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Présentation
Comment tout a commencé...
Mikan et Hotaru ont toutes les deux 10 ans. La première est une fonceuse à moitié hystérique et complètement débile, tandis que la deuxième est pourvue d'une inexpressivité et d'un flegme qui confinent parfois au sadisme. Tout, dans leur caractère, les oppose. Et pourtant, Mikan et Hotaru sont le parfait exemple du fait que les opposés s'attirent, puisqu'elles sont les meilleures amies du monde.
Jusqu'au jour où Hotaru part à Tokyo pour l'Académie Alice, un lieu mystérieux où est rassemblée l'élite de l'élite de la nation, et strictement interdit au public. D'abord désabusée par le déménagement de sa meilleure amie, Mikan finit par lui pardonner quand elle découvre la raison première qui l'a poussée à accepter d'entrer dans cette académie vue comme une véritable prison. Il n'en faut pas plus à cette petite boule d'énergie pour laisser derrière elle son grand-père seul avec une lettre d'adieu dans le but de rejoindre à son tour l'étrange Académie Alice... Qui sait, peut-être possède-t-elle, elle aussi, l'un de ces mystérieux pouvoirs pouvant lui ouvrir les portes de l'académie ?
Cela, elle le découvre bien assez tôt, mais quand elle finit par entrer en tant qu'élève dans l'académie, Mikan a encore fort à faire ! Trouver sa place au sein de sa classe, se faire accepter par ses camarades, s'adapter aux règles extrêmement strictes de l'académie, apprendre à contrôler son pouvoir...
A force d'optimisme et de bonheur lié à ses retrouvailles avec Hotaru, Mikan ne baisse pas les bras, finit par se faire une place. Et pourtant, quelques signes inquiétants font vite leur apparition autour d'elle. Tout le monde n'aime pas l'Académie Alice, et quand les plus sombres facettes de l'établissement lui-même commencent à se révéler, Mikan ne fait là que ses premiers pas vers d'autres révélations loin d'être gaies, et où elle finira par avoir le premier rôle, fruit d'un destin cruel.
Résultat d'un savant mélange d'humour idiot, de mystères et d'un brin de romance propre à nombre de shôjo, le tout dans un cadre scolaire rendu très vivant et attachant par de nombreux (très nombreux) personnages tous hauts en couleurs et bien exploités, L'Académie Alice, qui n'a pourtant en apparence rien de bien inventif quand on lit le synopsis, va développer un univers impressionnant, extrêmement riche et cohérent en tous points, et bien plus sombre qu'on ne l'aurait cru au premier abord., tombant même volontiers dans le déprimant sur les derniers volumes parus.
Une oeuvre finalement unique, que nous allons développer ici plus en détails tout en prenant soin de ne pas révéler des événements importants, et en espérant vivement intriguer les lecteurs qui ne connaissent pas encore la série.
Fiche signalétique
L'Académie Alice (Gakuen Alice / 学園アリス ) est un shôjo manga de Tachibana Higuchi, prépublié depuis fin 2002 par les éditions Hakusensha au sein du célèbre magazine Hana to Yume, pilier du genre qui a vu passer ou voit encore passer dans ses pages de jolies références : toutes les oeuvres de Natsuki Takaya, l'auteure de Fruits Basket et Twinkle Stars, mais également celles de Saki Hiwatari (Global Garden, Reincarnations – Please save my Earth...), de Kaori Yuki (Angel Sanctuary, Comte Cain, The Royal Doll Orchestra...), d'Aya Kanno (Otomen, L'empreinte du mal...) ou encore de Hisaya Nakajo (Parmi eux) ou de Yoshiki Nakamura (Skip Beat!).
Le premier volume rélié est sorti au Japon en février 2003. Depuis, la série paraissant dans le Hana to Yume à un rythme mensuel, les volumes sont sortis à un rythme d'un tome tous les 4 mois environ, avec de temps en temps quelques variations pouvant faire varier le rythme des sorties entre 3 et 6 mois. Tant et si bien qu'au jour de publication de ce dossier, le nombre de volumes parus est de 25. Le tome 25 est sorti le 20 septembre 2011.
