Gals - Actualité manga

Dossier

actualité manga - Gals

Note des lecteurs: 20 /20

Présentation

                        
Profil de la série:
Gals! est un manga de Mihona Fujii prépublié dans le magazine Ribon. La série a été publiée pour la première fois au Japon en 1999, par l'éditeur Shueisha, et en France par Glénat. Gals! compte 10 tomes. Manga très porté sur la mode, il est ouvert à tous les publics, mais conseillé aux lecteurs de douze ans environs. C'est une série idéale pour faire découvrir le monde des japonaises branchées de Tokyo.
                                                                                

                      
                                                           
L'auteur:
Mihona Fujii est née le 12 Novembre 1974 à Tokyo. Ses travaux ont été publiés par le magazine Ribon, et récemment,  sa dernière série Tokyo Angels, par Margaret. C'est une mangaka passionnée par le mouvement kogal. Elle-même donne beaucoup de conseils, notamment pour se coiffer, s'habiller, utiliser les bons accessoires... Malheureusement, elle n'est pas présentée dans sa série, et il est très difficile de trouver une biographie complète.
                 
                                                  
Séries inédites:
Start (one shot, 1992)

                                                                
Spicy girl (one shot, 1994)

                                                  
Passion girls (série terminée, 5 volumes, 1994 - 1996)

                                                            
Ryuuou Mahoujin (série terminée, 3 volumes, 1996 - 1997)

                                                                
Yuki no Hanabira (one shot, 1998)

                                                    
Himitsu no Hanazono (one shot, 1999)

                                                  
Super Princess (one shot, 1999)

                                                             
Tokyo Angels (série terminée, 3 volumes, 2006)

                                   
                                   
Résumé:
Issue d'une famille dans laquelle le métier de policier est ancré depuis des générations, Ran Kotobuki ne veut pas se laisser aller à cette tradition et préfère se balader dans les rues de Tokyo, à chercher au moindre coût le dernier accessoires à la mode. Justicière née, c'est la gal numéro un de tout Shibuya, et elle veille sans repos sur son territoire. Accompagnée de ses meilleures amies, Aya Hoshino et Yumi Yamasaki, sa préoccupation première est de tuer l'ennui en s'amusant, le tout en cherchant à gagner suffisamment d'argent afin d'assouvir sa passion. Histoires de cœur et guerres entre gals sont au rendez-vous!
                                  
                                                                                  
Adaptation et graphismes:
Concernant son adaptation, Gals! est un manga très riche, et l'auteur nous gâte! En effet, les free-talk sont très fréquents. Ils nous permettent ainsi de connaître un peu plus le caractère de Mihona Fujii. Cependant, je trouve qu'ils sont parfois trop présents, et viennent interférer la lecture. Il est alors de bon ton de les lire après chaque chapitre par exemple, ou alors après que la lecture du tome soit achevée. De plus, des pages complètes sont consacrées à son travail, qui la met dans tous ses états! Elle nous ouvre également les portes du monde des gals en nous conseillant sur les vêtements, les coiffures, les ongles et les accessoires à porter. Je trouve que tous ces extra sont riches, et il est assez amusant de la voir rater ses coiffures, ou alors de les essayer soi-même! L'auteur fait donc bien vivre son manga, et le lecteur sent bien que cette série est une passion de Mihona Fujii, qui ne la cache en aucun cas.
On peut ajouter que l'impression est bonne, sans réels désagréments. Les dessins de Mihona reflètent particulièrement bien l'univers des gals. Il est extrêmement riche, les décors fourmillent de détails, les personnages sont toujours très bien habillés, chacun ayant son propre style. Coiffures à la mode, vêtements clinquants, accessoires indénombrables, Mihona n'oublie rien!
               
