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Ciné-Asie Chronique - Dragon Ball Evolution

Jeudi, 30 Janvier 2014 à 15h00

Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir la chronique par Takato du tant décrié Dragon Ball Evolution. Il y a un an, la chronique de Glass Heart était incendiaire (voir la news). Ce deuxième avis sera-t-il aussi (voire plus) négatif ?




Dragon Ball Evolution… En voilà un film qui a laissé ses traces dans le paysage du manga et ses adaptations. Fort du succès du titre d’Akira Toriyama, la 20th Century Fox acquiert au début des années 2000 les droits d’adaptation de Dragon Ball pour un film en prise de vue réelle. Après des années de silence, le long métrage tant attendu paraît sur les grands écrans français le 1er Avril 2009, le 1er Avril… Coïncidence amusante, car Dragon Ball Evolution est une blague à tous les niveaux, sauf qu’elle est de très mauvais goût. Pourtant, son réalisateur, James Wong a marqué les esprits avec le premier et le troisième volet de la saga horrifique Destination Finale, films dont le concept de départ est innovant et bien pensé. Mais ce n’est pas sur Dragon Ball Evolution que le réalisateur d’origine asiatique montrera son talent.




Commençons par l’histoire. Si le manga narre les aventures de Goku, jeune orphelin à la force surhumaine vivant dans les montagnes faisant la rencontre de Bulma et partant à la recherche des Dragon Ball, l’intrigue diffère légèrement dans ce « Evolution ». Goku est désormais un lycéen élevé par son grand-père qui en profite pour l’initier aux arts martiaux. En dehors de ça, Goku est le parfait souffre-douleur de son établissement, il se rend en cours grâce à son scooter et en pince pour la belle Chichi, la bimbo populaire de l’école. Le jour de ses 18 ans, Goku reçoit de son grand-père Gohan une « Dragon Ball », une des sept boules de cristal qui permettrait, une fois tous les artefacts réunis, d’invoquer le dragon Shelong afin qu’il réalise un souhait. Mais au même moment, le démon millénaire Piccolo, scellé il y a des milliers d’années, s’est échappé on ne sait trop comment de sa prison, et il convoite les Dragon Ball pour asservir l’humanité.

A la simple lecture de ce synopsis, il y a comme un problème. En terme d’adaptation, il était difficile de faire pire et en tant que film détaché du manga de Toriyama, nous avons là une production américaine par excellence, le genre de série B diffusée le dimanche en seconde partie de soirée. Là est bien le souci de Dragon Ball Evolution : Une adaptation catastrophique mais plus simplement un film mauvais.





D’abord, l’adaptation. « Evolution » nous sert une quête à la sauce américaine. Goku n’est plus un enfant abandonné mais un lycéen looser, de même que le cadre de départ est une mégalopole des plus classiques. Goku alterne sa vie d’étudiant raté et l’enseignement de son grand père des arts martiaux. Oui, certaines marques du manga sont là, comme la présence du grand-père Gohan tué au cours du film, le fait que celui-ci confie à son petit-fils Sû Shinshu ou le voyage qui attend notre héros et la pulpeuse Bulma, mais les choix d’adaptation respectant à la lettre les clichés américains rompent tout lien avec l’univers et l’ambiance crée par Toriyama. Si seulement cette sauce ricaine acerbe était le seul point faible du film, celui-ci aurait pu se montrer sympathique sauf que les personnages qui nous sont servis sont aussi très loin du manga. Outre Goku, nous avons une Bulma qui a perdu ses cheveux bleus ainsi que son caractère de froussarde grande gueule, un Muten Roshi prophétique et loin du pervers respectable du manga, ou encore un Yamcha moins que rien, physiquement loin de son homologue sur le format papier qui n’a comme rapport avec le personnage que le nom et le statut de voleur du désert. Le plus exaspérant est peut-être Chichi, devenue une lycéenne égocentrique pratiquant les arts martiaux et passant son temps à allumer Goku. Le seul personnage sauvé est Piccolo, fidèle physiquement à celui du manga, mis à part l’armure qu’il a volé à Batman. Seulement, le personnage est trop peu présent durant le film, si bien qu’on ne ressent pas une seule seconde la dangerosité du personnage. Excepté quelques plans très brefs en aparté et la bataille finale, l’antagoniste est quasiment inexistant.




