Wish - Actualité manga

Wish

Critique de la série manga

Publiée le Jeudi, 12 Avril 2012

Critique 2



Wish est une série en quatre volumes du collectif CLAMP. Créée en 1996, il lui faut 3 ans pour arriver dans nos contrés, grâce à Tonkam. A noter qu'ils sont les premiers à présenter les mangas dans leur sens de lecture original, contrairement aux autres éditeurs qui avaient choisi de l'inverser.



Par une belle nuit étoilée, Kudou Shuichirou, un jeune médecin, fait la rencontre de l'Ange Ambre. Cette dernière prenant ses forces du soleil, la nuit elle ressemble à une petite poupée rondouillarde. Il la sauve d'un vilain corbeau et se retrouve à la loger, en attendant qu'il décide de son vœu. En effet, Ambre se sent redevable de ses bons soins et souhaite exaucer ce qu'il ne peut obtenir seul, persuadée qu'on ne peut pas tout obtenir par sa seule volonté. Mais il y a une autre raison à sa présence sur Terre : cela fait trois mois que son maître, Jade, l'Ange Majeur de l'Air, a disparu. Refusant qu'elle soit renvoyée pour manquement à son devoir, Ambre se fait un devoir de la retrouver. Cependant, elle aura fort à faire, car le Démon Grenadin veille à lui mettre des bâtons dans les roues.



Au dessin, certains remarqueront que ce n'est pas Mokona Apapa qui officie, mais Mick Nekoi. Celle-ci se charge généralement des SD (Super Deformed, les versions rondes et caricaturées des personnages). Mais ce n'est pas sa première série, il y a aussi J'aime ce que j'aime et Lawful Drug à son actif. Bien que l'on puisse trouver certaines similarités dans le style des deux dessinatrices, telles que les silhouettes longilignes, si l'on regarde la forme des visages et des yeux, le tracé des cheveux, on se rend vite compte de la différence. On aurait presque le sentiment que les dessins sont plus simples et pourtant les vêtements fourmillent de détails et de symboles. Il y a quelque chose de doux dans son dessin, notamment au niveau du tramage qui est bien moins utilisé que dans leurs autres mangas.



Pour l'histoire, avec un personnage « pur sucre » comme Ambre, on aurait tendance à s'agacer d'une telle naïveté, d'une telle gentillesse et dévotion envers autrui. Néanmoins, la galerie de personnages qui l'entoure est assez riche et variée pour ne pas conserver uniquement le côté gnan-gnan de l'héroïne.

Shuichirou est peu loquace, Grenadin un adorable trouble-fête et ses servantes de véritables pipelettes et midinettes. Tout est bien quantifié pour que l'on espère voir Ambre réussir ses deux missions et sans qu'on la trouve trop pénible. Un peu comme Touru de Fruits Basket. On assiste à sa découverte du monde, comme si elle grandissait sous nos yeux, et on a tout simplement envie de l'encourager.


 Côté édition, les couleurs pastels donnent une image douce. Sur chaque volume on découvre Ambre avec une fleur dans les bras, portant un costume aux drapés fluides qui accentuent son statut d'être éthéré, où seules quelques parties sont colorisées, le reste étant blanc, sans ombre. On trouve aussi une phrase d'accroche qui se répète à chaque volume. Sur la quatrième de couverture on trouve son exacte version SD.

Les premières pages sont en couleur avec un M. Lapinou qui accueille le lecteur et lui dit « à bientôt » à la fin. Il y a ensuite le sommaire, intitulé « programme », la première page du manga en couleur, une illustration double-page elle aussi colorisée, et évidemment l'histoire en elle-même. Et avant de se quitter, les CLAMP proposent un bonus nommé « le journal des CLAMP » où elles se dessinent recevant un personnage différent à chaque fois, chez elles. Ambre est bien sûr la première invitée.



