Tokyo Babylon - Actualité manga

Tokyo Babylon

Critique de la série manga

Publiée le Jeudi, 12 April 2012

Critique 1


Tokyo Babylon, c’est le mélange entre la vie de trois protagonistes principaux et de nombreux figurants qui prennent régulièrement le premier rôle. Subaru Suméragi est un maître du yin et du yang, tout comme sa jumelle Hokuto. Mais Subaru est le chef actuel de la famille ancestrale supposée protéger Tokyo, ce qui induit des pouvoirs plus conséquents, mais également des responsabilités revues à la hausse. Dans sa lutte pour la paix et le repos de l’esprit, Subaru s’allie à Seïshiro Sakurazuka, héritier de la tristement célèbre famille d’assassins, et accessoirement vétérinaire. Celui-ci, pourtant, se défend d’avoir un lien quelconque avec les activités néfastes de sa famille, à laquelle il ne tient pas forcément à être rattaché. Ainsi, il aborde aux côtés de Subaru une attitude attentionnée, une tendresse et un amour démesuré. Pourtant, au fur et à mesure de la lecture, Seïshiro se montre de plus en plus mystérieux et complexe, comme s’il cachait un grand secret à Subaru. Quelque chose que ce dernier aurait oublié, mais qui les lierait si profondément que leurs vies en seraient altérées. Ce ne sont que les rêves de Subaru qui lui soufflent des souvenirs oubliés, dans lesquels une silhouette apparait sous les fleurs d’un cerisier, lui parlant d’une promesse et d’un bien sombre avenir. On se demande alors que cache Seïchiro derrière son sourire paisible façonné de toutes pièces, alors que Subaru, si transparent, a des secrets dans les méandres mêmes de sa mémoire. La passion arrive rapidement pour ces deux êtres qui s’opposent, l’un ne s’attachant à rien, l’autre offrant trop. Le résultat est cruel, et changera l’un, l’autre, ou les deux …


Ce n’est cependant pas le grand secret des deux hommes qui fascine tant l’axe de réponse est évident, la révélation n’étant intéressante, car prenante et profonde que dans le dernier tome. On appréciera davantage la multitude de petites histoires qui mettent en scène avec élégance et simplicité les vices humains, la déchéance de Tokyo et ce à quoi Subaru doit s’opposer pour rétablir un semblant de paix. Esprits frappeurs, vivants tourmentés ou en passe de franchir le pas, autant de destins qui se croisent, permettant à Subaru de faire étalage tour à tour de son pouvoir ou de sa grande bonté d’âme. Car les sutras ne sont pas les seules armes du jeune homme au cœur pur, qui apaise par les mots ce qui blesse et ce qui peut se résoudre par un peu d’écoute, d’attention et d’empathie. Ces petites nouvelles, apparemment anodines, permettent donc de développer la personnalité naïve de Subaru afin de contraster avec son devenir, ainsi que le mystère planant autour de son compagnon, ou encore l’humour d’Hokuto. Bref, cela soutient un tableau qui reste longtemps immuable, jusqu’à se briser magistralement, sans réelle lueur d’espoir ni solution, sans promesse ni soulagement. La fin de Tokyo Babylon introduit le Subaru qu’on retrouve dans X-1999. Fier, froid et moins proche de ceux qui ont besoin d’aide, ce nouvel homme n’a plus qu’un but, bien loin de la paix dans le monde. Et c’est ce revirement de situation qui fait toute la force du manga ! Ainsi que, on ne le comprend qu’à la fin, les constantes répétitions sur la décrépitude humaine et sur les mauvaises actions de l’Homme. Par des apparentes maladresses, les mangakas parviennent à en sortir une narration exemplaire et subtile, qui cache bien son jeu, son intérêt et son génie.