Les personnages sont donc un désastre, mais qu’en est-il de l’univers proposé ? Le cadre de Dragon Ball Evolution est en tout point conforme au notre, mis à part l’existence des capsules qui font là aussi figuration simplement pour caresser le fan dans le sens du poil. Goku a grandi dans une mégalopole, de même pour Muten Roshi qui vit dans un squat abandonné de la ville de… Paozu. Oui oui, Paozu n’est plus une montagne mais une grande ville, et le vieillard n’habite plus sur sa petite île mais bien dans un squat de SDF. Le Tenkaichi Budokai (s’il s’agit bien de lui), n’est plus qu’une compétition d’arts martiaux peu importante et n’a pas le même impact que dans le manga. Le procès est virulent, alors nous pouvons au moins féliciter James Wong, réalisateur du film, d’avoir sélectionné les déserts du Mexique pour le tournage, le cadre se rapprochant plus ou moins de celui de la bataille contre les Saiyan Vegeta et Nappa dans le manga.




Les personnages et l’univers sont ratés, mais l’ambiance l’est aussi totalement. Les premiers volumes du manga (dont le film est adapté), brillent d’un esprit bon enfant, d’une quête initiative légère présentant différents personnages hauts en couleur, le tout ponctué par des combats réguliers et une montée en puissance régulière et cohérente du protagoniste. James Wong a mis tous ces éléments de côté pour son adaptation. L’univers partiellement onirique disparaît pour un cadre réaliste et les personnages du film sont creux et clichés au possible, loin des figures crées par Akira Toriyama. Ce contraste entre les personnages des deux supports est tellement évident qu’on ne peut qu’être choqué, et l’amas de clichés présenté par le film est trop grand pour qu’il puisse encore s’apparenter à Dragon Ball. Ce n’est d’ailleurs pas dans la courte scène de combat final que le réalisateur se rattrape tant celle-ci est ridiculement courte, enchaine les rebondissements foirés car sans queue ni tête, et le tout se conclut par une vague déferlante pondue à la va-vite. On reconnaît que l’équipe technique a tenté de rendre le duel final titanesque, à la manière du cycle Z avec des décors détruits sous l’impact de la bataille, mais le tout reste trop mou et loin du style des combats du manga ou de l’anime pour être convaincant.

Quand bien même Dragon Ball Evolution ne serait pas adapté d’une œuvre quelle qu’elle soit, le film est un échec total. Outre l’amas de clichés présentés précédemment, le long métrage souffre d’une fluidité abominable. Pour faire simple, nous avons l’impression que les scènes se succèdent sans cohérence et sans prendre le temps de développer la quête de Goku. Notre héros rencontre Bulma, puis les voilà chez Muten Roshi, puis dans le désert, puis dans les volcans… Le voyage des héros n’a pas grand sens et le tout s’enchaine sans aucune pertinence, comme si le réalisateurs souhaitait enchainer les plans afin d’arriver rapidement au combat final et boucler son «œuvre ». On le ressent d’autant plus que la durée du film n’est que d’une heure vingt, soit ridiculement court.




Le casting présenté proposait pourtant de belles figures qui auraient pu limiter le massacre, prenons par exemple le célèbre acteur Chow Yun-Fat ou encore James Marsters, connu pour le personnage délirant de Spike dans Buffy contre les vampires. Dans leurs jeux, on sent que ces deux acteurs tentent de sauver les meubles : Chow Yun-Fat essaie de retranscrire un Muten Roshi décalé et James Marsters un Piccolo froid et effrayant, mais ce n’est malheureusement pas suffisant pour rattraper le massacre d’écriture des personnages et du film en général.
Aux effets spéciaux, nous retrouvons le studio Hybride, connu pour son travail sur 300 ou Sin City. Mais peut-être le budget alloué au film était trop restreint, les effets visuels demeurent déplorable, à peu près au niveau d’une cinématique d’un jeu de la PS3 en début de vie. Les effets visuels élaborés sur les vagues déferlantes comme le Kame Hame Ha manquent clairement d’aboutissement, exit donc tout le côté spectaculaire de telles techniques. De même, ne comptez pas trouver un seul combat véritablement dantesque, tant chaque duel se conclut en deux-trois coups échangés.
Ce n’est pas non plus sur la piste sonore crée par Brian Tyler que le film se rattrape. Les pistes sonnent très « rock’, roll » mais ne parviennent à se démarquer durant le film, ni à créer des séquences véritablement marquante. Néanmoins, on apprécie la performance d’Ayumi Hamasaki qui signe « Rule », le dynamique générique de fin du film. Après 1h20 de massacre, le spectateur a bien droit à ce léger réconfort.





L’édition DVD française est minimaliste, faute de succès dans les salles obscures. On retrouve quelques scènes coupées dispensables en guise de supplément mais rien de transcendant. Néanmoins, ce support est largement suffisant pour quiconque souhaiterait visionner le film. Le film est si limite visuellement que l’acquisition du blu-ray n’est pas indispensable.




