Durarara - Light Novel Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 05 May 2017

Critique 2

Quasiment une année s'est écoulée depuis que Mikado Ryûgamine, leader et fondateur secret des Dollars, est arrivé à Ikebukuro et au sein du lycée Reira. Depuis tout ce temps, les nombreux acteurs de ce vaste théâtre qu'est Ikebukuro ont poursuivi leurs affaires... jusqu'à ce de nouveaux problèmes complexes arrivent ! Depuis peu, le quartier est le théâtre d'attaques difficiles à expliquer, car les témoins n'ont distingué en l'agresseur que des yeux d'un rouge profond, inhumains. Tandis que certaines figures, comme Celty et Shinra, commencent à s'intéresser de près à ces événements étranges, l'attaque d'un membre des Dollars va mettre un grand coup de pied dans la fourmilière...

Le premier volume de DuRaRaRa!! séduisait beaucoup pour le ton adopté par son auteur Ryohgo Narita : entre une certaine inventivité littéraire, un savant mélange de genres, et une intrigue en forme de puzzle dont les pièces s'assemblaient peu à peu pour mettre en place un paquet de personnages, tout était là pour offrir un excellent divertissement, posant un univers aux très nombreuses possibilités. Avec tout autant de réussite, ce deuxième volume suit le même schéma !

A l'instar de la motarde sans tête dans le premier tome, tout part ici d'une légende urbaine qui a de quoi faire froid dans le dos, avec une succession d'attaques mystérieuses susceptibles de toucher bien des têtes connues. Anri, des camarades de classe à elle, les Dollars, des inconnus, et même Celty... ce qui n'aurait pu être qu'un mythe urbain est une réalité qui, petit à petit, va emmener dans son sillage bon nombre de figures déjà croisées.

Le premier intérêt de cette nouvelle affaire est de permettre de découvrir plus en détails certains visages. Très en avant dans le premier tome, Mikado et Izaya sont ici plus en retrait, mais ont encore leur rôle à jouer. Celty est toujours bien présente, tandis que d'autres figures comme Masaomi, Simon, Namie ou le groupe de Kadota sont plus discrets mais toujours présents, trouvant eux aussi leur place. Evidemment, les nouveaux personnages sont moins nombreux, mais les nouvelles têtes ont toutes un rôle bien précis à jouer d'entrée de jeu, à l'instar du professeur Nasujima qui s'intéresse de beaucoup trop près à Anri, de la dénommée Haruna Niekawa, ou d'un journaliste de 3ème zone venu découvrir le quartier pour tenter de déterminer qui y est "le plus fort". A vrai dire, dans ce volume, ce sont deux figures un peu discrètes du premier tome qui sont surtout développées, à savoir les deux seules qui sont en pleine lumière sur la couverture : Shizuo Heiwajima, et Anri Sonohara.
Pour nous inviter à découvrir Shizuo, Narita commence par utiliser un procédé très malin : il le fait à travers l'enquête du journaliste de 3ème zone, qui parcourt le quartier à la rencontre de nombre de figures que le lecteur connaît déjà, afin d'apprendre qui est l'homme le plus fort du quartier. Et de toutes part, c'est le nom de Shizuo qui revient... Cela en dit long sur la crainte qu'inspire notre blondinet habillé en barman, et c'est d'autant plus efficace que tout ce passage est le seul, de tout le volume, à être raconté avec une narration interne, directement du point de vue du journaliste. Parfait pour poser en Heiwajima un homme qui fait peur à beaucoup d'autres de par les rumeurs sur sa force qui pourraient presque paraître exagérées... si on n'y assistait pas nous-mêmes. Mais Shizuo, lui, comment vit-il cette force surhumaine qu'il a toujours eue, et ses piques de colère où il ne se contrôle plus ? La suite du volume pourrait bien nous en apprendre davantage sur ce point...
Quant à Anri, le jolie et sérieuse déléguée et camarade de classe de Mikado et Masaomi, elle est présente très rapidement dans ce volume, et aura un rôle crucial tout du long, nous permettant de cerner beaucoup plus le fond et le passé de cette adolescente cachant en elle de profonds tourments. Entre son enfance douloureuse et tout sauf heureuse, une tragédie passée, ses rêves d'une famille nageant dans le bonheur, ou son sentiment de ne pas pouvoir aimer, on découvre une jeune fille attachante, et bien plus complexe et surprenante que peut le laisser penser son apparence sérieuse et discrète.

L'intrigue qui se tisse est aussi maligne que dans le premier volume, dans la mesure où, quand on commence la lecture, il est impossible de savoir ce que va développer Narita, l'auteur commençant par mettre en place plusieurs éléments parallèles avant de les raccrocher ou de les faire s'entrecroiser voire s'entrechoquer, tandis que l'on ressent de plus en plus la menace qui plane sur l'ensemble d'un quartier d'Ikebukuro où le sentiment de sécurité s'estompe et où n'importe qui semble pouvoir être attaqué dans la nuit par le mystérieux agresseur.
Narita gère vraiment bien les choses. Sa narration continue d'offrir de belles variations, entre des phrases parfois très courtes et impactantes, le chapitre du journaliste à la première personne... ou, surtout, tout le travail sur les passages sur le salon de discussion, ces moments revêtant dans ce tome une importance beaucoup plus grande, en se faisant les témoins des événements en ville, voire en étant, par certains aspects, le moyen de résoudre et de mieux comprendre certaines choses.

