Fushigi Yugi - Actualité manga

Fushigi Yugi

Critique de la série manga

Publiée le Mercredi, 10 Octobre 2018

Bien avant Fushigi Yuugi-Gembu, Tonkam nous avait fait découvrir le monde fantastique des Ecrits des Quatre Dieux du Ciel et de la Terre avec l'oeuvre à l'origine de tout, Fushigi Yuugi - un jeu étrange, en 1998.


Cette série en 18 volumes composée de deux arcs, datant de 1992 (pile la période de Sailor Moon), a marqué toute une génération.

Pur shôjo, il invite le lecteur à suivre les aventures de Miaka et de ses compagnons. Entre, humour, combat et romantisme, l'héroïne faisant tourner la tête à plus d'un, on ne parvient pas à reposer notre petit cœur.

  

Yuuki Miaka est une adolescente banale. En pleine période d'examens pour rentrer dans le lycée que sa mère rêve de la voir intégrer, elle passe son temps avec sa meilleure amie, Hongo Yui, à réviser à la bibliothèque. Un jour, les deux jeunes filles sont attirées dans la salle des archives. Elles y découvrent un livre étrange qui réagit à leur présence et les envoie illico dans un univers ressemblant fortement à la Chine Antique. Elles feront la rencontre d'un jeune homme, Tamahome, qui les sauve de malandrins, pour peu après revenir dans leur monde. Mettant cette mésaventure sur le compte de la fatigue, elles retournent à leurs révisions. Mais un soir, Miaka se dispute avec sa mère, et sans s'en rendre compte, retourne à la bibliothèque. Elle est de nouveau transportée dans le livre et découvre qu'elle est destinée à devenir la prêtresse de Suzaku, celle qui doit sauver le royaume du Kounan d'une terrible guerre que se prépare à lui déclarer le Kutou, un autre royaume connu pour sa forte belligérance. Sa première mission en tant que prêtresse est de retrouver sept personnes portant la marque du dieu, et nommées étoiles, afin qu'elles l'aident à invoquer celui-ci.



Malheureusement pour elle, la tâche se révélera plus ardue qu'elle l'aurait cru, loin du conte enchanteur qu'elle aurait pu vivre, notamment lorsqu'elle retrouve son amie Yui dans le monde du livre, au Kutou...

Lorsqu'on lit les premières pages, on pense tout de suite à l'Histoire Sans Fin, ce fait d'être transporté dans un autre univers au travers d'un livre. Contrairement à Bastien, qui est uniquement le lecteur, Miaka est directement projetée dedans et vit elle-même les aventures, comme Atreyu. Et comme ce dernier, elle vit autant de joie que de peines. Si on met de côté les événements tragiques, on jalouse leur sort, celui qui les a transformés en héros d'une épopée qui le mènera à réaliser leurs souhaits, ou encore, à sortir de ce quotidien banal. Ou des examens dans ce cas.



C'est bien ça qui intéresse d'abord le lecteur quand il lit, s'évader en vivant par procuration la vie d'un autre, et ici d'une collégienne qui n'a rien pour elle à part une joie de vivre communicative et une motivation à toute épreuve. Ou encore s'identifier à des personnages avec lesquels on a quelques points communs ou juste parce qu'ils ont une manière d'être qui nous attire. La galerie que propose la mangaka est riche et permet à tous de trouver son bonheur. Elle s'attarde parfois plus sur certains que d'autres, forcément, quelques-uns étant même simplement là pour faire de la figuration malgré un rôle plus ou moins important. On pensera entre autres à Chiriko et Mitsukake qui, contrairement à Nuriko ou Hotohori qui ont une très forte personnalité de par leur égocentrisme, ainsi qu'un physique travaillé, ne donnent pas une impression d'achevée bien qu'ils fassent partie des héros. Après, il faut avouer qu'elle a davantage travaillé la psychologie de chacun. Nakago, le grand méchant de l'histoire, est son préféré et ça se sent tant il a de pouvoir sur les autres, alliés ou ennemis, grâce à son charisme indéniable. En fait, l'auteure orchestre tout de façon parfaite afin que chacun trouve sa place.




