Comte Cain - God Child - Actualité manga
Dossier manga - Comte Cain - God Child

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Sommaire

Publié le Vendredi, 23 January 2009


Vers l’excellence graphique

                                      
C’est par cette série divisée en deux qu’on peut admirer l’évolution du style de Kaori Yuki en quelques années seulement. Kainé, one shot sorti récemment chez Tonkam, témoigne également de la fulgurante ascension de la mangaka dans la réussite graphique. Les Comte Cain, par exemple, sont pauvres en jeux d’ombres et lumières, les personnages se ressemblent sans réel charisme, aucune beauté, et de nombreux problèmes au niveau des visages notamment, qui sont très plats, avec un front parfois trop large. De plus, d’une histoire sur l’autre (notamment dans La Juliette oubliée), les adolescents aux cheveux noirs en bataille sont presque rigoureusement identiques ! Même le soin accordé aux costumes et aux décors est réduit (parfois vides, d’autres fois trop chargé …), et God Child est une véritable bouffée d’air frais dans les œuvres de jeunesse de l’auteur. Le dessin est très détaillé, par la suite, ce qui donne aux visages des expressions très réalistes et des décors splendides, ainsi que des robes d’époque finalisées avec style, sans jamais que l’on s’en lasse. Ainsi, surtout dans les deux premiers tomes de Comte Cain, on peine à reconnaître le héros … Qui devient mille fois plus séduisant et proche de son véritable rôle, dans God Child … On peut donc enfin voir la dimension particulière du personnage, à la fois charmeur, manipulateur et doucereux. Et l’on comprend mieux l’étrange pouvoir qu’il exerce sur les jeunes (et moins jeunes) filles ! 

Il est pourtant amusant de voir qu’elle a su faire quelque chose de plus … banal. Au fur et à mesure, Kaori Yuki a fait naître son style, et l’a imposé dès Angel Sanctuary, tout en le perfectionnant au cours du temps pour nous offrir aujourd’hui des images … A tomber par terre, il faut le dire ! Les yeux se sont allongés, les personnages masculins imposés, suivis de près par la gente féminine, et l’auteur a commencé à jouer sur la mise en page, sur le découpage, pour rendre le tout plus prenant et intéressant. Son style se fait plus sombre et charismatique, avec des visages soignés et expressifs. Elle aborde un nouveau genre, plus glauque et tragique, en jouant sur la fluidité acquise pour Angel Sanctuary. Je vous conseille donc, si vous commencez cette série, de débuter avec les séries de God Child avant de reprendre les 5 premiers. En effet, le dessin est tellement plus prenant … Et puis cette première série n’est pas nécessaire pour comprendre la suite, les rappels étant fréquents. Après, vous serez peut être déçus de revenir aux premières trames maladroites et brouillonnes … Mais au moins, pas découragés par celles-ci dès la première lecture !

God Child est sans contexte reconnu pour être l’apogée du style gothique et sombre de Kaori Yuki qui, ayant besoin de s’en affranchir, a fini par alléger ses trames et réduire la cadence niveau perfection dans ses autres œuvres. Ainsi, les OS sortis peu après sont certes magnifiques, mais vides de cette ambiance particulière que l’auteur a su insuffler à cette série, et avec un peu moins de charisme offert à chaque personnage. Pourtant c’est ainsi que naît la capacité de Kaori Yuki d’adapter son style au genre qu’elle veut développer dans une série. Ce trait graphique est la base de son succès, par l’imagination qu’elle éveille chez le lecteur au fur et à mesure des trames, le laissant savourer chaque détail, chaque émotion qu’elle sait si bien faire passer par les expressions de ses personnages. En résumé, un beau témoignage de l’évolution de l’auteur, de son parcours et de sa réflexion sur ses personnages.
                      
                     
      
      

Conclusion

                                                             
Même si cette double série possède quelques aspects du shojo, il ne faut pas le voir comme tel. Cela reste un manga inclassable, dans la lignée «gothique» de Kaori Yuki … C’est d’ailleurs cette série qui fera prendre tout son sens au style de cette mangaka de talent, et c’est là qu’on perçoit la finesse de son imagination et de son trait de crayon. Les personnages sont travaillés, et les premières intrigues des 5 premiers volumes sont largement exploitées par la suite à travers divers épisodes, passionnantes et émouvantes à la fois … Peu à peu, l’histoire se met en place pour laisser place à une réelle réflexion sur les motivations des protagonistes! God Child s’impose donc comme une digne suite des Comte Cain, tout en surprenant par l’évolution de l’artiste. La narration prenante et l’idée originale font de ce manga une série à ne pas manquer, qui peut se résumer en trois mots: Du grand art!

Mise en ligne le 21/01/2009.
Mise à jour le 29/02/2012.
 
 
Fiche de la série: Comte Cain
Fiche de la série VO: Hakushaku Cain vo
Fiche de l'auteur: Kaori Yuki
 
 

Dossier réalisé par NiDNiM


© Kaori Yuki/HAKUSENSHA Inc.

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