Château Ambulant (le) - Actualité anime

Château Ambulant (le)

Review du dvd : Château Ambulant (le)

Publiée le Lundi, 20 April 2009

Sophie est une jeune fille de 18 ans qui travaille dans la chapellerie familiale. Un beau jour, elle croise un homme étrange alors qu’elle rendait visite à sa sœur. Celui-ci prétend être son chevalier servant, mais voilà qu’il amène les ennuis, puisqu’il est coursé par de mystérieuses créatures. Une fois en sécurité, Sophie voit son sauveur s’en aller par les airs, et elle rentre en soupirant. C'est là que tout commence : une magicienne se présente comme étant la « sorcière des landes », jalouse de la jeune fille. Après une malédiction, voilà Sophie transformée en vieille femme, ce qui l’oblige à prendre la fuite de sa demeure pour se réfugier finalement dans un drôle de château ambulant … Celui de Hauru, le diabolique magicien. Elle s'y attribue le rôle de femme de ménage, et prend la décision de tout nettoyer, les murs comme les coeurs.
Le fait d’adapter un roman en un dessin animé est en soi un excellent choix, puisque la base même du « château de Hurle » (Diane Wynne Jones) est une réussite. En plus de cet univers original, on retrouve tout ce qui est cher à Miyazaki : des personnages pitoyables dans l’adversité, qui descendent d’un piédestal mais apportent toujours une belle morale (ici, la sorcière), des masses gélatineuses en guise d’ennemis difficilement identifiables, et des machines volantes. Un joli conte de fée revisité par le connu et reconnu réalisateur japonais, dans lequel le « méchant » est la guerre, ainsi que le destin qu’il faut défier pour rétablir la paix qu’on retrouve dans toutes ses œuvres.

Le personnage principal est ici très authentique, et en même temps admirable. Une belle liaison entre l’apparence et les sentiments se crée aux alentours de Sophie. C’est lorsqu’elle défend une cause ou une personne, qu’elle fait face à elle-même, à son existence qu’elle redevient elle-même en brisant le charme de la sorcière. A force de se sentir particulière, amoureuse, appréciée, utile, l’héroïne rajeunit, et inversement lorsqu’elle renonce, en continuant à subir sa vie sans la prendre en main. Malheureusement, elle déborde tant de générosité qu’à la fin du film, elle apparaît comme une héroïne un peu classique, se détachant de l’originalité de son statut de vieille femme. Hauru, quant à lui, peut paraître au premier abord plat, car toujours souriant et peu expressif, même lorsqu’il semble être en colère, inquiet ou peu sûr de lui. C’est peu crédible, il lui manque un petit quelque chose pour être charismatique en dépit de son joli minois. Toutefois, cette insouciance est là pour pallier au poids qu’il soutient, et pour protéger l’entourage qui lui devient cher. Tout cela permet aux personnages secondaires de se développer, et certains peuvent même se révéler passionnants. Souvent bien plus complexes qu’on n’aurait pu le croire, il n’y a que Lucifer qui ne correspond pas totalement à l’idée qu’on pouvait s’en faire. Il aurait pu être plus détaché, plus manipulateur et profond. Tout comme son trait, qu’on voyait moins malicieux, plus authentique.

Les graphismes sont à part ça somptueux. Les décors sont bluffants, les expressions très bien retranscrites, il n’y a que les métamorphoses de Hauru en animal qui soient un peu survolées … Les couleurs sont quant à elles convaincantes et accrocheuses, tout cela servi par une animation remarquable. Les responsables de l’animation ont en effet effectué un travail surprenant : gigantesque, le château, personnage à part entière du film, parait fragile en dépit de sa constitution massive. Allant jusqu’à animer les brins d’herbe du décor, on ne peut reprocher au studio d’avoir fait l’impasse sur le mouvement et le dynamisme du film, permettant le rendu convaincant d’un monde irréel et séduisant. On ne peut au final, malgré une VF satisfaisante et réaliste, que déplorer l’interface plus que sobre, et les menus peu accueillants. De plus, même si Le château ambulant écope d’une excellence technique à toute épreuve, il n’est pas exempt de quelques menus défauts. Le scénario est un peu faible sur les deux heures du film : la guerre est très peu exploitée, et ne fait que servir la mise en place d’un univers, et non pas le contraire. On s’étonne aussi du manque de majesté de la musique, étant plus habitués à une bande son plus présente. La fin est également un peu facile. On s’écarte de la dénonciation de l’inutilité de la violence et de la bêtise humaine pour retomber dans l’amourette un peu mielleuse. Finalement, l'amour, comme la magie, est une force qu'il ne faut pas prendre à la légère. Mais après tout, « la critique est facile, l’Art est difficile » : ce film reste un chef d'oeuvre d'animation basé sur une histoire complexe, envoûtante et touchante.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

17 20


Note de la rédaction
Note des lecteurs





MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News