The 4th Guard - Actualité manga

The 4th Guard

Critique de la série manga

Publiée le Mercredi, 18 July 2018

Fujii Mitori signe avec The 4th Guard sa série la plus longue. Bien connue des yaoistes, elle propose à ses lecteurs de plonger dans l'univers d'une société privée de garde du corps, S+D Security, et des amours compliquées de ses employés.



Kirino Yuuki est un jeune homme qui travaille comme larbin pour une organisation mafieuse, le groupe Sakaki. Lorsque la société de sécurité, S+D Security est engagée pour protéger le fils du boss, il apprend que son patron est fortement intéressé par Taki Keiichi, l'homme à la tête des opérations. Persuadé qu'il sera enfin reconnu comme membre à part entière du groupe s'il parvient à ramener Taki, il se lance à sa poursuite jusqu'au sein de la société, bravant les vigiles du site. Impressionné par sa pugnacité, Taki le met au défi de le convaincre, le prenant à l'essai...comme chien de garde. Prêt à mettre de côté sa fierté pour mener à bien sa mission, Kirino accepte. Sans se douter que ce rapprochement va éveiller en lui des sentiments qui mettront à rude épreuve sa fidélité envers le boss Sakaki.



Le thème du garde du corps est plutôt récurrent dans le BL. Souvent, la relation se déroule uniquement entre le garde du corps et son client, loin de la maison-mère où a lieu la direction des opérations. Et c'est là où réside l'originalité de ce manga, le fait qu'on découvre comment fonctionne le métier. Bien qu'on se doute que pas mal de choses sont romancées.

De plus, même si la présence des femmes n'est pas accessoire, cela permet un nombre incalculable de couples possibles. Il y a une telle pléthore de protagonistes masculins que l'auteure se fait une joie de créer des duos et des couples en grand nombre. Et c'est notamment la longueur de la série qui permet cela, comme pour Double Call de Hiiro Reiichi, éditée elle aussi chez Boy's Love IDP. Pour le côté érotique, il semble que ce soit surtout dû aux demandes de ses responsables éditoriaux.



Au nombre de 10, en France, chaque tome possède un titre, chose tout aussi rare. En anglais, chacun contient un mot indiquant sa position. Single (seul) pour le volume 1, Second (deuxième) pour le volume 2, etc.le tout associé à un autre mot. Et pour ne pas que celui-ci donne l'impression de sortir de nulle part, on y trouve référence dans le volume concerné, comme Second Wind/Second Souffle qui désigne le dépassement du seuil de souffrance lors d'un effort. Un regain.

A noter que parmi ces 10 volumes, l'un est nommé « 0 ». Il s'agit en vérité d'une compilation de deux autres mangas de l'auteure, les oneshot Cats & Dogs et Gattendou Tenmatsuki. Du coup, comme ce sont des spin-off, il est conseillé de les lire en premier, ceux-ci concernant les passés des couples TosaXKashiwagi et KusakaXNozomi.



Pour revenir au thème et au scénario, on peut émettre un avis mitigé. Autant s'intéresser au métier même de garde du corps est attrayant, autant le nombre de personnages fait apparaître un tas de stéréotypes. On a Taki le sadique, Kirino le soumis, Kougami le tsundere, Tosa le grand frère, et bien d'autres encore. Un peu comme dans un otome game.

Après, c'est un fait, il y aura toujours des personnages associés à un caractère et à un comportement, que ce soit dans des films ou des romans. Et c'est aussi ça qui nous permet d'apprécier ou pas une série et ses personnages. On aura des préférences, et on cernera plus aisément la psychologie de chacun. Par exemple, même si ça peut paraître agaçant, on se doute que Taki ne va pas être totalement clair avec Kirino sur ce qu'il ressent, car la catégorie de personnage à laquelle il appartient n'est absolument pas du genre à dire « je t'aime et je veux faire ma vie avec toi ». C'est plus pernicieux comme façon de faire. De même pour Kougami qui en tant que « tsundere » se place obligatoirement dans la position du type qui ronchonne tout le temps, mais se fait tout doux avec son compagnon dans l'intimité. Du coup, on peut trouver ça hyper énervant, donnant l'impression que la relation ne progresse jamais.



Ensuite, on peut souligner le respect de la chronologie. Tout débute avec la relation entre Taki et Kirino, avec comme trame de fond la terrible envie de vengeance d'Akizuki, un yakuza qui estime le blond comme responsable de la mort de son ancien mentor. Aussi, les volumes avancent en mêlant intrigue principale et histoires annexes. Ces dernières vont de la surveillance d'un bambin à la protection de la fiancée d'un industriel.

