Gravitation - Actualité manga
Dossier manga - Gravitation

Reader Rating 19.50 /20

Sommaire

Publié le Mercredi, 12 June 2013


L’adoration nostalgique, la série sans fin

 
 
Gravitation, c’est un mythe en matière de Boy’s Love. Qu’on aime ou pas, c’est plus ou moins indispensable à lire pour toute fan de yaoi. Faisant partie de beaucoup de conversations pas toujours positives, ce manga a su faire sa place dans un monde un peu abandonné par le genre, en associant à l’idée de l’homosexualité un comique incroyable qui aura plus ou moins charmé le lectorat. On est juste obligés de connaître le nom de cette licence, c’est une évidence. Après tout, on connaît tous une yaoiste qui n’aura parlé que de Gravitation quand il n’y avait que ça ou presque. Clairement, malgré ses défauts et ses petits manques de profondeur, on remercie la sortie de ce manga, qui marque le début d’une grande épopée et surtout de la naissance d’un grand nom du Boy’s Love, bien que les avis soient souvent mitigés. C’est d’ailleurs le premier véritable yaoi, après les encore plus grands classiques mais moins reconnus et plébiscités Kizuna, Fake et Zetsuai 1989. Ces derniers sont arrivés en premier, oui. Mais la série la plus nostalgique et dont on parle encore et qui a le plus marqué les esprits, c’est bien Gravitation. C’est LA série qui était la plus attendues par celles qui connaissaient déjà l’univers du yaoi, et très certainement le premier manga du genre chez beaucoup de lecteurs et lectrices. Après les honteux dérivés des shonen dont on s’est longtemps contentés en guise de fantasmes homosexuels, c’est bien Gravitation qui a été une réponse efficace pour le public français concerné. Toute fan de yaoi qui se respecte connait au moins de nom la série Gravitation. Pas forcément pour le meilleur, souvent pour le pire. Car si les débuts de la série sont corrects quoique maladroits, les derniers tomes partent dans un ballet de n’importe quoi et de gags totalement délurés. Gravitation Ex, c’est en quelque sorte la continuité de ces derniers tomes de Gravitation. C’est la série qui va faire perdurer l’esprit dérangé de la mangaka, au travers de planches représentant des personnages bien connus de par le monde yaoi : le beau Yuki et Shuichi l’imprévisible.

Preuve est que la série a marché et a son public : les séries qui en sont dérivées. Gravitation EX, d’abord, où il n’y a pas une histoire excessivement compliquée. Les deux amoureux couleraient des jours heureux, du moins autant que possible connaissant les deux lascars, et se seraient rendu en Amérique pour se recueillir sur la tombe du plus grand pêché de Yuki. Au passage, ils rencontreront le frère de Kitazawa, et le très jeune fils de celui-ci. Ce qui fait que Yuki va être confronté à la progéniture de l’homme qu’il a tué … Cela sans que le moindre problème ne se pose. En rentrant au Japon, c’est scandale sur scandale et déchirures en déchirures entre Yuki et Shuichi, qui vont finir par être séparés de force par Toma, pour le bien de tout le monde … Mais c’est sans compter la force de l’amour de notre héros, qui au passage trompe Yuki avec Monsieur Sakuma, qui va tout mettre en œuvre pour retrouver l’homme de sa vie et s’excuser, s’aplatir même. Et quand on dit tout faire, c’est tout faire. Jusqu’à prendre la mitraillette contre les journalistes, à mourir au moins cinq fois en quelques pages sous les assauts irréalistes de Rage et les contre-attaques désespérées de Claude (dont le nom a été francisé à outrance) … Tout va bien. Une suite qui fait honneur à son original, que finalement on va croire préférer vu les débordements de cette suite.
  
  
 
 
 
Mais il y a pire. Gravitation Remix. Sachant que l’auteur a du mal à tenir une histoire crédible et une narration structurée dans sa série principale, il ne faudra pas vraiment attendre d’un dojinshi et ... en effet. Niveau histoire, c’est navrant. Certes, l’auteur nous prévient -également pour le dessin un peu vieillot- mais tout de même ! Fallait-il réellement commercialiser et diffuser des délires qui ne sont QUE des délires tant il n’y a AUCUNE histoire ? Est-ce pertinent de nous livrer les fantasmes de l’auteur et de ses fans sous la forme d’un manga ? Au moins, Gravitation avait un semblant d’histoire, qui ne tenait pas la route mais tout de même. Ici, c’est du cul pour du cul. Pendant quatre chapitres, et un cinquième un peu spécial. Amatrices du PWP ? (plot what plot ?) bienvenue, puisque c’est totalement sous cet angle qu’il faut aborder Gravitation remix. Et des plans d’un Shuichi décadent et indécent, et des scènes de sexe à n’en plus pouvoir, et des paroles crues qui sont supposées exciter ... qui, si ce n’est le personnage qui se fait presque violer dans tous les sens ? Des couples improbables, des situations délirantes sans aucune histoire. Mention spéciale à une histoire où Shuichi devient une femme ... Il ne nous reste plus qu’à nous prendre la tête entre les mains et à désespérer bien fort d’un tel désastre. Murakami ne méritait même pas cette image, on la préférait avec ses scénarios ennuyeux et incompréhensibles, avec ses gentils délires sur le panda géant qui attaque la ville. Ah ici pour comprendre, on comprend. Il faut dire que le plus difficile est souvent de saisir la position dans laquelle se trouve Shuichi, chose pas forcément évidente à cause de dessins brouillons et bâclés. De plus, on n’apprend rien sur les personnages et leurs caractères changent bien de ce que l’on connaissait auparavant ... Shuichi n’est plus le petit timide mais le garçon débauché qui se demande s’il est éjaculateur précoce et cherche à se faire un plan à trois, Yuki n’a plus rien de l’homme torturé et ne garde que son aspect colérique du dimanche, tandis que le meilleur ami de notre héros ne se gêne pas pour coucher avec Shuichi, alors que jusque là il nous a toujours été démenti leur attirance. Pour résumer, du grand n’importe quoi. Bref, c’est tout bonnement insupportable de voir s’accumuler les pages de sexe pour le sexe, sans aucune raison. Et en plus mal dessinées, voire complètement irrationnelles. Une scène à trois, pourquoi pas. Tout un volume qui en serait rempli, avec en plus des dérives autres et des exagérations notamment dans le langage ... non. En effet, les dialogues ressemblent parfois plus au contenu d’un film pornographique qu’à la réalité, sans parler des corps qui sont filiformes, parfois en défaut de proportions ou dans des positions incongrues.

Bref, Taifu a eu raison, d’un point de vue commercial, d’exploiter le filon Gravitation qui grâce à la nostalgie devrait réussir mais d’un point de vue qualité ... Et l’auteur aussi, au final, a raison de continuer à faire prospérer sa série. Tant que ça marche.
 
 

© Maki Murakami - GENTOSHA COMICS INC.

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News