Rencontre avec la comédienne Monique Nevers- Actus manga
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Dvd Rencontre avec la comédienne Monique Nevers

Samedi, 03 Février 2018 - Source :Rubrique interviews

A chacune de ses éditions, Paris Manga amène son lot de comédiens reconnus dans le doublage. A l'occasion de la 24ème édition, qui s'est tenue le 30 septembre et le 1er octobre 2017, l'espace comédiens accueillait Monique Nevers, une voix déjà entendue dans des séries télévisées comme Stargate SG1 ou Lost, mais qui est aussi celle de Krilin depuis Dragon Ball Z Kai, que l'on retrouve actuellement dans Dragon Ball Super. Nous en avons profité pour nous entretenir avec l'actrice, chaleureuse, qui est revenu avec plaisir sur sa carrière et son expérience sur Dragon Ball.


Bonjour Monique, pourrais-tu d'abord nous présenter ton parcours en tant que comédienne ?

Monique Nevers : J'ai commencé par le Conservatoire de la ville de Paris, où j'ai été primée. J'ai ensuite fait pas mal de théâtre, j'ai eu un peu de mal à débuter, ce qui m'a poussé à faire pas mal de petits boulots à côté. Ce qui m'a beaucoup amusé, c'est d'être secrétaire au Crazy Horse Saloon, c'était assez rigolo. J'ai ensuite bifurqué vers le théâtre, j'ai fait pas mal de tournée et de tournages télévision, dont Le Père Goriot avec Charles Vanel. A partir de l'époque de la 5 où il commençait à y avoir énormément de choses à doubler, j'ai commencé à faire du doublage. Ça a l'air bête mais ça m'a aussi permis d'élever mes enfants car avant ça, on partait en tournée pendant trois ou quatre mois parfois. Le doublage m'a donc permis de poursuivre ma carrière de comédienne de manière différente.



Comment en es-tu venue à doubler Krilin dans Dragon Ball ?

Monique Nevers : C'est une histoire démente ! C'est dément car c'est au départ une autre comédienne, décédée aujourd'hui, qui doublait le personnage de Krilin dans les débuts de Dragon Ball. Claude Chantal avait déjà un certain âge, l'âge que j'ai aujourd'hui à peu près.
Krilin est assez ambivalent. Il a un côté masculin et un féminin, il n'est pas un petit garçon et a un enfant, il est quand même marié... Il est assez indéfinissable. En japonais aussi il était doublé par une comédienne qui a un certain âge. Antoine Nouel m'a fait faire des essais sur lui. Je suis arrivée, je n'avais jamais fait de dessin-animé, ce qu'il ignorait d'ailleurs. Je ne savais absolument pas ce que je devais faire ! Tout s'est heureusement bien passé, grâce à lui d'ailleurs. Mais les combats à interpréter et les cris... ça me paraissait totalement surréaliste. Mais ça s'est avéré très amusant, et j'y prends beaucoup de plaisir.

Oui, tu as pris la relève de Claude Chantal, malheureusement disparue... Quand tu as repris Krilin, as-tu essayé de calquer son jeu ? Où t'es-tu fait ta propre construction du personnage ?

Monique Nevers : Je n'ai jamais écouté ce qu'avait fait Claude Chantal parce qu'on m'a toujours dit que mon timbre naturel se rapprochait du sien. Et je n'ai pas voulu la calquer car c'était difficile pour moi d'aborder un tel doublage. Les comédiens qui doublent du dessin-animé ont une technique tout à fait différente par rapport à la comédie que j'ai pu faire dans Stargate ou ailleurs. Il fallait donc que ça vienne de moi, que je réinvente le personnage par rapport à ce que j'étais intérieurement. Grâce à Antoine Nouel j'y suis parvenu, mais ça n'a pas été sans mal.

En arrivant sur le projet Dragon Ball tu as rejoint une équipe qui travaillait ensemble depuis les années 80. Ton intégration a-t-elle été difficile ?

Monique Nevers : Mais pas du tout, parce que je connaissais toute l'équipe ! Dragon Ball a été doublé par la SOFI, une société qui n'existe plus et qui regroupait une centaine de comédiens, peut-être moins. On formait une grande famille, ainsi je connaissais tout le monde et je n'ai pas rencontré de soucis d'intégration.

Quelles furent tes premières impressions en arrivant sur la série Dragon Ball, un produit très différent de ceux sur lesquels tu as travaillé auparavant ?


Monique Nevers : J'ai d'abord été émerveillée par les ténors de la série, c'est à dire Brigitte Lecordier, Patrick Borg, Céline Monsarrat, Eric Legrand, Philippe Ariotti... J'ai énormément appris d'eux. On apprend tout le temps et à tout âge, j'en suis la meilleure preuve. (rires)
J'ai été scotchée par leur façon de faire, et je me suis glissée derrière eux, dans leur manière d'exercer le métier et la technique.



Depuis Dragon Ball, tu es invitée à des conventions et des salons spécialisés. Comment perçois-tu ton contact avec le public ?


Monique Nevers : Je suis assez étonnée de l'engouement, notamment quand je vois tout ces gens attendre pour nous rencontrer. Tiens, dans le métro aujourd'hui, un garçon de 20-25 ans avait les cheveux verts. Il est arrivé vers Saint-Lazare. En entrant dans le métro, il ouvre un bouquin : les Contemplations de Victor Hugo, il lisait donc des poèmes. Je me demandais où il allait car je me pose toujours des questions en observant les gens. (rires)
Il allait à Paris Manga, et il est dans la file pour rencontrer les comédiens présents. Paris Manga accueille des gens complètement différents, des fous de bande-dessinée mais pas que. Parfois, on entend dire que les lecteurs de mangas sont des débiles, mais pas du tout. Le public est très très ouvert, et je le respecte énormément.

Est-ce que Dragon Ball a eu un impact sur ta vie privée ? Par exemple, t'a t-on déjà reconnue dans la rue, en entendant ta voix ?


Monique Nevers : Non, jamais. D'abord parce que je suis physiquement loin de Krilin... (rires)
Mais aussi parce que la voix que j'utilise pour le doubler n'est pas mon timbre naturel. Par rapport à Stargate, ça m'est arrivé une fois. Je payais mes courses et la caissière m'a rétorquée "Vous êtes le docteur Fraiser". Je suis restée absolument scotchée parce que j'étais là avec mes paquets et j'ai été reconnue, ça m'a fait bizarre. Pas sur Krilin par contre car si je crie "Kame Hame Ha" en faisant mes courses, la sécurité va vite venir me voir. (rires)



Dans Dragon Ball Super, Krilin est un personnage plus discret car il s'est retiré des arts-martiaux. Il a beaucoup évolué humainement. Est-ce que cette évolution du personnage a impacté ton jeu ?


Monique Nevers : Non, pas du tout. Il est moins violent, c'est un fait. Mais on commencera à doubler le nouvel arc dès le 18 octobre (note : 2017, l'interview ayant été faite fin septembre), et il paraît qu'il a beaucoup de combat, on verra ce qui se passera. Il était en effet un peu en retrait jusque là, mais c'est aussi un truc typique des séries : on revient en avant, on disparait, puis on revient...


Interview réalisée par Takato et Kayukichan. Remerciements à Monique Nevers pour l'entretien ainsi qu'au site Mes-series.fr pour la mise en place de la rencontre.






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