Dossier manga - Dragon Ball - Partie 2

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Sommaire

Publié le Vendredi, 05 May 2017


Les œuvres cinématographiques, OAV et TV spéciaux


En parallèle aux trois premiers séries télévisées, la saga Dragon Ball est très connue pour ses films, à tel point que quelques personnages s’avèrent aussi emblématiques aux yeux des fans que les grands ennemis inventés par Akira Toriyama. Entre 1886 et 1996, ce sont dix-sept moyens-métrages et longs-métrages qui sortent dans les salles obscures. Il convient alors d’insister sur la notion de film puisque ces productions sont souvent appelées en France, à tort, OAV. Il faut dire que dans l’hexagone, ces métrages étaient proposés en direct-to-vidéo, exception faite des films 12 et 13 puis 10 et 11 de Dragon Ball Z qui furent assemblés pour des projections en salles en 1995 et 1996. Mais au Japon, les films Dragon Ball et Dragon Ball Z étaient projetés dans différents cinémas de l’archipel, à travers un événement nommé le Toei Anime Fair. Étant donné la durée moyenne de chaque métrage, oscillant entre 40 et 65 minutes, l’événement proposait au spectateur différents films autour des grandes sagas d’animation réalisées par la Toei comme Dragon Ball bien évidemment, mais aussi Saint Seiya ou Digimon. Notons que le Toei Anime Fair a pris fin en 2002, faute de succès commercial.

Il est intéressant d’analyser les procédés qui entourent les films de Dragon Ball et ceux de Dragon Ball Z. Pour la première partie de la saga qui comporte quatre productions, il ne s’agit que de réécritures des débuts du manga, tout en incluant des aventures inédites. Le film quatre, L’armée du Ruban Rouge, est lui réalisé pour les dix ans de la franchise, en 1996, et arbore le début de Dragon Ball avec l’esthétique de Dragon Ball GT, il conclue alors le grand cycle des diffusions ininterrompues de films DB qui a duré dix ans. Concernant Dragon Ball Z, la stratégie est plus raccord avec la dimension nekketsu de la série puisque chaque histoire cherche à faire le parallèle avec un élément de l’intrigue des épisodes diffusés en parallèle à la sortie du film. La chronologie des films DBZ suit donc celle de la série télévisée, partant de héros semblables à ceux qu’on connait dans l’arc Saiyan, avant de s’orienter vers les thématiques vues dans les sagas Freezer, Cell puis Majin Buu. Il est amusant de pointer les concepts que chaque film essaie de présenter pour accentuer l’aspect fan-service. Personne ne sera donc passé à côté du neuvième métrage qui, par son Gohan charismatique, voulait faire vibrer les spectateurs comme ils ont vibré en visionnant les épisodes liés au Cell Game.




Outre ces dix-sept film, il demeure deux longs-métrages supplémentaires mais ceux-ci s’ancrent dans une stratégie et un style totalement différent, un point de l’histoire de l’anime Dragon Ball sur lequel nous reviendrons dans la prochaine partie du dossier…

En parallèle aux films existent les TV-Spéciaux, des épisodes plus longs, spécialement prévus pour les petits écrans, et sont à part entière dans la saga imaginée par Akira Toriyama là où les films ne peuvent être considérés comme canoniques, soit parce que leur situation ne permet pas de les intégrer dans l’histoire, soit parce que ces intrigues n’ont pas été imaginées par le mangaka. Les TV-Spéciaux, eux, exploitent des idées qui apparaissent dans le canon du manga. Le premier d’entre-eux, Baddack contre Freezer, revient sur les origines du père de Son Gokû à travers un épisode intense et dramatique. Il est à noter que celui-ci a tellement plu à Akira Toriyama que le maître a dessiné un caméo du père de Gokû durant l’arc Freezer. Ainsi, les TV-Spéciaux et le scénario originel de Dragon Ball se font écho, L’Histoire de Trunks est alors une adaptation plus développée d’un court chapitre intitulé Trunks The Story - Tatta Hitori no Senshi, publié dans le trente-troisième tome du manga. Le dernier épisode spécial apparaît bien plus tard, en 2012, et s’avère être une adaptation du court manga de Naho Ôishi, mangaka à qui nous devons aussi Dragon Ball SD, intitulé Episode of Bardock, une intrigue officielle qui prend justement place après le premier TV-Spécial Dragon Ball Z, et éclaircit lui aussi un élément de l’histoire…

Du côté des OAV, le format concernant les productions directement destinées au marché vidéo, Dragon Ball a connu son lot d’adaptations. Concernant Dragon Ball, la première série, on notera en 1988 les métrages Gokû et la sécurité routière et Gokû le pompier, deux courts épisodes didactiques de 15 et 10 minutes destinés aux plus jeunes spectateurs.

