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Jeux Video Test - Puppeteer


Lundi, 20 January 2014 à 11h30

On commence la semaine avec le test par RogueAerith de Puppeteer, une bonne surprise sortie il y a quelques mois sur PlayStation 3.




Sorti en septembre 2013 partout dans le monde exclusivement sur Playstation 3, « Puppeteer » a très tôt suscité l'attente des joueurs, notamment grâce à sa patte graphique inimitable. Jeu de plates-formes se jouant sur un modèle 2D, son ambiance à la Tim Burton, mêlée à une petite touche Vanilla ware (le développeur de « Odin sphere » et de « Dragon's crown ») pour son aspect très coloré, et sa narration théâtrale, attirait l'oeil. Mais il y a attente, et achat... Sorti dans une période commercialement très difficile, face aux très gros jeux de fin d'année, notamment le colosse « GTA5 », et ne bénéficiant pas d'un soutien marketing « Puppeteer » a montré que Sony n'avait pas appris de ses erreurs passées. Le capitaine Haddock dirait : « catastrophe, cataclysme, calamité ! ». Comme « ICO » ou « Shadow of the colossus » avant lui, Sony Japan a lancé « Puppeteer », véritable pépite, sans jeu de mots, dans le grand bain face à une concurrence diabolique. Comment exister deux semaines après « Rayman Legends » et sept jours avant « GTA5 » ? Et bien « Puppeteer » n'a pas existé : échec commercial d'après les premiers chiffres, ce petit bijou a pourtant tout pour lui. Et il n'est pas trop tard pour se faire plaisir à moindre prix avec les étrennes !

« Puppeteer », c'est avant tout une histoire qui pourrait directement être tirée d'un conte pour enfants. A ce titre, si l'influence nippone se fait parfois sentir, le jeu réussit un syncrétisme entre ambiances occidentale et orientale pour notre plus grand plaisir. Le joueur incarne Kutaro, la dernière victime du Roi-Ours, une peluche qui s'est rebellée contre sa maîtresse la Déesse de la Lune, pour devenir un tyran maléfique. Le Roi-Ours se plaît à transformer les enfants en pantins de bois en leur coupant la tête... ce qui est arrivé à Kutaro. Attention, pas de violence crue ici, aucune goutte de sang ne sera versée. S'il y a bien quelques passages où le Roi-Ours se montrera violent envers ses généraux, le jeu a la particularité de s'adresser aux enfants aussi bien qu'aux adultes...même si, on y reviendra, cette volonté de toucher deux publics n'est pas une complète réussite.




Le rôle de Kutaro, et le vôtre par la même occasion ? Récolter tous les fragments de Pierre de Lune distribués aux généraux du Roi-Ours (prenant l'apparence des 12 animaux du zodiaque chinois). Pour ce faire, vous devrez traverser différents environnements et vous aider de Calibrus, une paire de ciseaux magiques vous permettant de trancher tout ce qui peut l'être. Il faudra aussi prendre garde à trouver des têtes pour remplacer la vôtre, disséminées un peu partout dans les niveaux, et parfois bien cachées ! Vous aurez trois têtes potentiellement équipables, une nouvelle tête trouvée remplaçant celle équipée, qui disparaîtra de facto ou viendra combler un emplacement vide parmi les trois disponibles. Chaque heurt, chaque chute, entraînera la perte d'une tête, que vous pourrez parfois retrouver dans un temps imparti (quelques secondes). Plus de têtes, game over. Heureusement, Kutaro a plusieurs vies, cumulables en récoltant 100 mini-fragments de Pierre de Lune, dans la pure tradition des étoiles de Mario ou des anneaux de Sonic.

L'une des spécificités de « Puppeteer » est de se dérouler à la façon d'une véritable pièce de théâtre : les péripéties du pantin de bois susciteront applaudissements, rires, et autres réactions, enregistrés en play-back. Et des séquences pour faire évoluer le scénario verront l'apparition de rideaux de théâtre à l'écran. A ce titre, notons que ces séquences cinématiques sont nombreuses, et que, de façon générale, même en-dehors de celles-ci « Puppeteer » est un jeu très bavard, assumant à 100% la narration d'un conte sur la longueur (plus de 12 heures de jeu), prenant son temps, faisant souvent discuter ses personnages (même si Kutaro restera muet du début à la fin). Pour servir ce choix, un narrateur commente l'action en voix off. Si les dialogues entre les personnages se destineront essentiellement aux enfants, les embardées lyriques de ce narrateur volontairement un peu barré seront beaucoup plus orientées pour les adultes. Lors de digressions improbables, le narrateur se met à nous parler de tout et n'importe quoi, faisant écho à des thèmes politiques ou sociétaux, le décalage entre ce qui est raconté et ce qui se passe effectivement à l'écran provoquant l'hilarité générale ! Vraiment une excellente idée ! Cette qualité de narration est renforcée par les doublages français absolument excellents, et l'une des meilleures bande-son de l'année dans un jeu vidéo, puisque signée par le compositeur Patrick Doyle (Thor, Eragon, Harry Potter et la coupe de feu, Rebelle). Lorsqu'on voit que Sony Japan a mis les moyens pour rendre l'expérience formidable, on est d'autant plus estomaqués devant l'absence d'une campagne marketing et l'extrême faiblesse des ventes.




