Digimon Adventure - Actualité manga
Dossier manga - Digimon Adventure

Note des lecteurs 18 /20

Sommaire

Publié le Vendredi, 30 Juin 2017


La genèse d'un vaste univers


Digimon est une franchise très codifiée, et l’anime Digimon Adventure a permis d’ancrer bon nombre de concepts au sein de la saga, notamment en France où l’anime fut le premier média à être diffusé. Au Japon, c’est une autre histoire car ce sont bien les jouets élctroniques puis les jeux-vidéos qui ont présentés les différentes mécaniques de toute la saga.

Dans Adventure, le concept phare est celui de la digivolution. Si l’idée est simple, la mécanique est solide car établie précisément. A sa naissance, un monstre évolue du niveau Bébé, passant au stade Entraînement puis au Disciple, des formes qu’ils peuvent conserver puisqu’elles ne puisent pas d’énergie. En revanche, les niveaux Champion, Ultime puis Méga ne sont qu’éphémères car trop puissantes, un concept qui permet à la série de conserver un équilibre et ne pas partir dans une surenchère totale. Le principe de digivolution (ou tout simplement "évolution" si on traduit littéralement l’expression japonaise "shinka") est un fondement de la franchise, il sera étoffé voire réinterprété par la suite, dès Digimon Adventure 02 en fait, mais sa base est celle présentée par cette première série.

Et plus globalement, tout ce qu’a présenté Digimon Adventure, en terme de concept ou d’univers, sera repris par les séries suivantes, même celles qui ne sont plus en lien direct avec le premier bloc de la série. Le Monde Digital sera récurrent, de même que le concept de Digivice. En réalité, ces codes sont inspirés des premiers supports de la franchise, les jeux-vidéos par exemple, puisque Digimon World parlait déjà du Monde Digital, des Digivice ou du principe de digivolution et de la renaissance sous forme d’œuf une fois la créature décédée. Finalement, ce que propose Digimon Adventure n’est ni plus ni moins une adaptation des concepts des jouets électroniques, suffisamment réinventés pour être utilisés à toutes les sauces dans les différents médias de la franchise.

Et outre les concepts par rapport à la licence elle-même, la première série animée crée son propre univers, un monde qui sera exploité de bien des manières. Si on retrouve presque systématiquement le Monde Digital dans les œuvres Digimon, celui d’Adventure a sa propre mythologie, une mythologie qu’on reverra dans les suites et les films associés aux séries du bloc Adventure. On nous parle alors de la légende des Enfants Élus, voire de prophétie. Au fil des épisodes, la série exploitera ces pistes pour créer un univers fort, et les deux suites que sont Digimon Adventure 02 et Digimon Adventure tri joueront avec ces intrigues pour les fortifier. Preuve en est le dernier film en date, le quatrième de Digimon Adventure tri, qui nous montre clairement le combat d’anciens enfants face aux Maîtres de l’Ombre, antagonistes de la première série qui se sont montrés liés aux origines des Enfants Élus. Ceux qui veulent pousser l’épopée encore plus loin pourront même se rabattre sur les supports dérivés, comme les drama CD, inédits en France. Même dans ces histoires annexes, Toei Animation a pris soin de respecter un univers et une chronologie, si bien qu’avoir écouté ces disques permettra d’en savoir plus sur certains événements et découvrir des aventures inédites. Ce respect est souligné par les films Digimon Adventure tri qui, dans les actions de personnages, tiennent compte des drama CD. En somme, si la franchise Digimon réutilise ses codes systématiquement, Digimon Adventure a su créer son propre univers à part.






Techniquement, une série en demi-teinte


Digimon Adventure, malgré toutes ses qualités narratives, souffre d'un défaut d'ordre technique : sa réalisation. Un manque de budget se ressent en ce qui concerne cette première série, notamment par la réalisation un peu molle et la réutilisation excessive de bon nombre de séquences. Les épisodes useront et réutiliseront les différentes séquences de transformation sans jamais les changer, et calquera même systématiquement les animation d'attaque des différentes créatures. La redite visuelle est donc très présente et ce malgré une direction artiste appréciable de par le character-design ou les tons très pastels utilisés pour créer les arrières-plans du Monde Digital, notamment en ce qui concerne l'Île des Fichiers Binaires. Si ce défaut ne choquaient pas forcément les jeunes spectateurs à l'époque, c'est un bémol difficilement évitable par un regard plus adulte.


