Dragon Ball - Partie 2 - Actualité manga
Dossier manga - Dragon Ball - Partie 2

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Publié le Vendredi, 05 May 2017


L’adaptation fleuve made in Toei

Du 26 février 1896 au 31 janvier 1996, soit sur dix ans, les quarante-deux tomes du manga d’Akira Toriyama connaitront une adaptation sans interruption à travers 444 épisodes divisés en deux séries animées qu’on ne présente plus, Dragon Ball puis Dragon Ball Z. Si désormais des séries fleuves comme One Piece ou Naruto ont largement dépassé ce nombre d’épisodes, une telle durée restait plus exceptionnelle à l’époque puisque même Saint Seiya (104 épisodes) et Hokuto no Ken (152 épisodes pour les deux premiers anime) n’avait pas atteint un tel chiffre, eux qui représentaient aussi des séries de poids pour la revue Shônen Jump. Et comme nombre de séries du genre, DB et DBZ devaient se calquer sur la version manga, ne pas trop marquer d’écart et se montrer le plus fidèle possible. Nous connaissons le résultat puisque les deux séries transpirent les ambiances connues dans le manga, Dragon Ball se consacrant à l’aventure avec humour tandis que Dragon Ball Z arbore régulièrement des auras épiques, voire dramatiques.




Mais malgré toute la volonté de fidélité de la part de Toei Animation, la fresque animée Dragon Ball a dû se confronter à un souci qui concerne la plupart des anime fleuves adaptant une œuvre papier : le fait de rattraper la parution japonaise. C’est ce qui a abouti à la création de nombreux scénarios et arcs de remplissage, rendant la saga parfois très longue. Dragon Ball n’en a que peu fait les frais et les épisodes dits fillers, ceux qui ne viennent pas de l’intrigue originelle, sont plutôt rares. En revanche, Dragon Ball Z s’oriente presque d’emblée vers ce choix, rallongeant d’abord toutes les phases de transition comme l’entraînement avant la bataille contre les Saiyan, et en vient même à inventer des suppléments aux batailles clefs de l’histoire. Le résultat est assez clair quant aux rajouts qui ont été faits, puisque ce sont 291 qui adaptent les tomes 17 à 42 du manga d’origine, soit 26 tomes. Ce sont ainsi ces fameux rajouts qui ont contribué à la réputation de l’anime au point que celle-ci soit parfois moquée, chaque fan rira donc lorsque l’on évoque l’interminable affrontement contre Freezer dans la première adaptation…

Finalement, la meilleure idée de Takao Koyama, scénariste de l’anime, fut peut-être l’insertion d’arcs inédits entiers. Parmi eux, l’arc Garlic qui concerne les épisodes 108 à 116 de Dragon Ball Z, une partie qui venait se greffer au tout premier film du cycle Z. Ainsi, ce sont des personnages emblématiques inédits à l’anime qui ont été introduits par Toei Animation, par exemple Gregory, la cigale de Kaioh, qui n’existe pas dans l’œuvre manga.
Quand on parle des anime Dragon Ball et Dragon Ball Z, il convient aussi d’évoquer quelques noms sur les créations musicales. Dans un premier temps, difficile de passer à côté du nom de Shunsuke Kikuchi, le compositeur des différents morceaux que les plus nostalgiques des spectateurs ont connu sur des œuvres phares des années 70 à 90, citons par exemple Goldorak (UFO Robot Grendizer) Doraemon ou Dr Slump. On reconnait aisément sa patte musicale à base de percussions et instruments à vent, donnant lieu aussi bien à des musiques enjouées qu’inquiétantes en ce qui concerne la saga Freezer, ou endiablées pour les différents thèmes de combat.A côté de lui, Hironobu Kageyama est très connu pour avoir poussé la chansonnette sur la majeur partie des thèmes chantés de l’anime et ses déclinaisons. De Chala Head Chala à We Gotta Power en passant par les génériques des films, impossible pour tout amateur de culture pop-japonaise de ne pas pouvoir fredonner un des morceaux qui ont marqué plus d’une génération. A ce titre, notons que l’artiste ne chante plus pour Dragon Ball depuis le changement de production musicale qui tend à promouvoir des artistes méconnus, un système marketing qui trahit peut-être l’esprit épique sonore de Dragon Ball.


