Kanon au bout du monde Vol.2 - Actualité manga

Kanon au bout du monde Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 27 August 2019

Chronique 2

Alors qu'elle a déclaré sa flamme à Sôsuke, Kanon est témoin d'un événement dramatique : celui qu'elle aime tant depuis le lycée est attaqué par une des gelées qui lui coupe la moitié de la tête ! Confuse suite à l'événement, Kanon ne sait même pas si Sôsuke a pu bénéficier de la régénération dans un tel état. Et si c'est le cas, qu'en est-il des sentiments du soldat, en proie à une évolution dès qu'il retrouve ses membres ?

Après un premier tome qui se servait habilement de son univers pour dépeindre une romance autour de personnages visiblement complexes, cette suite vient d'abord éclaircir la situation par rapport au fameux twist qui avait de quoi faire sauter le lecteur de son fauteuil. Etant donné les pistes plantées par le premier opus, on pouvait s'attendre à cette finalité qui n'en reste pas moins particulièrement forte par rapport à ce que nous propose ce second opus.

Une nouvelle fois, le cadre SF de la série de Kyô Yoneshiro vient donc très habilement marquer la relation entre Kanon et Sôsuke. Celle-ci a d'ailleurs énormément progressé, ce qui permet à l'autrice de la porter différemment et avec de nouvelles problématiques. Du dilemme que vit Kanon jusqu'à l'état d'esprit de la femme du jeune soldat, le volume se montre particulièrement dense dans son traitement des personnages, et sa manière de développer le délicat sujet de l'adultère. Montrer les choses d'un angle ni tout noir ni tout blanc, la mangaka y arrive parfaitement. Elle dépeint très bien la souffrance des personnages tout en utilisant son univers pour ne pas vraiment permettre au lecteur de prendre parti. Dans une série si hybride que Kanon au bout du monde, c'est particulièrement remarquable : l'artiste affirme ainsi sa volonté d'utiliser son univers pour porter des thématiques sentimentales compliquées, ce à quoi tout le monde ne s'attendait pas forcément, mais ça reste très bien mené.

Pourtant, il serait un poil faux de dire que ce monde SF impacte uniquement les déboires amoureux de l'intrigue. En filigrane, d'autres sujets émergent telles que les manipulations génétiques sur autrui et les progrès scientifiques qui tendent à consumer notre humanité. A voir comment ces sujets seront abordés dans les trois derniers tomes, mais ils prennent de plus en plus de sens au sein du scénario.

Avec ce second tome, Kyô Yoneshiro parvient à poursuivre très habilement sa romance complexe dans un cadre inhabituel pour le genre, tout en abordant de multiples sujets sentimentaux et sociaux. Que ce soit Kanon, Sôsuke ou la femme de ce dernier, chacun apporte sa pierre à l'édifice, que ce soit pour parler de la complexité d'une relation adultère sans préjugés, notre capacité à évoluer en amours, et l'impacte que peut avoir notre vécu sur notre manière de gérer nos sentiments. Tout en restant rythmé, Kanon au bout du monde continue de développer de manière passionnante toute une flopée de thématiques, tout en jouissant du charme de son univers qui prend de plus en plus de sens dans ce tumulte amoureux.

Tout en observant ce que la mangaka a à nous dire, on attendra avec hâte la suite de l'histoire de Kanon, qu'on aimerait voir heureuse tout en lui évitant de provoquer la souffrance d'autrui, bien qu'il soit difficile de la blâmer totalement... Toute la nuance de l'histoire de Kyô Yoneshiro, en somme.


