Tokyo Magnitude 8

Critique de la série manga

Publiée le Jeudi, 17 March 2016

Jin se rend à un entretient pour un éventuel job. Sur sa route, il croise Nanako, ancienne camarade de classe devenue Gothique Lolita, adepte d'un groupe de rock visuel et se rendant à l'un de leurs concert. Les retrouvailles joyeuses sont de courte durée puis qu'un puissant séisme frappe le pays entier, ravageant les villes et faisant naître la peur chez tous les Japonais. Alors que les villes sont en ruines et que nombre de vies humaines s'éteignent, nos deux héros vont devoir trouver un moyen de survivre, et vont se rendre rapidement compte du malheur que peut apporter une telle catastrophe...

Voici un sujet bien délicat que celui des séismes, un sujet important aux yeux du peuple nippon qui nourrit une peur d'un gigantesque tremblement de terre qui ravagerait le pays, et un sujet qui est d'autant plus d'actualité étant donné les récents et tragiques évènements de Mars 2011 au pays du soleil levant. Un tel manga était donc un pari risqué et impliquait de devoir traiter le sujet avec justesse, et force est de constater que l'auteur y parvient... durant les 3 premiers volumes !

Tout d'abord, les personnages présentés n'ont rien d'extraordinaire et chacun d'entre nous peuvent s'identifier à eux, impliquant donc le lecteur dans ce récit catastrophique. Jin est un jeune adulte des plus banales, souhaitant avoir un emploi et développer une famille, Nanako est immature et fuit la réalité dans l'univers du rock visuel, un réconfort qu'elle a trouvé suite aux brimades qu'elle a subit auparavant, et Rika est une jeune fashion victime pas pour autant détestable, au fort caractère, qui va subir bien des malheurs au cours de ce périple.
Le début de l'intrigue se focalise autour de Jin et Nanako, Rika apparaissant plus tard. Petit à petit, l'auteur des effets qui peuvent résulter de pareille catastrophe, allant des répliques des séismes, incendies qui en résultent etc. Mais l'auteur ne s'arrête pas là et va s'intéresser énormément aux conséquences psychologiques qui peuvent affecter chaque victime, et le pauvre Jin en fera régulièrement les frais au cours de l'œuvre ! Le traumatisme d'avoir laissé d'innocents citoyens mourir autour de lui deviendra une véritable hantise tandis que Rika deviendra une proie idéale pour l'homme, totalement désorienté et agissant sous l'alcool, qui profitera de la situation pour abuser d'elle. La solidarité sera aussi développé au cours de la série, notamment avec le touchant personnage de « Chaos ». Ainsi, nombreux sont les thèmes développés tout au long des trois premiers volumes qui se montrent choquants, poignant, mais justes. L'auteur ne part pas dans la surenchère durant ces trois tomes et développe différents thèmes liés aux séismes et plus généralement aux catastrophes naturelles.

Pourtant, passé le troisième volume, l'auteur semble avoir du mal à se renouveler. L'idée des sectes et leur désir d'enrichissement en profitant du chaos est très bonne, et c'est peut-être le seul bon élément des deux derniers tomes. Car passé ce stade de la série, l'auteur désir se diriger vers la fin en créant une émeute finale des plus ridicules : Préparés à mourir, les hommes n'ont plus qu'un désir en tête : Violer les femmes qui se réfugient dans un centre commerciale ! Alors certes, certains individus, sous l'effet du désespoir, peuvent sombrer et se laisser aller à des pratiques honteuses de la sorte, mais de là à faire agir toute une horde d'hommes ainsi paraît très peu crédible. Aussi, la manière dont est stoppée l'émeute est tout aussi peu crédible (chose que l'auteur avoue lui-même, ce dernier étant le narrateur extérieur au récit). Toutefois, après une confusion scénaristique, la conclusion est des plus correctes car l'auteur prend soin d'apporter à sa série un épilogue se déroulant cinq années après, nous permettant de constater le devenir des principaux personnages. Ainsi, malgré 5 tomes où le désespoir était omniprésent, cette conclusion apporte un vent de joie et d'espoir à la série.

Concernant le style graphique de l'auteur, si celui-ci est parfois maladroit en début de titre, il se trouvera justement maîtrisé par la suite, tant dans les décors chaotiques que dans les expressions sinistres des personnages, rendant ainsi justice à la série.
Quand à l'édition de Panini, celle-ci est très correct et si les onomatopées ne sont pas traduites, le tout reste tout à fait convenable. Le principal défaut du titre serait sans doute le temps de parution du cinquième et ultime volume, ce dernier se sera fait attendre !

En bref, Tokyo Magnitude 8 est une série excellente sur son début, traitant justement d'un thème grave et tenant à cœur au pays du soleil levant, mais dont le récit devient extrêmement maladroit et parfois ridicule sur sa fin. Toutefois, la fin sauve le tout, et cette courte série, sans être exceptionnelle, reste à lire car sait se montrer touchante !


Takato



Note de la rédaction
Note des lecteurs
16.8/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

16.00,15.00,16.50,14.00,13.00

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