Il faut également savoir que Higuchi Tachibana a annoncé fin 2010 que la série entrait dans son dernier arc avec le chapitre prépublié dans le Hana to Yume #2 du 20 décembre 2010.
L'édition
En France, ce sont les éditions Glénat qui s'occupent de publier les volumes de la série, et ce depuis le 3 octobre 2007, date de sortie du premier opus.
Par la suite, l'éditeur a conservé un rythme de parution d'un volume tous les deux mois en dehors de quelques rares écarts, jusqu'à la sortie du volume 23 en août dernier. La parution japonaise étant à présent quasiment rattrapée, le rythme de sortie est d'ores et déjà destiné à se ralentir et le tome 24 n'est guère prévu avant le 8 février 2012.
Avouons-le d'emblée, la qualité d'édition est sans doute le plus gros défaut de L'Académie Alice, un comble !
Si la qualité d'impression et le papier utilisé ne sont pas exécrables, ils ne sont pas non plus impeccables pour autant.
Du côté de la traduction, la traductrice Anne-Sophie Thévenon, qui est loin d'être une novice puisqu'elle a déjà travaillé sur des oeuvres de tout autres genres comme Berserk, Bleach, Reborn, Les Gouttes de Dieu ou encore Dance in the Vampire Bund, a ici bien du mal à s'adapter totalement à la série. Si, par exemple, l'humour et les différents caractères des personnages ressortent fort bien, on ne peut pas en dire autant des phases de dialogues et de pensées plus poétique sou mélancoliques, qui possèdent une traduction malheureusement poussive et pas toujours très claires à cause, par exemple, de morceaux de phrases ne s'enchaînant pas de manière cohérente d'une bulle à l'autre.
Mais le pire reste à venir. Régulièrement, la version française laisse passer des coquilles grammaticales ou orthographiques assez gênantes, et, plus honteux encore, l'adaptation graphique et le lettrage offerts par GB One sur les premiers volumes sont d'une horreur sans nom. Régulièrement, des coquilles assez incroyables se glissent au niveau des choix de police, les inversions de bulles ne sont pas rares et rendent régulièrement certains dialogues à la limite de l'incompréhensible, si bien que le confort de lecture en souffre beaucoup. Fort heureusement, après un peu plus d'une dizaine de volumes, GB One a cédé la place, et si le travail effectué reste reprochable, il s'est tout de même amélioré.
Dans les très bons points, on notera les excellentes couvertures, dont les fonds ont été bien retravaillés par rapport à la version japonaise, le tout pour un rendu vraiment sympathique. Mais ce n'est là qu'une maigre consolation pour une édition en dessous des qualités montrées par la série.
Et ailleurs ?
La série est également publiée dans plusieurs autres pays, dont, notamment, l'Espagne par Glénat Espagne, mais également l'Amérique du Nord par feu Tokyopop, qui n'a donc malheureusement pas pu aller au bout de la parution, stoppée après 16 volumes.
Autour de la série
La série animée
Comme beaucoup de mangas connaissant un franc succès, une adaptation animée, conçue par le studio Group TAC (Ceux qui chassent des elfes, Grenadier, Baki, Touch...) et sur laquelle Tachibana Higuchi s'impliqua elle-même, vit le jour alors que la version papier était encore peu avancée.
Au niveau du staff, on retrouve des noms plus habitués à d'autres postes. Ainsi, le réalisateur, Takahiro Omori, est plutôt un habitué du poste de directeur de l'animation, poste qu'il a tenu, par exemple, sur certains films de Kimagure Orange Road et Urusei Yatsura, ou encore sur Koi Kaze. Il en est de même pour Yoshiaki Ito, directeur de l'animation sur Silent Mobius entre autres, et improvisé ici character designer.
Diffusés sur la chaîne japonaise NHK entre le 20 octobre 2004 et le 14 mai 2005, les 26 épisodes constituant cette version animée ne reprennent que les 5 premiers tomes du manga, ce qui amène donc la conclusion de l'anime au beau milieu de l'arc de Z, le premier grand arc du manga.
