Dossier
Note des lecteurs: 18 /20
Présentation
L'histoire
Tout va mal pour Akari! Son père, criblé de dettes, l'abandonne et la laisse en gage à la famille Otomo, qui est son créancier. Notre héroïne va alors devoir travailler en tant que femme de ménage pour éponger l'ardoise de son père. C'est une nouvelle vie qui débute pour elle. Mais sa rencontre avec Minato, l'héritier de la famille, va tout bouleverser... Découvrez une superbe histoire d'amour, qui dépasse les frontières sociales!
Fiche signalétique
Akari (裸足のアイツ) a été publié au Japon de février 1996 à janvier 1998 par l'éditeur Shogakukan. Cette série est réalisée par Rie TAKADA (りえ 高田) et compte 9 volumes. Il y a eu une réédition au Japon en quatre volumes en 2004. C'est Soleil qui publie ce titre en France depuis octobre 2007.

L'auteur
Nous en savons malheureusement très peu sur Rie Takada, qui a une vie très discrète. Elle est originaire de l'île d'Hokkaido, qui se situe au Nord du Japon. Elle commence sa carrière au début des années 90. C'est un auteur très prolifique, comme en témoigne sa bibliographie. Ses histoires n'excèdent jamais les 10 volumes. Pour en savoir plus elle, je vous invite à lire Akari et les autres titres de cet auteur parus en France, car l'auteur parle parfois d'elle-même entre les chapitres de ses séries.
Bibliographie (liste non exhaustive):
Trouble Kick (série terminée / 2 volumes / 1993)
Manatsu no Koibito (série terminée / 6 volumes / 1994-1995)
Akari (série terminée / 9 volumes / 1996-1998)
H3 school (série terminée disponible en VF chez Kurokawa / 5 volumes / 2003-2005)
Personnages principaux
Akari Hamada

Héroïne de l'histoire, Akari donne son nom au récit de Rie Takada, qui devait initialement s'appeler "L'autre aux pieds nus". Akari se caractérise par sa propension à être particulièrement dynamique, qu'elle que soit la situation qui lui fait face. Personnage central du récit, elle lui donne une saveur humoristique très appréciable, notamment grâce aux nombreuses gaffes qu'elle occasionne malgré elle. Elle garde néanmoins les attributs inhérents à toute héroïne de shojo: elle est rêveuse et s'égare très souvent dans des envolées pensives et romantiques, conserve un côté assez très fleur bleue qui peut d'ailleurs énerver parfois... Mais malgré tout, elle reste un exemple de persévérance, de loyauté, de courage, ce qui finit par l'éloigner ostensiblement de ses consœurs shojoesques, qui ont tendance à se plaindre et à pleurnicher à la moindre occasion...
Sans être canon de beauté (certains l'appellent "gros sourcils"), elle fascine par son tempérament bouillonnant qui finit par attirer tout un petit monde, sa force de caractère finissant quant à elle par attirer les ennemis d'hier (je pense bien évidemment à Tsunami Ôtomo, le demi-frère de Minato). Bref, personne ne reste insensible au charme de la demoiselle, qui est encore plus exacerbé par le fait que notre héroïne ignore elle-même le magnétisme qu'elle détient.
Et le lecteur dans tout ça? Il sera à coup sûr séduit par Akari, une héroïne atypique, comme on en voit assez rarement. Je suis pour ma part conquis par cette personnalité impétueuse... tant et si bien que je finis par oublier certains aspects classiques du scénario de Takada pour saluer cette héroïne qui ne laissera sans doute personne indifférent.
Minato Ôtomo

Riche héritier de la famille Ôtomo, chef de l'internat de l'école Shôho. Minato a toutes les caractéristiques du beau gosse ténébreux, sans compter qu'il cumule à lui seul pratiquement toutes les qualités du gendre idéal: il a de l'argent, une gueule d'ange, des talents culinaires reconnus, est particulièrement doué en sport et est l'idole de presque toute la gent féminine de son école... On peut néanmoins lui reprocher une certaine propension à une attitude autistique: en effet notre héros n'est pas un grand bavard et aime s'isoler pour faire de la voile ou cuisiner des plats qui feraient jalouser un chef 5 étoiles... Mais derrière cet aspect froid et peu engageant se cache un caractère loyal et altruiste. Sans doute lassé des convenances imposées par son statut, il voit l'arrivée d'Akari, jeune fille spontanée attachante, comme une bouffée d'oxygène et commence à avoir des sentiments pour elle. Mais les sentiers de l'amour sont parfois difficiles à arpenter, et Minato devra surmonter beaucoup d'épreuves s'il souhaite pérenniser sa relation avec Akari...
Hiromi

