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Manga Nouvelle interview d'Edmond Tourriol (L'Equipe Z, Paris Saint-Germain Infinity)


Vendredi, 27 October 2017 - Source :Rubrique interviews

Edmond Tourriol est un nom qui parle sûrement, surtout depuis quelques mois puisque l'auteur s'est illustré en tant que scénariste de deux mangas sportifs dédiés au football : L’Équipe Z chez Kotoji et Paris Saint-Germain Infinity, édité par Soleil. Après une première rencontre en janvier 2016 aux côtés d'Albert Carreres, dessinateurs des deux titres en question, nous avons profité de l'édition 2017 de Japan Expo pour rencontrer de nouveau l'auteur, et de parler en long et en large de ses deux séries du moment.


Bonjour Edmond ! Nous t'avons rencontré il y a maintenant un an et demi. Le temps a passé, quelle est donc ton actualité de 2017 ?

Edmond Tourriol : En général, mon actualité est très dense puisqu'elle concerne aussi les comics et la bande-dessinée. Pour le manga, nous avons sorti le premier tome de l’Équipe Z en 2016. Depuis, nous avons publié le deuxième volume, qui rencontre un joli petit succès en librairie. Et, je n'ai pas peur de le dire, je trouve ce second tome encore meilleur que le premier, je suis donc très content du retour des lecteurs qui ont encore plus accroché qu'au début. On prépare actuellement le troisième opus qui, on l'espère, devrait sortir avant la fin d'année 2017.

Parallèlement à ça, avec Albert Carreres, on a sorti vers la rentrée 2016 le manga officiel du Paris Saint-Germain : Paris Saint-Germain Infinity. C'est un titre plus fantastique car c'était un souhait du PSG. Ils voulaient du football d'une part, mais aussi des pouvoirs, des hadôken et autres fireball. Ils voulaient un mix entre Street Fighter et le football, on en rajoute donc forcément : les tirs transpercent les filets, peuvent briser des murs... En parallèle au tome 3 de l’Équipe Z, on termine donc le deuxième tome de PSG Infinity. Il sera bouclé en fin de mois (ndt : au moment où l'interview a été passée, en juillet 2017), pour une sortie entre septembre et octobre.


Le second volet de L'Equipe Z est donc sorti en début d'année. Sur le plan créatif, notamment la construction de l'intrigue, quelles sont les difficultés que tu as rencontrées ?

Edmond Tourriol :
C'est difficile à dire. On savait où on allait puisque nous avons établi un arc narratif complet, prévu sur trois tomes, avec le suivi des deux personnages principaux : Hugo et Majid. Ces développements ont un début, une évolution et une fin. Enfin pas tout à fait, dans le sens où on aimerait aller au-delà de trois tomes ensuite... C'est comme dans un film qui raconte les origines d'un personnage qui découvrirait ce qu'il doit faire, où il doit aller. On savait donc ce qu'on voulait faire en terme d'histoire.

En revanche, on ne devait pas perdre de vue qu'on reste sur un manga de football, il fallait donc des scènes de foot. La spécificités du format manga est le découpage d'une scène : une action qui durerait 30 secondes dans la vraie vie peut être racontée sur 20 pages. Il fallait donc qu'on trouve un juste équilibre entre la place qu'on avait sur trois tomes pour raconter toute l'intrigue, et la place qu'on voulait réserver aux scènes de sport. Bien qu'on puisse faire plus de pages dans un manga que dans une bande-dessinée franco-belge, on reste limités. On a donc dû couper certaines scènes de foot que l'on voulait inclure afin de mieux raconter l'histoire. Par exemple, dans le premier tome, il n'y a pas de matchs de foot, contrairement au second volume qui en propose. C'était vraiment une délivrance parce qu'on attendait de mettre le sport en scène. C'est peut-être pour ça que le deuxième tome a reçu un très bon accueil de la part des lecteurs.



Autour de L’Équipe Z, tu as lancé différents projets. L'un d'entre-eux est le crowdfunding pour le générique de la série, peux-tu en parler ?