Bien que cela paraisse évident, compte tenu du thème, le maître mot de cette série est « protéger ». Que cela se passe entre collègues ou avec les clients. Cela rend les héros plus humains. Les points de vue divergents sur les façons d'agir à un moment donné agrémentent l'intrigue, des conflits pouvant éclater entre les protagonistes. Bien que leur but à tous soit la sécurité de la personne dont ils ont la charge, il arrive qu'ils bravent les principes de sûreté au détriment de la leur. Ce peut être finalement une bonne chose, car à trop être rigide on peut commettre des erreurs. Tous donnent l'impression d'être des surhommes et au final on se rend vite compte qu'ils ne réfléchissent pas toujours à la situation. Fujii Mitori fait en sorte qu'aucun personnage n'échappe à ce défaut.




Par contre, ces histoires de groupes, d'unités et d'équipes sont assez perturbantes. On a du mal à appréhender la manière dont S+D Security est gérée. On a bien compris qu'il y avait un groupe dont le travail est d'espionner et récolter des informations, avec Taki à sa tête. Et de l'autre le groupe des gardes du corps qui s'occupent du côté physique, avec Tosa comme chef. Cependant, lorsqu'on lit au début que Tosa, Kusaka et Shin appartiennent à l'unité 4 de surveillance, on est un peu paumé au moment où on les désigne comme l'équipe 1 en intervention.

Concernant le dessin, le style de la mangaka est par certains côtés rigides et froids. Les décors débordent de symétrie et leurs lignes sont très marquées. Rien ne dépasse, tout rentre dans le cadre, comme il faut. Ce qui donne une impression de froideur tant c'est impeccable. On peut dire que ses assistants sont très impliqués. Pareil pour le tramage qui n'apparaît sur les visages qu'en cas de besoin, lors de gros plans, ou pour les ombres. Sinon, il reste l'habituel accessoire de colorisation, évitant que tout soit simplement blanc ou noir, notamment grâce à celles qui donnent dans les tons gris, nuançant les ambiances.



Les personnages ont quasiment le même fonctionnement selon leur catégorie. On retrouve une mâchoire carrée et des yeux longs, mais peu ouverts, ainsi qu'une stature assez massive pour les seme. Les uke, quant à eux, disposent d'une stature plus petite, d'yeux plutôt ronds et d'une mâchoire moins marquée. On peut aussi citer la catégorie des seme comme Kusaka qui est un entre-deux. Ou encore Akizuki, le fameux psychopathe, qui malgré son visage poupin pourrait très bien endosser ce rôle tant il semble attiré par Kirino.
Eux aussi possèdent cette impression de rigidité. Un peu comme un instant photographié. Pour leur donner du mouvement, elle fait beaucoup appel aux lignes. Ces dernières surgissent du personnage, le mettant en avant et en action. Au final, même lorsqu'ils agissent, leur amplitude paraît courte. Cette manière de dessiner est déstabilisante quand on prend conscience de ce subterfuge. Pourtant, ça fonctionne.
Côté édition, Boy's Love IDP présente la série en trois packs, sous le format 1+2+3, 4+5+0, 6+7+8+9. Très simples, les tomes ne contiennent pas de premières pages couleur, comme c'est généralement le cas au Japon. Les jaquettes supportent les couples dont il est question dans le volume. Y trône aussi une bande de couleur, verticale, avec le titre se lisant à la verticale, un choix esthétique plutôt original qui fait cependant écho à la version japonaise, le titre étant lui à l'horizontale. La police utilisée est la même que la version originale. Manque juste le X auquel fait parfois référence l'auteure dans ses apartés.




Ce qui est véritablement perturbant dans cette édition, ce sont les coquilles qui se glissent dans tous les volumes, ou encore les textes dans les mauvaises bulles.
Pour conclure, cette série est assez prenante. Les personnages sont pour la plupart attachants et les intrigues pas dénuées de sens.

Seulement, il est à espérer que l'éditeur sortira prochainement le tome 10, histoire d'avoir une collection complète. En effet, de nouveaux personnages apparaissent vers la fin sans que leur relation ne soit véritablement aboutie, et l'intrigue principale n'est pas conclue. On a un goût d'inachevé, comme trop souvent avec les BL comportant de nombreux volumes.

Mais elle vaut le coup d'être découverte.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Persmegas

14 20

Note de la rédaction
Note des lecteurs
11.1/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

13.00,13.00,13.00,13.00,14.00,13.00,13.00,13.00,15.00,15.00

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