Hiromi est le meilleur ami de Minato, et partage sa passion pour la voile et les sports nautiques. Particulièrement gentil et serviable, il est également assez proche d'Akari et finira même par éprouver des sentiments pour cette dernière, formant le légendaire mais néanmoins conventionnel "triangle amoureux" que l'on retrouve dans presque tous les shojo. D'un tempérament assez effacé, il aime à se déclarer au dernier moment...
Tsunami Ôtomo

Tsunami est le demi-frère de Minato, et est donc lui aussi un héritier de la famille Ôtomo. Assez machiavélique, il cherchera à briser la relation qui unit son demi-frère à Akari, uniquement parce qu'il jalouse ce que Minato possède. Il usera donc de stratagèmes divers et variés pour parvenir à ses fins, allant même jusqu'à s'allier avec Saori. Avec le temps, il finira néanmoins par éprouver des sentiments réels pour notre héroïne. Tsunami est aussi populaire au lycée Shôhô que Minato et est très doué au piano.
Saori Hiki

Saori est la fiancée officielle de Minato, et sera donc la première à s'inquiéter de la présence appuyée d'Akari autour de "son futur époux". C'est pourquoi elle va mettre en place une succession de machinations qui suivront un crescendo diabolique: elle finira par attenter à la vie d'Akari! Son dernier piège finira par se retourner contre elle et la forcera à définitivement abandonner ses fiançailles avec Minato. Saori a tout de la fille détestable: elle profite de sa richesse pour s'entourer d'amies et est très superficielle.

Une belle histoire d'amour...
qui se construit rapidement...
Comme tout bon shojo qui se respecte, l'oeuvre de Rie Takada nous narre avant toute chose la relation amoureuse de deux adolescents aux vies assez tumultueuses.
Le premier volume, en plus de poser les bases de l'histoire et de présenter les personnages et l'univers dans lequel ils évoluent, fait débuter assez rapidement la relation entre Akari et Minato: les prémices d'un rapprochement entre nos deux protagonistes se font en effet ressentir dès les premiers chapitres... Au début pourtant, tout commence très mal et notre héroïne survoltée va tout simplement brutaliser Minato, pensant que ce dernier comptait lui faire quelque chose de louche! On pense alors que cette première rencontre plus qu'explosive va entraîner des rapports conflictuels entre nos deux héros... Mais non!
Car le caractère à la fois spontané et bien trempé d'Akari semble plaire au jeune héritier, sans doute lassé par les faux-semblants et les sourires hypocrites que lui impose sa condition. C'est ainsi que le ténébreux beau gosse va aider notre héroïne à s'intégrer au sein de la famille Otomo. Il faut savoir qu'à la base, Akari pensait intégrer une prestigieuse école privée... Quelle cruelle désillusion pour elle lorsqu'elle se rend compte que c'est en tant que simple femme de ménage qu'elle va devoir travailler chez les Otomo pour rembourser les dettes de son père (qui a pris la poudre d'escampette)! Et là où Minato aurait pu se venger du virulent crochet du droit qu'il reçu sur son délicat visage d'ange, il décide d'aider notre héroïne dans son intégration, n'hésitant pas à "se mouiller", en mettant la main à la pâte (au sens propre comme au figuré) afin que notre ingénue réussisse le test qu'elle s'est pratiquement elle-même imposé: assurer un maximum de tâches ménagères en un temps limité, en sachant que ce défi conditionnera son futur salaire. Le pari est bien évidemment réussi pour Akari qui ne se rend pas compte de la présence de son ange gardien, mais pour l'auteur, ces premiers chapitres, menés tambour battant sont particulièrement rythmés et éveillent l'intérêt du lecteur pour la suite de l'histoire.
Certes le scénario d'Akari est somme toute classique, mais le traitement dynamique qu'en fait Rie Takeda nous permet de passer un excellent moment de lecture. Mais passons à la suite du récit...
Après la classique épreuve d'intégration, deux évènements vont définitivement rapprocher Akari et Minato. En premier lieu, le petit faible qu'éprouve l'héritier pour notre héroïne va se matérialiser sous la forme d'une inquiétude: découvrant Akari seule sur la plage, le regard plongé dans dans le bleu de l'océan, Minato va alors ressentir une peur excessive, allant jusqu'à imaginer que cette dernière comptait mettre fin à ses jours en se jetant mer! C'est minimiser grandement le caractère particulièrement courageux de la jeune fille (nous en avons parlé précédemment).
Dans un second temps, c'est en utilisant la classique mais néanmoins efficace séquence de "la rencontre dans le bain" que la relation entre nos deux personnages va prendre un second virage: Etant obligée de faire sa toilette dans les bains pour hommes, Akari va croiser fortuitement Minato au détour de la pièce et nos deux adolescents se découvrent mutuellement dans la plus stricte intimité... Sous le choc, Akari dérape sur le froid mais néanmoins glissant carrelage de la salle de bain imprégné d'humidité et se retrouve sur Minato!! En gentleman accompli, ce dernier fermera les yeux et laissera notre héroïne fuir cette embarrassante situation. Après cet évènement, c'est Akari qui va commencer à éprouver des sentiments pour Minato, allant même jusqu'à imaginer en rêve leur ébats amoureux!
Quelques jours plus tard, leur relation jusqu'àlors à l'état latent éclot au grand jour: Minato embrasse tendrement Akari sous la pâle lumière d'un réverbère... Le lecteur en rêvait, Rie Takeda l'a fait, et ce dès le premier volume, alors que dans certains autres shojo où le scénario est parfois étiré à outrance, une telle scène survient au bout du volume 15. Encore une fois, le récit, sans s'éloigner des codes classiques imposés par le genre, n'en reste pas moins efficace, tout en allant droit au but. Ainsi débute "officiellement" l'histoire qui va unir nos deux tourtereaux et durera, nous l'espérons tous, jusqu'au dernier chapitre du neuvième et dernier tome que compte la série.

