Chronique - Hokuto no ken - Film 3 - La légende de Kenshiro- Actus manga
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Dvd Chronique - Hokuto no ken - Film 3 - La légende de Kenshiro


Mardi, 13 May 2014 à 15h45

Après le film 1 L'ère de Raoh et le film 2 L'héritier du Hokuto, Takato décortique cette fois-ci le film 3 de Hokuto no Ken : La légende de Kenshiro.




A l’occasion des 25 ans de Hokuto no Ken, le chef d’œuvre nekketsu signé Buronson et Tetsuo Hara, un gigantesque plan anime composé d’une trilogie cinématographique et de deux OAV fut mis en chantier. Les deux premiers films furent des réécritures des arcs Souther et Raoh, bénéficiant ainsi de technologies plus modernes, mais jouissant par la même occasion de séquences et personnages inédits qui donnaient une vision différente de ces deux cycles majeurs de la série. Pour ce troisième et dernier volet de la trilogie, l’approche est nettement différente. Il ne s’agit plus ici d’interpréter la suite du manga, mais bien de lui apporter quelque chose d’inédit : une introduction. Plus qu’un film 3, « La légende de Kenshirô » s’impose comme un épisode zéro de l’épopée du sauveur de l’humanité.



Le film démarre toutefois après la mort de Raoh. Kenshirô et Julia ont pu se retrouver et malgré la santé dégradante de cette dernière, tous deux ont juré de s’aimer éternellement, devant Dieu, sous le regard de leurs défunts camarades qui les observent depuis les cieux. Pour Julia, la légende de Kenshirô restera éternelle… Nous voici donc plusieurs mois plus tôt, alors que Kenshirô venait d’être lâchement vaincu par Shin qui lui déroba Julia. Agonisant, notre héros parvint à se défaire d’une meute de loups sauvages malgré son état, avant de s’évanouir. Une famille, soudée et tentant d’échapper à ce monde de désolation, trouve le colosse et tente de le sauver, jusqu’à ce qu’un marchand d’esclaves nommé Guruma emmène de force ce petit monde dans l’espoir de faire fortune. Kenshirô ne le sait pas encore, mais cette aventure va l’amener à caresser son destin, celui de sauveur de l’humanité…



Voilà donc un épisode qui ne pouvait que ravir les fans : raconter l’aventure qui poussa Ken à devenir le sauveur de l’humanité et à combattre l’injustice. Après une introduction émouvante à souhait s’ancrant après la victoire face à Raoh, nous plongeons dans le passé, à la rencontre d’un Kenshirô très différent de celui qui nous est présenté dès le premier tome du manga.
Voici le premier challenge de ce long métrage et le plus important : proposer une écriture cohérente et touchante du héros, montrer la manière dont il est devenu un sauveur parcourant le monde pour sauver la veuve et l’orphelin. Et ce de côté, ce film fait très fort, honorant le personnage et l’œuvre dans sa totalité. Nous faisons d’abord la connaissance d’un Kenshirô, puissant, héritier légitime du Hokuto Shinken, mais ne se doutant pas des bienfaits qu’il pourrait accomplir. Ce sont bien ses rencontres qui le guideront, un vieillard aussi sage que mystérieux, ou encore une famille victime du désespoir, tant de compagnons qui permettront à Ken de devenir le guerrier de la justice que nous connaissons. Le film, bien que peu long, rythme parfaitement cette évolution car insiste longuement sur ce Ken hésitant avant de le pousser à l’acte, de manière symbolique et épique, l’éveil de Kenshirô se faisant sur la reprise de « Ai wo Torimodose » entendu dans le premier volet de la trilogie. Le film permet ainsi de découvrir plus en profondeur le personnage de Kenshirô, à travers des instants mémorables, intenses, mais aussi tragique.



