Solo Leveling Vol.1 - Actualité manga

Solo Leveling Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 06 April 2021

Lorsque des portails sont apparus sur la planète, certains humains se sont vus dotés de capacités extraordinaires. Un don idéal pour contrer les créatures qui résident de l'autre côté de ces portails, menaçant de s'en prendre à notre monde. C'est ainsi que naquit le labeur d'aventurier, ces individus dotés de pouvoir accomplissant différentes quêtes dans cet univers parallèle façonné tel un donjon, afin de protéger le monde.

Sung Jinwoo est l'un de ces aventuriers, un chasseur comme on les appelle, mais il a une particularité handicapante. Jamais un héros n'aura été si faible, si bien que le jeune adulte est la risée des siens, bien qu'épaulée en permanence par son amie Lee Juhee. Un jour, il accepte une quête dans un donjon de niveau D, une simple ballade routinière pour ses coéquipiers. Mais le danger qui les guette est bien au-dessus de leurs compétences. Dans ces conditions, et si le fin esprit de Sung était la meilleure arme ?

Le webtoon, autrement dit la bande dessinée coréenne publie en ligne, gagne en force dans le monde depuis quelques mois. La France ne fait pas exception puisque les pionniers comme Delitoon se sont trouvés de sérieux concurrents, tandis que quelques maisons d'édition spécialisées dans le manga ont choisi de proposer certains titres dans des versions physiques. Ce fut le cas avec Taifu et Killing Stalking ainsi que Ki-oon avec Batard. Ambitieux, Delcourt/Tonkam a opéré une double politique en inaugurant la plateforme numérique VeryToon, et en créant le label Kbooks qui recensera les titres à succès dans des versions physiques. Récit attendu par le lectorat, c'est Solo Leveling qui ouvre le bal de cette gamme d'ouvrages matériels.

L’œuvre est à l'origine un roman écrit par Chugong entre 2016 et 2018, publié sur la plateforme coréenne Kakao et ensuite édité en 14 tomes. En 2018, le collectif Redice lance l'adaptation webtoon, autrement dit la présente série.

Le premier point à relever sur ce volume d'amorce serait un conseil : Ne pas lire le synopsis présent sur la quatrième de couverture. Si la première partie de ce résumé plante le décor global qui peut se révéler alléchant, sa fin en dit bien trop sur la finalité de cet opus. Car des péripéties du volume la véritable histoire sera lancée, et lire ce synopsis peut gâcher certaines petites surprises qui surviennent dans les dernières pages.

Dans son introduction, Solo Leveling ne semble pas prendre de gros risques en présentant un univers et des concepts qui n'ont plus rien de surprenant, aujourd'hui. L'idée de portails menant vers des donjons a néanmoins l'originalité de créer de véritables possibilités vidéoludiques au sein du monde contemporain que nous connaissons, ce qui représente la première bonne idée de l'intrigue. Bien que dotés de pouvoirs et combattants des entités surnaturelles, les personnages n'ont rien d'aventuriers tous droit tiré de mondes de fantasy. De l'étudiant à l'employé de bureau qui doit rentrer à l'heure pour pouvoir dîner avec sa famille. Le commun des mortels concerne la fine équipe au centre d'une première grande aventure qui couvre la quasi-entièreté de l'opus.

Et ce ne sera pas la seule inventivité de cette amorce qui vient prendre nos attentes à revers dans sa manière de narrer la première quête de l'histoire. Plus qu'une aventure épique, le tome est un véritable périple à suspense présentant une mort qui n'est jamais loin, et des énigmes misant davantage sur l'intellect que sur la puissance des coups d'été. Il est bien trop tôt pour savoir si cette patte concernera l'ensemble de l'histoire, mais il n'en faut pas vraiment plus pour créer une lecture rythmée et prenante, qui sort du lot par sa manière de jouer avec des concepts éculés. C'est bien joué de la part de Chugong, l'auteur des romans, tandis que Dubu du collectif Redice a une patte plaisante par sa finesse, sa précision et son expressivité. Loin d'être un simple gadget de bande dessinée, la mise en couleur sert aussi une ambiance, celle d'un donjon glaçant et dangereux qui pourrait facilement ôter la vie de Sung et de sa petite troupe.

Néanmoins, la conclusion du tome propose des chamboulements si drastiques et évidents qu'on se questionne forcément sur le devenir de la série. Oui, ce premier volume est immersif et intelligent dans ses idées, mais on espère que la suite maintiendra ce niveau et ne tombera pas dans la facilité. C'est bien tout ce qu'on peut craindre étant donné l'aboutissement de ce volet de départ, mais il ne tient qu'au deuxième tome de nous contredire.

Côté édition, c'est le travail de Kbooks, nouveau label rattaché à Delcourt/Tonkam voué à se spécialiser dans le format physique de webtoon et dans la bande dessinée coréenne, qu'il convient d'apprécier. Un coup d'audace est ici joué : la narration stricte du webtoon d'origine n'est pas reprise, et un travail éditorial a été fait pour remanier les cases et créer un dynamisme de narration digne d'un objet physique. Le travail aboutit à une lecture des plus efficaces, servie par une fabrication du plus bel effet. Papier couché brillant pour le contenu entièrement coloré, et couché mat associé à du vernis sélectif et à de la dorure à chaud pour la couverture font très bon ménage. Le livre est joli, proposé dans un grand format, ce qui justifie son prix.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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