Kamakura Diary - Actualité manga
Dossier manga - Kamakura Diary
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Publié le Vendredi, 24 October 2014


Les histoires d'A

  
S'il ne constitue pas la finalité de l’œuvre d'Akimi Yoshida, l'Amour reste cependant une thématique très récurrente dans la série. Une fois encore, les écarts d'âge entre les sœurs Kôda permettent de présenter des relations très différentes, soit autant de facettes de ce sentiment qui fait tourner le monde.
    
Commençons par la relation la moins développée, au point même que l'on doute de sa réelle concrétisation : celle qui unit Chika et Sanzô Hamada, le patron du magasin Sports Max. Nous ne verrons jamais ces deux-là se tenir par la main ou montrer quelque autre signe d'affection charnelle. Mais après tout, cela ne collerait pas avec le caractère de garçon manqué de Chika. Les seuls éléments qui mettent la puce à l'oreille à ses sœurs aînées sont l'extrême complicité et l'originalité capillaire qu'ils partagent. Le chapitre 13 (tome 4) nous permet d'en savoir plus sur la vie passée d'Hamada, et l'on peut alors supposer que ses récits d'alpinisme ont de quoi faire vibrer la fibre aventurière de Chika, malgré leur différence d'âge prononcée. Cela étant, a-t-on vraiment besoin d'en savoir davantage sur cette relation sans nuages ? Même Yot-chan et Sachi ont renoncé à la comprendre, et montrent même des signes de jalousie envers leur cadette, tant leurs relations à elles sont bien plus compliquées !
    
Dans sa condition d'héroïne de josei stéréotypée, Yoshino représente quant à elle l'amour passionné. A la recherche du grand amour, elle a multiplié les déboires sentimentaux plus ou moins douloureux. Elle s'apprête à arpenter la même impasse avec Tomoaki, un étudiant plus jeune qu'elle,  qui cache des blessures secrètes derrière son air ténébreux. Yot-chan arrondit même les angles en mentant à Tomoaki sur sa profession, sans doute pour se donner un peu plus d'importance. Elle ignore cependant que lui-même ne lui a pas tout dit. C'est oublier qu'à Kamakura, tout finit par se savoir... Mettant en avant cette relation dans les premiers chapitres, Akimi Yoshida délaisse rapidement cette histoire, sans doute trop convenue. Si Yot-chan est alors laissée sur le bord de la route, commentant avec un brin d'ironie les relations de ses sœurs, ce n'est que pour la faire rebondir plus tard avec une autre histoire à la construction beaucoup plus douce. Et ainsi, nous passons de la jeune femme croyant encore au prince charmant à une jeune adulte plus accomplie, plus réaliste dans ses développements sentimentaux. 
     
    
    
     
Enfin, deux histoires amoureuses sont à mettre en parallèle, et vous l'avez sans doute deviné, il s'agit une fois encore de Sachi et de Suzu ! En effet, toutes deux courent d'abord vers un idéal masculin. Pour Suzu, c'est Yûya, le capitaine de l'équipe charismatique, qui a déjà sa horde de groupies. En partageant des douleurs communes, Suzu pense être spéciale à ses yeux. Pour Sachi, c'est le Dr Shiina, pédiatre bien sous tous rapports, l'homme-modèle rassurant. Puis, nous découvrons que les deux demi-soeurs sont toutes deux aimées par un autre garçon, pour former deux triangles amoureux parfaitement semblables : le timide Fûta pour Suzu, et le sympathique Yasu pour Sachi. Pour parachever son œuvre, Akimi Yoshida s'amuse d'ailleurs à tisser des liens directs entre les deux histoires : ainsi le Dr Shiina s'occupe du cas de Yûya ; et Yasu, en tant qu'entraîneur des Shônan Octopus, s'entretient souvent avec Fûta, le nouveau capitaine de l'équipe. Cela est d'ailleurs explicité par Fûta qui réalisera lui-même le reflet entre les deux situations, soutenant intérieurement Yasu qui vogue dans la même galère que lui !
    