Et « Puppeteer » ne s'arrête pas là. Comment, en effet, ne pas mentionner sa patte esthétique grandiose, mais surtout, unique ! Oui, « Puppeteer » est l'un des plus beaux jeux de l'année 2013 ! Nul doute que les screenshots présents sur cette page de test ne pourront que vous convaincre de faire quelques recherches. Chaque acte (il y en a 21) propose un environnement différent. D'une part, « Puppeteer » s'approprie quelques classiques pour mieux les réinventer et en revoir les codes (le monde enneigé, le château hanté, l'espace). D'autre part, le jeu se permet des fantaisies qui ne peuvent que séduire n'importe quel amoureux de jeux de plate-forme : le far-west, le carnaval mexicain, un cimetière, un navire pirate en plein combat, une forêt nippone rappelant « Muramasa »... C'est coloré, vivant, extrêmement bien animé. Il n'y a qu'à voir l'animation des différents boss pour en être convaincu : comment avec les nouveaux « Rayman », « Puppeteer » montre que la frontière entre jeux vidéo et dessins animés est révolue depuis belle lurette, puisque les premiers sont désormais bien mieux animés, beaux et impressionnants que les seconds ! En termes de référence graphique pour les jeux de plate-formes, « Puppeteer » forme un duo tout beau, tout frais, avec « Rayman Legends », loin devant les récents « Mario »...
Problème, car oui, le jeu n'est pas parfait, « Puppeteer » reste en deçà niveau gameplay.

Le système de têtes est effectivement très limité et mal pensé. Une centaine sont déblocables en fouillant dans les niveaux, à l'aide du stick droit avec lequel vous pouvez diriger un deuxième personnage (le très amusant chat Yin-Yang au début du jeu, puis la petite peste Pikarina) pour interagir avec le décor. Cependant, il est souvent très difficile, en solo, de contrôler Kutaro et de suivre l'action, en même temps que de déclencher des mécanismes dans les environnements avec le second personnage pour libérer des têtes. Pour pouvoir vraiment profiter des interactions, rien de mieux que convier un deuxième joueur qui se chargera de se balader dans le décor pendant que vous êtes aux affaires courantes...ce qui suppose d'échanger les manettes de temps en temps, sans quoi votre acolyte pourrait rapidement s'ennuyer. Autre limite de ce système de têtes, et la plus dommageable : fondamentalement, changer de tête ne sert pas à grand chose. Chaque tête ne comporte ni pouvoirs, ni compétence spéciale. Tout juste Kutaro se livrera-t-il à une petite danse ou à de petites mimiques spécifiques pour chacune d'elle. Le principal intérêt des têtes, outre le fait qu'elle constitue les points de vie du héros, est de pouvoir accéder à des bonus ou à des niveaux secrets au cours d'un acte. Mais là encore, le système a été mal conçu. Lorsqu'une tête est demandée au cours d'un acte, impossible d'avoir accès à une liste ou un inventaire des têtes récoltées. Si vous n'avez pas la « gueule de l'emploi », autrement dit si vous n'avez pas la tête demandée parmi vos trois équipées, il faudra noter l'emplacement du secret et rejouer le niveau ultérieurement en prenant bien garde à vous équiper des bonnes têtes... De quoi décourager ceux qui n'ont pas l'âme de collectionneurs mais qui aiment bien accéder aux principaux secrets du jeu.




Heureusement, tout n'est pas à jeter dans le gameplay, qui peut compter sur le matos mis à disposition du petit Kutaro. Les ciseaux magiques, tout d'abord, sont la véritable plus-value et constituent LA clef du gameplay de « Puppeteer ». Ils vous serviront à avancer dans les niveaux en découpant tout ce qui les composent (feuilles, épines, draps volants, nuages, fumées, toiles...). A cette paire magique s'ajouteront, ce qui permet de varier agréablement les situations, un bouclier, des bombes, un grappin et enfin un masque permettant d'effectuer une attaque lourde. Vous aurez donc de quoi faire. Et que dire des combats contre les boss, nombreux et vraiment géniaux, se concluant par de petits QTE scénarisés !
Soulignons que « Puppeteer » est sorti à moindre prix (entre 30€ et 35€) alors même que sa durée de vie solo (plus de 12 heures pour en profiter pleinement) est bien supérieure à beaucoup de blockbusters sortis à la même période et se bouclant en 6 heures en solo (pas besoin de m'abaisser à quelconque citation je suppose).