Inutile de préciser, dès lors, que cette adaptation animée est à prendre comme une introduction au manga... Mais parvient-elle seulement à remplir ce rôle ?

Cette adaptation animée démarre de la même manière que le manga. On découvre en Mikan une héroïne dont la vivacité n'a d'égale que la débilité, ce qui promet d'emblée une belle ambiance, surtout quand Mikan est associée à une Hotaru au caractère lui aussi fidèle à celui du manga : flegmatique, un peu sadique et manipulatrice, tout simplement irrésistible.
Par la suite, pas question pour cette adaptation animée de s'écarter des premiers volumes du manga. Si l'on constate quelques variations sans grosses conséquences, comme un plus fort développement de certains passages ou quelques ajouts, à l'image du robot à l'effigie de Mikan que crée Hotaru, les principaux événements liés à l'intégration de Mikan dans l'académie et à ses premiers pas dans celle-ci sont repris dans l'ordre. Ainsi retrouve-t-on, par exemple, l'escapade dans la forêt, la folle partie de balle au prisonnier, la pièce de la marchande d'allumettes ou encore la fête de l'école, cette dernière occupant d'ailleurs une bonne partie de la série, le tout au service d'une histoire qui se met en place en présentant les particularités de l'académie, en introduisant de nombreux personnages hauts en couleurs, en intriguant d'emblée au sujet du mystérieux Natsume Hyûga, en dressant les débuts d'un triangle amoureux, et en montrant les prémisses des dangers qui guettent l'académie avec l'entrée en scène de l'organisation terroriste Z.
En prenant en compte tout cela, il devient alors d'autant plus dommage de voir la série s'arrêter au beau milieu d'un arc qui met tant de choses importantes en place. En effet, ne comptez pas avoir une vraie conclusion au sujet de l'organisation Z, ni même une vraie conclusion tout court, puisque celle-ci, s'écartant du manga à partir de l'épisode 23, reste très ouverte, mais à néanmoins le mérite de mettre en avant l'un des grands thèmes du manga : l'amitié indéfectible liant Mikan et Hotaru. C'est d'ailleurs là le plus gros point positif de l'anime au niveau des grands thèmes du manga. Au fil des 26 épisodes, la belle amitié entre les deux jeunes filles, portée par la sincérité de chaque instant de notre héroïne et l'aspect plus distant et froid de Hotaru, est joliment mise en avant dans sa force et ses contrastes.
Qu'on se le dise, au vu des pistes qui restent toutes totalement ouvertes, cette adaptation animée est réellement à voir comme une introduction à l'univers du manga, qui deviendra une étape obligatoire pour quiconque souhaitera en découvrir plus... si tant est que cette adaptation animée parvienne à réellement éveiller en vous une quelconque curiosité. Car ce n'est pas sûr que cela soit le cas.
La faute à quoi ? Tout simplement à une réalisation relativement fadasse. En effet, il faut bien avouer que l'adaptation animée de L'Académie Alice souffre beaucoup sur ce point.
Le manque de rythme, tout d'abord, est assez flagrant. Là où le manga jouit d'un rythme soutenu, dynamique et fait ressortir parfaitement un humour débile hilarant, l'adaptation animée peine à suivre la cadence et s'avère globalement plus molle, sans être pour autant soporifique. Simplement, on trouve ici un ton beaucoup plus banal, dans la moyenne. Mais il faut également dire que le manga de Tachibana Higuchi possède tellement de petits plus en arrière-plan qu'il aurait fallu mettre les moyens pour le sublimer.
Et les moyens, c'est peut-être ce qui a manqué le plus à cette version animée. Entre une animation souvent très pauvre et répétitive et un design général inégal sur les personnages et basique sur le reste, on se retrouve avec une série finalement assez banale, pas déplaisante mais manquant de peps. Et chacun se fera son avis sur le chara design et sur les couleurs, globalement chaleureux, mais réussissant l'exploit de rendre l'ensemble plus enfantin que le manga, ce dernier étant justement dans le fond bien moins enfantin qu'il n'y paraît.
