Zetsuai 1989 - Actualité manga

Zetsuai 1989

Critique de la série manga

Publiée le Mercredi, 07 November 2012

Koji Nanjo est un chanteur à la mode, idolâtré par ces demoiselles en chaleur qui l’auront oublié une fois sa gloire éphémère passée mais, las de tout cela et sur un coup de tête impulsif, il quitte son domicile et son travail sans prévenir personne … et se retrouve rapidement malade comme un chien, dans la rue. Heureusement pour lui, Takuto passe par là et le prend rapidement sous son aile durant son rétablissement. Mais le jeune homme aux cheveux noirs, au regard dur et u caractère bien trempé séduit en un instant la grande star, sans que cela soit réciproque … Parce que Takuto a bien d’autres choses à penser ! Sa famille, sa carrière de footballer et des idéaux à tenir. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Koji a depuis longtemps le regard fixé sur ce si doué joueur de foot. Cette situation permettra-t-elle de rapprocher les deux garçons ou bien n’aura-t-elle que l’effet inverse ? Mystère … Cette série en cinq tomes est le premier yaoi français, publié par Tonkam de 2000 à 2004. Seulement, son succès a été tout relatif auprès des lectrices qui n’accueillirent pas si bien que cela cette série en France. Reste alors à savoir si Zetsuai 1989 était vraiment le titre a adapter en premier, plutôt qu’un Fake, plus doux et avec lus d’humour pour tempérer l’ensemble …

Les histoires de chaque personnage s’emmêlent très fortement les unes dans les autres, les noms changent et souvent, on ne sait plus qui parle de qui … Ce qui est légèrement embêtant. De plus, aucune note d’humour ou de légèreté ne vient soulager la narration très brouillonne, et par conséquent très dure à lire. On sent pourtant que l’auteur veut mettre en place quelque chose, souhaite faire vivre ses héros et leurs émotions, mais longtemps sans succès. On commence alors enfin à sentir l’âme du manga naitre sous la plume de l’auteur, qui sert merveilleusement le dilemme intérieur de Koji et la souffrance qui le hante de, pour une fois, ne pas obtenir ce qu’il veut par-dessus tout. Et si les sentiments semblent un peu trop sérieux pour aussi peu de relation, il faut se dire que la temporalité du manga n’est pas la notre. On attend quelque chose de plus simple et d’à la fois plus touchant, ou alors que la mangaka joue à fond la carte de la passion et de l’obsession de Koji. Ce dernier est une bête faite homme, mais ses instincts renaissent devant la faiblesse de son corps, alors même qu’Izumi avait réussi à faire ressortir ce qu’il y avait d’humain en lui. On assiste alors à une des plus belles scènes du manga. L’auteur fait enfin ressortir la violence, et par des dessins extrêmement expressifs malgré leur côté maladroit on plonge au cœur de l’horreur et au centre de la passion de Koji. Il tente de violer Izumi, et l’on vit ça bien différemment des pseudos viols des yaois actuels, où les victimes aiment ça en un rien de temps. Ici, la violence psychique est à peu près aussi intense que la violence physique et on en prend plein les yeux. Une seule question demeure : comment vont-ils pouvoir sortir de ce cercle de destruction dans lequel ils se sont tous les deux enfermés ?

L’une des raisons de notre extrême difficulté à comprendre ce manga vient des graphismes, qui sont passablement brouillons. Certes, on peut s’y habituer. Mais il suffit de prendre un autre personnage, et il ressemble fortement à un de ceux qu’on a déjà vu dessiné, si bien que l’on se perd totalement dans les liens entre les prénoms et les visages. Les morphologies sont déjà perturbantes en soi, avec ces jambes immenses, ces torses en triangle, ces yeux vides et les cheveux, membres et traits du visage qui vont avec. On relève au passage qu’aucune grâce n’habite le manga, aucune fluidité dans le mouvement et un découpage complètement anarchique ne facilite pas la lecture. Bref, un non respect des proportions, un trait peu assuré et un découpage douteux forment à eux seuls les principaux défauts du manga. L’édition ne fait strictement rien pour arranger cela : un petit format, du papier fragile qui ne rend pas compte des contrastes avec suffisamment de force, une magnifique appellation de « Yahoï » sur la tranche, des traits qui se voient à peine sur les pages jaunâtres … Dernier point, certaines bulles paraissent complètement perdues dans les pages sans que l’on sache toujours bien qui parle, puisque l’essence même de l’histoire et donc les raisons qu’aurait tel ou tel personnage à dire ça nous échappe totalement. Bref, on salue le courage de l’éditeur et l’inventivité de l’auteur mais … c’est tout.
 
NiDNiM



Note de la rédaction
Note des lecteurs
14.75/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

10.00,11.00,13.00,14.00,13.00

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