L'excentricité est toujours autant de mise avec des personnages sortant de l'ordinaire, mais plus que dans le tome 1 ce 2ème volume est dominé par le parfum de danger. Hormis cela, Narita continue avec efficacité son immersion dans Ikebukuro tel qu'il le fantasme et le ressent, et il immisce toujours pas mal de références tout à fait plaisante (et un tome faisant référence à Yotsuba&! est forcément un bon tome).

L'intelligence finale de toute cette affaire occupant le 2ème tome est à cherche dans l'épilogue, qui est en même temps un prologue pour la suite, et qui pose de nouvelles choses très prometteuses qui ont été excellemment préparées au fil du présent opus, à l'image des Turbans Jaune évoqués à plusieurs reprises.

Au final, après un premier tome excellent, ce deuxième volume de DuRaRaRa!! ne déçoit aucunement, Narita continuant de dévoiler des trames et des rapports complexes qui se révèlent, se nouent, s'entrecroisent et s'entrechoquent dans une très belle inventivité.



Critique 1

Ikebukuro continue de voir évoluer en ses lieux différents chemins, que ce soit celui d’Anri aux prises avec un professeur un peu trop insistant, celui de ce journaliste qui cherche à découvrir qui est l’individu le plus balèze du quartier, ou encore Celty qui, à défaut d’avoir retrouvé sa tête, se contente de son quotidien et de son amour pour Shinra. Mais un fait divers précis marque plus fortement l’excentrique quartier et pourrait bien réunir tous ces destins :  différentes agressions à l’arme blanche ont lieu, et tout ceci semble n’avoir rien d’ordinaire…

L’Ikebukuro fictif décortiqué par Ryohgo Narita n’a pas fini de nous proposer moult aventures délirantes et fantastiques, c’est donc sur une nouvelle intrigue que repart Durarara !! après un premier tome qui plantait efficacement le décor de la série, ses concepts, et le style d’écriture particulièrement inventif de l’écrivain. Ce dernier réutilise ainsi le principe du schéma en toile d’araignée pour construire son récit, développement le quotidien de différents personnages pour les rejoindre sur une seule et même intrigue rapidement présentée, mais qui gagne en complexité au fur et à mesure.

Il y a d’abord une part de démesure dans ce second tome dans le sens où l’attrait fantastique de la série prend une toute autre tournure. Si précédemment ce surnaturel était caractérisé avant tout par l’attachante Celty, il devient l’enjeu principal d’une intrigue dont il est impossible de deviner tous les tenants et aboutissants en démarrant notre lecture. Voilà néanmoins qui renforce le charme de l’univers créé par Ryohgo Narita, ce dernier continuant de construire son Ikebukuro fictif en s’appuyant sur des éléments classiques de la fiction japonaise et en y insérant une teneur fantastique qui lui donne clairement une couleur. Cette démesure, elle se poursuit aussi à travers des développements de la part de l’auteur, volontairement tirés par les cheveux, mais qui consolident la mythologie de l’univers de Durarara !!.

Là où ce tome s’avère intéressant, c’est sa mise en avant de personnages trop absents du premier volume. Ainsi, les têtes d’affiche comme Mikado et Izaya sont beaucoup plus effacées dans cette suite, elles laissent plutôt le beau rôle à Anri et Shizuo, deux personnages qu’on prend plaisir à découvrir tant leurs personnalités sont complexes et méritaient qu’on s’y attarde. Ce sont donc leurs chemins croisés que nous suivons, sans compter que les autres personnages clefs de la série ne sont jamais bien loin. Et encore une fois, tous ces destins parviennent à converger vers une seule intrigue, un regroupement des pistes narratives mené d’une main de maître, sans trop laisser de point d’ombre derrière lui, mais cela implique évidemment d’accepter toutes les fantaisies littéraires et scénaristiques d’un écrivain qui ne manque jamais d’inspiration.

Notons l’importance toute particulière de l’épilogue du tome. Avec ce tome deux, un cap est franchi Durarara !!. Comme si l’écrivain avait mis en place un gigantesque échiquier, les factions et les pions sont maintenant posés, et tout s’est fait sous nos yeux sans qu’on y prenne garde. Avec un univers qui laisse un champ des possibilités large à souhait, difficile de contenir notre impatience quant aux tomes à venir.

Le style de Ryohgo Narita évolue donc un peu dans le sens où il associe encore plus l’épopée littéraire et les conversations virtuelles qui sont une vraie part de l’intrigue puisqu’elles en développent les enjeux et amènent même, d’une certaine manière, à une résolution des énigmes. Nous sommes donc loin d’être face à un caprice de nerd de la part de l’auteur, et ce dernier parvient à ancrer avec un certain brio son récit dans la modernité. En parallèle, le travail graphique de Suzuhito Yasuda fait très bien son office et a pour mérite de ne rien dévoiler de l’intrigue pour celui qui feuilletterait l’ouvrage.

Une nouvelle excellente pioche, donc, pour ce deuxième tome de Durarara !! qui confirme que la saga de Ryohgo Narita est une pépite de littérature adolescente nippone, aussi farfelue qu’inventive dans son style et son univers. Autant dire que l’impatience de découvrir la suite est bien là.

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Note de la rédaction






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