Dragon Ball Z s’est montré plus riche en ce qui concerne les OAV. En 1992 sort l’épisode Réunissez-vous ! Le Monde de Gokû, un épisode interactif au cours duquel le spectateur doit répondre à des questions à l’aide du Terebikko, un appareil créé par Bandai, à l’apparence d’un téléphone pouvait être branché au téléviseur et servant sur les programmes spéciaux. C’est en 1993 que sort le premier OAV contant une véritable intrigue : Le plan d’anéantissement des Saiyen. En réalité, la production est dérivée du jeu-vidéo éponyme sorti instantanément au Japon, sur Super Famicom. Tout comme les films, l’histoire ne s’inclut pas dans le canon de la série, légitime puisqu’elle fait intervenir des antagonistes des dits films comme Cooler, Thalès et Slug. En France, l’épisode est resté inédit, mais pas son remake. Aussi, en 2010, l’épisode connait un remake, refait avec le style moderne de la série, et est offert en supplément au jeu Dragon Ball : Raging Blast 2, mais seulement en vostfr pour l’hexagone. Au Japon, l’OAV connaitra aussi une sortie DVD avec le TV-Special Episode of Bardock.




Reste alors un autre OAV sorti en 2008, pour célébrer les quarante ans du Shônen Jump à l’époque. Osu ! Kaette Kita Son Gokû to Nakamatachi !! est un épisode de plus d’une demi-heure qui permettait aux fans de retrouver toute la bande de la série en créant un tout nouvel allié : Tarble, le petit-frère de Vegeta, un être beaucoup plus pacifique que le Prince des Saiyen lui-même. Si à sa sortie l’épisode pouvait ne pas être considéré comme canon, le film Battle of Gods tournera les choses autrement en citant le personnage, le rendant ainsi légitime dans la chronologie de l’œuvre principale.


Le nouveau souffle de la saga…


Entre 1996 et 2013, Dragon Ball a connu une période d’accalmie presque ininterrompue. En effet, si quelques OAV ont permis au fans de profiter de petites doses ponctuelles supplémentaires, aucun projet d’envergure n’avait vu le jour… jusqu’à l’annonce d’une nouvelle série : Dragon Ball Kai.

Toei Animation désirait porter Dragon Ball Z en haute-définition et la proposer en Blu-ray mais tant qu’à faire, quitte à fêter les 20 ans de l’anime dignement. En avril 2009, Dragon Ball Kai montre le bout de son nez. Plus qu’une remasterisation de la série, la nouvelle série se veut plus fidèle au manga d’Akira Toriyama et se voit amputée de la quasi-totalité des scènes non issues de l’œuvre originale.
Dragon Ball Kai est diffusé en deux parties. La première, de 97 épisodes, condense les arcs Saiyen, Freezer, Cyborgs et Cell et est diffusée entre avril 2009 et mars 2011. Interrompue au moment de la catastrophe de Fukushima en mars 2011, l’épisode 98 qui traite du retour de Trunks du futur dans son époque est seulement distribué sur support vidéo. La série reprend en avril 2014 pour un arc décisif adaptant la saga Majin Buu. Au Japon, cette deuxième partie comporte 61 épisodes et amène la version nippone à 159 épisodes au total. En occident, la formule est différente. Les 98 épisodes paraissent en Europe et aux Etats-Unis (en France aussi, par conséquent), de manière fidèle, bien que renommée Dragon Ball Z Kai. En ce qui concerne la seconde partie, Toei Animation a traité celle-ci de deux manières. La version occidentale est ainsi nommée Dragon Ball Z Kai : The Final Chapters et conserve de nombreux épisodes fillers de Dragon Ball Z, notamment ceux autour de la scolarité de Son Gohan et de ses débuts en tant que Great Saiyaman, et d’autres passages au cours du Tenkaichi Budokai ou après la mort de Buu. 9 épisodes sont rajoutés dans la version occidentale, amenant notre monture à 167 épisodes au total. Le changement concerne aussi certaines musiques de la série. Exit Kuu-Zen-Zetsu-Go de Takayoshi Tanimoto, place à Fight It Out ! de Masatoshi Ono, chanteur du groupe de Métal japonais Galneryus. On devait aussi au chanteur le générique d’ouverture de la version 2011 de Hunter X Hunter, Departure !.