Dragon Ball GT, la suite décriée

L’anime Dragon Ball, dans son ère des années 80 et 90, ne s’est pas arrêté à la fin de Dragon Ball Z qui correspondait pourtant au dernier tome du manga. Au contraire, Toei Animation met en chantier une suite en 64 épisodes : Dragon Ball GT. Le concept même vient contredire le titre de la série, précédente, Dragon Ball Z dont la lettre finale, la dernière de l’alphabet, était une volonté d’Akira Toriyama de signifier la dernière série DB. GT et Super auront évidemment démontré que cette volonté n’a plus beaucoup de légitimité. Concernant le titre, l’explication la plus courante précise que les lettres G et T sont les abréviations de « great touring », symbolisant le grand voyage qui attend Gokû et les siens.




Avec 64 épisodes, DBGT est la série la plus courte de la franchise. L’œuvre se place véritablement à part dans toute la licence Dragon Ball, aussi bien sur ses concepts que sa forme ou son ambiance. En effet, la série, scénarisée par Aya Matsui, se démarque d’abord par la volonté de présenter un Gokû enfant appuyé davantage par la nouvelle génération que par ses acolytes que furent Vegeta ou Piccolo. Aussi, la dimension voyage est plus présente puisque tout son premier arc est une aventure à travers l’espace qui rappellera, entre autre, l’ambiance des premiers moments du manga. Et les clins d’œil au récit d’Akira Toriyama, Dragon Ball GT n’en manque pas puisque ses différents concepts cherchent à s’appuyer sur des éléments de Dragon Ball, parfois oubliés depuis un certain temps. GT marque ainsi un retour de la forme gorille des Saiyan ou encore du peuple Tsuful, ceux qui furent anéantis par la race de Gokû autrefois. En somme, la série ne manque pas d’idées, certaines sont même très originales par rapport à l’univers et aux codes, mais elle n’a pas su séduire son public.
Dragon Ball GT est ainsi le vilain petit canard de toute la saga Dragon Ball et ses choix sont souvent cible de moqueries de la part de fans, certains reniant même la série en bloc. Heureusement pour eux, l’arrivée de Dragon Ball Super a rendu cette suite non canonique, figurant alors en tant qu’univers alternatif uniquement destiné à nourrir le marchandising et les jeux-vidéo. Mais ne sommes-nous pas face à une certaine injustice ? Car Dragon Ball GT est loin d’être la série à jeter que nombre de fans de la franchise tendent à présenter, au contraire. On peut alors retenir de cette série une identité et de bonnes idées qui pâtissent malheureusement de développements scénaristiques faiblards, et surtout d’un traitement maladroit des personnages, aussi bien alliés qu’antagonistes.
Et outre le fond de la série, c’est la forme qui a contribué à la rendre si mal-aimée. Nous parlions de l’ambiance musicale de Dragon Ball et Dragon Ball Z, si adulée par les adorateurs de la fresque, celle-ci change radicalement dans le chapitre GT. Shunsuke Kikuchi laisse sa place à Akihito Tokunaga, un compositeur peu connu bien qu’il ait participé à quelques projets importants. Nous retenons de ses pistes une certaine douceur et des morceaux plus orchestraux mais dont l’aura diffère complètement des pistes entendues jusqu’à présent sur la saga. C’est peut-être l’absence de morceaux épiques qui empêche chacun d’avoir une mélodie de Dragon Ball GT à fredonner… En revanche, certains génériques teintés de l’ambiance des années 90 font date, et c’est même l’un des rares points où GT fait l’unanimité…
Ratage total pour certains, œuvre particulière pour d’autres, Dragon Ball GT est à part dans la saga Dragon Ball. Dans tous les cas, la série fait office de curiosité au sein de la franchise et est donc à regarder pour ce qu’elle est, à savoir une suite alternative qui a tenté de nouvelles orientations. Que l’on ait aimé ou non la série, la nostalgie nous pousse alors à lui garder une petite place dans notre cœur…
  
  
  


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