations de Patrick Borg sur Son Gokû et ses Kame Hame Ha extraordinaires, ou celles d’Eric Legrand qui campe un Vegeta magnifiquement enragé, un professionnalisme d’autant plus important que l’acteur est totalement indifférent à l’animation japonaise.


De gauche à droite : Eric Legrand, Brigitte Lecordier et Céline Monsarrat


Aussi kitsch puisse paraître l’adaptation d’époque, elle n’en demeure pas moins légendaire aux yeux des fans. Pourtant, qu’en Dragon Ball GT sort de manière plus discrète, sur les chaînes câblées ainsi qu’en VHS, il y avait de quoi être surpris en attendant les voix, majoritairement nouvelles dans la série. Si les 3 premiers épisodes font participer Patrick Borg, Eric Legrand, Mark Lesser et Brigitte Lecordier, cette dernière se retrouve étonnamment seule sur le navire sur la suite de la série, enregistrant ses séquences sans ses camarades. Pierre Trabaud n’est plus directeur artistique, et le casting est essentiellement nouveau. Il donne aussi plus d’importance à Antoine Nouel, voix de renfort dans Dragon Ball Z qui incarne le nouveau Trunks adulte et dirigera les enregistrements des futures séries en France. La raison derrière ces changements est la grève de 1994 des comédiens, ce qui créa des tensions entre l’équipe initiale de Dragon Ball et Dragon Ball Z et la SOFI, la société qui dirigeait le doublage à l’époque. Bien que rappelés au départ, les voix chères à la série furent persona non grata, un événement qu’Eric Legrand relate dans un poste sur le forum de L’Union Sacré, site dédié à Dragon Ball.
Dragon Ball GT bénéficiait d’une direction artistique différente dans sa conception, aussi bien dans son ambiance que par ses compositions musicales nouvelles et sans liens avec les séries précédentes. Ajoutez à ça le changement drastique du casting, et on comprend pourquoi la série est très peu appréciée du public français…

En 2009, Dragon Ball Kai sort au Japon. La série arrive peu après en occident, sous le titre Dragon Ball Z Kai pour des raisons marketing, et impliquait un doublage français. La bonne surprise, ce sont les retrouvailles avec les grandes voix d’époque qui assurent de nouveau les rôles majeurs de l’anime. Malheureusement, Pierre Trabaud et Georges Lycan sont décédés, et nombre de personnages secondaires doivent trouver de nouvelles voix. C’est ainsi que de nouveaux comédiens, déjà connus dans le doublage français d’anime, entrent en scène dont Antoine Nouel qui devient le nouveau directeur artistique, Marc Bretonnière, Monique Nevers ou Gilbert Levy, bien que le spectre du professeur Mckey de South Park plane sur ce dernier. L’équipe reste intacte même à l’heure actuelle, le casting ayant réitéré sur Battle of Gods, La Résurrection de ‘F’ puis Dragon Ball Super. Il est alors amusant de constater que si à l’époque le peu de comédiens engagés forçait chacun à endosser de nombreux rôles secondaires, la pratique se répète puisque de nouveau, chaque comédien a à sa charge un nombre incroyable de figures mineures, un schéma que l’on retrouve dans la plupart des séries animées japonaises. Néanmoins, le fait que nous sommes dans les années 2010 et que la pop culture japonaise soit implantée en France et prise avec sérieux a son importance : l’adaptation bénéficie d’un meilleur soin et d’une plus grande fidélité à l’œuvre originale, notamment parce que Toei Animation veille au grain. Finalement, une adaptation authentique réunissant les voix d’époque encore disponibles concrétise le rêve de beaucoup. Reste certains choix sujets à débat, comme la traduction ou non des attaques selon l’œuvre, mais toujours est-il que la fidélité du texte est désormais au rendez-vous, et les comédiens se montrent toujours plus impliqués et proches de leurs fans grâce à l’expansion des réseaux sociaux. C’est ainsi que les acteurs sont davantage au courant de Dragon Ball par leurs fans plus que par les contrats qu’on leur propose. Lors de l’annonce du film La Résurrection de ‘F’ en France, en juin 2015, Eric Legrand fait part d’une possibilité de l’absence du casting d’antan. Mais hors de question pour les passionnés de la série, aussi les protestations font du bruit sur la toile, et le résultat est celui qu’on connait aujourd’hui, pour le plus grand plaisir de tous.

Le support physique à de multiples sauces


Étant donné le succès des séries Dragon Ball sur le Club Dorothée, et notamment de Dragon Ball Z, il était impossible qu’une commercialisation des épisodes ne soit pas envisagée en France. A l’heure où il est normal de trouver facilement des coffrets DVD intégrales de séries populaires, c’était une toute autre histoire dans les années 90

