Un drôle de père - Actualité manga
Dossier manga - Un drôle de père

Reader Rating 20 /20

Sommaire

Publié le Jeudi, 07 November 2013


Graphismes et Adaptation

 
   
Dans la lignée de ses compatriotes au sein du Feel Young, Yumi Unita nous propose un graphisme assez unique en son genre, qui se démarque par son sens du minimalisme. La mangaka ne s'encombre pas de détails ni de surcharge expressive dans ses planches, ce qui peut nous faire ressentir une certaine maladresse ou une certaine froideur de prime abord. Les corps sont élancés, propices parfois à certaines exagérations dans les proportions, tandis que les visages tendent vers un faux réalisme, qui sublime les ponctuelles déformations caricaturales. En fait, le style graphique contribue presque entièrement à l'émotion suscitée par la série, qui s'y fait rare et nous surprend lorsqu'elle surgit ponctuellement, à l'instar de ces petits moments de bonheur innocent qui peuvent égayer notre journée. Les illustrations couleurs offertes par l'auteur en ouverture de chapitre nous ramènent d'ailleurs à une certaine insouciance infantile, par un choix de couleurs pastels propices à la douceur et à la nostalgie.
   
Arrivée en France dans un format similaire à l'édition originale, Un drôle de père aura pu être boudé du fait de son prix. La qualité du support peut justifier de dépasser les dix euros, mais difficile de se lancer dans le vide vers un titre dont on ne pouvait prévoir les qualités (surtout lorsque la série n'était pas encore terminée). Malgré l'absence de jaquette, les couvertures (aux illustrations différentes de l'édition originale) séduisent par leurs couleurs vives, tandis que l'encrage et le papier sont irréprochables, à quelques rares exceptions près. La traduction est quant à elle tout aussi satisfaisante, Akata/Delcourt nous offrant un lexique court mais pertinent en fin de tome, pour nous apporter des précisions sur les us et coutumes de la vie japonaise. On pourra en revanche attendre davantage de travail sur le niveau de langage des enfants (plus efficace par exemple dans Love so Life, titre du même éditeur), mais c'est avant tout une question de goût. Bref, l'éditeur nous offre un format assez unique pour une série qui l'est tout autant !
   
    
 

Autour de la série

 
 

L'anime

 
Annoncée en janvier 2011 sur le compte Twitter du magazine Feel Young, la série animée fut lancée six mois plus tard sur la chaîne japonaise Fuji TV et plus particulièrement sur sa célèbre tranche horaire « noitaminA ». Elle arriva en France quelques jours plus tard, par la magie du simulcast et grâce à Wakanim, et compte onze épisodes, diffusés de juillet à septembre 2011.
 
Lors de la distribution de la série en dvd/blu-ray, les spectateurs japonais purent découvrir quatre épisodes spéciaux de cinq minutes chacun, s'intercalant entre certains épisodes. D'où le placement  particulier de ces bonus, numérotés 2.5, 3.5, 6.5 et 8.5. En France, Wakanim a regroupé ces quatre chapitres sur sa plate-forme sous la forme d'un ultime épisode.
     

 
Le projet, confié au studio Production I.G., fut dirigé par Kanta Kamei, une figure assez peu connue de l'animation qui avait notamment réalisé le film Tales of Vesperia : The first strike en 2009. Très vite, il a été décidé de ne couvrir que la première partie du manga, qui était encore en cours lors de la conception de l'anime. Comme nous l'avons décrit, l'enfance et l'adolescence de Rin nagent dans deux orientations très différentes, et le réalisateur a préféré ne s'intéresser qu'à la première plutôt que de chercher une ambiance intermédiaire.
 
Malgré l'inversion de certains chapitres, les péripéties des quatre premiers volumes sont retranscrits avec une justesse et une fidélité remarquable, tant du point de vue de la narration que dans les choix graphiques. Sur ce dernier point, on soulignera les séquences d'ouverture qui emploient des tons crayonnés, rappelant les illustrations de Yumi Unita. Le casting vocal et les musiques finissent de sublimer cette superbe illustration, qui nous ouvre un nouveau regard sur le manga sans le trahir pour autant. Et l'opening, interprété par Puffy AmiYumi, devrait vous rester en tête un bon moment !
     
     
 

Le film live

    
L'été 2011 fut faste pour la licence, puisque le août 2011 arriva dans les salles obscures nippones le film live adapté du manga. Annoncé depuis juin 2010 dans les pages du Feel Young, cette version en prises de vue réelles fut guidée par le prolifique réalisateur Hiroyuki Tanaka, dit Sabu.