En ce qui concerne le doublage japonais, on a droit à un travail soigné, porté par quelques jolis noms, dont, dans le rôle de Hotaru, Rie Kugimiya, doubleuse entre autres d'Alphonse Elric dans les versions animées de Fullmetal Alchemist.
En somme, sans que l'on passe un mauvais moment, difficile d'être pleinement satisfait par cette adaptation animée, qui remplit de manière un peu bancale son rôle d'introduction au manga. Après l'avoir vue, il est malheureusement loin d'être sûr que vous ayez envie de vous pencher sur le manga, et à vrai dire, commencer directement par ce dernier est sûrement la meilleure chose à faire. Quitte à revenir plus tard sur l'adaptation animée pour faire durer de manière artificielle le plaisir.
La série animée est sortie en France sou deux formes différentes : un coffret simple vostf en mai 2009, et un coffret collector vf/vostf en juillet 2011.
Du côté de l'édition collector, Déclic-Images nous gratifie d'un livret de 28 pages plutôt bien conçu, et d'un doublage en français, ce qui constitue un plus non négligeable pour quiconque souhaiterait montrer la série à des enfants. Toutefois, inutile de préciser que la version originale est infiniment meilleure, les voies françaises ne collant pas toujours aux personnages, ayant tendance à surjouer, et ayant un sérieux problème avec les prononciations, notamment en ce qui concerne la prononciation du nom de Luca/Ruka, qui pourra faire hurler les fans.
Pour le reste, on a droit à un packaging de belle facture : un digipack entièrement illustré aux couleurs de la série, contenu dans un fourreau cartonné aux reliefs dorés.
Produits dérivés
En plus de la série animée, d'autres produits dérivés du manga sont sortis au Japon.
Du côté du papier, signalons deux fanbooks : Gakuen Alice 7,5, sorti en mars 2005, et Gakuen Alice 25,5, paru le 20 septembre 2011. Ces véritables petits guides proposent un contenu varié : illustrations en couleurs, guides sur l'académie, guides sur les jeux vidéo inspirés de L'Académie Alice, présentations des personnages, interviews...
Sont également sortis deux recueils d'illustrations. Le premier, nommé Illustration Fun Book, a été publié au pays du soleil levant en mai 2007, et contient en majorité des illustrations en couleur. Mais on y trouve également des présentations de quelques goodies, et des petits strips humoristiques portant sur chaque personnage. Le deuxième artbook, quand à lui, est fraîchement sorti puisqu'il est paru le 20 octobre 2011.
La popularité de la série a également amené à la création de trois jeux vidéos d'aventure édités par Kids Station, et disponibles uniquement en import. Tandis que le premier des 3 a été lancé sur Gameboy Advance en novembre 2004, le deuxième est sorti sur PlayStation 2 en juin 2006. Enfin, le troisième jeu est paru en avril 2007 sur Nintendo DS.
Le bât blesse du côté des figurines, puisque les statuettes inspirées de la série se comptent aisément sur les doigts d'une main. La plus connue reste probablement celle de Mikan dans sa tenue d'écolière, sortie début 2008 par Happinet, et l'on ne peut pas dire que la réussite soit vraiment au rendez-vous.
Enfin, pléthore d'objets en tous genre sont sortis autour de la série au Japon : stylos, peluches à l'effigie du personnage de Bear, sacs, trousses, gants, papier à lettre, carnets, pochettes, straps, porte-clés, autocollants, ou même... un service à fondue ?! Qu'on se le dise, il y en a pour tous les goûts !
L'auteur et ses oeuvres
Tachibana Higuchi (樋口橘 ) est née le 16 mars 1975 à Kyôto. Elle est donc du signe du Poisson et de groupe sanguin A.

C'est en suivant des études supérieures à l'université dans le domaine artistique qu'elle commence à dessiner des mangas.
Si, dans un premier temps, elle n'exerce que pour son simple plaisir à travers de courts essais, c'est après avoir obtenu son diplôme qu'elle décide de tenter sa chance en envoyant à un éditeur une oeuvre complète.