Toutefois, si ce rapprochement est à faire dans la forme, le fond est quant à lui bien différent. En effet, n'oublions pas que les deux héroïnes ont une quinzaine d'années d'écart. Pour Suzu, nous sommes à l'âge des premiers émois : la jeune fille prendra du temps pour appréhender son affection pour le bel attaquant, et à mettre un nom sur ses sentiments. Et même ainsi, le doute est encore permis. Pendant ce temps, l'amitié qu'elle entretient avec Fûta pourrait aboutir peu à peu à un amour plus concret. Avec sa trentaine approchante, Sachi affronte l'amour comme ses autres sentiments : avec prudence et réalisme. Elle connaît les contraintes d'une vie d'adulte, en particulier d'un médecin, et cherche moins une relation fusionnelle qu'une épaule où elle pourra trouver du soutien. Cela ne l'empêche pas d'espérer davantage, et d'être contrariée lorsque les choses ne se passent pas comme elle le voudrait. Cependant, sa plus grande crainte est sans doute de reproduire les mêmes erreurs que ses parents en brisant un foyer, le Dr Shiina étant un homme marié, certes en instance de divorce. Aussi Sachi veut se montrer patiente et garder cette relation secrète, mais comprend que les sentiments peuvent l'emporter sur le reste... un autre pas vers le pardon envers ses parents. 
     
      

Face à la mer

     
Avec cette histoire de double abandon parental, on pourrait croire que Kamakura Diary verse dans le dramatique ou le pathétique. En fait, il n'en est rien : si l'on se doute que les premières années ont été difficiles, nous découvrons les sœurs Kôda comme des femmes indépendantes. Et si les blessures passées refont parfois surface, jamais elles ne se lamentent sur leur sort. Le temps de l'incompréhension, de la peine ou de la colère est derrière elle, aujourd'hui vient l'heure du pardon, alors qu'elles sont arrivées à un âge ou elles peuvent considérer leurs parents dans un rapport d'adulte à adulte. 
     
Le cadre paisible de Kamakura, peuplé de familles souriantes, a sans doute aidé les trois jeunes femmes dans leur accomplissement personnel. Pourtant, n'allez pas croire que tout va bien dans le meilleur des mondes : partout comme ailleurs, la vie amène son lot d'épreuves, de difficultés et de drame. L'exemple le plus probant est la maladie de Yûya menant à l'amputation de sa jambe droite. Outre le drame physique et psychologique, ce grave événement vient briser les rêves d'avenir du jeune footballeur. Yûya affiche une certaine décontraction, portée par l'espoir que lui offre sa prothèse perfectionnée. Mais la nouvelle sera bien difficile à appréhender, auprès de ses jeunes camarades et en marge de ses douleurs fantômes, Yûya devra aussi supporter l'apitoiement général. Plus tard dans la série, la maladie frappera à nouveau, entraînant le décès d'une personne très appréciée à Kamakura. Cependant, la fatalité de la mort fait aussi partie de la vie, et la solidarité des habitants de la ville permettra de surmonter ses épreuves. 
  
    
    
      
Ainsi, il n'y a pas de mystères dans Kamakura Diary : les jours s'y écoulent simplement, avec ses joies, ses peines, ses histoires de familles complexes qui semblent extraordinaires de prime abord, mais qui, à bien y regarder, se retrouvent dans tous les foyers. L'amour peut naître sans qu'on ait à venir le chercher, la mort et autres nouvelles tragiques peuvent survenir à tout moment, et quoi qu'il en soit, le temps vient effacer les douleurs et les regrets. Les générations se succèdent, reproduisant certains cycles avec une troublante similarité, et plus que jamais, la vie continue. 
   
   

UMIMACHI DIARY © 2007 Akimi YOSHIDA / Shogakukan Inc.

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