Cartoonist 2015 - Actualité manga
Espace Membre inscription identifiants oubliés ?
Dossier manga - Cartoonist 2015
Sommaire

L'illusion du Phœnix

   
A chaque fois, on le croit disparu, à chaque fois, il renaît de ses cendres. Festival historique qui était l'un des pionniers des conventions manga et japanimation entre 1993 et 2003, le Cartoonist était ressorti de l'oubli il y a deux ans, les 20 et 21 avril 2013 à Nice. L'équipe organisatrice avait en effet souhaité offrir à ses visiteurs une édition anniversaire, un baroud d'honneur en réinvitant de nombreuses personnalités japonaises venues en France lors des années précédentes. Cependant, si sa programmation avait ravi les fans de la première heure, des trentenaires qui se sont replongés avec entrain dans leur enfance, l'évènement n'avait pas réussi à séduire le grand public d'aujourd'hui, celui qui se déplace en masse à une Japan Expo, et avait ainsi accusé une affluence bien faiblarde. Pour en savoir plus, nous vous invitons à retrouver notre précédent reportage.
   
Aussi pensions-nous que l'aventure s'était achevée sur ce bouquet final qui, malgré une organisation anarchique, nous avait offert quelques grands moments d'émotions et quelques grandes rencontres exclusives. Notre pressentiment semblait se confirmer en l'absence d'une reconduction en 2014, mais c'est en septembre dernier que l'annonce que les fans n'espérait plus est finalement tombée : le Cartoonist est bel et bien de retour ! Après Toulon, Brest, Paris et Nice, le festival allait poser ses bagages au Corum de Montpellier pour sa seizième édition, le week-end du 18 et 19 avril 2015.
    
   
   
    

Un nouvel envol...

   
Plus qu'un simple come-back, cette édition 2015 voulait s'imposer comme un nouveau départ, en particulier au niveau de l'organisation. En effet, le fondateur de l'évènement, Olivier Gilbert, a laissé les commandes à une société professionnelle, Com In Event, qui a présenté son ambition lors d'une conférence de presse en début de salon. Séduite par le festival et par son histoire, cette société souhaite le faire évoluer pour le faire découvrir au plus grand nombre, en étant convaincu par son potentiel au niveau national comme international. Son objectif est de faire grandir l'évènement progressivement, avec une édition tous les deux ans à Montpellier, et de manière itinérante durant l'année intermédiaire en faisant escale dans une autre ville française ou européenne. Pour cela, le salon va devoir avant tout s'ouvrir à un public plus large (et prend dès cette édition de bonnes résolutions avec une large ouverture au monde du jeu vidéo), sans pour autant perdre son identité, son caractère nostalgique.
      
     

    
      

… en se brûlant les ailes.

  
Nous sommes sortis de cette présentation presse avec la conviction que le festival visait très haut. Et à la fin du week-end, la chute n'en aura été plus que douloureuse. 
   
En effet, tout comme en 2013, le Cartoonist n'a a attiré que très peu de visiteurs, voire encore moins. Si les chiffres officiels n'ont pas été dévoilés, certaines estimations parlent de 4 000 personnes, et ce sont encore les plus optimistes. Quoiqu'il en soit, les allées du salon nous ont paru bien vides, et ce malgré une superficie assez modeste ! Outre les organisateurs, les personnes les plus impactées par cette timidité sont les exposants, à qui l'on a promis une affluence de 15 000 à 20 000 personnes sur le week-end, et qui ont payé leur espace au prix fort, au risque de s'endetter lourdement.
   
Les raisons de ce nouvel échec sont assez nombreuses : tout d'abord, en amont de l'évènement, plusieurs lacunes se sont fait sentir au niveau de la communication. Certaines informations manquaient à l'appel, sans compter les annonces d'invités ou d'éléments finalement absents du festival (notamment le costume original de X-Or). De plus, une  fois sur Montpellier, l’événement était très peu visible, et même à l'approche du Corum, il fallait savoir que quelque chose s'y tenait ! D'ailleurs le mauvais temps du dimanche a dû repousser d'éventuels curieux. 
   
Deuxième point problématique : les invités, dont nous détaillerons le casting dans la partie suivante.  Il était certes impossible pour cette édition de rivaliser avec l'affiche orgiaque d'il y a deux ans, mais les artistes sélectionnés n'étaient pas forcément très fédérateurs. L'invité vedette, Hiroshi Butsuda, aura surtout intéressé les fans de tokusatsu, qui reste un courant relativement mineur en comparaison à la frénésie du manga en France. Et les autres invités japonais, malgré tout le talent que l'on peut leur reconnaître, ne semblent être que des seconds couteaux face à un mangaka ou un réalisateur réputé. De même, pour attirer les plus jeunes, il aurait fallu une figure fédératrice venue du Net comme un Joueur du Grenier ou de webséries comme Noob (même si deux vidéastes, Ginger Force et ZeSadPanda, étaient en dédicace dans un coin du festival). 
   
Mais le point qui aura fait le plus grincer des dents, et qui aura sans doute découragé une partie des visiteurs potentiels, reste le prix d'entrée : 20€ pour le pass week-end acheté en prévente, passant à 26€ en achat sur place, ou 13€ la journée (sans parler des Tickets Gold). Un prix assez prohibitif, d'autant que le festival opta initialement pour un système de « sortie définitive », avant de se raviser dans la précipitation. A titre de comparaison, les montpelliérains connaissent aussi le Japan Sun de Fabrègues, au tarif moitié moindre et qui comprend aussi une nocturne. Les ambitions des deux salons ne sont certes pas les mêmes, mais la ville n'est peut-être simplement pas la bonne cible pour un événement à l'ambition aussi grande. 
    
    
      
      
Enfin, du côté de l'organisation générale, les staffs brillaient surtout par leur absence, avec un point d'accueil déserté le plus souvent du temps. Du côté de la presse, si j'avais quelques espoirs après la présentation qui nous était offerte et la mention d'un espace dédié sur le plan, j'ai eu la surprise de constater que cet espace est resté lui la plupart du temps vide et éteint. La sécurité était plutôt relâchée au vu de la faible population, et il y avait de quoi passer en douce assez facilement. Pour une organisation qui se veut professionnelle, cela fait beaucoup de choses à corriger.
     
Pour autant, malgré tous ces points négatifs, le Cartoonist avait quelques points intéressants, que nous allons détailler dans la suite de ce reportage...
   
   


Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News