                                                    
L'animé:

Voici une bonne nouvelle pour les fans: la série Gals! est acquise par Déclic Images! Elle se compose de 52 épisodes. Deux coffret de 5 dvds chacun en vostf sont donc prévus. L'anime a été produit par le studio Pierrot (studio de films et séries d'animation japonais), qui s'est notamment occupé de Chocola et Vanilla, Tokyo mew mew, et Lamu. Le réalisateur est  Tsuneo Kobayashi, il a réalisé l'anime des 12 Royaumes. La musique est de Hikaru Nanase (Azumanga Daioh, Pita-Ten). L'anime se compose de 52 épisodes. La sortie des deux coffret de 5 dvds chacun en vostf est donc prévue en France pour  Septembre – Octobre 2008. Le titre n'est pas exactement le même que celui du manga:  « Super GALS! Kotobuki Ran».
L'anime est bien sûr aussi déjanté que le manga. Les couleurs sont très flashy, et les personnages ressemblent beaucoup à ceux de l'œuvre originale. Ainsi, sur les deux coffrets, vous reconnaîtrez très facilement Ran, et ses deux meilleures amies Aya et Miyu! Les lecteurs ne se verront alors en rien dépaysés!
                     
                                          
Personnages:


Ran Kotobuki

C'est une kogaru de base: cheveux décolorés mais pas péroxydés, minijupe, minishort, boots compensées (minimum dix centimètres). C'est la gal numéro un de Shibuya. Elle est adulée par les plus jeunes, parfois détestée par les plus vieux. Elle fasse tout son possible pour éviter son tragique destin: être policière. Pourtant Ran est une justicière malgré elle! Elle veille sur ses amies, et toute personne ayant un problème peut compter sur elle pour faire triompher le bien. Néanmoins, cette fille ne se prend pas souvent au sérieux, et réussit sans cesse à se faire remarquer. Cette gal prône certains principes, qu'elle n'hésite pas à clamer haut et fort, et dont le principal est la justice. Ainsi, Mihona Fujii fait d'elle une gal bien juvénile et assez immature. Malgré cela, elle décolle tout à fait de la caricature de la jeune fille facile qui se laisse aller au premier homme qui lui fera des avances. Elle trouvera un petit ami, ce qui constituera un couple typique qui illustre bien le proverbe « qui se ressemble s'assemble ». Elle incarne la ganjiro de la série.
                                      
Aya Hoshino

C'est une kogaru discrète. Avec son look très japonais, cheveux noirs de jais, elle porte volontiers des jupes aux genoux, chemisiers et escarpins. Son look est très classe. C'est une très bonne élève qui a beaucoup de capacités. Tout d'abord renfermée sur elle-même et faisant de l'escorte, Ran la sauvera, et deviendra ainsi son amie. Celle-ci gagne alors en assurance, et prend goût à la vie grâce aux contacts de Ran et de Miyu. Elle tombera amoureuse de Rei, un amour peut-être sans réel retour. Mais malgré sa timidité, elle parviendra tout de même à lui déclarer ses sentiments.
                                
Miyu Yamazaki

Ancienne délinquante, elle faisait partie d'un gang de rue. C'est de cette manière qu'elle fait la connaissance du frère de Ran. Depuis ce temps, elle ne le quitte plus. Très fleur bleue, c'est une fille romantique et enjouée, qui n'a d'yeux que pour son amour. Elle garde de cette époque le look sportif et les cheveux péroxydés. Elle a beaucoup de problèmes avec sa famille, tant et si bien que les Kotobuki deviennent sa famille d'adoption.
                             
Yuya Asso

Il est amoureux de Ran, mais un amour qui s'avère être sans retour. Celle-ci le surnomme numéro deux, car il est arrivé en deuxième place au concours du Super Lycéen. C'est le meilleur ami de Rei.
                             
Rei Otohata

C'est lui qui est arrivé premier au concours du Super Lycéen. Très populaire, il fait craquer beaucoup de filles, et est souvent reconnu dans la rue. Aya tombe très vite amoureuse de lui, mais celui-ci se montre assez froid et distant envers la gent féminine. C'est l'ami de Yuya.
                         