Elle débute donc sa carrière dans le milieu du manga en 1996, avec la parution dans le mensuel Bessatsu Hana to Yume (un magazine complémentaire du Hana to Yume) de l'histoire courte 5 Gatsu no Sakura ( "les Cerisiers de Mai" ).
Par la suite, elle ne s'écarte pas du shôjo et reste chez Hakusensha. Elle publie en décembre 1999 Swan Lake, un recueil de trois nouvelles s'inspirant plus ou moins de contes de fées.
Dans l'histoire éponyme, Swan Lake, nous découvrons Nire, une jeune fille qui est vue comme parfaite par les autres, qui ne savent pas qu'elle est en réalité très pauvre. Son but dans la vie, épouser une homme riche et beau, un peu à l'image de Katsuragi, l'un de ses senpai. Nire, une étudiant fraîchement arrivé, parie avec ses amis qu'il parviendra à faire de Nire sa petite amie, mais finit par découvrir sa pauvreté. Il la fait alors chanter pour qu'elle sorte avec lui.

La deuxième histoire, Mermaid, nous présente Tajima, une princesse sirène qui a été transformée en bulle. Après plus de cent années passées à vivre ainsi, une sorcière lui propose de la transformer en humaine pour qu'elle puisse aller retrouver son prince, qui a lui aussi été réincarné en humain. Mais la sorcière déclare qu'en contrepartie, quand elle aura retrouvé son prince, elle se rappellera ses souvenirs de sirène mais ne pourra pas parler pendant une semaine. Pendant cette semaine, Tarima devra réussir à reconquérir son prince dans ses conditions, sinon elle redeviendra une bulle.
Enfin, l'héroïne de Frog Princess, Kikuhime, déteste les grenouilles. Un jour, elle tombe sur une grenouille qui parle et qui lui apprend qu'elle était autrefois un homme nommé Ukia mais qui a été maudit par une divinité pour avoir tué de nombreux animaux...
En 2000, Tachibana Higuchi entame toujours dans le Hana to Yume sa première série, M to N no Shôzô, une comédie romantique scolaire qui trouvera sa conclusion deux ans plus tard, à l'été 2002, après six volumes.

Mitsuru est belle, gracieuse et admirée de tous. Pourtant, elle a un petit problème pour le moins singulier : tout acte violent envers elle la rend totalement soumise et douce ! Son surnom, M, est également synonyme de masochiste.
Lors de son premier jour au lycée, Natsuhiko, un camarade de classe, découvre le secret de la jeune fille, mais lui-même a un sérieux problème : le simple fait de voir son portrait le pousse à se couvrir d'éloges tant il se trouve beau. Son surnom, N, est synonyme de narcissique.
Ensemble, ils décident de vivre leur vie lycéenne en essayant de minimiser les chances que l'on découvre leur problème. Mais bien évidemment, c'est pas gagné...
La série a eu droit à une édition en anglais chez feu Tokyopop.
Enfin, vient ensuite l'arrivée de L'Académie Alice, toujours en cours.
Dans une interview en anglais donnée à Tokyopop, Tachibana Higuchi est revenue brièvement sur les débuts de sa carrière et sur l'évolution de son style :
« J'ai d'abord soumis une histoire de manga un certain temps après avoir obtenu mon diplôme d'études secondaires. Avant cela j'ai étudié pour les examens d'entrée dans une université d'art, et en parallèle il m'arrivait de dessiner des mangas en quatre cases pour le plaisir.
Parce que je suis consciente du fait que je me suis réellement lancée dans le manga assez tardivement, je pense qu'au début ma progression sur les techniques de dessin et sur la narration a été rapide, que j'essayais systématiquement et de manière frénétique d'absorber tout ce que je pouvais apprendre de plus sur la création d'un manga. Ensuite, la sérialisation de l'histoire a commencé, et comme je faisais du zèle à cause des plannings de rendu des planches je pense que mes dessins ne se sont probablement pas beaucoup améliorés par rapport à avant. Mais au fil du temps, je pense que mes techniques narratives, elles, se sont améliorées en même temps que m'interrogeais sur la manière de capter l'attention des lecteurs et d'incorporer ce que ceux-ci recherchent dans une histoire. »
Personnages
En premier lieu, précisons que rarement un manga n'a été aussi riche en personnages, puisqu'au total, sans compter ceux qui sont vraiment anecdotiques, plus d'une cinquantaine de protagonistes sont mis en scène au fil de la série, quasiment tous ayant, à un moment ou à un autre, un rôle à jouer ou un petit développement fort appréciable.