qui est parsemée d'embûches...
Bien évidemment, de nombreuses aventures et autres obstacles vont jalonner et pimenter la relation de nos deux héros pour maintenir l'intérêt du récit. Certes, les imprévus sont souvent classiques, mais restent toujours efficaces, tout en ayant le mérite d'alterner entre tragique et risible.
En premier lieu débarque Saori, la fiancée officielle de Minato. Bien décidée à faire mener la vie dure à notre héroïne, elle n'hésitera pas à user de moultes taquineries, voire même à utiliser des stratégies qui mettent en danger l'intégrité physique de notre pauvre Akari! Globalement, la séquence "Saori" promet de beaux moments de rigolade: en effet on ne cesse de sourire devant les réactions parfois surprenantes de l'héroïne, qui essaie toujours de faire face sans jamais baisser les bras. De plus, Saori aura le mérite d'accélérer malgré elle les sentiments qui unissent Minato et Akari... Je n'en dirai pas plus à ce sujet et vous invite à suivre l'évènement dont je fais allusion par vous-même: il se situe à la fin du premier volume et fait office de véritable cliffhanger!
Par la suite, c'est la famille de Minato qui va rappliquer comme un cheveu sur la soupe et mettre son grain de sel (restons dans les comparaisons culinaires) dans sa relation avec Akari. Le fer de lance de l'opposition familiale est pour l'instant Tsunami, le demi-frère (le père de Minato restant en retrait pour le moment). Le schéma narratif sera alors similaire au précédent: l'opposant (Tsunami) va tout faire pour briser la relation qui nuit nos deux tourtereaux... Avec ou sans succès? Vous le découvrirez par vous-même en lisant les aventures d'Akari...
C'est à partir du quatrième volume que le récit de Rie Takada va prendre une tournure différente de ce que l'on a vu jusqu'alors. Les complications se multiplient à la même vitesse que les sentiments de nos deux amoureux se renforcent, et l'histoire prend un ton beaucoup plus romanesque: nous assistons au retour du patriarche de la famille Ôtomo, qui va bien évidemment s'opposer à la relation d'Akari et Minato... qui vont décider de s'enfuir... pour finalement revenir quelques temps plus tard! Akari décide alors de se plier aux épreuves imposées par le père de Minato... Mais il n'y a pas que ça!
Pour couronner le tout, Hiromi, jusqu'alors quasiment transparent dans son rôle du "bon pote de service", se décide à entrer en action et avoue ses sentiments à Akari... Comment réagira cette dernière? Mais surtout, quelle sera la réaction de Minato face à la trahison de son meilleur ami?? A vous de le découvrir! En tout cas, on ne peut que saluer les différents ressorts scénarisitiques de Rie Takada, certes conventionnels, mais toujours brillamment utilisés pour maintenir vivace l'intérêt du lecteur!