En terme de changements, Dragon Ball Kai se veut donc plus rythmé, nous épargnant des combats interminables. La série se fait vite remarquer, dans le mauvais sens du terme, pour ses légères censures, enlevant les blessures graves de la série et les effusions de sang, comme lors du combat contre Radditz au cours duquel Gokû en ressort avec un trou béant dans l’abdomen, qui ressemble davantage à une grossière brulure dans la version Kai.




Entre les deux parties de la série, un événement de taille a lieu : la mise en chantier d’un nouveau film Dragon Bal Z. Dragon Ball Z – Battle of Gods, quatorzième film officiel de la série, sort au printemps 2013 au Japon et en février 2015 en France. Contrairement aux productions précédentes, le film est supervisé par Akira Toriyama qui signe l’intrigue et les nouveaux personnages que sont Beerus, le dieu de la destruction, et Whis, son mentor. A l’époque de sa sortie, le film a rencontré un accueil critique mitigé de par son ambiance. Car contrairement aux précédents films, ce nouveau chapitre ne laisse que peu de place aux combats dantesques. L’humour se fait alors omniprésent, volonté d’Akira Toriyama de renouer avec la légèreté d’antan (ne serait-ce par le retour de Pilaf et sa bande) et pour Toei de s’adresser à un public plus familier avec des œuvres plus décomplexées comme One Piece. Outre cette facette, Battle of Gods, se distingue par le parti-pris de son intrigue. Nous n’avons donc plus affaire à un film essentiellement fan-service qui est un miroir aux quatre grands arcs de Dragon Ball Z, mais une histoire écrite par Toriyama qui s’intègre dans la chronologie officielle. Ce quatorzième film ne se contente donc pas d’être une histoire pouvant être vue et mise de côté, contrairement aux treize métrages précédents. Se déroulant quelques temps après l’arc Majin Buu, il préfère développer considérablement l’univers de Dragon Ball, faisait apparaître pour la première fois les termes de Dieu de la destruction, Super Saiyen Divin (ou Super Saiyen God en langue originale), ou le concept des douze univers parallèles. A l’époque, chacun pouvait y voir un moyen d’ouvrir une porte pour une potentielle trilogie de film voire une nouvelle série télévisée, et ils ne s’y seront pas trompé, 2015 apportant l’annonce de Dragon Ball Super…

Mais avant ça, en 2014, l’annonce d’un quinzième film Dragon Ball Z ne laisse personne indifférent. Comme une réponse aux fans qui regrettaient l’absence de menace dans Battle of Gods, cette nouvelle histoire, aussi écrite par Akira Toriyama, est d’abord présentée en parlant de la résurrection d’un personnage qui n’aurait jamais dû revenir… En avril 2015 sort ainsi La Résurrection de ‘F’ (Fukkatsu no ‘F’ en japonais), film qui faisait frémir les fans d’avance pour promettre le retour de Freezer. Les promesses de cette nouvelle histoire étaient fortes et le long-métrage était attendu, si bien qu’il a eu droit à différentes avant-premières françaises à partir de juin 2015, avant de bénéficier d’une sortie DVD et Blu-ray en novembre de la même année.




Scénaristiquement, La Résurrection de ‘F’ est à la fois fidèle et différent de Battle of Gods. Le ton du film se veut plus sombre et son rythme plus intense, faisant la belle part au combat. Si le quatorzième film présentait un univers étoffé par les nouvelles divinités présentées ou la légende du Super Saiyen Divin, ce quinzième métrage appuyait plus simplement les combats intenses, quitte à rendre incohérents les rapports de puissance. Pourtant, dans ses idées proposées, le film est dans la droite lignée de Battle of Gods dans l’extension de l’univers proposée depuis 2013 : le Super Saiyen Divin jouit d’une transformation, Beerus et Whis répondent de nouveau présent à l’appel en confirmant leurs liens avec l’univers d’origine, et même Jaco, héros du one-shot Jaco - The Galactic Patrolman paru en 2013 au Japon et en 2015 en France, obtient un rôle dans cette intrigue.