Tatsuki Kuroi

Celui-ci est surnommé Tatsukichi par Ran. Débarqué de Machida, ce garçon au teint basané est un très bon danseur de para-para. Il s'entiche de Ran dès leur première rencontre. C'est le "black" de Machida. Il est souvent comparé à un singe, quelques cris le trahissent parfois: « uki uki! ». Il apparaît sans cesse idiot et complètement décalé. Mais malgré ce caractère, il éprouve de réels sentiments envers Ran, et on aura tout de même l'occasion de le voir sérieux à plusieurs reprises.
                       
Yamamoto Kotobuki

C'est le grand frère de Ran. Il officie en tant que policier et est le petit ami de Miyu. Il fait à la fois figure fraternelle, paternelle, et amoureuse. Il incarne l'autorité bienveillante. Il passe son temps à surveiller sa sœur Ran qui lui cause pas mal de soucis. Il veille également sur la sœur cadette, Sayo, qui veut entrer dans la police. Elle joue alors au détective avec son petit-ami Masato. Leurs histoires apparaissent souvent dans des chapitres bonus.
                             
                                               
                                                                                       
                                                                   
                                                       

Mihona Fujii et la société

                                               
Mihona Fujii n'hésite pas à mettre en scène des personnages extrêmement caricaturaux. Ce fait lui sera reproché par de nombreux lecteurs, qui se verront tantôt blessés dans leur passion des gals, tantôt compris. Néanmoins, pour les lecteurs français qui ne connaissent pas ce mouvement, cette série est alors un bon apprentissage, à prendre avec beaucoup de recul néanmoins. Car malgré le fait qu'elle soit une caricature très osée, ceux-ci comprendront alors l'impact que cela a sur les personnes qu'on pourrait qualifier de «rangées». C'est ainsi que le rideau est levé sur le fossé générationnel qui existe au Japon. Les adultes sont révoltés par ce mode de vie, les jeunes adultes essaient tant bien que mal de remettre ces adolescentes dans le droit chemin, et quant aux jeunes; qui découvrent la société de surconsommation, les plaisirs personnels et l'individualisme; font le maximum pour vivre comme bon leur semble, et vont ainsi à l'encontre des valeurs de leur pays.
                                                                            
C'est ainsi que les parents de Ran, bien que tout à fait grotesques, sont constamment outrés par son comportement. Son grand frère fait tout son possible pour corriger ses actions, et Ran et ses amies vivent le moment présent.
                                                     
Malgré son côté très déjanté, Gals! prône les valeurs de la famille, au travers des Kotobuki. En effet, la série tourne autour de ces membres, soudés, comptant les uns sur les autres, malgré leurs différends. On remarquera qu'ils prennent leurs repas ensemble, discutent de choses simples, établissent des règles dans le foyer familial. Ces choses paraissent parfois des plus simplistes, mais de nombreuses familles ont, à l'heure actuelle, perdu ces notions de partage, de relations fraternelles et sororales. La famille Kotobuki apparaît alors comme une famille exemplaire, qui défend les vraies valeurs, dignes d'un équilibre des plus respectable dans la société.
On remarquera ici que c'est la mère de la famille qui incarne la bonté et la compréhension. Celle-ci ne s'oppose que très rarement, voire jamais, aux choix de Ran, et la comprend dans son envie d'être coquette et de s'amuser.
                                        
                                                               
Aya Hoshino est fille unique. Elle subit alors une grande pression, celle de l'espoir que ses parents ont placé en leur unique enfant. Aya en souffre, et c'est en cela que Mihona Fujii nous fait entendre le cri de tous ces jeunes en mal de vivre, ayant trop de responsabilités sur les épaules. Première de la classe, dirigée ensuite dans la meilleure classe du lycée, Aya est sans doute destinée à de grandes études, qu'elle devra, par dessus tout, réussir brillamment. Son mal-être ne tarde pas à transparaître aux yeux du lecteur, lorsque celui-ci se rendra compte qu'elle est escort girl. Voilà une occasion pour Ran de renier un préjugé qui colle à la peau des gals. C'est ainsi que Mihona Fujii nous montre qu'il est possible d'être une gal,  tout en restant une jeune fille simple et préoccupée par son avenir.