Chronique 1

Enfermée depuis 8 ans dans son amour à sens unique pour Sôsuke Sakai qu'elle pensait impossible, Kanon a pu se rapprocher de lui ces derniers mois, grâce aux visites régulières du jeune homme à la pâtisserie où elle travaille en tant que serveuse. Et étonnamment, Sôsuke semble s'intéresser de plus en plus à elle, voire même la draguer, alors qu'il est marié à sa collègue la belle Hatsuho. Ils forment un coule parfait, alors pourquoi diable Sôsuke s'intéresserait-il à elle ? Peut-être est-ce dû à une facette spécifique et assez terrible dans son genre du travail du jeune homme: sa capacité de "régénération". Quand, en tant que figure de proue de la lutte et véritable star du pays, il combat les "gelées", il lui arrive d'être très grièvement blessé, le type de blessures dont normalement on ne se remet pas, mais lui peut voir son corps se reformer... non sans différents changements de physique et, surtout, de personnalité. Kanon en est pourtant certaine: malgré tous les changements qu'il pourra connaître, elle aimera toujours uniquement et fortement cet homme qui occupe toutes ses pensées depuis 8 ans. Mais sa visite au sein du SLC, où elle a vu de ses yeux Sôsuke se faire trancher la tête, risque d'être le premier moment difficile d'une longue remise en question...

Très intrigant dans la mise en place de tout un univers entre SF et tranche de vie ainsi que de principaux personnages que l'on apprenait à découvrir avec beaucoup d'intérêt, le premier volume de Kanon au bout du monde s'achevait sur un instant à la fois possiblement dramatique et insondable, ne pouvant que laisser Kanon sous le choc, en vivant de plein fouet ce qu'elle avait compris du statut de Sôsuke. Tandis qu'elle est encore plus à l'ouest que d'habitude, notre héroïne s'interroge forcément et se morfond. Sôsuke est-il encore en vie ? S'est-il remis de sa blessure normalement mortelle grâce à sa "régénération" ? La répons ene tarde pas à arriver, tout d'abord par l'intermédiaire d'un autre personnage-clé: Hatsuho, l'épouse de Sôsuke, en visite la pâtisserie pour ramener un met à son mari, et affichant clairement un comportement déstabilisant pour Kanon...

Difficile d'aborder en seulement quelques ligne ce deuxième tome, tant il est riche et fait réellement décoller la série autour de nombreuses considérations, où la part de science-fiction est surtout là, plus encore que dans le tome 1, pour aborder sous des angles novateurs et profonds les interrogations sentimentales, relationnelles et identitaires des personnages.

Ainsi Sôsuke reste-t-il ici un homme plus troublant que jamais, draguant désormais ouvertement Kanon alors qu'il est marié, la remerciant d'avoir continué à l'aimer pendant toutes ces années sans l'oublier et de l'aimer encore et toujours malgré ses possibles changements de personnalité... Mais ne serait-ce pas précisément parce qu'il change de caractère d'une régénération à l'autre qu'il se met ici à tourner autour de notre héroïne au point de l'embrasser ? Et puis Kanon, même si elle ne peut s'empêcher d'être heureuse en frôlant ainsi son rêve vieux de 8 ans, doit-elle, peut-elle profiter de cette situation ? Autour d'elle, il y a bien des considérations à prendre en compte: le regard des autres sur elle, les remarques de son frère Hiro qui cerne la situation et qui semble lui-même cacher certaines émotions, et plus encore la présence de Hatsuho, une femme qui peut d'abord sembler un peu froide face à Kanon au début du volume, mais qui semble elle-même un peu perdue dans sa relation avec Sôsuke, homme qu'elle aime, pour qui elle a fait de nombreux efforts afin de devenir son égale, avec qui elle s'est mariée par amour, et qu'elle sent pourtant s'éloigner d'elle désormais... la faute à ses régénérations ? Quant à notre héroïne elle-même, ses nombreuses incertitudes sont très bien décortiquées tout au long du volume, au fil d'une narration bien introspective et subtile, évoquant une suite de tourments on ne peut plus crédibles, entre autres autour de la possible impermanence des sentiments amoureux et de l'humain (chose dont les régénérations de Sôsuke pourraient être vues comme une extrapolation).

Kanon est une héroïne qui s'interroge beaucoup, qui reste dans le doute même si elle frôle son rêve, qui prend également conscience de certaines choses sur elle-même mais qui peine à y faire face, comme le fait qu'elle s'est tellement focalisée sur Sôsuke pendant 8 ans qu'elle en a peut-être négligé ses rapports humains avec les autres... Elle et son entourage deviennent ici passionnants à suivre, tant ils dégagent de complexité et de thèmes bien abordés. Après deux volumes, la tranche de vie SF de Kyo Yoneshiro est sur une excellente voie, espérons que cela dure.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.25 20
Note de la rédaction






MN Actus
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