sous fond d'humour!
Avec le personnage d'Akari, l'humour est un gros point fort de l'œuvre de Takada. De nombreuses situations cocasses parsèment son récit, en alternance avec des scènes plus dramatiques. Cela a pour effet d'alléger la lecture bien sûr, mais aussi de rendre certains personnages attachants. Et la palme de la plus belle gaffe est sans contestation possible décernée à Akari! Cette dernière, par ses réactions inattendues et ses nombreuses boulettes, vous fera à coup sûr sourire! En effet, notre héroïne a "la gâchette facile" et n'hésite pas à brutaliser quiconque s'approche d'un peu trop près. On s'en rend compte dès les premières pages, lors de sa rencontre plus qu'explosive avec Minato: ce dernier, myope sur les bords, s'est approché un peu trop près de la demoiselle pour procéder à une identification, et s'est finalement retrouvé avec un joue très enflée...
Ensuite, l'auteur se plaît à jouer avec les clivages existant entre les riches et les personnes issues de milieux plus modestes. Ainsi, de nombreux gags, mettant en exergue la différence de condition d'Akari et Minato, seront au rendez-vous. En effet, la simplicité qui caractérise notre héroïne fait parfois un peu "tâche" dans cet environnement bourgeois, et cette dernière aura fort à faire pour améliorer ses manières un peu rustiques!
C'est donc avec plaisir que nous constatons l'utilisation du ressort comique dans l'œuvre de Takada. Sans être omniprésent, il est utilisé avec beaucoup de parcimonie et ne risque pas de lasser.

Graphismes et adaptation
Le style graphique de Rie Takada est plutôt agréable et colle bien à l'ambiance du récit.
Les personnages sont bien proportionnés mis à part les grands yeux d'Akari, qui sont propres au Shojo. On remarquera cependant quelques défauts tels que des oreilles un peu décollées pour les personnages masculins et les sourcils d'Akari qui changent de taille au fil des volumes (ils sont tantôt épais, tantôt fins). Mais à part ces petits détails, il n'y a rien à redire au chara-design de l'auteur.
Concernant les décors, on peut dire que ces derniers empruntent beaucoup au romantisme présent dans le manga et créent une ambiance poétique, voire nostalgique. L'histoire se déroule au bord de la mer, ce qui permet à l'auteur de dessiner de beaux paysages de plages, de couchers de soleil et de bateaux. L'évasion est un thème cher à Rie Takada, qui fera même voyager ses héros à l'étranger. Et puis il suffit de jeter un coup d'œil aux couvertures, où nos deux héros sont représentés sous la forme de photos étalées sur une table, pour se rendre compte de cet état de fait...

L'humour, thème cher à l'auteur, est très bien servi par une utilisation de dessin au style SD (super deformed): four rire garanti! On constate par ailleurs la présence de mimiques et autres grimaces humoristiques... Takada va même jusqu'à grimer son héroïne en animal pour appuyer certaines de ses réactions! Effet kawai assuré!
L'adaptation est quant à elle de très bonne facture. Pour un prix abordable (6.95 euros), Soleil nous gratifie d'une édition française soignée. La traduction est bonne, les onomatopées sont traduites ou sous-titrées.
La jaquette est attractive et le papier, bien qu'un peu fin, est de bonne qualité, tout comme l'encrage.
On aurait peut être aimé avoir une ou deux pages colorisées dans chaque volume... Mais on ne peut pas tout avoir!

Conclusion
En définitive, Akari est un shojo qui remplit très bien son rôle: sans révolutionner le genre, il promet un moment de lecture très agréable. Le scénario, bien que classique, est dynamique et l'auteur utilise avec brio les ficelles scénaristiques imposées par l'exercice. Le personnage d'Akari, à la fois survolté et si fragile, séduira à coup sûr un lectorat féminin et masculin. Les nombreuses phases d'humour succèdent à des phases romantiques et plus sérieuses, le tout se lisant avec beaucoup de fluidité. Enfin, notons que la série de Takada est plutôt courte (9 volumes) et représente donc un excellent investissement pour les petits budgets, pour un très bon rapport qualité / prix. N'hésitez-plus!
Dossier réalisé par shinob - Mise en ligne le 27/08/2008
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Enigme
D'où vient cette réplique ?
"L'homme que tu as devant toi n'est pas un homme sans cœur et sans pitié, c'est un homme qui ne pense qu'à ses amis"
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