L'une des grandes forces de Tachibana Higuchi est d'être parvenue à rendre l'ensemble de ces personnages tous très différents, aisément reconnaissables, hauts en couleurs, intéressants. Y compris les secondaires, de l'idiote et caractérielle Sumiré Shoda à l'irrésistible taquin Kokoroyomi, du sévère professeur Jinno au gentil professeur Nodachi, des trois mystérieux directeurs du primaire, collège et lycée au petit Yoichi, en passant par la princesse de glace Nobara, le sympathique délégué trouillard Yû Tobita ou la jolie Misaki Harada.
La présentation d'autant de personnages pourrait à elle seule prendre tout un dossier et révélerait à coup sûr des événements importants de l'histoire. Aussi, ici, nous nous limiterons aux présentations primordiales.
Mikan Sakura

Elevée par son grand-père depuis qu'elle est toute petite, Mikan, 10 ans, n'a jamais connu ses parents. Cette petite boule d'énergie, aussi idiote que franche, voue un véritable culte envers sa meilleure amie, Hotaru. Aussi, lorsque Hotaru part pour l'Académie Alice, elle a vite fait d'aller la rejoindre. Là-bas, rien ne sera simple pour elle, surtout au début, car elle devra redoubler d'efforts pour être acceptée par les autres et pour apprendre à contrôler son alice. Mais sous ses airs d'idiote et de naïve, Mikan possède d'incroyables qualités de coeur, un optimisme, une jovialité et une persévérence remarquables, qui auront vite fait de changer en profondeur tout son entourage. Elle possède l'énigmatique alice d'annulation, au coeur de bouleversants événements dont elle sera l'enjeu dans la suite de l'oeuvre.
Hotaru Imai

La meilleure amie de Mikan a pourtant une personnalité totalement opposée. En apparence froide, distante, peu communicative, elle prend également un malin plaisir à taquiner son entourage en le faisant chanter, par exemple, ce qui ne cesse de créer des situations cocasses. En plus de faire d'elle la meilleure élève du primaire, convoitée et vénérée par tous les richissimes entrepreneurs, son alice de l'invention, qui lui permet de mettre au point n'importe quelle création et même les plus saugrenues, lui permet surtout de s'enrichir continuellement sur le dos des autres.
C'est au fil des volumes que l'on apprend à mieux connaître cette jeune fille incroyablement attachante, tant elle cache ses véritables sentiments derrière son caractère, que ce soit vis-à-vis d'un grand frère dont elle fait la connaissance à l'académie, ou de son amitié pour Mikan, aussi puissante que celle de Mikan pour elle, mais qui s'exprime simplement d'une manière différente, plus maladroite, moins franche. Tout comme Mikan, c'est une jeune fille de coeur, et Mikan ne se doute d'ailleurs peut-être pas à quel point elle peut compter pour elle.
Natsume Hyûga

Ce jeune garçon est le premier élève que rencontre Mikan quand elle arrive à l'académie, et l'on ne peut pas dire que cette rencontre se fasse dans la dentelle, puisque Natsume cherche alors à fuir en vain l'académie, puis s'irrite face à Mikan qu'il n'hésite pas à embêter d'une manière très rentre-dedans. Le ton est donné, et lorsque Mikan fait connaissance avec sa classe et y retrouve Natsume, tout porte à croire que l'ambiance ne cessera jamais d'être électrique tant le jeune garçon se montre antipathique avec cette boule de bonne humeur.
Mais Natsume n'est pas comme ça par gratuité. Meurtri au plus profond de lui-même, jouet d'un destin cruel au coeur d'une académie qui l'exploite ouvertement pour de sombres besognes, il a juré de ne plus accorder à personne son amitié, hormis à Luca, son ami de toujours.
