Batman & Justice League Vol.1 - Actualité manga

Batman & Justice League Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 06 November 2017

Alors que les Comics traversent une nouvelle crise, les éditeurs, DC et Marvel en tête tentent ce qu'ils peuvent pour relancer cette vieille machine, le plus souvent à grands coups de reboot! Mais on ne reboot pas un personnage tel que Batman qui véhicule avec lui bientôt 80 ans d'histoires! 


Les comics étant fortement ancrés dans la culture US, DC va alors tenter une nouvelle approche et se rapprocher d'auteurs étrangers pour apporter de nouveaux points de vue sur leurs héros, mais également avec une volonté de toucher un nouveau public! 


Pour l'occasion ce n'est nul autre que la très talentueuse Shiori Teshirogi, auteure de Saint Seiya Lost Canvas, d'apporter sa pierre à l'édifice et de proposer sa vision du chevalier noir et de ses camarades super héros! Ce qui est rassurant avec le choix de Shiori Teshirogi c'est qu'outre ses talents de dessinatrice et de narratrice, elle a également su démontrer qu'elle était capable de s'approprier un univers riche et dense qui n'était pas le sien à l'origine pour le transcender et le développer de fort belle manière, sans doute ce que DC attend d'elle, tout comme nous! 


Ce n'est pas sans doute pas un hasard si ce premier tome de "Batman et la Justice League" sort le même jour que le Batman de Enrico Marini, auteur italien de BD (auteur notamment des "Aigles de Rome" et du "Scorpion")! 


Rui Aramiya est un jeune homme dont les parents ont disparu depuis un an, la police s'est montrée incapable de faire la lumière sur cette histoire, il décide donc de partir à leur recherche seul. C'est ainsi qu'il se rend à Gotham, la ville possédant le triste record du plus fort taux de criminalité, une ville où même les policiers sont des truands, une ville où chaque pas peut le mener à la mort! 


A peine arrivé, il se fait attaquer par deux policiers qui tentent de lui extorquer tout ce qu'il possède, mais il sera secouru par Batman, le justicier local, un homme qui inspire la peur chez les criminels. Ce dernier met Rui en garde, lui expliquant que cette ville n'est pas pour lui et qu'il devrait la quitter avant de le regretter, mais le jeune homme est particulièrement déterminé! 


Ses pas vont mener Rui face à Lex Luthor l'un des hommes les plus puissants de la planète, mais qui est aussi un super criminel! De son côté, Batman, ayant déjà fort à faire avec le Joker se voit apporter le soutien de Superman, autre membre de la ligue de justice, et cette aide ne sera pas de trop puisqu'il semble qu'une guerre se prépare! 


La première des questions qu'on est en droit de se poser avec ce titre c'est: est-ce qu'il respecte l'univers et les codes de Batman? A priori oui! On a un Bruce Wayne sombre et hanté par les fantômes du passé, avec ses valeurs et son code; on retrouve Alfred, Gordon, bien évidemment le Joker et très rapidement on s'écarte un peu du cadre de Gotham avec la venue de Superman et de Lex Luthor! De quoi satisfaire les aficionados du chevalier noir et de ses petits camarades! 


Mais justement, le fan le plus tatillon pourrait tiquer sur quelques points (ce qui fut mon cas): A peine se retrouvent ils que le Joker et Batman évoquent la mort de Robin datant d'une année... la série se situerait donc après la mort de Jason Todd, le second Robin et avant l'arrivée de Timothy Drake, le troisième...OK, jusque là tout va bien! Mais la mouture de la Justice league proposée par Teshirogi correspond clairement à celle de l'ère "New 52" où Damian Wayne, le quatrième Robin est déjà présent! En terme de chronologie cela se présente donc assez bancal; sauf si Teshirogi se calque sur l'univers cinématographique de DC... 


Mais tout ceci n'est pas si important, ceux ne connaissant que peu voire pas du tout l'univers de Batman ne remarqueront même pas ce genre de détails! 


Pourtant Teshirogi va partir du principe que les lecteurs connaissent le personnage et son antagoniste puis qu’aucune présentation ne les accompagne, on ne revient pas sur la mort des parents de Bruce, sur son besoin de justice, on ne revient pas non plus sur le Joker ou sur Lex Luthor... Teshirogi ne nous fait pas l'affront de considérer qu'on ne connaît pas ses personnages! 


Le véritable point noir de ce premier opus est celui qu'on pouvait redouter, à savoir cet ethnocentrisme très japonais, voulant que même à Gotham la moitié des personnages soient Japonais! Ok Teshirogi intègre un jeune héros japonais à la recherche de ses parents, soit! Mais pourquoi en faire un ninja? Dans quel genre de cliché ridicule doit-on tomber dès les premières pages? Pourquoi faut-il affubler le Joker d'un "associé" samouraï? Pourquoi le destin du monde doit-il reposer sur un jeune Japonais? 


Certes la volonté est sans doute pour DC de s'ouvrir les portes du marché japonais, mais Marini n'a pas eu besoin de faire de la moitié de ses personnages des Italiens pour créer son histoire de Batman! 


Le plus grand intérêt de la présence de Rui c'est le parallèle qui est en fait entre lui et Bruce Wayne, tous deux ayant perdu leurs parents, tous deux en quête de justice, mais avec des visions de cette même justice, sur les méthodes à employer très différentes! A ce stade il est difficile de savoir si l'auteure va développer davantage cet aspect, mais on peut lui faire confiance en ce qui concerne le traitement de ses personnages comme elle nous l'a déjà démontré! 


Pour l'heure ils correspondent tous aux personnages bien connus de l'univers DC, non seulement on les reconnaît sans mal des leurs premières apparitions, sans même que leurs noms ne soient évoqués nous savons que nous avons à faire à Alfred, au Joker ou encore Lex Luthor. Leurs personnalités correspondent également à celles qu'on trouve dans les comics et c'est bien évidemment une bonne chose! 


Mais pour s'approprier véritablement cette histoire, il fallait que Teshirogi y implante sa patte, autre que graphique: elle ajoute un nouveau concept, celui des Ley Lines, des lignes d'énergie qui parcourent la Terre, pouvant apporter le salut comme la malheur, et ce sont ces mêmes Ley Lines que veulent contrôler Lex Luthor et le Joker! Et la famille de Rui est fortement liée à tout ceci...une histoire de légende japonaise bien évidemment! 


L'avantage avec Batman c'est qu'on peut créer des histoires très terre à terre, réalistes type polar noir, mais on peut aussi y intégrer toute la dose de fantastique qu'on veut, la Justice League étant là en grande partie pour cela! 


Le trait de Teshirogi se veut toujours aussi efficace, elle maîtrise toujours autant sa mise en page et parvient à donner un réel charisme à ses personnages, on devine même quelques restes de Saint Seiya quand on regarde les pièces d'armure de certains personnages, comme les bottes de Superman ou le costume du nouveau venu en fin de tome! Son trait reste précis et efficace, ses pages sont toujours aussi belles, mais surtout lisibles! Le seul reproche qu'on pourrait lui reprocher c'est le visage de Superman qui semble avoir quinze ans! 


On a donc un premier tome plus qu'efficace, particulièrement séduisant et titillant notre curiosité, s'adressant autant aux néophytes du chevalier noir qu'aux amateurs, à condition de ne pas être trop pointilleux! Il ne reste plus qu'à souhaiter à ce titre la même durée de vie et la même excellence que le précédent titre de l'auteur! 


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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