H3 School - Actualité manga
Dossier manga - H3 School

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Sommaire

Publié le Vendredi, 24 June 2011


Un conte de vie réel …


H3 School, c’est avant tout la merveilleuse histoire de la première relation amoureuse d’une jeune fille qui jusqu’ici ne s’était jamais réellement intéressé aux garçons. Celui qu’elle choisit est plein d’aversion envers ses congénères féminines, et étrangement seule Hanabi parvient à l’approcher sans l’effrayer. C’est donc les premiers émois que Rie Takada nous livre, comme bien souvent dans son œuvre, par l’intermédiaire de ce shojo lycéen tout ce qu’il y a de plus banal. Ainsi, malgré l’aspect humoristique du manga, les moments sérieux le sont indéniablement avec force et pertinence. En effet, on a si peu l’habitude de voir ces protagonistes dans un réel instant d’émotion et de douceur qu’il est particulièrement émouvant de les y suivre. La première piste de ce genre sera dans la difficulté profonde pour Hanabi de gérer son premier baiser quelque peu raté et, même si le tout est monté avec beaucoup d’humour, on sent bien à quel point la jeune fille peut en être perturbée. Ce n’est pas une adolescente pour rien, et à aucun moment on ne retombe dans le côté pathétique du cliché mal assumé. Au contraire, on se poserait sans doute les mêmes questions qu’Hanabi, du moins si le quotidien de la jeunesse actuelle n’était pas légèrement au-delà de tout cela. Disons alors que cela reste vrai pour un public plus jeune qui en découvre les mêmes aspects ou bien pour des lecteurs plus âgés, qui reviennent avec émotion et nostalgie sur leurs premières fois à eux aussi. D’autant qu’avec un partenaire comme Yasuaki, il y a de quoi se poser bon nombre de questions ! Quand celui-ci joue l’ignorant, incapable de comprendre le cheminement tortueux d’une fille de son âge particulièrement vive et agitée qu’Hanabi, c’est l’annonce de grands moments en perspective. En effet, notre héroïne se monte rapidement la tête à partir d’un rien, part au quart de tour et suppute des choses obscures à partir de rien tout en ne voyant pas l’évidence même qui lui pend devant les yeux. Le propre d’une jeune fille amoureuse, donc. Yasuaki aussi a de beaux moments, comme ses rares instants de sincérité suprême où il avoue son amour à la jeune fille, la rassure sur son apparence ou son comportement et l’enveloppe d’une quiétude qu’elle ne garde malheureusement pas longtemps. On retiendra particulièrement le jour de la fête de l’école, où il sera aussi clair pour la première fois dans le manga, grand moment d’émotion bien que l’auteur rappelle bien le but de son manga en dédramatisant toute exagération ou lourdeur par un trait d’humour ...



Il est de plus intéressant de remarquer que, au-delà des problèmes habituels d’un couple ayant du mal à se former, c’est réellement l’univers de ce duo que l’auteur nous fait partager. Le quotidien, les coups de gueule, leur passé et leur famille, leurs angoisses et autres jalousies, tout cela nous est exposé simplement, comme une porte que l’on ouvre sur leur vie de couple, après très peu de tomes ce qui nous permet de passer à d’autres niveaux plus rapidement, ce qui est bien plus pertinent que la mise en route fastidieuse d’un couple qui n’avoue pas ses sentiments et n’ose pas s’embrasser. Au cœur du trio (quatuor) que l’auteur met en place, c’est alors une véritable qualité que de se concentrer sur les forces d’Hanabi et de son petit ami en bonne et due forme, malgré les incompréhensions, quiproquos et jalousies qui régneront entre eux tout au long de la série. Sinon, l’idée en elle-même ne change pas tellement de ce à quoi l’auteur nous a habitués : une héroïne un peu folle qui craque mais entretient des rapports complexes avec le brun ténébreux muet comme une carpe contre le petit blond attentionné et dynamique. Sans compter le classique ami d’enfance qui refait son apparition comme si de rien n’était ! Comme quoi l’amour gagne contre la logique ... Amusant, toutefois, de voir combien Hanabi ne change pas vraiment malgré ses sentiments amoureux : elle tente de se rendre plus douce mais reste la même énergique adolescente prête à tout pour défendre la cause féministe, maladroite et complètement obnubilée par des détails néanmoins féminins, et ce malgré les apparences. C’est la force principale de cette première relation, qui ne transforme pas Hanabi en héroïne de shojo classique et ennuyante, lui offrant moult rebondissements inattendus et hilarants. Bref, il est alors fait d’une évidence que l’aspect nouveau de la relation de nos héros apporte non seulement fraicheur mais est aussi source de réjouissance, d’émotion et, avouons-le, de beaucoup beaucoup de rires !

Si la romance en tant que sentiment amoureux est le sujet prédominant au cours des cinq tomes du manga, on en relève bien plus. Pour rester dans le thème, les différents stades de la relation amoureuse avec la gêne associée à la première fois, les malentendus et les doutes que cela entraine, mais aussi comment traverser les épreuves, la jalousie et l’incertitude. Les désillusions de certains soupirants, également, comme quoi quand on est une fille sincère, franche et naturelle on peut en attirer plus d’un ... Et un choix doit se faire. Si ici le choix n’a aucune importance et n’apporte aucune surprise, c’est le passage lui-même qui est intéressant, mettant Hanabi face à ses réalités et au charme qu’elle dégage malgré elle. Il est alors intéressant de voir comment elle noue des relations différentes avec des garçons qui en tirent les mauvaises conclusions et auprès desquels elle doit s’excuser et refuser leurs avances. Aïdo et Takeru en sont les meilleurs exemples, illustrant la difficulté, parfois, à décevoir quelqu’un que l’on estime pour rester fidèle à ses sentiments. La confiance en soi a également une part des plus importantes dans le manga, essentiellement basée sur le manque de féminité d’Hanabi qui se désespère de ne pas avoir de longs cheveux lisses, des courbes harmonieuses et un don inné de séduction. C’est un sentiment commun et pourtant bien mis en exergue à travers ses interrogations et doutes, qui engendrent bien souvent la jalousie. C’est sans doute l’une des morales de la série : on est comme on est et rien ne sert de paraitre autre quand on peut se faire aimer au naturel. Hanabi aura mis du temps à le comprendre, mais le processus qui l’amène à cette conclusion a quelque chose de moralisateur sans l’être, gardant cette fraicheur qui caractérise la série. Enfin, l’auteur aborde les persécutions sexuelles au lycée ou sur la personne de lycéenne, dans la rue ou au sein de leur établissement, souvent par l’intermédiaire de la dynamique Hanabi qui fait régner la justice au sein de son périmètre. Aucun pervers ou dragueur trop pesant ne passera, foi d’Hanabi !
 
 

© 2004 by Rie TAKADA / Shogakukan Inc.

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