My girl

Critique de la série manga

Publiée le Lundi, 16 December 2013

Le premier tome de My Girl est paru en France en 2010, à une époque où Kazé essaie de s’imposer comme éditeur de mangas alors qu’il est tout jeune sur le marché. Bien que l’on pensait avoir à peu près cerné le genre de séries qu’il souhaite proposer au public, Kazé décide de s’éloigner légèrement de sa ligne éditoriale d’alors, en sortant ce titre de Mizu Sahara, auteure jusque là inconnue en France. Et on peut le remercier chaleureusement d’avoir fait découvrir au public français cette auteure, car elle est clairement à part dans le paysage manga, dans le bon sens du terme. Et My Girl est un parfait ambassadeur de son style.

L’amour. Tel est le thème de ce manga, comme pour beaucoup d’autres mangas de Mizu Sahara. Ici, il s’agit d’un amour filial, entre une fille et son jeune papa, tous deux liés par le même drame. Yôko et Masamune s’aimaient. Elle était à l’université, lui au lycée. Bien que cet amour soit fort, Yôko décide de partir à l’étranger, du jour au lendemain. Cinq années ont passé et Masamune ne l’a toujours pas oublié. Mais vient une triste nouvelle : Yôko est décédée, et laisse derrière elle un enfant, l’enfant de Masamune : Koharu. Profondément désorienté, Masamune se donne néanmoins le courage d’élever Koharu, afin qu’elle ne perde pas tout repère. Mais Masamune est lui aussi fragile et inexpérimenté. Entre son travail, sa fille et sa vie sentimentale, il a du mal à tout gérer. Mais Koharu l’a bien compris. Tous les deux vont se soutenir mutuellement afin d’aller de l’avant, vivre sans Yôko mais sans l’oublier.

L’intrigue est donc principalement focalisée sur Masamune et Koharu, qui grandissent ensemble et au contact de leurs voisins, de copains d’école, de collègues de bureau. Cette intrigue est mise en valeur grâce à un ton très doux. C’est d’ailleurs la principale caractéristique du manga : que ce soient les dessins ou la psychologie des personnages, il en émane une douceur mélancolique. Le style de Mizu Sahara est ainsi entièrement reconnaissable et très agréable pour quiconque y est sensible. Pour y être sensible, il faut toutefois accepter le fait que les touches d’humour sont assez rares et très « légères », c’est-à-dire qu’on ne s’esclaffe pas de rire, à l’image du court épilogue. En quelque sorte, on peut dire que ce style est féminin, sans aucune connotation péjorative, au contraire. Il y a fort à parier que c’est parce que le manga est dessiné par une femme qu’on peut y trouver ce ton si chaleureux. Inutile de préciser que même sachant cela, n’importe quel homme peut trouver son compte dans cette lecture.

Si l’attention est davantage portée sur les deux personnages principaux, les seconds rôles ne sont pas en reste, puisque que ce sont eux qui permettent à Masamune et Koharu d’évoluer. En général, ils servent la facilité de la narration du manga, l’un des seuls sérieux défauts de la série. Comprenez que les situations familiales, sociales ou sentimentales de ces personnages sont une projection des peurs et des doutes de Masamune et Koharu, et qu’à leur contact, lors de la résolution du problème, les deux protagonistes principaux peuvent en tirer des conclusions. La mise en scène de ces éléments scénaristiques n’est pas forcément des plus complexes. Pour autant, est-ce vraiment un problème pour apprécier l’œuvre ? Pas forcément. Concrètement, cette façon de procéder colle parfaitement à l’ambiance du manga.

Graphiquement, dès que l’on ouvre un tome, on est frappé par la beauté des dessins. A l’image du reste du manga, c’est doux, assez arrondi. Mizu Sahara a beaucoup travaillé les expressions des visages. Mais la principale caractéristique du trait de l’auteure est l’utilisation fréquente de différentes trames grises. Il en ressort des effets dégradés du plus bel effet. A cela, on ajoute maintes magnifiques pages couleurs tout le long de la lecture.

En définitive, ce manga est sorti alors qu’on ne l’attendait pas, et s’est révélé être une excellente surprise. Une petite perle rare, pleine de délicatesse et de tendresse, et surtout un hymne à l’amour.

Raimaru



Note de la rédaction
Note des lecteurs
18/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

16.00,18.00,17.00,17.00,17.00

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