Avant sa sortie, les fans du manga d’Akira Toriyama redoutaient ce Dragon Ball Evolution, à raison. Que ce soit en tant qu’adaptation que de film à part entièrement, le long métrage a été vivement critiqué et ne trouve presque que des détracteurs, et pour cause. Le film se présente comme un voyage initiatique loin de l’esprit du manga, intégrant des personnages fades et des éléments pensés à la va-vite sans qu’aucun développement n’ait lieu. Le problème ne vient pas du fait que le film ne soit pas une copie conforme du manga, car une relecture travaillée de Dragon Ball aurait été intéressante, mais bien du fait que certains éléments du manga soient jeté de manière hasardeuse et sans réflexion dans une intrigue ou s’empilent les clichés les plus honteux du cinéma américain, sans compter que l’aventure décousue ne fait que refléter le manque d’imagination et de talent de l’équipe de réalisation. L’injustice ne vient pas de ceux qui dénigrent le film, mais de l’échec des réalisateurs qui n’ont pas fait le moindre effort pour adapter correctement l’univers de Toriyama. Au final, seuls le générique de fin et les jeux d’acteur de Chow Yun-Fat et James Marsters accordent un intérêt microscopique au film, mais c’est loin d’être suffisant pour que le métrage s’octroie le statut de mauvais film. Plus que ça, Dragon Ball Evolution est une honte à Dragon Ball, mais aussi au cinéma.

commentaires

LemmyKil

De LemmyKil [45], le 24 Février 2014 à 21h34

peut etre l'adaptation la plus mauvaise et riddicule que j'ai pus voir

Mimir

De Mimir, le 01 Février 2014 à 09h59

Une insulte a DragonBall ! de la merde fais par des merde si tous --" ! les Américain son n'ont pour leur " Cliché " rien de plus !!! si vous couler faire un film asiatique respecter le concept et l'histoire !! si ta les moyen de faire ses pas difficile
Sakura

De Sakura [1112], le 31 Janvier 2014 à 14h20

Je plains les membres de l'équipe MN qui ont été forcés de supporter cet immonde navet pour en parler...

Koiwai

De Koiwai [12190], le 31 Janvier 2014 à 12h18

Jamais vu et aucune envie de le voir !

Bibimbap

De Bibimbap [202], le 30 Janvier 2014 à 21h33

Le seul truc à sauver dans le film c'est la musique de Ayumi Hamasaki :D

 

http://www.youtube.com/watch?v=OMBg1VA6xVE

shiemi

De shiemi [2003], le 30 Janvier 2014 à 21h14

Il entre très largement dans ma catégorie "film merdique à brûler de toute urgence"!

kintaro

De kintaro [336], le 30 Janvier 2014 à 21h04

Une critique pour ce navé?

Ichigro

De Ichigro, le 30 Janvier 2014 à 19h22

@Maaya on enterre effectivement les mauvais en temp normal mais grâce aux mot Dragon et Ball habilement placé dans son titre j'aimerais me rappeler de ce film comme un viol de mon manga préféré ^^'
CactusVira

De CactusVira, le 30 Janvier 2014 à 18h03

Une pensée pour tout ceux qui ont payés leur place de cinéma pour voir ce film --'

venomphantom

De venomphantom [609], le 30 Janvier 2014 à 17h19

tombera pas plus bas

raitto

De raitto [2008], le 30 Janvier 2014 à 16h58

Dès la bande annonce on pouvait voir que ce DB evolution ne valait rien et ça c'est confirmé.

GlassHeart

De GlassHeart [170], le 30 Janvier 2014 à 15h59

@Osaka:

 

James Cameron compterait faire Gunnm après les suites d'Avatar.

Maaya

De Maaya [103], le 30 Janvier 2014 à 15h59

Personnellement, je trouve que ce film a quand même du mérite ! Il n'y a qu'à voir cette actualité : ça va bientôt faire 5 ans que le film est sorti et on en parle encore. Pourtant, on a tendance à enterrer les très mauvais films en temps normal.

Osaka

De Osaka [316], le 30 Janvier 2014 à 15h27

j'y étais allé le 1er avril, espérant au moins que le nanar soit hillarant de nullité

Quelle déception ! J'ai trouvé ce truc tellement minable que j'ai même pas réussi à trouver une raison de me moquer

Espérons qu'ils feront jamais d'adaptation de Cowboy Bebop ou Gunnm :p

GlassHeart

De GlassHeart [170], le 30 Janvier 2014 à 15h10

Je l'avais déjà noté 2/20 à l'époque, tu as trouvé le moyen de la diminuer encore. lol !

 

Très bonne chronique sinon !

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