La version française, un tout autre anime


Dans l'animation japonaise exportée dans les pays occidentaux, il existe une malédiction, une malédiction qui dénature totalement certaines séries d'animation ciblant le jeune public, les privant de leurs âmes comme de leurs identités. Cette malédiction, c'est Saban Entertainment, une société américaine dont la politique est de remodeler leurs différents programmes afin de convenir à nos chères petites têtes blondes. Pour une série japonaise, cela passe par bien des modifications, comme le script de la série, les dialogues, et même la bande originale. Les modifications de Saban sont souvent mises en parallèle avec d'autres séries, dont la version originale a été charcutée, pour montrer l'ampleur du des dégâts. Par exemple Yu-Gi-Oh !, dont le niveau de censure et de changements est aussi légendaire que le Puzzle Millénaire, mais le cas qui nous intéresse ici est celui de Digimon. Évidemment, dans le but de proposer aux enfants un programme qui ne choquerait pas trop les parents qui désapprouvaient l'animation japonaise au tout début des années 2000, c'est le charcutage made in Saban dont l'hexagone a hérité.

En fait, les épisodes que nous avons connu sur Fox Kids et TF1 n'ont pas grand chose à voir avec la version japonaise, au moins en ce qui concerne l'ambiance. La particularité de la version occidentale de Digimon Adventure est d'avoir modifié une grande partie des dialogues, très souvent en incluant des jeux de mots à tout va pour désamorcer la tension dramatique de certaines scènes. Taichi remporte ainsi le titre de roi de l'humour dans cette triste adaptation qui met un point d'honneur à placer blague sur blague, histoire de faire rigoler le bambin et lui faire oublier les importantes histoires humaines qui se cachent derrière les personnages, ou les événements tragiques que montrent quelques épisodes. Pourtant, l'important background que nous avons évoqué ne passe pas complètement à la trappe, aussi les récits de chacun des sept Enfants Élus sont évoqués, ce qui créé un sacré contraste au sein de la série. D'ailleurs, ceux qui ont vu Digimon lors de sa diffusion remarqueront que nous utilisons volontairement les noms japonais des personnages. Dans son "travail" d'adaptation, Saban a modifié les noms de certaines figures phares de la série. On passera les personnages secondaires humains qui se retrouvent avec des noms occidentaux, le plus surprenant restant Taichi Yagami devenant Tai Kamiya (remplacer un nom japonais par un nom japonais, une perle), Takeru devenant TK, ou Yamato devenant Matt. Du côté des ennemis, Vamdemon devient Myotismon, un changement incompréhensible puisque le nom original de l'antagoniste renvoyait à sa nature de vampire.




L'autre gros doigt d'honneur fait à la série originale est la bande originale de Takanori Arisawa qui passe totalement à la trappe, ainsi que les génériques chantés par le regretté Kôji Wada, et l'épique thème de digivolution qu'est Brave Heart signé Ayumi Miyazaki. Exit toutes ces chansons prenantes et ces belles mélodies, Saban a remplacé la bande originale par ses propres créations, exactement ce qui sera fait ensuite sur Yu-Gi-Oh !. Pourtant, si on ne regarde jamais du côté de la version originale, le travail n'est pas forcément choquant, les mélodies servent souvent bien l'ambiance, seule la reprise du générique occidental à toutes les sauces permet de savoir que nous sommes dans une version totalement remaniée de la série. Évidemment, une fois la version originale découverte, difficile de revenir vers la monture Saban, ne serait-ce pour son générique d'ouverture. Autant dire qu'après avoir entendu l'entraînant Butter-Fly de Koji Wada, véritable hymne à l'aventure et figurant parmi les génériques les plus populaires au Japon, il est impossible de revenir à ce "Digimon, petit monstre, tu es le champion".

Le doublage français, lui, est sujet à un autre débat et le principal reproche qui pourrait lui être fait vient du manque flagrant de comédiens pour tant de monstres doués de parole. La faute reviendrait donc davantage à la SOFI, le studio de doublage en charge de la série, et les prestations des comédiens ne sont pas vraiment à remettre en cause. C'est même de grands noms qui officient sur les personnages principaux : Donald Reignoux se montre très convainquant sur Taichi tandis qu'Alexis Tomassian campe un Yamato fidèle au caractère original du personnage. Le reste du casting n'est pas en reste, chacun se livrant globalement à une bonne prestation. Seul le partage d'un si grand nombre de rôles pour peu de comédiens pose problème. On le sent, chaque acteur a dû moduler sa voix pour ne pas proposer de redites dans leur jeux, les obligeant parfois à prendre un timbre décalé et cartoonesque, là où la version originale ne se donnait pas forcément cette peine. Et, évidemment, le changement du script n'incombe pas à ces comédiens qui, étant donné le texte qui leur était donné, a fait un bon travail dans l'ensemble.
  
  
  



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