 
   
Tourné dans les quartiers résidentiels de Kawasaki, dans la préfecture de Kanagawa, le film se voit doté d'un casting trois étoiles. Le rôle de Daikichi fut confié au célèbre Ken'ichi Matsuyama, devenu célèbre au Japon (et dans le Monde !) pour les rôles de L dans Death Note et de Masaru Kato dans Gantz. Mais si la carrière de l'acteur n'est plus à faire, les quelques années le séparant de la trentaine se ressentent dans sa prestation. Citons également la présence de la belle Karina, de Mirei Kiritani, de Gô Ayano,... et bien d'autres. Mais l'on retiendra surtout la présence de la petite Mana Ashida qui fut véritablement révélée par son incarnation de Rin. Cette graine de star a ensuite pris son envol dans la saga Liar Game, jusqu'à avoir une série dérivée dédiée à son personnage, et a même fait une apparition du côté d'Hollywood en 2013 dans le blockbuster Pacific Rim !
 
 
 
Si l'anime jouait la carte de la fidélité, le film s'autorise quant à lui bien plus de liberté par rapport à l’œuvre de Yumi Unita. Outre la condensation due au format, on ressentira que le film a du rentrer de force dans le moule du schéma en trois actes. Il en ressort quelques rebondissements artificiels, à l'opposé de l'esprit de la série qui prend son temps pour sublimer les petits riens du quotidien. Cette trahison prend tout son sens lors du dernier « climax » du film, qui repose sur une fugue de Kôki et Rin, un acte impensable de leur part dans le manga. Et que dire de ces séquences inutiles où l'on voit Daikichi se mettre à danser ?
    
 
    

Le guide book

  
Faisant le liant entre manga, anime et film live, le guide book de la série, intitulé Usagi Drop 9.5, paraît au Japon le 8 juillet 2011.
 
  
 
Il se compose de plus de 150 pages, proposant des photos du film, une présentation des acteurs, quelques captures, une galerie de dessins et de croquis de l'anime, de la conception des personnages jusqu'aux décors, de nombreuses illustrations issues du manga, les premières esquisses des protagonistes, et même un chapitre inédit ! Bref, un objet immanquable pour les fans de la saga.
  
  
  
       
      

Age de raison

    
 
Parce que nous avons tous été des enfants, parce que nous avons tous grandi, parce que nous aspirons tous à perpétuer notre histoire en devenant parent, nous ne pouvons rester insensible lorsqu'une œuvre s'attaque au sujet de la famille, l'un des socles qui nous définit en tant qu'être humain. Par le prisme d'une situation incongrue, Yumi Unita remet en évidence des actes pourtant naturels mais qui, dans les mains d'un tuteur novice devant tout apprendre du jour au lendemain, prennent un tour totalement nouveau. On relativise alors la portée de nos actes, des petits riens du quotidien que l'on croit acquis mais pour lesquels nos parents ont fait bien des sacrifices. A travers les regards néophytes de Daikichi et de Rin, Un drôle de père est une ode à la paternité et à la vie, et nous montre que toutes les familles ont une histoire aussi importante, aussi précieuse que le lien qui les unit.
  
Alors oui, bien souvent, la vie nous réserve bien des surprises, bonnes comme mauvaises, et le destin peut prendre un tour inattendu. Nos rêves d'enfants, nos aspirations pour notre descendance, peuvent se voir balayés par les aléas de l'existence et par l'émergence de sentiments nouveaux. Et si l'aboutissement peut décevoir, on doit pourtant tendre sa main vers le pardon, en comprenant ce qui a pu amener à une telle situation. Et ne pas oublier les joyeux moments du passés, farouchement conservés dans nos souvenirs. Car il conviendra, un jour, d'écrire à notre tour la même histoire.
     
 
Dossier mis en ligne le 08/11/2013.
  
Références :
Akata/Delcourt
Wikipedia
MyAnimeList
Site officiel de l'anime : www.usagi-drop.tv
 
 
Fiche du manga : Un drôle de père
Fiche du manga vo : Usagi Drop
Fiche de l'auteur : Yumi Unita
 
 

Dossier réalisé par Tianjun


USAGI DROP © YUMI UNITA 2006 ­ SHODENSHA Publishing Co., Ltd

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News