Il n'y a pas vraiment de fautes, mais on retrouve des blancs derrière certains lettrage. Certes, ils permettent de lire correctement les lignes lorsque la trame est beaucoup trop foncée et risque de gêner la lecture. Seulement, ça fait un peu moche.
Ce qui serait vraiment à reprocher, c'est la qualité du papier qui vieillit très mal, se trouvant jauni et couvert de taches. Ainsi que le choix de la colle qui interdit au lecteur d'ouvrir de trop le volume, sous peine de se retrouver avec des pages volantes. Chose qui s'est déjà produite avec la première édition de RG Veda…



Cette série est un petit bonbon qui amuse, et qui montre que Mick Nekoi aussi peut s'adapter à différents scénarios, tout comme Mokona Apapa qui a davantage l'occasion de le faire.
Mais les CLAMP étant ce qu'elles sont, on se demande si elles n'oseront pas provoquer un drame avant la fin du volume.

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Critique 1


Wish, c’est l’histoire d’un souhait. Un jour, Shuichiro tombe sur Kohaku, un petit être accroché dans un arbre et poursuivi par un corbeau. L’en détachant, il croit rêver lorsque ce qui semble être une petite fille lui avoue le plus naturellement du monde être un ange et devoir réaliser un de ses souhaits pour le remercier. En bon médecin rationnel, Shuichiro n’en croit pas un mot. Pourtant, petit à petit, il sera bien obligé d’admettre l’existence et la présence de cet être étrange chez lui. Le problème, c’est qu’aucun de ses souhaits ne peut être réalisé seul, et il n’aurait ainsi pas besoin qu’on lui propose d’en réaliser un. Ce qui rend Kohaku lié à son sauveur tant qu’elle ne l’aura pas remercié dignement … En première partie, on suivra les petits désagréments de nos deux héros, avant que ne se mette en place un fil directeur avec un ennemi pour Kohaku et surtout une raison d’être sur Terre : retrouver Hisui, l’ange du vent qui aurait mystérieusement disparu du domaine céleste … Et enfin, pouvoir l’innocenter, ce que souhaite à tout prix Kohaku. Son sauveur accepte de l’héberger le temps de sa réussite, mais il ne se doutait sans doute pas que cela allait entrainer une avalanche de visites à son domicile autrefois si calme ... Les CLAMP aiment beaucoup jouer sur les contraires, les opposés, les caractères ou les rôles qui se complètent en présence l’un de l’autre. On pouvait difficilement y échapper ici, mais Wish est sans doute la série qui condense le plus cette dualité, cette notion de deux, un peu comme le yin et le yang. A tous les niveaux, on peut le voir, que ce soit dans les personnages, leur environnement ou même la façon dont se déroule la narration. Comme si quelque chose ne pouvait exister sans son contraire sans menacer l’équilibre, que ce soit dans une lecture ou à l’intérieur d’un monde.



Le plus évident, qui part de la base du manga et jusqu’à son titre : la notion de vœu. Un vœu, selon Kohaku, ne peut être réalisé que de deux manières : seul, et ça Shuichiro semble l’avoir bien compris, ou avec l’aide indispensable de quelqu’un. C’est cela qu’elle veut apporter à son sauveur, et se démène pour trouver quelque chose qu’il ne pourrait trouver par lui-même. Mais la plupart des choses ne dépendent pas d’un autre si l’on s’y prend bien, et de cela le chirurgien est convaincu. Même le bonheur, il le cherche et le trouve seul, et refuse toute aide pour y accéder. Mais la jeune ange insiste, persiste, s’impose peu à peu jusqu’à ce que tous les deux comprennent quel vœu doit être formulé pour les réunir, quel vœu ne peut se réaliser qu’entre eux deux et avec la formulation de leurs désirs conjoints. D’une page à l’autre, les auteurs nous bouleversent la narration d’un claquement de doigts ... Très habile, bien que cela ait pu mériter un traitement légèrement plus en douceur tant le passage de l’un à l’autre est brutal ... mais c’est ce qui est voulu, finalement. Coup de maitre, en tout cas. Ce qui suit alors est bien dans la thématique des mangakas, d’autant plus sur cette série : rien n’est inéluctable, et l’espoir peut toujours revenir au sein d’un cœur meurtri. En outre l’ambiance, primordiale dans le manga, supplante bien ces sentiments que l’on finit par identifier et il est important que la série garde cette ligne de conduite durant les quatre tomes ... On remarque aussi que les personnages qui ne sont pas principaux ont un peu du mal à s’imposer. Dommage, la série aurait pu avoir plus de relief avec juste un peu plus d’efforts au niveau des protagonistes secondaires, en oubliant quelque temps les principaux et leurs problèmes existentiels parfois un peu trop légers pour le sérieux profondément dissimulé de la série.


