High Score Girl - Actualité anime

High Score Girl

Review de l'anime : High Score Girl

Publiée le Mercredi, 22 April 2020

Rensuke Oshikiri est un mangaka prolifique, mais que nous avons découvert que très récemment en France, les parutions de l'auteur chez nous ayant été initiées par Omaké Manga avec Bip-Bip Boy, un récent fortement autobiographique, narrant la jeunesse du mangaka dans sa passion vidéoludique. Un choix loin d'être anodin car bien qu'Oshikiri soit très réputé pour ses récits horrifiques, il est un éternel gamer, mais aussi un ancien enfant qui a largement arpenté les salles d'arcade.


En 2010, il lance aux éditions Square Enix Hi Score Girl, récit cette fois fictif où l'arcane se même à la comédie sentimentale. La série totalise 10 volumes, publiés non sans heurt puisque SNK Playmore lança des actions contre l'éditeur pour avoir ouvertement montré des visuels de jeux comme The King of Fighters ou Samurai Shodown au sein du manga. Un événement qui affecta grandement le mangaka mais qui ne l'empêcha pas de mener son œuvre jusqu'au bout, Hi Score Girl, le 10e et dernier volume étant paru début 2019 au Japon. Fort heureusement, les litiges entre Square Enix et SNK Playmore trouvèrent une issue favorable, mais nous aurons l'occasion d'en reparler ultérieurement, dans un dossier consacré à l'ensemble.



Le manga se faisait remarquer, une adaptation animée est mise en chantier. La première saison est diffusée entre juillet et septembre 2018 au Japon. Le studio J.C.Staff est à la production, tandis que la réalisation est confiée à Yoshiki Yamakawa, tandis que Tatsuhiko Urahata a la tache d'adapter le scénario pour la version animée. Un nom intéressant à la composition musicale, celui de Yoko Shimomura, une musicienne plus habituée aux jeux-vidéo, puisqu'elle participa à la composition des bandes originales de plusieurs jeux Square / Square Enix, dont Parasite Eve, Final Fantasy XV, la saga Kingdom Hearts, mais aussi un certain Street Fighter II. Un CV aussi riche que cohérent, étant donné l'entreprise de la série.


Chez nous, c'est sur Netflix que la série a débarqué. Il conviendra de noter que si la première saison est composée de 15 épisodes sur la plateforme, seuls les 12 premiers forment la véritable « saison 1 » de l'anime. En effet, les épisodes 13 à 15 forment une série de trois OVA intitulés Extra Stage. Enfin, si c'est par l'intitulé Hi Score Girl qu'on connait surtout l’œuvre, Netflix opta pour le titre High Score Girl. Même sonorité mais écritures différentes, aussi nous opterons pour ce second choix afin de faire correspondre notre chronique à l'appellation de l'anime telle qu'elle est dans nos contrées.



Une histoire d'amour et de joysticks


En 1991, le jeune Haruo est un écolier qui se fiche complètement de ses études, et qui ne voue son existence qu'à une seule chose : les jeux-vidéo. Sa vie est façonnée par les consoles, les pads et les bornes d'arcade, et il multiplie ses expériences vidéoludiques le mieux possible. Pourtant, un titre reste roi dans son cœur, Street Fighter II, où il joue le personnage de Guile et règne sur la salle d'arcade... jusqu'au jour où une rivale de taille s'impose face à lui. Élève de sa classe, Akira Ono est une fille de bonne famille, très peu bavarde, et qui fait preuve d'un talent hors du commun, jusqu'à écraser le pauvre Haruo. Un cauchemar pour le jeune homme qui va connaître une véritable rivalité vidéoludique avec cette « petite peste » dont il finira par se rapprocher...



Amour et Arcade font bon ménage


Si on devait résumer en une accroche High Score Girl, ça serait de la manière suivante : Un triangle amoureux qui ne se déroulent pas essentiellement dans un milieu scolaire (bien que celui-ci soit présent), mais davantage dans des salles d'arcade. Car l'aventure de Haruo est baignée des œuvres vidéoludiques des années 90, celles qu'on trouvait sur consoles bien entendu, mais surtout les titres d'arcade. Car la vie du jeune homme est une véritable compétition, et les études n'ont rien à voir avec cela. Tout tourne autour du jeu-vidéo pour le jeune homme qui connait beaucoup plus les combos et tactiques de jeux de versus fight plus que ses leçons d'école.


C'est dans ce contexte que le garçon va vivre un quotidien de plus en plus tourmenté aux côtés d'Akira Ono, une demoiselle de bonne famille si discrète qu'elle en est presque muette et qui excelle sur les bornes, et Koharu Hidaka, une fille plus ordinaire dont le père tient une supérette garnie d'une borne, qui sera de plus en plus fascinée par la passion du protagoniste. Trois personnages principaux pour un triangle qui s'étoffera au fil de ces 12 épisodes, et un concept qui assurera une chose tout le long : High Score Girl n'est pas une comédie sentimentale déjà vue.