Enfin, Yumi Yamasaki n'a pour ainsi dire pas de parents. Ceux-ci se sont désengagés de leur fonction depuis bien longtemps. C'est alors qu'elle tourne mal, fait partie d'un gang. Mais l'amour la rattrape, lors d'une énième arrestation. La famille Kotobuki joue son rôle de famille modèle, et l'accueille ainsi chez elle, tout naturellement. Je pense que Yumi incarne ici la jeune fille perdue, au bord du gouffre, mais qui mérite néanmoins d'être sauvée. Les Kotobuki seront là pour l'écouter, surtout Yamato. L'échec de la famille Yamasaki est malheureusement un exemple de nombreuses familles, qui ne savent peut-être plus comment écouter leur enfant. Aussi ingrat puisse-t-il être, cet enfant reste tout de même le leur, et l'auteur ne désengagera pas la responsabilité de ce genre de parents.
                                               
Pour toutes les raisons citées ci-dessus je trouve que Gals! apparaît comme une bonne critique de la société. Certes, l'auteur blanchit en quelques sortes ces jeunes filles avides de nouveauté. Mais c'est ainsi qu'elle réussit ce défi de mettre en scène des gals qui défendent l'intégrité de la femme, qui se battent contre le système machiste japonais, la violence et l'illégalité. Ran Kotobuki est ses amies prônent des valeurs comme la liberté et l'amitié. Mais c'est Ran, surtout, qui incarne la féminité. Certains se demanderont ce qu'elle peut bien avoir de féminin, tellement elle paraît grotesque et ridicule par moments. Mais avec le recul, ne voyez-vous pas qu'elle se bat pour la femme, pour sa liberté et ses droits? Cette réflexion peut paraître extrême, surtout venant d'un manga aussi déjanté et qui paraît, au premier abord, comme étant superficiel. Mais même si les sujets de délinquance, d'agression envers les lycéennes, ou plus généralement envers la femme, sont abordés de façon caricaturale, c'est la justice qui apparaît au premier plan. Apprendre à connaître avant de juger, apprendre à tolérer avant de sévir, c'est apprendre à vivre avec l'autre... tout simplement!
                                           
                                                     
                                                                                      
                                                                                      
                                                                                                            

Qu'est-ce qu'une Gal?

                                                                
Le mouvement gal, ou kogaru, touche principalement les jeunes filles scolarisées du collège jusqu'au lycée. Elles ont le plus souvent entre 12 et 25 ans. Elles se décolorent presque toutes les cheveux, parfois jusqu'à l'extrême blancheur, certaines se laissent aller aux U.V, d'autres au contraire essaient d'avoir la peau la plus blanche possible. Même si les variétés de gals sont multiples, leurs centres d'intérêts ont toutefois beaucoup de similitudes: s'amuser, plaire, provoquer, ne pas laisser indifférente, mais surtout, être à la pointe de la mode et la plus originale possible. C'est ainsi que les micro jupes, les chaussures plateau, les talons très hauts, mais également les accessoires flashy sont de rigueur, ainsi que le nail-art. Celles-ci ont leurs magazines préférées, qui leurs donnent de bons modèles et conseils, une marque de vêtements aux couleurs de l'hibiscus se détache du lot, et cette fleur devient alors l'emblème des gals.
                                            
Tout comme Ran Kotobuki, les gals ont leurs codes, un mode de vie bien à elles, et leurs lois: ne jamais se promener seule, être toujours entourée d'un grand cercle d'ami(e)s, avoir un répertoire rempli de connaissances (qui ne les appelleront peut-être jamais) jusqu'à remplir au moins un téléphone portable entier, changer sans cesse de vêtements afin d'être toujours différente, et avoir un maquillage et une tenue irréprochables.
                                                           
