Chronique animation - DanMachi: Arrow of the Orion- Actus manga
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Dvd Chronique animation - DanMachi: Arrow of the Orion


Vendredi, 14 June 2019

Adaptation du très bon light novel de Fujino Omori (en cours de parution en France aux éditions Ofelbe), l'anime DanMachi, produit en 2015, avait facilement su séduire nombre de spectateurs malgré une intrigue un peu rushée, grâce notamment à un univers très vivant et immersif ainsi qu'à une palette de personnages plutôt savoureuse. Depuis, cette première saison a rejoint le catalogue de Wakanim, est sortie en DVD & Blu-ray chez Black Box... mais l'arrivée d'une deuxième saison se faisait cruellement attendre. Finalement annoncée en février 2018, cette saison 2 tant attendue arrivera le mois prochain au Japon, mais également en France via Wakanim qui a déjà annoncé sa diffusion en simulcast. Mais à l'époque, l'annonce de cette saison 2 fut accompagné par celle d'un film original, c'est-à-dire un long métrage proposant une histoire inédite imaginée par Fujino Omori lui-même pour l'occasion. Un film ayant gardé l'essentiel du staff principal de la saison 1, avec notamment J.C. Staff à la production (avec la collaboration de Warner), Keiji Inai aux musiques et Shigeki Kimoto au character design d'après le travail original de Suzuhito Yasuda sur le light novel, mais où l'on note toutefois quelques légères différences. Ainsi, Yasuhiro Okumura est ici directeur artistique, après avoir occupé la fonction de directeur artistique assistant sur la saison 1. Quant à la réalisation du film, elle a été confiée à Katsutoshi Sakurabi, qui avait réalisé quelques épisodes de la saison 1 (notamment le 13e). Un staff connaissant donc déjà bien DanMachi, et sans doute est-ce ce qu'il fallait.
  
  

Finalement sorti dans les salles de cinéma japonaises le 15 janvier dernier, DanMachi: Arrow of the Orion a sans aucun doute pour première tâche de susciter l'attente des fans avant l'arrivée imminente de la saison 2, d'autant plus que son intrigue, au vu de la manière dont est composée l''équipe de Bell, se déroule juste après la fin de la saison 1, et avant les événements du light novel qui occuperont la saison 2. A ce titre, il était  également logique que le long métrage arrive en France, par un moyen ou un autre, avant le début de la saison 2, chose que Wakanim s'est appliqué à faire en proposant quelques avant-premières dans des cinémas de certaines villes de France en ce début de mois de juin. C'est à cette occasion que nous avons pu découvrir le long-métrage.
  
  

Dans Arrow of the Orion, Bell et Hestia sont désormais accompagnés par Lili et Welf, sans que ceux-ci fassent encore entièrement partie de leur familia, ce qui correspond bien à la fin de la saison 1 (et à la fin du tome 5 du light novel, puisque c'est là que s'arrêtait la première saison). Notre jeune héros continue de vaquer à ses occupations, entre l'exploration du donjon, les comptes-rendus à la Guilde, les bento préparés par Syr... mais la ville d'Orario est un peu plus animée que d'habitude, car le festival lunaire arrive ! Mais celui-ci sera-t-il aussi beau et agréable que prévu ? En participant à une activité de rue organisée par Hermès et où il faut retirer une lance magique, la Lance d'Orion, coincée dans un sol, Bell a la surprise de se voir réussir l'épreuve, là où tout le monde, même Aiz Wallenstein, a échoué. Forcément, le jeune garçon fait la fierté d'Hestia... avant que celle-ci ne pique une crise de jalousie en voyant une inconnue aux cheveux bleus se précipiter dans les bras de notre héros ! Elle s'appelle Artémis, est elle-même une déesse, et elle n'est pas là par hasard: c'est elle qui, avec la complicité d'Hermès, a imposé l'épreuve de la lance, afin de déterminé qu'elle être "élu" pourra l'aider dans une importante quête: aller éliminer, loin d'Orario, dans des ruines souterraines, Antarès, une terrible et surpuissante créature s'apprêtant à abattre son courroux sur Orario, voire sur le monde, grâce à une puissance lunaire. Autant dire que la situation urge, car les festival lunaire serait l'occasion idéale pour provoquer ce chaos. Bell, Artémis, Hestia, Hermès, Lili et Welf se mettent donc en route, tous ensemble, pour cette quête où ils retrouveront aussi Ryu. Mais peu à peu, des doutes s'installent: Artémis ne leur a sans doute pas tout dit du drame à venir...
  