Le maître mot de l’association de plusieurs mangakas est la diversité. Et après RG Veda, on peut prendre la lecture de Tokyo Babylon avec un gros choc de contraste au niveau des dessins. On est aussi, et pourtant, bien loin de la richesse des détails de X, de son aspect brouillon et de ses avalanches de trames. Ici, on aurait presque l’impression que le tout a été bâclé … Mais souvenez-vous de Trèfle, où la même réflexion a été faite à tort … Certes, Tokyo Babylon possède peu de décors, parfois ceux-ci ne font même qu’un avec les personnages, ce qui rend un effet assez particulier. Certes, le décalage entre les figures principales et les autres est flagrant tant les personnages secondaires sont moins détaillés et manquent d’esthétisme. Certes, on remarque brutalement l’absence de dégradés, pour un rendu très carré, net et précis, presque tout noir ou tout blanc. Mais c’est aussi cela qui fait le charme de la série, puisque le trait est efficace avant de chercher la beauté, rendant les graphismes froids, et laissant ainsi le soin aux protagonistes de faire passer leurs émotions tout seul, sans l’aide de grandes étoiles, de décors mirobolants ou de détails faciaux exagérés. Tout est alors plus pur, plus significatif, plus marquant. Tonkam a donc décidé de rééditer cette superbe série des CLAMP, qui est indispensable pour tout lecteur d’X-1999, pour approfondir des personnages transverses trop oubliés dans la série. Le pont qui se fait entre Tokyo Babylon et X est à lui seul présent dans le dernier tome de la première œuvre, liant les deux sans lourdeurs ni cassures. L’une n’est que la suite logique de l’autre, et on apprécie fortement de ne pas finir Tokyo Babylon sur un air joyeux. La réédition, si elle est bien moins chère et longue que la première, souffre de quelques défauts. A part le papier, suffisamment opaque pour ne pas laisser transparaitre les grandes étendues noires sur la page suivante, l’ensemble est quelque peu décevant : les volumes sont plus compacts, moins légers, les couvertures moins belles, et cette surdose rend la lecture un peu plus indigeste. Mais la narration et le récit se suffisent à eux-mêmes pour apprécier facilement ce titre aux grandes qualités.


Critique 2


Ce titre à part est l’un des premiers du studio Clamp, il a contribué
au succès de ces quatre femmes avec RG Veda, et déjà le style de Clamp
est reconnaissable entre tous. Outre le dessin caractéristique, on
retrouve les thèmes et éléments communs aux différentes œuvres du
studio. 



Cette série nous conte les aventures dans un Tokyo
contemporain, du jeune Subaru Sumeragi, treizième héritier de sa
famille, maître du Ying et du Yang dont la mission est de protéger
Tokyo des esprits. Il est accompagné de Hokuto, sa sœur jumelle quelque
peu excentrique et de Seichiro, un vétérinaire bien mystérieux,
apparemment héritier d’une famille d’assassins.
Le titre tient son
origine de la comparaison avec l’antique et puissante cité Babylone,
qui aveuglée par sa propre puissance et son arrogance à causé sa propre
destruction, ainsi le parallèle est fait avec Tokyo, ville
tentaculaire, qui est présentée sous un point de vue assez pessimiste,
car rongé par le vice.

Tout le long de la série on suit donc
ces trois personnages, Subaru, Hokuto et Seichiro, et peu à peu on
bascule des faits de société sur fond de fantastiques à une histoire
complexe contant le conflit de deux clans ayant des pouvoirs similaires, mais des missions bien distinctes !
Le début est un peu laborieux et
il faut le reconnaître l’ensemble de la série est assez inégale…si
certaines histoires sont passionnantes et la critique bien amenée,
certaine sont justes mièvres, voir agaçantes.
Mais derrière cela
se cachent d’autres enjeux, l’intérêt se trouve ailleurs, il est dans la
relation qui se crée entre les personnages, en particulier Subaru et
Seichiro. Et puis il faut reconnaître que les Clamp savent ménager leur
suspens, la narration est intelligente, on passe du léger au plus
grave, elles savent nous faire remarquer les éléments déterminants.

Les
Clamp sont très acerbes dans ce titre où elles critiquent allègrement
la société Japonaise, elle évoque la solitude des individus, la rupture
du lien social, les inégalités, la bassesse des gens…ce n’est pas pour
rien que le titre fait référence à Babylone, la cité détruite par
l’arrogance des hommes…le parallèle est alors très simple, elles
dépeignent dans ce titre tout ce qui pour elles provoquera la chute de
Tokyo et du Japon en général (cela reste métaphorique…n’ayez pas peur)
!

Bien que clairement un titre shojo, on trouve des aspects
Yaoi. On y retrouve tous les éléments du shojo, outre les liens entre
les personnages, tout dans la mise en page rappelle le genre, y compris
les arrières plans bien vides le plus souvent, le découpage des pages
assez originale…bref dans la plus pure tradition des Clamp. Mais le
titre a aussi des accents Yaoi, en effet les rapports entre Subaru et
Seichiro, sont plus qu’ambigu, Seichiro ne cessant de rappeler qu’il
est amoureux du jeune homme, pour la plus grande joie de Hokuto qui
approuve cet amour.

Ce titre sert de préquelle à X, l’autre
chef d’œuvre de Clamp, mais peut bien entendu se lire indépendamment,
ce que je conseille à tous !


erkael


Chroniqueur: NiDNiM / Erkael


Note de la rédaction
Note des lecteurs
18.09/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

13.00,11.00,15.00,14.00,16.00,15.00,17.00,13.00,14.00,15.00,16.00,18.00

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