Socialement, on remarquera que les gals vivent dans leur bulle, et sont cantonnées à leur mode de vie qui les place en marge de la société. Leurs sorties ne s'effectuent qu'entre gals de la même catégorie, dans les endroits les plus branchés, comme à Shibuya, Ikebukuro, les boutiques les plus tendances, comme la tour 109, les karaokés et les bars-restaurants. Afin de sortir un maximum, elles ont pour habitude d'avoir un taux d'absentéisme très élevé, parfois elles ne sont plus scolarisées, et rentrent très peu chez elles.
Les parents, et les adultes en général, voient toute cette extravagance d'un très mauvais œil. Ces jeunes filles ont notamment la réputation d'avoir recours au enkô pour réussir à se payer les derniers accessoires à la mode (Note: le enkô est en quelques sorte une prostitution juvénile, qui consiste à sortir avec un homme plus âgé, en l'accompagnant par exemple à des dîners ou des soirées, tout cela en contrepartie de sommes d'argent conséquentes).
Toutefois, il faut prendre garde à ne pas généraliser cette réputation à toutes les gals, car la plupart d'entre elles ne voient en ce mouvement qu'une mode, un moyen de s'amuser, sans pour autant nuire à leur vie familiale, scolaire, sexuelle ou même, pour aller plus loin, sociale.
                                                        
                                                         
                                                           
                                                                       
                                                           

Un style de plus en plus démesuré...

                                                                  
On peut parfois s'y perdre, dans toute cette fantaisie, car les gals sont appelées différemment selon leur style. Ainsi, il est de coutume de dire que la première à avoir lancé ce mouvement, dans les années 90, est la chanteuse de Jpop Namie Amuro. Elle lance la mode «kogal» («ko» signifiant enfant, ou même lycée, et «gal» ou «garu» vient de l'anglais « girl »). Mais on rencontre parfois l'orthographe «kogyaru» qui est la transcription exacte des kana. Les kogaru sont des gals lycéennes et par conséquent, constituent une sous-catégorie des gals. Néanmoins, l'origine du mot est très contestée, et il sera alors très difficile de trouver le vrai dans tout cela.
                                  
Tout d'abord, commençons par les kogaru ultra colorées façon parapara-girls. Celles-ci brillent par leur fantaisie, leurs vêtements flashy à souhait. On pourrait rapprocher Ran de ce genre de kogaru, tout en nuançant, bien-sûr! Car celle-ci n'est pas réellement kawaii, et apparaît assez dispersée quant à son style vestimentaire. Néanmoins, le point le plus commun qu'on lui trouvera avec les parapara-girls, est sa capacité à effectuer cette danse parfaitement! Certains se demanderont ce qu'est la para-para. Mais toute gal digne de ce nom a le devoir de savoir exécuter cette danse! La para-para est surtout constituée de mouvements de bras. Les jambes ne sont pas beaucoup sollicitées, mais les hanches ont leur place bien à elles. Elle se danse en solo ou en groupe, mais Ran Kotobuki préférera l'utiliser pour défier sa rivale, ou alors s'amuser avec son ami Tatsuki qui est le roi de la para-para! On trouve plusieurs variantes de la para-para, telle que la techpara (dansée sur des musiques techno), la trapara, ou torapara (dansée sur de la transe, toransu en Japonais). Les fans de para-para danse l'appellent souvent eux-mêmes « paralist », car les danseurs sont placés en ligne, et effectuent leurs mouvements tous en même temps.
Les ganguro, ou encore gueules noires, font parties des gals les plus extrêmes. Elles arborent un bronzage sans égal, passant des heures sous les lampes U.V des instituts spécialisés. Leurs cheveux sont décolorés, d'un blond éclatant. Elles incarnent en quelque sorte l'image inverse des japonaises traditionnelles, au teint blanc et à la chevelure noire. Leur but principal est de choquer, et cet objectif semble être atteint. Néanmoins, ce style arrive à son paroxysme avec les yamamba qui adoptent un maquillage très particulier: celui-ci met en avant la couleur brûlée de leur peau. Ainsi, le blanc autour des yeux, les lèvres les plus pâles possible, les cheveux plus que décolorés sont de rigueur, tout leur est permis. Au début, leur but était de ressembler à la sorcière Yama-Uba (sorcière de la mythologie japonaise, vivant dans les montagnes), et de faire peur. Petit-à-petit, elles deviennent de plus en plus fun, et adoptent un style qui prône les vêtements et accessoires flashy. Elles ont la réputation d'avoir une hygiène plus que douteuse. Ainsi, elles n'attirent en aucun cas les hommes, qui les trouvent malsaines dans leurs excès. Il existe leur équivalent masculin: les center guy.
                            