Pour ceux qui se lancent dans Hokuto no Ken par cette trilogie, la déception est de ne pas découvrir d’antagonistes aussi charismatiques que le furent Souther et Raoh. A la place, le film, de manière logique, met en scène des brutes dignes des premiers arcs de la série, à savoir des pourritures sous forme de mastodonte, prêt à réduire en esclavage des populations pour leur propre gloire, épaulé par des armées d’hommes de main. Globalement, on reste dans l’esthétique de Tetsuo Hara, malgré quelques guerriers d’élite au chara-design étrange, renvoyant plus aux chevaliers de l’arc Hadès de Saint Seiya. Notons aussi que si la plupart des « vilains » sont de viles pourritures peu développées, certains d’entre eux créent la surprise, notamment l’ennemi directement relié à l’intrigue du Nantô qui s’affiche durant la seconde partie du film, ou encore Guruma qui aura aussi droit à sa petite heure de gloire.
Et à côté des adversaires au design souvent grotesque figure la famille alliée à Ken, très représentative des braves innocents emplis d’humanité que notre héros cherchera à aider tout le long du film. Peu développé et classique dans l’œuvre, ces personnages s’avèrent néanmoins touchant, une touche propre à la série et qui fait toujours son effet dans ce monde brutal et de désarroi.



Le film n’est pas bien long, assez rythmé, et présence une évolution cohérente du personnage de Ken et ponctuée d’instants touchants, parfois dramatiques. Pourtant, le métrage a ses défauts, notamment des combats qui manquent de panache, et notamment un duel final trop vite expédié et manquant d’intensité. Les adversaires ont beau être bien moins forts que Souther ou Raoh, prolonger un peu le duel pour faire monter la tension aurait été appréciable. Ainsi, la chute qui clôt le final est prévisible à des kilomètres, un inconvénient comme un avantage au final puisque le spectateur redoute des minutes à l’avance la tragédie qui conclura le long métrage, un drame qui ne pourra être évité et scellera définitivement le destin de Kenshirô.



« La légende de Kenshirô » est aussi beau que ces prédécesseurs, mais n’a pas profité d’une animation d’aussi grande qualité. Peut-être est-ce à cause du manque de combats dantesques qui n’ont pas donné aux studios North Star Pictures de montrer une troisième fois toute l’étendue de leurs talents. Ne boudons toutefois pas notre plaisir, le film est un immense plaisir visuel, renforcé par la netteté du format HD du blu-ray.
On apprécie aussi la bande originale magnifique de Yuki Kajiura, proposant des thèmes intenses et émouvants. On retrouve avec joie la reprise de « Aoi wo Torimodose », premier opening de l’anime et sans doute le plus mythique, accompagné d’une jolie composition inédite du groupe Garnet Crow (que nous avons notamment entendu sur Détective Conan et MÄR) en guise de générique de fin. Une très belle chanson qui conclut une bien émouvante introduction !



Encore une fois, Kazé nous propose une édition classique mais de bonne facture. Le disque accueil le film, proposé en VOSTFR comme en VF, et bénéficie une nouvelle fois d’un doublage de qualité, notamment grâce à un Frédéric Souterelle qui campe vocalement un Kenshirô émouvant au possible. En revanche, le gros point faible de ce blu-ray est, comme pour les trois films précédents, son absence totale de bonus. A 25 euros une édition aussi avare en suppléments, les curieux auront mieux fait de se ruer vers le coffret regroupant les trois films.



Ce troisième film de la récente saga animée cinématographique Hokuto no Ken est différent des autres. Il ne s’agit plus de réécrire un passage du manga mais bien de proposer une ouverture inédite à la saga. Demeure alors une conclusion superbe, bouclant la boucle en donnant les origines du personnage de Kenshirô. Si le film n’est pas exempt de défauts et peut-être un poil court, il n’en est pas moins très réussi et saura combler les afficionados de la saga de Buronson et Tetsuo Hara. Et pour ceux qui débuteraient le titre par ces trois films… l’aventure ne fait que commencer !




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