Ce n'est pas la seule chose qu'elle a beaucoup travaillée. Au début, ce statut de prêtresse ou d'étoile fait rêver. Puis dès que l'auteure se met à dégommer des personnages, on en vient à penser que ce côté trop « réaliste » n'en fait pas une situation si enviable. C'est tout le pouvoir de Watase Yuu, celui de l'auteur, qui est d'influencer la destinée de chacune de ses créatures. Rien n'est épargné dans cette histoire, que ce soit tentative de viol ou massacre. On a beau conter les aventures d'une demoiselle, il n'en reste pas moins que le monde des Ecrits des Quatre Dieux du Ciel et de la Terre n'est pas un parc d'attractions tout rose.



Elle traite aussi de thèmes plus compliqués comme l'inceste et la prostitution infantile. Ainsi que d'autres, plus « accessibles » comme l'amitié bafouée, le passage à l'âge adulte, et dans un esprit bien plus ouvert, l'homosexualité, les inclinaisons de certains personnages étant soit clairement établies, soit tendancieuses.



Cependant, sans trop en révéler, tout n'est pas négatif. On est rassuré par le fait que l'histoire se termine assez bien et qu'aucune question ne reste en suspens à la fin du dix-huitième tome.
Mais ce qui est vraiment le plus marquant et génial dans ce manga, c'est ce magistral talent qu'elle possède pour glisser de véritables pépites d'humour dans les moments les plus graves. Comment ne pas rire quand Miaka, pleine de détermination face à l'ennemi, se jette sur la nourriture qui lui est proposée alors que n'importe quel être humain doué de bon sens aurait envoyé valdinguer tout ça ? Et dans ce cas, on pourrait carrément parler de running gag.



L'autre caractéristique de ce manga est le style inimitable de Watase Yuu. Dans cette période où en France nous découvrons les personnages longilignes de Takeuchi Naoko ou de Clamp, la rondeur des personnages de Fushigi Yuugi nous montre combien le genre est riche.



On a enfin droit à des héroïnes bien charnues. D'ailleurs, la pauvre Miaka passe beaucoup de temps à moitié nu, ce qui peut être assez déconcertant pour un shoujo, compte tenu du lectorat à majorité féminin. Les garçons ne sont pas en reste non plus avec une pléthore de beaux gosses. Les mâchoires ne sont pas carrées, mais la forme du menton permet de faire ressortir leur masculinité, tout en jouant avec les codes de l'androgynie. Le travail qu'elle apporte aux cheveux est aussi un de ses autres atouts. Pas exemple, dans la seconde partie de l'histoire, on voit bien que de visages il s'agit de Tamahome, mais que sa coupe a changé par rapport à son âge. L'auteure s'amuse aussi beaucoup avec les cheveux de Miaka qui change souvent de style. Par contre, elle a un réel problème avec les mains, certains passages disposant d'inversion de pouce du plus bel effet.



Quant aux décors, exécutés par les assistants, ils apportent eux aussi beaucoup au récit. Ils situent concrètement les lieux où voyagent nos héros. Bien qu'elle ne manque pas de se plaindre du travail que cela représente, la mangaka ne semble pas pouvoir s'empêcher de continuer à proposer la même qualité du début à la fin. Et ne parlons pas des costumes, ils lui paraissent aussi fous que les décors. On peut alors lui reconnaître un grand sens du détail.
Pour ce qui de l'ambiance, les trames sont très présentes, ce qui est souvent le cas pour ce genre de manga. Et il y a en a vraiment partout, au point que parfois on se demande pourquoi le choix s'est porté plutôt sur l'une et pas l'autre, ou tout simplement si le besoin était réellement là. Heureusement, dans la majorité des cas, les choix sont cohérents.