                              
Les ganguro sont incarnées par Rika, Yuka et Mika. Elles n'ont de cesse de chahuter Ran, qu'elles qualifient de «stupide ganjiro». Ran, quant à elle, essaiera plusieurs fois de devenir une ganguro, à ses dépens! Cela lui vaudra les moqueries incessantes de ces trois rivales qui passent leur temps dans Shibuya. Néanmoins, malgré leurs différences, ces kogals ne manquent pas de s'allier lorsqu'un danger pointe le bout de son nez. Ainsi, les ganguro de Shibuya sont les plus grandes rivales de Ran, mais aussi des alliées sans failles!
Enfin, pour ce qui est des gals les plus extravagantes, les negativ ne sont pas représentées dans Gals!. Les negativ sont tout simplement les «négatifs» des japonaises typiques. Ainsi, elles ont les cheveux blancs, leur peau est noire, et elles portent des lentilles de couleur claire.

L'arrivée de la chanteuse Ayumi Yamasaki recadre un peu les kogaru dans un style médiatisé, et les recentre sur le Japon. Ainsi, celles-ci deviennent plus soft, et beaucoup deviennent des ganjiro. Ayumi devient alors la reine des ganjiro, avec une peau la plus blanche et pure possible.

Ce mouvement a eu son heure de gloire pendant plusieurs décennies. Aujourd'hui, on ne peut pas dire si les gals subsisteront, ne serait-ce qu'à cause de leur mode de vie. Celles qui ont terminé leurs études veulent se trouver un mari, mais sont loin d'être assimilées à des modèles de grande vertu. D'autres auront trouvé un travail d'hôtesse dans des bars de réputation douteuse, vivant encore de l'argent des hommes et de celui de leurs parents. La fatalité est-elle celle qui les conduit inéluctablement à une vie moins fantaisiste et moins tape-à-l'œil? Peut-être est-ce le prix à payer pour s'intégrer un maximum dans une société qui prône la bonne éducation...
Néanmoins, la mode de ces dernières années, au Japon, est plus soft et plus classe. Le style colle davantage au contexte socio-économique du pays, à savoir des femmes qui veulent plus de droits, plus de pouvoirs, et plus d'égalité envers les hommes. La relève n'est peut-être pas assurée, ou tout au moins, les gals de demain ne seront peut-être pas celles d'hier.
                                   
                                                     
                                                                                               
                                                                                          
                                                                                         

Conclusion

                              
Bien que beaucoup de lecteurs reprocheront le côté trop caricatural de l'auteur, je pense que Gals! est un bon manga. Les lecteurs qui voudront uniquement lire en s'amusant ne verront que les aventures drôles et décalées de Ran et de sa bande. Les autres, qui souhaiteront aller plus loin, et réfléchir au statut des gals, des jeunes et de la femme, s'offriront le privilège de découvrir la vision de la société proposée par l'auteur.
Le dessin, très travaillé et aux multiples détails, ne laissera pas le lecteur de marbre. Bien qu'il pourrait apparaître aux yeux de certains comme dépassé, il garde tout de même une grande fraîcheur, et ces filles à la pointe de la mode ne paraissent aucunement ternies par le temps.
Gals! est un manga destiné avant tout à un jeune public, mais il ne délaisse en rien les lecteurs plus âgés, toujours intéressés par la mode et les jeunes filles "en fleur", qui s'apparentent ici à des femmes enfant qui ne veulent qu'une seule chose: que la fantaisie soit sans fin!
                                           
                              
© By Mihona Fujii / Shueisha Inc.
                                               
Dossier réalisé par Lovehina - Mise en ligne le 30/10/08.


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