     

A l'instar, par exemple, d'un Sword Art Online: Ordinal Scale, DanMachi: Arrow of the Orion fait partie de ses films originaux qui ont pour tâche relativement ardue de combler un vide ou une attente entre deux saisons d'un anime adaptant une oeuvre déjà existante (ici, un light novel). En conséquence, tout l'enjeu de ce genre de film est de parvenir à proposer une histoire se suffisant à elle-même, car ses événements ne sont pas canoniques par rapport au light novel ou à la série animée. Et on sait donc très bien que pour ce genre de métrage, l'équipe doit parvenir à créer des personnages inédits pour susciter l'intérêt, tout en sachant qu'il n'apparaîtront plus plus tard, sinon ce serait trahir l'histoire du light novel. Ordinal Scale avait notamment l'idole virtuelle Yuna, et Arrow of the Orion a Artémis, ici divinité de la vertu et rejetant l'amour, faisant évidemment référence à la déesse éponyme de la mythologie grecque (à l'instar de toutes les divinités de Danmachi, qui se référencent toutes à un dieu ou une déesse d'une religion ayant existé). Le scénario imaginé par Omori joue d'ailleurs volontiers sur certaines légendes liées à la déesse grecque, comme les punitions qu'elle inflige si on la voit nue (ce qui, forcément, donnera quelques gags dans le film, Hermès en sait quelque chose), ou tout simplement les références à Orion et Antarès. Artémis, en tant que personnage inédit, est assurément la figure qui fait l'essentiel du sel de ce film, que ce soit pour sa personnalité assez convaincante ou pour son histoire, que l'on apprécie de découvrir petit à petit: son amitié passée avec Hestia, le bonheur qu'elles ont toutes les deux de se retrouver même si Hestia sent bien qu'Artémis n'est plus du tout comme avant et qu'elle cache des choses, le drame qui s'abat sur elle, le charme qu'elle dégage facilement (notamment lors d'une belle petite scène de danse avec Bell, dans l'eau, la nuit)... La divinité, en un film, parvient assez facilement à être plutôt attachante et intéressante, et l'aura de mystère qu'elle dégage pendant un long moment fait son effet, d'autant qu'elle sera évidemment la clé de beaucoup de choses dans l'intrigue. Bien sûr, étant donné qu'on a conscience qu'Artémis est le "personnage d'un film", comprendre par là qu'elle ne réapparaîtra pas dans la série, on se doute facilement de comment toute cette aventure va s'achever, mais malgré l'absence de surprise le long métrage parvient à être touchant et émouvant dans sa portée tragique. Bell, qui a naïvement promis de toujours protéger les filles, pourra-t-il faire quelque chose cette fois-ci ? Y a-t-il la moindre possibilité de sauver Artémis, de quelque manière que ce soit ? La réponse est assez belle, mais se fera forcément dans les larmes.
  
  

Pour le reste, en dehors du cas d'Artémis, Arrow of the Orion suit un déroulement on ne peut plus classique, avec cette aventure indépendante qui consiste grosso modo à se rendre hors d'Orario en équipe pour zigouiller une grosse bébête très méchante avant qu'elle ne détruise tout. Très standard, mais ça n'empêche pas le récit de faire son job de divertissement, en sachant profiter des relations entre les personnages pour toujours dynamiser le déroulement. On pense notamment à certains moments d'entraide, de découverte ou d'intimité, et plus encore à une dosse assez importante d'humour, qui passe essentiellement par les excellentes piques de jalousie d'Hestia, ses petites rixes avec Lili (qui n'est pas mal non plus côté jalousie), ou les bouffonneries d'un Hermès en grande forme. Sans oublier la beauté des demoiselles de DanMachi, que l'équipe se fait un plaisir de souligner à quelques égards.

Reste néanmoins un gros problème dans tout ceci: l'ampleur de ce qui se joue dans ce film. il est tout de même question d'un monstre surpuissant qui s'apprête à raser Orario et pas seulement, rien que ça. Il est alors difficile de se dire que dès la saison 2 (si celle-ci suit scrupuleusement le light novel) on n'entendra plus jamais parler de cette affaire de grande ampleur, et que ça n'aura probablement même pas une influence sur l'évolution de Bell...
  
  

Enfin, sur le plan technique, le film s'en sort très bien dans l'ensemble. Même si l'on aurait pu attendre un peu plus au niveau des quelques combats qui sont finalement brefs, ceux-ci sont bien animés, et Antarès tout comme les autres monstres bénéficient d'un design assez soigné, imposant et effrayant. Les designs sont constants, le rythme et la narration sont toujours bien servis, c'est expressif et coloré... En somme, pour un long-métrage de ce genre, c'est très fonctionnel et soigné.

Au bout du compte, DanMachi: Arrow of the Orion est globalement un film aussi classique qu'il est efficace, si tant est que l'on aime déjà l'univers de Danmachi bien sûr. En attendant l'arrivée imminente de la saison 2 qui devrait notamment adapter l'un des arcs les plus intenses du light novel, il s'agit, entre deux saisons, d'une bonne petite friandise attisant facilement notre attente.
  
L'avis du chroniqueur
Koiwai

Vendredi, 14 June 2019
14 20




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