Car outre le fait que nos personnages sortent des sentiers battus, tous parviendront à nous toucher par leurs sensibilités respectives, et les relations qui se noueront entre eux. Par son pitch, la série est volontairement très, très drôle même, ce grâce à une excentricité digne de l'effervescence des salles d'arcade. Alors on rit d'Ono qui malmène ce pauvre Haruo, ainsi que du jeune homme toujours à côté de la plaque quand il s'agit de relations humaines, mais on s’émeut tout autant, à des moments propices et charnières de cette première saison. Car dans son récit initial, Rensuke Oshikiri sait parfaitement minimiser la face délirante de son œuvre pour présenter la sincérité de ses personnages et étoffer le triangle, via des scènes plus intimistes et touchantes, qui mettraient presque la larme à l’œil. Dans son cocktail, High Score Girl est l'anime feel-good par excellence : Il ne faut pas chercher un scénario à sensation et des enjeux grandiloquents, y compris de l'ordre du drame romantique, mais apprécier cette tranche de vie comique et sentimentale comme elle se présente.



Chronique rétrogaming des années 90


L'autre charme indéniable de l’œuvre vient de son thème central, celui des jeux-vidéos des années 90. Une vaste période de la culture vidéoludique sur laquelle on pourrait s'étendre longuement, mais là n'est pas le sujet. Un choix non anodin car cet âge d'or, l'auteur de l’œuvre originale l'a connu, et on apprécie que J.C.Staff ait poussé jusqu'au bout l'effort de rendre l'imagerie de cette génération. Ainsi, bon nombre d'épisodes sont bâtis autour d'images des jeux concernés, avec en vedette Street Fighter II. La série joue volontiers de ce lien en y apportant une dose d'humour, aussi on s'amusera du personnage de Guile de Street II qui devient le confident imaginaire de Haruo.


Alors, de nombreuses parties sont montrées, et bien des titres sont évoqués. D'une certaine manière, cette première saison est de l'ordre du fan-service, puisque les joueurs qui ont été bercés par ces softs, profiteront d'un plaisir de visionnage décuplé. Mais outre la volonté de bercer le gamer des années 90 dans le sens du poil, c'est tout un hommage à une génération qui est fait au sein de cette série. A l'heure où on reprend les ambiances rétro dans différentes œuvres audiovisuelles pour mousser le spectateur, High Score Girl a un parti-pris autre : Celui d'un hommage d'une part, et la volonté d'un auteur de puiser dans ses sensations d'époque pour nourrir une véritable histoire. High Score Girl devient alors touchant d'une part pour son intrigue et ses personnages terriblement attachants, mais aussi mais cette sincérité de ton puisque rien ne paraît jamais forcé au sein de la série, ni dans ses références.



Un casting français de qualité


Diffusée sur Netflix, la série profite d'un doublage français, permettant à High Score Girl de s'adresser au plus grand nombre. En vedette, on retrouve Aurélien Ringelheim, un comédien belge que beaucoup reconnaîtront à sa voix qui est aussi celle de Sacha Ketchum dans la série animée Pokémon. Un constat d'abord déstabilisant pour celles et ceux qui ont passé des heures devant le dessin-animé des monstres de poche, mais avec lequel on se familiarise. Il faut dire qu'Aurélien Ringelheim adopte un caractère différent, facétieux, enjoué et un peu cynique, tout comme l'est Haruo. Sa prestation donne une vraie vie au personnage, et il fallait bien ça pour le protagoniste d'une œuvre si haute en couleur.


A côté de lui, ses collègues ne se démontent pas pour autant. Cécile Gatto rend une Akira Ono particulièrement touchante, et ce grâce à seulement quelques grognements, gémissements et autres expressions vocales qui ne sont jamais de l'ordre du dialogue. Karl-Line Heller, elle, campe une Hidaka toujours touchante de sincérité, une rivale amoureuse jamais stéréotypée, à laquelle la comédienne lui rend bien.


Finalement, le seul bémol viendra d'un casting très limité en terme de nombre d'acteurs, donnant au doublage français de High Schore Girl un défaut très présent dans l'animation japonaise : cette limite se ressent, puisque de nombreux personnages secondaires sont doublés par les mêmes comédiens. Le soucis n'est pas les prestations, chacun étant très bon dans son rôle, mais d'un petit manque de variété du côté des voix présentes. Un défaut qu'on ne peut imputer aux acteurs, bien évidemment.



Round 2 en approche !


A l'issue de ces douze épisodes, il est difficile (pour ne pas dire impossible) de ne pas en redemander. D'une part parce que l'épisode 12 se termine pour un twist prenant (qui correspond à la conclusion du volume quatre du manga), mais aussi parce qu'on ne veut pas quitter la série, ses personnages et son ambiance, aussi rapidement. Fort heureusement, la suite est déjà disponible sur Netflix. Comme dit plus haut, les épisodes 13 à 15, inclus dans la saison 1 par Netflix, correspondent aux OVA Extra Stage, qui sont eux-même suivis d'une saison 2. Autant dire qu'on remet sans broncher une pièce dans la machine, et qu'on a hâte que la nouvelle partie commence !


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

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MN Actus
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