Psychometrer Eiji - Actualité manga
Dossier manga - Psychometrer Eiji

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Sommaire

Publié le Mercredi, 30 October 2013


Un titre qui dénonce

 
 
Si cet aspect de Psychometrer Eiji n'est pas prépondérant, il est quand même présent et doit donc être souligné. Au fil des chapitres, nos deux auteurs, via leurs personnages et différentes histoires, se plairont à pointer du doigt, et avec une certaine justesse, plusieurs travers de la société japonaise moderne.
 
Le premier de ces travers est sans aucun doute celui d'une certaine partie de la jeunesse nippone, qui peine à rentrer dans le moule et à respecter certaines conventions sociales. C'est bien évidemment via Eiji et ses camarades Tôru et Yusuke (même si ce dernier est bien intégré dans la société) que ce sujet délicat sera abordé. Même si son don incroyable provoque d'une certaine manière un isolement volontaire de notre héros, son caractère, plutôt rebelle, va également jouer dans cet état de fait. En effet, Eiji est ce qu'on peut appeler un furyo, c'est à dire une espèce de voyou qui peut, parfois, commettre de petits actes de délinquance. Il roule à moto sans casque, fume alors qu'il est mineur et que c'est interdit, mais aussi, et surtout, a beaucoup de mal à accepter l'autorité des adultes, qu'il considère comme égoïstes, indignes de confiance, bref, des "pourris".
Pour Eiji, les adultes incarnent un Japon assez réactionnaire dans lequel il ne se retrouve pas et qu'il rejette donc. Et nos auteurs partagent également cette vision car au fil des aventures, de nombreux adultes (nous excluons bien évidemment les tueurs) incarneront à la perfection cette notion d'une génération très soumise aux traditions, qui refuse de s'éloigner des codes moraux imposés par la société... Avec Ryoko Shima, seuls quelques personnages secondaires considérés comme adultes ne rentreront pas dans ce moule préfabriqué.
   
  
  
  
 
Autre phénomène de société dénoncé : l'ijime. Vous connaissez sans doute la définition de ce mot mais pour ceux qui l'ignorent, une petite explication s'impose... Le terme ijime désigne les personnes victimes de brimades par un groupe d'individus, souvent en milieu scolaire. Dans notre manga, les auteurs vont évoquer cette thématique à plusieurs reprises mais nous ne retiendrons que deux exemples. Le premier, abordé sous un ton très humoristique, concerne bien sûr Mitsuko Fukushima (pour en savoir plus sur ce personnage, je vous renvoie à la seconde partie de la partie 2 du dossier). Victime du harcèlement de ses camarades au lycée, Fukushima a fini par quitter son établissement scolaire pour travailler en tant que vendeur. Un travail plutôt précaire mais sans diplôme, difficile de faire la fine bouche. Sans amis et replié sur lui-même, Fukushima s'est totalement laissé aller et cet état de fait se manifeste notamment par l'état de son appartement, dans un tel désordre et si sale qu'on a du mal à imaginer qu'une personne normale puisse y vivre... mais Fukushima n'est pas normal, justement. Même si l'on rit du personnage tel qu'il nous est présenté dans les nombreux intermèdes où il apparaît, il n'en reste pas moins dramatiquement pathétique... et même si l'on devine aisément que nos auteurs ont forcé le trait en ce qui concerne Fukushima, l'ijime ne demeure pas moins un grand problème de société au Japon...

Ce problème, nos mangakas vont une nouvelle fois en parler mais de façon plus sérieuse dans l'arc "Cadavres hilares" avec le personnage de Miura, qui sera notre deuxième exemple. Ici, l'ijime va être au cœur de l'enquête  avec ce lycéen qui va choisir de passer du statut de victime à celui de chasseur, en tuant les bourreaux qui lui faisaient subir de nombreux sévices. Avec ce récit, nos auteurs montrent bien que dans des cas extrêmes (et heureusement rares), les ijime peuvent parfois totalement perdre pied et commettre des actes impardonnables. D'une certaine manière, cela rappelle le massacre d'Akihabara, perpétré en juin 2008, où un déséquilibré, qui avait subi des brimades dans son enfance et sur son lieu de travail, a tué sept personnes au hasard dans la rue, armé d'un couteau...

Dans la seconde moitié du manga, Masashi Asaki et Yuma Andô vont aussi porter un regard assez critique, bien que réducteur, sur la politique. Alors que Tôru va prendre de plus en plus d'importance, nous allons en savoir plus sur sa famille et apprendre qu'il est le fils d'un grand homme politique, qui est l'un des leaders du parti au pouvoir, et qui apparaîtra à plusieurs reprises dans la série. Les apparitions de cet homme permettront à nos auteurs de donner une certaine vision, pas très reluisante il faut l'avouer, de la politique. Si le père de Tôru est présenté comme un homme loyal bien que très ambitieux, ses confrères politiciens apparaitront bien souvent comme des êtres corrompus et magouilleurs, plus intéressés par l'argent et le pouvoir que par l'envie d'aider leur pays. Cette position se heurtera bien évidemment à l'idéalisme un peu naïf des jeunes protagonistes du manga, Eiji et Tôru en tête.
   
   

PSYCHOMETRER EIJI © 1996 Masashi Asaki & Yuma Ando / KODANSHA Ltd.

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