Edmond Tourriol : C'est un projet que j'ai toujours voulu réaliser. Avant même de faire de la BD, je voulais créer un manga de foot puisque ce sport est une passion. Je joue aussi au foot, avec des potes donc rien de très sérieux, mais ça reste une passion. Quand j'étais gosse, et comme beaucoup de personnes de ma génération, je regardais Olive & Tom à la télévision. Je me suis toujours dit qu'il serait chouette d'avoir une sorte d'équivalent qui se déroulerait en France. Je suis supporter des Girondins, donc ç’aurait été encore mieux que ça se passe à Bordeaux ! (rires)

Je suis allé démarcher les Girondins, on devait réaliser leur manga officiel. C'était un projet qui me tenait particulièrement à cœur et qui devait se faire chez un certain éditeur, mais ça n'a pas abouti, pour des raisons qui m'échappent. Il y a eu un accord oral entre chaque partie : Les auteurs, à savoir Albert et moi, les Girondins eux-mêmes, et Glénat, l'éditeur. Visiblement, les Girondins et Glénat n'ont pas pu se mettre d'accord, et le projet n'a pas vu le jour. En attendant, on travaillait dessus Albert et moi, on était à fond dessus mais nous n'avons jamais été mis au courant. Au bout d'un moment, tant pis, on a laissé tomber.

On voulait vraiment avoir un manga de football qui serait disponible durant l'Euro 2016. C'était un moment porteur pour un tel manga parce que l'Euro s'étant déroulé en France et notre pays ayant actuellement une bonne équipe, il y aurait eu un engouement. C'était maintenant ou jamais. Nous n'avons pas perdu de temps, et nous avons lancé le financement participatif du manga en 2015. On demandait 8000€, ce qui est insuffisant pour permettre la création du manga, payer les auteurs et l'impression, évidemment. Mais c'était une manière de participer au financement, la seconde partie venant du studio Makma, spécialisé dans la création de BD, dans lequel je travaille. Chez Makma, nous ne sommes pas éditeurs, on se considère comme des producteurs. Mais on pensait avoir les reins assez solide pour porter un tel projet, et on s'est lancés. Ça a été un succès, et ça nous a aussi servi d'étude de marché. Nous avons eu la preuve qu'il y avait une réelle demande d'un manga français de foot, même s'il en existe un autre : Head Trick. Mais les deux titres ont des approches différentes.
Nous avons eu plus de 200 commandes du tome 1 en financement participatif. C'est pas mal, parce que ça signifie que sans promotion ni soutien d'un éditeur, des gens nous faisaient déjà confiance. Le premier volume a donc été très bien accueilli. A titre personnel, je me suis rendu compte de l'efficacité du crowdfunding qui nous permet de promouvoir un produit et d'exister sur la place publique, de rencontrer des gens aussi. Certains personnes m'ont connu par cette campagne de financement. C'est intéressant car quand le livre sort en librairie, un buzz a déjà eu lieu, et il y a une certaine attente. Au moment de dessiner PSG Infinity, nous ne pouvions pas travailler de suite sur le tome deux de L’Équipe Z. Mais on voulait continuer à exister vis à vis de la série, on a donc lancé la campagne de financement du générique de L’Équipe Z.

La campagne fut lancée à cette même période en 2016,  et elle fut un franc succès. Le générique a été enregistré, et les contributeurs ont dû recevoir la chanson en mp3. On doit aussi finaliser la sortie CD mais là, c'est moi qui bloque et qui n'ai pas fini les visuels de la pochette. Les fichiers sont pourtant prêts, la chanson a été composée par Gaël Benyamin, qu'on connait surtout sous le nom de Geyster. Je suis vraiment fan de lui, je l'ai connu par un de ses titres que j'adore : Bye bye Superman. On était restés en contact depuis ce moment. Il existe plusieurs versions du générique, notamment une où je parle pour donner une introduction comme dans les dessins-animés des années 80-90. On a co-écrit les paroles avec Gaël, j'ai aussi participé aux chœurs de la chanson... J'ai pris un pied fabuleux ! Encore mieux, une version de la chanson est chantée par ma fille. Je suis super fier d'elle, elle avait 13 ans lors de l'enregistrement et elle chante super bien.
D'une certaine manière, j'ai transformé L’Équipe Z en une aventure familiale et une aventure de copains. Pour moi, la BD n'est pas qu'un métier mais aussi un mode de vie. On peut aussi se marrer dans cette pratique, c'est pour ça qu'on a aussi voulu rajouter du fun au projet.

Pour le tome deux, on a fait une campagne expresse parce qu'on n'avait plus vraiment le temps de s'en occuper. On a demandé peu parce que le but était d'honorer la campagne à coup sûr, sans compter qu'on était certain de voir le deuxième tome sortir, de la même manière que le troisième opus sortira à coup sûr. En conclusion, on peut dire que le financement participatif est inscrit dans le patrimoine génétique de L’Équipe Z. Et c'est tout à fait normal : la série réunissant les valeurs de solidarité, d'amitié et d'entraide, c'est à l'image du financement participatif. C'était donc cohérent de continuer là-dessus.