Enfin, on l'a dit précédemment, le jeu de Sony Japan est censé s'adresser aussi bien aux enfants qu'aux adultes ayant conservé leur âme d'enfants. Pourtant, ce choix n'est peut-être pas le plus judicieux : en voulant se la jouer Pixar (comprendre des films à double sens, enfants et adultes pouvant interpréter les situations et dialogues de façon différente), « Puppeteer » se plante. Souvent trop naïf pour les adultes (les jérémiades et la plupart des remarques de Pikarina, la fin naïve), souvent trop énigmatique pour les enfants (le narrateur qui part en live sur des thématiques aussi diverses que le communisme, l'écologie, des références littéraires...), « Puppeteer » ne sait pas où donner de la tête, là encore sans mauvais jeu de mots.




Graphismes :

Après les nouveaux « Rayman » chez UbiSoft, on ne pensait pas retrouver un jeu de plates-formes avec une telle ampleur esthétique sur cette génération. Grosse erreur : « Puppeteer » est magnifique et varié. Les développeurs se sont amusés à reprendre des décors classiques des jeux de plates-formes (feu, neige, espace) et à en rajouter d'autres beaucoup plus originaux pour proposer une vingtaine de niveaux totalement différents. Mentions spéciales aux actes se déroulant dans une forêt nippone, sur un bateau pirate et dans le désert. C'est coloré partout, ça pétarade de partout, les bonnes idées fusent de partout. L'un des meilleurs jeux de l'année sur ce point, incontestablement.

Maniabilité :
C'est certainement là qu'on peut trouver les petits points faibles du jeu. L'ensemble n'est pas aussi naturel que dans un « Little Big Planet » (décrié pour sa maniabilité « flottante » mais pourtant très efficace), l'expérience solo manque d'envergure (curieuse idée de devoir manier deux sticks à la fois et devoir regarder à deux endroits différents pour dénicher tous les secrets) et le gameplay aurait dû être moins arbitraire dans la gestion des têtes, et plus poussé pour leur utilisation.

Bande-son :
Un régal. Dynamique, tout sauf redondante, accompagnant parfaitement l'action. Et bravo aux doubleurs français, qui font mieux ici que ce que l'on peut voir dans 90% des dessins animés à la télévision.

Durée de vie :
Un rapport qualité-prix gagnant à 100%. 7 chapitres, 3 actes par chapitre, chacun des actes faisant entre 30 et 40 minutes en prenant son temps. Faites le compte.

Scénario :
Les adultes trouveront que l'histoire manque de maturité, les enfants trouveront le jeu trop bavard. Mais « Puppeteer » a un mérite : chaque début d'acte résume ce qui s'est passé dans le précédent, si bien que le jeu est idéal pour des personnes faisant des pauses longues entre leur session. Le plaisir de jeu est instantané grâce à ce point.

En résumé :
Sony Japan Studio, à l'origine d'« Ape Escape » ou « LocoRoco », est resté discret sur Playstation 3. Avec « Puppeteer », fantasmagorie colorée et musicale, qui n'a rien d'un petit jeu malgré son faible prix lorsque l'on voit le soin apporté aux graphismes, à la bande-son, à la durée de vie, le studio montre qu'il est toujours là. C'est ce que l'on appelle un retour fracassant. Et Gavin Moore, le concepteur du jeu, autrefois chef animateur sur le médiocre « The Getaway », et les très imparfaits jeux de survival-horror issus de la saga « Forbidden Siren », devrait maintenant intéresser les chasseurs de têtes... oui, bon, elle était facile, celle-là !
  
17/20
L'avis du chroniqueur
RogueAerith

Lundi, 20 January 2014
17 20




Comments

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Efthé

De Efthé, le 04 Febuary 2014 à 17h49

(La saga Fobidden Siren était extraordinaire et je pense que c'est un des meilleurs survival...) Puppeteer, je veux ce jeu depuis sa sortie, malheureusement je ne peux toujours pas me le procurer >_<

Koiwai

De Koiwai [12151], le 20 January 2014 à 20h03

Un jeu que je compte bien acheter quand je le trouverai à prix réduit !

manga666

De manga666 [1662], le 20 January 2014 à 16h49

Merci du test, je vai surement me l'acheter .

 

Dim12

De Dim12 [4878], le 20 January 2014 à 13h02

Un jeu super addictif :D

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