Et il est à noter que l'évolution du dessin est perceptible si l'on prend le tome 1 et le tome 18 pour les comparer. Non seulement les personnages ont grandi, mais ils font plus raffinés.
Concernant cette première édition, Tonkam nous a offert une jaquette plus qu'originale. En effet, il fallait oser le papier gaufré !! Et l'effet aquarelle rehausse l'appartenance au genre shôjo. Graphiquement, c'est de toute beauté, on ne peut pas dire le contraire. C'était un pari risqué et il l'a plus ou moins relevé avec réussite.



Plus ou moins, car il semble que l'éditeur n'a pas pensé à la conservation de l'oeuvre. Déjà, à cette époque, nombre de manga édités par eux présentaient le défaut de voir leurs pages s'envoler à cause de la colle. Ceci n'était pas uniquement dû à la mauvaise qualité du matériau puisqu'il suffisait d'avoir dans son entourage des gens peu soigneux, faisant faire le grand écart au manga...Sans compter la matière du papier utilisé pour la jaquette qui s'use grandement et force le lecteur à recourir à l'arme ultime : le scotch !! Ce qui gâche vraiment puisque l'on sent la résistance sous la couverture.
On en sort alors avec un avis mitigé à ce niveau.
De même pour le travail de traduction et d'adaptation. Il y a recourt à des références typiquement françaises, genre celles d'Ophélie Winter, bien ancrée dans son époque, ne laissant pas le lecteur sur le bas-côté parce qu'il ne connaît pas les artistes japonais des années 90. L'accès se fait plus facilement et ne dénature pas vraiment l'oeuvre originale. Pareil pour les jeux de mots. Tout cela est un pur délice, évitant les multitudes d'explications entre deux cases ou encore le lexique en fin de volume.



Il y a aussi la manière très familière de parler de certains personnages. Miaka s'exprime souvent avec des « j'suis » ou des « d'pas », ce qui rend la lecture lourde à la longue, à cause de leur trop grand nombre dans une même bulle. On a beau se dire que la traduction du niveau de langage colle parfaitement, ça fait bien trop d'apostrophes. L'idée était bonne, mais mal gérée. Sans oublier les fautes de frappe bien trop nombreuses et présentes dans chaque volume.
Pour ce qui est de la présence des commentaires de l'auteure, on est un peu perplexe vu le nombre de pages prises par ceux-ci. Pourtant, il aurait été regrettable de ne pas voir les parodies de quelques pages, ou encore la confirmation d'une ou deux idées que l'on se faisait au sujet de certaines situations. Mais ce qui était vraiment sympa, tout comme Kana le faisait, c'était ce « coin des lecteurs » en fin de volume où chacun pouvait envoyer un dessin ou une lettre et partager ses impressions ou coups de gueule. Maintenant, il serait incongru de faire appel à ce moyen de communication entre fans, internet ayant pris une trop grande importance. Ce qui n'empêche pas d'être un poil nostalgique.



Au final, cette série est un des grands classiques du shôjo, Watase Yuu instaurant ici ce qui fera sa patte, c'est-à-dire un humour qui s'adapte même aux pires situations, la désacralisation de chacun de ses personnages, le fanservice, et l'indication « ne surtout s'attacher à aucun personnage au risque de verser un torrent de larmes dans le volume suivant ».

Tester avec Ayashi No Ceres ou plus récemment Arata pour voir ! Le récit est épique, avec un rythme très soutenu, des dessins sublimes, une galerie de personnages crédibles, ainsi qu'une histoire d'amour au-delà de la romance classique, faisant de Miaka et Tamahome un des plus beaux couples du genre.


A lire ou relire !


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Persmegas

18 20

Note de la rédaction
Note des lecteurs
16.82/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

16.00,15.00,12.00,13.00,14.00,12.00,13.00,15.00,13.00,12.00,12.00,11.00,13.00,9.00,10.00,8.00,8.00,7.00

Les critiques des volumes de la série

MN Actus
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