En 2016, tu nous confiais qu'effectivement, L’Équipe Z est prévu sur un arc narratif de trois tomes mais que si la série rencontrait le succès, il y aurait de développements à apporter. Aujourd'hui, as-tu plus de certitudes quant à la suite ?


Edmond Tourriol : Une chose est sûre, on va faire un bilan comptable à l'issue du troisième tome. Quand on a fini le volume un, on a embrayé immédiatement sur le deux, et même chose avec le trois. On ne réitèrera pas cette formule pour le quatrième volume. On a plein de pistes à exploiter et de choses à raconter avec la suite, on a même semé quelques petites graines qui germeront plus tard. Mais produire un manga, c'est minimum 15 000€ pour les auteurs, plus les coûts divers comme l'impression. Nous sommes co-producteurs sur le projet avec Makma, puis ça sort chez l'éditeur, Kotoji. Nous avons un très bon équilibre financier au studio Makma mais on ne peut pas simplement se faire plaisir, il faut aussi qu'on rentre dans nos frais. Si à la fin des trois tomes on se rend compte qu'on a perdu de l'argent, ça ne va pas. Il faut aussi prendre en compte les perspectives de développement, c'est à dire vendre les droits de L’Équipe Z à l'étranger, car c'est vraiment à partir de trois tomes qu'on te prend au sérieux. Ces droits ne sont pas très élevés en général mais dans notre cas, ça serait toujours un petit soutien qui nous permettrait de mettre en chantier le tome quatre. Je ne peux donc pas prendre d'engagement par rapport à ça : on refuse de laisser les lecteurs sans la conclusion de l'histoire et si le succès est au rendez-vous, on continuera. En tout cas, même si L’Équipe Z devait s'achever au troisième opus, la série s'achèverait bel et bien sur une fin et ne laisserait pas les lecteurs en plan. Si suite il y a, on partira sur un tout autre chemin.


Depuis la sortie du tome 1, tu as pu rencontrer tes lecteurs, que ce soit sur les salons ou sur les réseaux sociaux, par exemple sur certains groupes Facebook, dont un qui s'appelle Parlons Manga Français...

Edmond Tourriol : Tout à fait, ce groupe est une initiative excellente.
J'ai rencontré deux types de public : les jeunes, fans de foot et pas forcément amateurs de manga, mais qui achèteront un titre s'il parle de foot. Ce sont des lecteurs assez jeunes, je dirais entre 8 et 13 ans, ce sera peut-être même le premier manga pour eux. Puis, on a un lectorat de curieux vis à vis des mangas français, qui fait l'effort de soutenir les différentes créations françaises. C'est plus difficile les concernant car il s'agit d'un public plus connaisseur, plus exigeant, et pas forcément fan de mangas de sport.

Le manga sportif est grand public. Par exemple, nos meilleurs ventes se font dans les supermarchés plus que dans les librairies spécialisées. Pourtant, on adorerait qu'elles nous soutiennent, même si certaines ont sûrement bien aimé L’Équipe Z. Mais elles sont aussi conscientes que leur clientèle a moins tendance à être touchée par un manga de sport. Mais aller à la rencontre des lecteurs sur Facebook, notamment sur Parlons Manga Français qui récence plus de 3000 abonnés, est intéressant. C'est là que je reçois des retours, souvent positifs mais pas toujours. Dans tous les cas, les gens sont assez ouverts car même s'ils ne sont pas très portés foot, ils s'intéressent vraiment à un titre quand ils le lisent. Il y aura toujours des petites critiques, dont certains qui assument ne pas être le cœur de cible. Et c'est évident : il y a des gens à qui mon histoire parle, et d'autres non, et c'est normal.



En effet, on peut ne pas être amateur de sport et adorer un titre sportif. C'est le cas de beaucoup de personnes sur certains mangas, par exemple Haikyû!! ...

Edmond Tourriol : Haikyû !! est une série excellente ! C'est un manga que j'achète. Ma fille en est fan, elle voulait même arrêter le karaté pour faire du volley. Bon, finalement, le tome 2 de L’Équipe Z l'a convaincue d'arrêter le karaté pour faire du foot... (rires)


Parlons maintenant de Paris Saint-Germain Infinity. Tu as brièvement évoqué le projet un peu plus tôt, notamment le fait que le Paris Saint-Germain voulait un manga... Peux-tu nous en dire davantage ?

