Liens du sang (les) Vol.2 - Actualité manga

Liens du sang (les) Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 28 June 2019

Le plus insondable des drames vient d'avoir lieu au bord de la falaise: après avoir sauvé son neveu Shigeru d'une grave chute, Seiko l'a elle-même poussé dans le vide, sous le regard abasourdi de Seiichi. Pourquoi ? Pourquoi sa mère a-t-elle fait ça ? Le collégien ne peut pas comprendre pleinement ce qui vient de se passer, mais pour lui le cauchemar ne fait que commencer...

Après un premier volume à l'atmosphère malsaine impeccable et qui s'achevait sur un moment fort, ce deuxième volume des Liens du Sang se divise en deux grandes parties, prenant chacune la moitié du livre.

Dans la première, Shuzo Oshimi nous offre une véritable montée en tension dramatique autour du sort du jeune Shigeru et, plus encore, du comportement très, très préoccupant de Seiko. D'un bout à l'autre de ce passage, de la forêt jusqu'à l'hôpital, tandis que les proches du blessé grave sont tous mortellement inquiets, la mère de Shigeru ne cesse de montrer des choses aussi insondables que flippantes, sous l'oeil complètement médusé de son fils qui ne sait pas ce qu'il doit faire. Et cela, le mangaka le fait ressentir à merveille, essentiellement grâce à tout un jeu de regards puissants où il est bien souvent difficile voire impossible de décrypter précisément ce que ressent ou pense Seiko, à l'image de la page 40 où son interrogation "Tu as mal ?" semble montrer plus de lueur que d'inquiétude, ou de la page 49 avec cet "au secours..." qui semble plus pour elle-même que pour son neveu... Quant au passage dans l'hôpital, en plus d'insister encore sur l'intensité du drame via l'état de Shigeru, il subjugue par le sens de la mise en scène qu'Oshimi montre lors du témoignage de Seiichi à la police: le poids de la main de sa mère sur lui ne fait que montrer le poids qu'il a sur ses épaules au moment de parler au policier. Pourra-t-il dire précisément ce qu'il a vu, ou protégera-t-il sa mère ?

Dans la deuxième partie du tome, le récit est marqué par la visite impromptue de la mignonne Yuiko Fukiishi chez Seiichi, pendant que ses parents sont absents. Une scène où là aussi, Oshimi soigne énormément son ambiance. Dans un cadre presque intime où ils sont seuls, la jeune fille, dans sa tenue, son comportement, ses rougissements, dégage un charme certain, presque érotique pour une collégienne, ne manquant de troubler Seiichi qui a le béguin pour elle. Mais quand ile st question d'une lettre et du retour de la mère, les choses prennent à nouveau un tour d'emblée inquiétant, tant Seiko montre à nouveau des expressions difficiles à cerner, où une folie destructrice semble toujours sur le point de se montrer subrepticement. Et dès que Yuiko n'est plus là, les choses prennent une tournure plus malsaine que jamais dans une fin de tome où la métaphore du déchirement du collégien via la lettre est excellente, et où la mère montre envers son enfant un comportement beaucoup trop proche et malaisant.

De tout ceci, il ressort une chose forte: l'incapacité du jeune garçon d'aller à l'encontre de sa mère, de celle qui l'a toujours choyé et couvé. Comment un simple collégien pourrait-il soudainement renier celle qui l'a toujours profondément aimé, quitte à ce que cet amour tourne à la folie ? Le cauchemar de Seiichi face à cette mère plus que castratrice est bel et bien lancé, et en attendant voir voir ce qu'Oshimi va en faire, le mangaka dépeint cela avec une force sans égal...
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.25 20
Note de la rédaction






MN Actus
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