 C’est AK Vidéo qui détenait une part droits d’exploitation vidéo des deux séries. Mais dans un premier temps, la politique d’édition privilégiait des segments inédits des anime, des éléments nouveaux qui pousseraient les fans, et surtout les parents d’enfants, à la consommation. Ce sont d’abord les 3 premiers films de Dragon Ball, les 9 premiers films de Dragon Ball Z et les TV-Spéciaux Le Père de Son Gokû et L’Histoire de Trunks qui furent concernés par cette politique éditoriale. Concernant les VHS autour de DBZ, on les trouvait sous deux formes au milieu des années 90 : en cassettes-vidéos vendues à l’unité en magasins, chacune contenant un film (renommés OAV à l’époque pour leur sortie directe en vidéo chez nous, ce qui continue d’induire certains fans en erreur sur la terminologie des productions), et via une collection disponible en kiosques, chaque numéro contenant deux films. Notons que la politique se reproduira quelques années plus tard, en 1998 plus précisément, peu avant la célèbre victoire de la France sur le Brésil lors de la Coupe du Monde de Football. A cette période, le Club Dorothée n’existe plus depuis un peu moins d’un an, et la diffusion de Dragon Ball Z fut interrompue à 18 épisodes de la fin, alors que Gokû et Vegeta venaient d’entrer dans le corps de Majin Buu. Les fans d’époque étant frustrés de ne pas connaître la fin de la série, AB et TF1 Vidéo répliquent en proposant une collection de 6 VHS de trois épisodes chacun. Et comme pour les films, une série distribuée en kiosques voit le jour, chaque numéro proposant 4 épisodes sur deux cassettes-vidéos. Mais le cinquième et dernier volet ne pouvant contenir que les deux derniers épisodes, l’ultime VHS comble le trou en proposant le treizième film, L’Attaque du Dragon, toujours notifié en tant qu’OAV. La politique d’édition en kiosque ne sera pas abandonnée. Un an plus tard, en 1999, les débuts de Dragon Ball Z ont droit à leur propre collection, toujours dans une formule de deux cassettes de deux épisodes par numéro. La série s’arrête vers les débuts de l’arc Freezer.




C’est vers la fin des années 90 que Dragon Ball et Dragon Ball Z ont droit à des éditions VHS plus complètes. Par son label vidéo, Mangas propose des coffrets de huit cassettes de trois épisodes chacune pour les deux séries. Mais contrairement aux éditions kiosques, ces éditions sont vendues à prix forts et restaient destinées aux bourses les plus épaisses. Pour Dragon Ball GT, les volumes unitaires étaient privilégiés, logique pour la plus courte des séries Dragon Ball.

Outre le fait que ces éditions étaient un peu plus anarchiques dans leurs formes comme dans leur rythme de sortie, c’est la qualité du contenu qui laisserait à désirer aujourd’hui. Avoir à portée de main certains épisodes étaient un plaisir difficile à comprendre à l’heure où les coffrets DVD sont monnaie courante, aussi chaque VHS s’appréciaient malgré le fait que les épisodes soient en version censurée, et les génériques présents étant ceux chantés par Ariane, ou les versions karaoke des thèmes de Hironobu Kageyama, faute de droits.

Pour revenir sur les films, seuls les 9 premiers furent proposés directement en VHS, les quatre suivants ayant eu les honneurs des salles obscures françaises, mais dans ses conditions toujours aussi curieuses. En 1995, une long-métrage sobrement intitulé « Dragon Ball Z : Le film » sort dans les cinémas de l’hexagone. Ce dernier, divisé en deux « époques », réunit les films 12 et 13, fluidifiant le tout en apportant au douzième métrage la bande originale du treizième, et en censurant notamment l’apparition d’un dénommé Hitler, évidemment tourné en ridicule dans la version d’origine. Il faudra attendre bien plus tard pour avoir accès au film 12 de manière intégrale.
Rebelote en 1996, un « Dragon Ball Z : Le film 2 » sort au cinéma, regroupant toujours en deux époques deux films, en l’occurrence les métrages dix et onze qui manquaient encore à l’appel et permettaient de retrouver l’antagoniste Broly. Les deux films sortent plus tard en VHS, puis en DVD, en tant que films indépendants, jamais affiliés aux 9 précédents.




Avec l’apparition du support DVD, de nouvelles possibilités s’ouvrent à Dragon Ball. Au fil des années, les trois séries paraissent en DVD unitaires, contenant uniquement la VF censurée d’époque, chaque volume contenant six épisodes puis beaucoup moins pour des raisons inconnues. Il faudra ainsi 25 DVD à Dragon Ball, 70 à Dragon Ball Z et 16 à Dragon Ball GT pour paraître sous cette forme. Plus tard, des coffrets esthétiquement plus propres et permettent d’acquérir la série sous de meilleures conditions.

En 2007, AB reprend les choses en mains et exauce le souhait de nombreux fans : rééditer les anime dans de plus belles éditions, et surtout dans des versions remasterisée et intégrales, sans censures. Cette politique démarre par une réédition de l’intégralité des films et TV-Spéciaux des trois séries en deux coffrets, seuls manquent les OAV. En 2009, une réédition des séries en coffrets regroupant les épisodes, en versions intégrales et avec génériques d’origines, a lieu. Au final, Dragon Ball Z est édité en trois coffrets, un par saga, et Dragon Ball en deux. Dragon Ball GT n’aura jamais eu les honneurs d’une version digne de ce nom car trop boudé par le public français.




AB poursuit sur cette forme pour les 98 épisodes de Dragon Ball Z Kai, édités en deux coffrets en 2012. En 2015, Kazé reprend les rênes de la saga en proposant d’abord le film Battle of Gods en DVD et Blu-ray. Quelques mois après, l’éditeur réédite les débuts de Dragon Ball Z Kai sur les deux supports, et poursuit avec l’édition de la deuxième partie, celle sur la saga Majin Buu, éditée en deux coffrets. Fin 2015, l’éditeur édite le film La Résurrection de ‘F’, très peu de temps après la sortie du Blu-ray au Japon. Avec l’édition de produits dérivés comme des agendas, tout porte à croire que Kazé est maintenant le fier détenteur des droits vidéos Dragon Ball. Un stealbook regroupant les deux derniers films en date et les OAV Osu ! Kaete Kita Gokû to Nakamatachi et le remake du Plan d’Anéantissement des Super Saiyen est prévu. Mais rien n’indique encore que l’éditeur se chargera de la totalité des films, ni de Dragon Ball Super, malgré la présence de nombreux indices…


  
  
  



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