Edmond Tourriol : Les éditions Soleil ont la licence officielle du Paris Saint-Germain. Ils ont besoin de la faire fructifier, c'est à dire créer des projets de bandes-dessinées sous toutes les formes possibles. C'est pour ça qu'ils ont PSG Academy, une BD jeunesse, PSG Heroes qui est un peu plus fantasy, et un livre "Cherche et Trouve" sur l'équipe, d'ailleurs réalisé par le studio Makma... Soleil voulait donc faire un manga, et l'éditeur est parti en quête de quelqu'un qui pourrait réaliser le projet. Ils ont cherché une personne qui pourrait faire du manga français et du manga de foot... rapidement, ils sont tombés sur L’Équipe Z.

Je vais te raconter la légende telle que je l'ai entendue : Jean Wacquet, directeur éditorial de Soleil, mange avec d'autres collègues du milieu de la BD au Comic-Con de San Diego. Le PSG lui avait demandé un manga sur leur équipe, aussi Jean a demandé à ses collègues vers qui il pourrait se tourner pour un tel projet. Tout le monde aurait répondu "Demande à Tourriol !". (rires)
En effet, j'ai fait plusieurs BD de foot. J'étais en vacances, super étonné que Jean Wacquet m'appelle. Il m'a présenté le projet PSG Infinity. J'ai bien entendu accepté, même si ça a retardé la sortie du tome deux de L’Équipe Z car dans cette situation, c'est difficile de refuser. Je suis supporter des Girondins mais c'est impossible de rater une telle opportunité. Ce n'est pas exactement un manga de foot puisque les règles sont différentes, mais c'est super fun de travailler sur les vrais joueurs ! Comme Zlatan a été transféré, on a dû l'enlever au dernier moment. Il était très présent dans le titre et aussi sur la couverture... ça a été un énorme boulot quand on a dû tout redessiner après son départ. Mais bon, c'est le principe d'un manga de licence, il y a parfois des consignes qui font mal à respecter. C'est quelque chose de génial à travailler en tout cas, surtout que le PSG a aussi un beau jeu, même s'il s'est pris une petite déculottée par Barcelone...

A ce titre, il y a une anecdote. Paris avait battu Barcelone 4-0 à domicile en Ligue des Champions, ils étaient donc sûrs de remporter la victoire. Albert Carreres est espagnol, catalan et habite à Barcelone. Pendant le match Barcelone-Paris, on était chacun devant notre télé, au téléphone pour commenter le match. C'est au tour de Cavani de marquer un but, et Albert m'a dit textuellement "Je ne dessinerai plus jamais Edinson Cavani après ce qui vient de se faire". Bien-sûr, c'était pour rire. Mais rapidement, Barcelone repasse devant et élimine le PSG. Du coup, la faute était pardonnée, il pouvait recommencer à le dessiner. (rires)
Mais c'est dommage parce que je pense que le manga va moins bien se vendre que si le PSG avait gagné. La "PSG Mania" a pris un coup dans l'aile et, peut-être que je me trompe, mais le manga se vendra moins de ce fait.


Le départ de Zlatan a dû énormément affecter le potentiel du manga, aussi...


Edmond Tourriol : Exactement. Zlatan est un véritable personnage de bande-dessinée. Il est haut en couleurs, tout le monde le voit quand il est quelque part. C'est un produit d'appel tellement extraordinaire que c'était génial de l'avoir dans le manga. "Footballistiquement" partant, c'est vrai qu'en mettant Edinson Cavani en attaquant de pointe, le PSG n'y perd pas puisqu'il est très bon. En revanche, ma femme ne sait pas qui est Cavani, ma mère non plus... Seuls ceux qui s'intéressent au foot le savent. Le manga a perdu une tête de gondole, entre autre. Ce que beaucoup aimeraient, c'est que Paris recrute une très grosse tête d'affiche. Mais ça, ça ne dépend pas de nous. (rires)

Note : Depuis l'interview, Neymar a signé au PSG. Du coup, Edmond et Albert ont pu l'inclure au dernier moment dans l'histoire du tome 2, ainsi que sur la couverture. Ce fut le coup inverse de Zlatan. Avec la Neymar-mania les auteurs espèrent que le manga cartonnera chez les jeunes, cœur de cible de la série...



Couverture du tome 1 de Paris Saint-Germain Infinity, avant départ de Zlatan Ibrahimovic


Tu distingues donc bien les deux séries qui ont des directions différentes : PSG Infinity est beaucoup plus poussé, plus exagéré.