De ce fait très mâture mais toujours renfrogné, ce jeune garçon faisant partie de l'élite de l'académie est craint et respecté de tous à cause de son puissant alice du feu, ce qui n'empêche pas quelques-unes des filles les plus idiotes du primaire d'avoir créé un fan-club en son honneur et en celui de Luca.
Pendant longtemps dans la série, Natsume est le personnage le plus énigmatique, tant il semble porter un lourd fardeau sur ses jeunes épaules. Mais alors qu'il se montre si agressif envers Mikan, qui comprend très vite qu'il n'a pas un fond si mauvais que ça puisqu'il s'occupe notamment de Yoichi, un gamin de 3 ans, celle-ci pourrait-elle parvenir à percer sa coquille ?
Luca Nogi

Ce petit blondinet métis (son père est japonais et sa mère française), meilleur ami de Natsume, montre au départ le même type de caractère que ce dernier : froid, peu aimable. Mais dans son cas, le masque tombe très vite, dès que l'on découvre son attachement hystérique pour tous les animaux mignons. S'il devient si gaga envers les animaux, c'est également parce qu'il possède l'alice des phéromones animales, qui lui permet de communiquer et de s'entendre avec toutes les bêbêtes à poils, à plumes ou à écailles.
Par honte et par gêne, il a toujours peur d'être surpris dans ses phases "gaga", mais dès que Mikan perce son secret à jour, le voici affublé du surnom de Luca-Piou, ce qui, il faut l'avouer, lui va comme un gant tant ce jeune garçon se montre choupi et attachant.
Mais Luca-piou n'est pas seulement adorable, et il va vite commencer à ressentir pour la vive Mikan des sentiments qu'il peinera à cacher, ayant tendance à devenir rouge comme une tomate dès qu'elle apparaît, des sentiments que seule notre idiote d'héroïne ne remarquera pas. Mais c'est avant tout son amitié avec Natsume qui prime. Une amitié vieille de plusieurs années, une amitié difficile tant Luca souffre de voir Natsume se replier sur lui-même et renvoyer une image négative de lui. Une amitié qui pourrait bien le pousser à s'effacer face à Mikan, pour le bien de son ami...
Narumi Anju

Ce beau blond est le professeur principal de la classe B du primaire, soit la classe qu'intègre Mikan. C'est d'ailleurs lui qui repère en Mikan un alice et demande à ce qu'elle intègre l'académie. Se présentant comme un jeune homme chaleureux et bienveillant envers ses élèves, il prend également un malin plaisir à se mettre en valeur, et peut se montrer très excentrique et ambigu, ce qui est d'autant plus le cas qu'il possède l'alice des phéromones humaines, qui lui permet de séduire n'importe qui par simple toucher !
Mais n'allez pas croire pour autant que le personnage est frivole ! Son rôle de professeur devant protéger ses élèves lui tient particulièrement à coeur, et nous comprendrons beaucoup plus tard pourquoi. Quand Mikan va mal, il lui propose de l'appeler "papa" pour la rassurer, et c'est également lui qui désigne notre héroïne et Natsume partenaires, car il a conscience que Mikan a le potentiel pour faire changer Natsume.
Surtout, on découvre au fil des volumes que Narumi cache derrière son sourire enjôleur de profondes douleurs passées et une missions ardues, le tout directement lié à Mikan. Loin de se limiter au rôle d'enseignant-protecteur, il laisse planer longtemps autour de lui un passé douloureux et mystérieux.
Tsubasa Andô

Ce collégien est le leader de la classe des pouvoirs spéciaux. D'un naturel assez franc et naturel, il prend sous son aile Mikan dès qu'elle débarque dans la classe, et devient donc son premier senpai, et le plus important. N'hésitant pas à réconforter la jeune fille et à lui servir de confident, il a un peu pour elle le rôle d'un grand frère.