Mais Dragon Ball Z pouvait-il vraiment en rester là ? Quels enjeux pour cet univers nouvellement étendu ? Peu après la sortie de La Résurrection de ‘F’ au Japon, 2015 apportera sa réponse avec l’annonce de l’anime et du manga Dragon Ball Super. Mais ça, c’est une autre histoire…


Dragon Ball en prises de vue réelles


Le manga d’Akira Toriyama a eu droit a énormément de déclinaisons, y compris en romans jeunesses en France. Mais le pari le plus risqué, qui est longtemps resté un tabou, était celui du film en prises de vues réelles, incluant véritables acteurs et effets spéciaux.

Le projet maudit résultant de ce pari est désormais l’une des adaptations les plus décriées qui soient. Ce film, qui sonne comme un poisson d’avril pour sa qualité et sa date de sortie, a un nom : Dragon Ball Evolution. En achetant les droits du manga, la société 20th Century Fox pouvait être confiante grâce à l’équipe sélectionnée pour monter le projet. A la réalisation se montre James Wong, un cinéaste qui avait autrefois une bonne réputation pour avoir scénarisé et réalisé les épisodes un et trois de la saga horrifique Destination Finale ainsi que The One. Côté casting, des acteurs appréciés comme Chow Yun-Fat ou James Marsters laissaient croire à un projet qui pouvait se défendre… mais il n’en sera rien. A sa sortie, le film est incendié par la quasi-totalité des spectateurs qui, avec le recul, préfèrent prendre l’adaptation comme une blague qui fixe encore le plus bas niveau de qualité d’une œuvre Dragon Ball. Néanmoins, la colère des adeptes de la saga était si grand qu’en 2016, le scénariste Ben Ramsey fit son mea culpa, avouant avoir écrit le film pour la réussite professionnel et sans passion, une erreur qu’il comprend et regrette désormais selon ses dires.
Commercialement, Dragon Ball Evolution est aussi un échec. Son budget ayant été de 45 000 000$ sans prendre en compte les frais dédiés au marketing, il parvient juste à se rembourser avec ses 57 497 699$ aux box-offices. Le film ne verra donc jamais de suite, bien qu’une scène post-générique ouvrait une porte importante…




Mais les américains ne furent pas les premiers à proposer une adaptation live du manga de Toriyama. Si Dragon Ball Evolution est le premier film officiel, deux adaptations moins légales ont vu le jour auparavant. En 1991, une adaptation taïwano-philippine voit le jour. Dragon Ball – La légende des sept boules de cristal (ou Dragon Ball : Xīn qī lóng zhū Shén lóng de chuán shu en langue originale) est aussi sorti sous le titre Dragon Ball – The Magic Begins. Réalisé par Joe Chan, l’adaptation se fait connaître pour ses effets spéciaux à petit budget et ses péripéties cartoonesques qui rendent le film léger, à l’image de la première partie du manga dont il est inspiré. Et étonnamment, cela en fait une adaptation plus fidèle que Dragon Ball Evolution, un nanar pour son esthétique et son manque de moyens mais une monture que les fans apprécient pour ce côté low-cost. Le film a donc sa petite notoriété, si bien qu’une version remastérisée a vu le jour, avec ajout d’éléments 3D. Bien entendu, le tout est toujours aussi peu crédible, et le film n’a en rien perdu de son cachet dans cette remasterisation.

Reste alors un troisième et dernier film, moins connu car moins distribué. Dragon Ball - Ssawora Son o gong, Igyeora Son o gong (que l’on peut traduire par « Combat Son Gokû, Gagne Son Gokû ») est un adaptation d’origine sud-coréenne réalisée par Ryong Wang dont il est difficile de proposer des images officielles. Néanmoins, par les vidéos circulant sur la toile, il est facile de se faire un avis sur cette adaptation non-officielle mais hilarante pour sa volonté d’être fidèle au manga d’origine, quitte à proposer des costumes en carton dignes d’une fête foraine.




Il faut alors s’orienter vers les fans-films pour visualiser des projets qui cherchent à rendre honneur à la fresque Dragon Ball. Les adaptations amatrices se sont multipliées ces dernières années et certaines ont montrées des résultats convaincants pour des travaux de fans destinés aux fans. Nous retiendrons alors Light of Hope et The Fall of Men, deux projets de fans centrés sur l’histoire de Trunks du Futur, et The Legendary Warrior qui cible l’arc des Saiyen. Étant donné le fiasco de Dragon Ball Evolution, difficile d’imaginer un nouveau projet officiel, le film de James Wong ayant rendu Akira Toriyama très frileux. Néanmoins, avec la recrudescence d’adaptations live ces derniers temps, une nouvelle adaptation n’est pas à exclure totalement…
  
  
  



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