Edmond Tourriol : Oui et ce qui est intéressant, c'est qu'on mélange les générations, c'est à dire qu'on associe de jeunes joueurs qu'on a créé aux professionnels qui existent vraiment. On mélange aussi les genres puisqu'on a mis en scène une équipe mixte, avec des personnages qu'on a créé, qui ont des rôles totalement différents. Par exemple, Laure est le porte-drapeau du Paris Saint-Germain. Puisqu'on mettait des coups spéciaux et que la série est volontairement partie dans la science-fiction, autant faire des équipes mixtes. Évidemment que dans la vraie vie, c'est plus difficile car ça ne tiendrait pas la route sur le plan physique. Mais dans le cas présent, les personnages ont des pouvoirs spéciaux, donc pourquoi se priver ? Après tout, dans Street Fighter, les combattants masculins et féminins s'affrontent. C'est intéressant car en ce moment, il y a une vraie intention de la Fédération Française de Football de soutenir le foot féminin. Le fait de mélanger garçons et filles dans PSG Infinity, c'est ma petite pierre à l'édifice de la promotion du football féminin.


En effet, tu nous disais en 2016 que c'est une piste que tu voulais traiter. A terme, est-ce que tu te vois faire un manga entièrement dédié au football féminin ?


Edmond Tourriol : Oui, j'ai plusieurs pistes. Déjà, dans L’Équipe Z, il se passe quelque chose dans le tome deux, un événement important par rapport au football féminin. Je pourrais tout à fait rebondir là-dessus pour raconter une histoire sur le sujet. Aussi, au sein de Makma, on a un autre projet sur lequel je ne peux pas donner de détails. Mais on a plusieurs idées, on sait que c'est un sport qui peut être soutenu. Le foot féminin monte, nous aussi on veut participer à cette ascension.



En dehors du manga, tu es traducteur de comics et passionné par les super-héros. C'est une tendance qui monte dans le manga, notamment avec les deux best-sellers que sont One-Punch Man et My Hero Academia. Ce sont des titres que tu as lus ?

Edmond Tourriol : J'ai suivi toute la promo autour de My Hero Academia et ça m'a l'air très intéressant. Le soucis est que j'ai peu de temps pour lire et que je ne m'y suis pas encore attaqué... Néanmoins, c'est dans ma pile de lecture, et je peux déjà en dire que c'est très joli et que ça donne envie ! En revanche, il y avait un tel buzz autour de One-Punch Man que je savais que tous mes collègues qui aiment les super-héros allaient le lire. J'ai acheté les trois premiers tomes mais j'ai arrêté car je trouve ça très répétitif. Je ne vais pourtant pas critiquer parce que ça devient peut-être passionnant par la suite. Je lis des comics depuis tout petit, et je n'ai pas l'impression que la série révolutionne quoi que ce soit. Peut-être que quand on se contente des films de héros au cinéma, on trouve ça novateur. Mais pour moi qui ait lu et traduit un paquet de pages de comics, je n'ai pas l'impression de découvrir quelque chose de nouveau. C'était rigolo au début mais je trouve ça redondant. Je ne m'interdis toutefois pas d'y revenir plus tard, mais il faut dire que mon planning est chargé. Comme je ne suis pas tombé amoureux directement de One-Punch Man, on s'est quittés en très bon termes. (rires)


As-tu l'occasion de lire d'autres mangas ?


Edmond Tourriol : J'essaie de lire un peu de tout. En général, il est rare que j'aille au bout d'un titre, j'essaye surtout de savoir ce qui se fait actuellement. L'un des derniers mangas que je lis avec assiduité c'est Angel Voice chez Kana. Je suis sûr que ça ne se vend pas en France, mais je trouve que c'est le meilleur manga de foot de tous les temps. C'est très réaliste à plusieurs égards, dans les rapports humains notamment, et j'adore ça. Mais c'est peut-être aussi parce que je suis passionné de football.
Sinon, la dernière série que j'ai lu entièrement, c'est Bakuman. Plein de passages me rappelaient ma jeunesse professionnelle, il y avait donc un côté nostalgique.



Remerciements à Edmond Tourriol et à Pierre Sery pour l'organisation de la rencontre.





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…Hm ? C'est pas le traducteur de The Walking Dead, lui ? Je l'avais rencontré dans une conférence. ô.Ô Je savais pas du tout qu'il faisait ça…

Lyendith

De Lyendith, le 27 October 2017 à 18h47

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