In God's arms

Critique de la série manga

Publiée le Mardi, 11 December 2012

Une petite série, avec ses quatre tomes, que l’on a découvert par le Magazine Be x Boy et ... qu’on avait plutôt bien aimés. Pour rappel, le cadre de l’histoire se situe dans un établissement catholique qui associe collège et lycée, très à cheval sur les principes et l’importance de la messe. Sauf que dans cette école pour garçons, qui fait bien évidemment internat, les amours naissent comme partout ailleurs. On va d’abord suivre Marius, un élève renfrogné et solitaire du fait de sa religion différente des autres élèves, amoureux de son dealer de drogue. Un soir, ils sont surpris en plein marchandage par Uran, un collégien qui vient d’arriver mais ne compte pas laisser Marius se détruire seul ! Il va tout faire pour l’éloigner de Ginger, qui est mauvais pour lui et l’obligeant à s’inscrire dans une relation des plus malsaines. Dans un second temps, et c’est bien plus intéressant, on partira à la rencontre de Shio, un jeune homme « marqué par Dieu », qui attirerait le mauvais sort sur tous ceux qui s’en prennent à lui ou lui déplaisent. Mais s’il y en a bien un qui n’a pas peur, c’est Won. Ce dernier est normalement supposé surveiller les frasques sexuelles du fils de son maître, sans toutefois grand résultat, et voilà qu’il tombe sous le charme rebelle de Shio, solitaire et abandonné de tout véritable ami. Mais ce ne sont que des exemples. On a aussi la relation entre un élève un peu pervers et le prêtre de leur école, une relation malsaine entre deux élèves dont les compagnies sont en compétition … Bref, autant de situations que d’histoires, et l’on se plonge à chaque fois dans un nouvel univers alors que le contexte est le même …

Le ton du récit est un peu noir, presque malsain parfois et c’est là-dessus que joue la mangaka. Elle n’hésite pas à frôler le shota avec des personnages qui se connaissent tout jeunes, ni le tabou de la religion ou même de la société. Elle bouleverse, au sein de cette école, toutes ces idées que l’on a de la bienséance. Mais rien n’est véritablement dérangeant, puisque c’est le leitmotiv de la série et que cela passe très bien à travers la lecture. Tout tourne autour du confinement de ces jeunes garçons, et les sentiments y évoluent bien plus fortement qu’à l’extérieur. Et le happy end est au rendez vous après de longues épreuves et du temps pour comprendre comment gérer ces sentiments dérangeants. On suit donc avec plaisir les aventures de nos héros, et bien qu’il ne se passe pas grand-chose et que tout le monde soit homosexuel, cela ne nous dérange pas outre mesure, ou du moins bien moins qu’à l’ordinaire. Il y a cette espèce d’ambiance étouffante qui efface les petits défauts du scénario. De plus, les scènes de sexe ne sont pas oubliées ! Elles sont de plus bien représentées, sensuelles et le seul reproche possible serait leur fréquence, un peu trop haute. Attention à ne pas tomber dans le yaoi illustrant simplement du sexe pour du sexe ! C’est sans compter le talent de l’auteur, qui parvient à nous fasciner de par la manière dont elle amène les sentiments, pourtant très basiques, de ses protagonistes. Jalousie, besoin de posséder, soumission et presque viol, elle construit une relation intéressante autour de ces deux jeunes gens qui ont bien du mal à se trouver et à se comprendre

Les dessins sont quant à eux clairement un des points positifs et de qualité du manga ! Les personnages sont variés, même si entre Shio et Uran il y aura un léger moment de flottement à la reconnaissance. De plus, les traits sont artistiques et le tout est véritablement beau, esthétiquement parlant. Les expressions et détails sont très bien illustrés, de même que les élégants arrières plans qui peuplent cette école aux airs de vieille France. La dynamique est bonne, il n’y a pas d’erreur de proportions, bref c’est un trait vraiment de qualité que nous fait découvrir la mangaka, que l’on ne connait en France pour le moment qu’avec ce premier tome. L’édition d’Asuka est conforme à leurs habitudes : déception au niveau des onomatopées non adaptées alors que certaines le sont sans différence de difficulté, mais une qualité globale de traduction et de support satisfaisante. Dommage que dans ses histoires, la mangaka ne prenne pas plus de temps pour développer en profondeur tout ce petit monde. Là, elle nous offre une vision certes très agréable mais un peu trop rapide. Mais c’est dur de s’en séparer, parce que cette série était une bouffée d’air frais dans les sorties yaoi.


NiDNiM



Note de la rédaction
Note des lecteurs
17.5/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

16.00,15.00,16.00,17.00

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