Pour ceux qui seraient habitués au trait riche et complexe de Mokona Apapa, la déception pourra être grande ici, puisque c’est Mick Nekoi qui reprend la plume. Son style est radicalement différent du foisonnement de détails, de traits, d’expressions que nous livre d’ordinaire le label CLAMP. Ici, le maitre mot est « épuré », voire minimaliste. La série datant de quelques années déjà, cela n’arrange rien à la dextérité de l’auteur et pourtant ... pourtant on sent que l’ensemble est maîtrisé. Il y a beau avoir beaucoup de vide, beaucoup d’espace, on perçoit la volonté de l’auteur. Tout est alors plus doux, presque nébuleux. Un style aéré et aérien qui convient très bien à la série dont le personnage principal est une ange. C’est d’ailleurs là le souhait de Nekoi, qui se plonge totalement dans un univers où rien n’est superflu et dessine seulement ce qui enrichit son histoire. Par exemple, les expressions des personnages sont travaillées, si tant est que le personnage en question ait un caractère suffisamment expressif. Ce qui n’est par exemple pas le cas de Shuichiro. On lit parfaitement les émotions de Kohaku sur son visage, comme c’est le cas pour Koryu ou même des protagonistes secondaires. C’est d’autant plus remarquable lorsque l’auteur se laisse aller aux SD et aux petits corps grassouillets exprimant le comique de certaines situations, où tout est alors plus pertinent et évident. Cela contrebalance merveilleusement bien avec les corps adultes, sveltes, sérieux, grands et beaux, au point qu’on définisse souvent leur sexe comme féminin, devant l’androgénie de leurs traits. On pourra cependant regretter les quelques facilités du dessin, trop épuré pour être véritablement passionnant lorsque l’on n’est pas encore immergé dans l’histoire. Il faudra simplement s’habituer aux mentons pointus à l’extrême, aux yeux très typés des personnages et au manque de détails qui les composent, eux et les décors.



Dans l’édition, on remarque que la taille du manga ne change pas par rapport à l’original, mais que les couvertures sont radicalement différentes. Celle du tome un est d’ailleurs peut-être légèrement trop vive avec son orange irréel, mais les images de couvertures sont bien plus avenantes que dans l’ancienne édition. Autre grand changement, on est passé de la mode à franciser tous les prénoms à celle de garder les consonances nippones, et si la traduction est alors bien plus fidèle et colle davantage au texte, on y perd une certaine dimension en appelant l’héroïne Kohaku et non plus Ambre. Bon choix, mauvaise initiative ? Au final, c’est à chacun de se faire son avis sur la question. L’édition de Tonkam reste excellente malgré ce difficile litige qui séparera les lecteurs. Il justifie en plus son prix de vente, avec des pages couleur au début du tome, des pages glacées et une qualité de papier et d’adaptations des onomatopées très satisfaisante. D’autant qu’entre l’ancienne édition, de moins bonnes qualités, et celle-ci, le prix n’a pas augmenté ! Enfin, l’éditeur a conservé précieusement les petits bonus de fin de tome, souvent amusants, toujours enrichissants, alors que les personnages de la série rencontrent les auteurs ..


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Persmegas

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

14 20

Note de la rédaction
Note des lecteurs
14.75/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

15.00,15.00,15.00,16.00,13.00,14.00,15.00,14.00

Les critiques des volumes de la série

MN Actus
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