Du haut de son statut de collégien, il remarque rapidement les sentiments naissant entre Mikan, Natsume et Luca, et va se poser volontiers dans un rôle intermédiaire pour les taquiner et tenter de les pousser à réagir, ce qui aura surtout pour effet d'horripiler Natsume, alors même qu'il a lui-même bien du mal à avouer ses sentiments pour Misaki Harada, son amie avec laquelle il forme un duo inséparable, et qui est bien l'une des seules contre qui il n'ose pas se rebeller. Balancé dans la classe des pouvoirs spéciaux parce qu'il possède l'étrange alice des ombres, il a tendance à se résigner face aux médisances des autres élèves qui voient cette classe comme le classe-poubelle de l'académie. Mais dans son cas aussi, Mikan pourrait bien avoir un rôle à jouer en lui prouvant qu'à force de persévérance, on peut faire bouger les choses et changer les mentalités.
Bear

Une présentation des principaux personnages de L'Académie Alice ne serait pas complète sans évoquer Bear, qui, sans être un personnage de premier plan, peut être considéré comme la mascotte de la série, comme en témoigne son apparition au dos de la couverture de chaque tome.
Vivant au fond de la forêt en ermite, Bear n'est rien d'autre qu'un... ourson en peluche, auquel son créateur, à l'aide de son alice, a insufflé la vie.
D'un naturel misanthrope et très agressif, il n'accorde son amitié à personne sauf à son créateur, et seul Tsubasa peut le contrôler, car il est un bon ami de celui qui lui a insufflé la vie. Bear a vite fait de prendre tout particulièrement en grippe cette chère Mikan, qui en a longtemps un peu peur, avant de découvrir son passé.
Car oui, si Bear est la mascotte de la série et n'est qu'un ourson en peluche, Tachibana Higuchi ne va pas l'oublier pour autant et va développer également chez lui un passé et un présent tristes, directement rattachés à l'indéfectible lien avec son créateur, lien qui va en plus de ça montrer qu'il est bien loin d'être si méchant que ça et peut même être très attendrissant. Quand on vous dit que Tachibana n'oublie aucun personnage !
Persona

En charge de la classe des pouvoirs dangereux et de ce fait de Natsume, Persona est un jeune homme ô combien énigmatique, en charge de quelques-unes des plus sombres affaires de l'académie.
Se présentant comme un homme peu scrupuleux, il n'hésite pas à faire de cruels chantages envers ses élèves, dont Natsume, pour les garder sous son contrôle. Rendu sinistre par un physique ténébreux, un masque et de nombreux bijoux scellant un alice réputé comme extrêmement dangereux, il suscite la crainte chez tout le monde, y compris chez Natsume.
Très énigmatique pendant longtemps, Persona est le premier vrai "méchant" apparaissant dans les rangs mêmes de l'académie, mais nous découvrirons qu'il n'est lui-même que le jouet d'un ennemi bien plus dangereux qui le manipule depuis des années. Dans les derniers volumes parus, il est l'un des personnages les plus mis en avant, via la découverte des horribles années passées de son existence qui ont directement influé sur sa mentalité d'aujourd'hui, et via son lien fort avec la collégienne Nobara Ibaragi, seule fille de la classe dangereuse.
Yuka Azumi

Membre de l'organisation criminelle anti-alice Z, Yuka Azumi est une jeune femme qui, à première vue, n'a qu'une importance secondaire quand on fait sa connaissance. Mais c'est mal connaître Higuchi Tachibana, qui ne va alors cesser, par la suite, d'intriguer le lecteur autour de ce personnage. Prenant son importance un peu plus tardivement dans la série, il semblait pourtant primordial de la présenter brièvement, car son passé extrêmement tragique et les interrogations sur son compte sont à l'origine de tout. Quel est donc ce passé si terrible ? Quel est son lien avec Mikan ? Comment s'est-elle retrouvée dans l'organisation Z ?
Longtemps mystérieuse même si l'on cerne rapidement certaines réponses à ces questions, Yuka sera l'actrice principale de l'arc le plus tragique du manga.
GAKUEN ALICE © 2002 by Tachibana Higuchi / HAKUSENSHA, Inc.
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Enigma
'.D'où vient cette réplique ?
La voix de Kuga... sa respiration... résonnaient dans ma tête. Il faut garder ça secret
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