Shy Vol.1 - Actualité manga

Shy Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 25 January 2021

Nous sommes au cœur du XXIe siècle, une époque où la figure du super-héros existe bel et bien. Des individus aux pouvoir extraordinaires sont apparus et ont purement éradiqué la guerre de la surface du globe. Désormais, chaque pays possède sa figure héroïne, prête à se charger des maux de sa nation.
Teru Momijiyama, ou Shy pour le grand public, a été choisie pour être celle du Japon. Encapuchonnée, virevoltant sur de petits talons, son uniforme masque son identité, mais ne l'empêche pas de gommer sa plus grande faiblesse : Sa timidité. Malgré ses pouvoirs, Shy panique devant le regard d'autrui, faisant d'elle l'héroïne la plus discrète et la plus effacée. Mais lorsqu'un incident de grand-huit met la vie de plusieurs personnes en danger, l'héroïne doit surmonter sa peur pour accomplir sa mission. Un événement qui aura son importance pour la demoiselle, puisque Shy comprendra bien assez tôt que son plus grand pouvoir, c'est avant tout son cœur.

Shy (qui est aussi le titre japonais du manga) est l’œuvre de l'auteur Bukimi Miki qui propose ici son tout premier titre. Il est lancé en 2019 dans l'hebdomadaire Shônen Champion des éditions Akita Shoten, la même revue qui a accueilli en ses pages Prisonnier Riku et Beastars, et dans lequel figure toujours Iruma à l'école des démons. Actuellement, six volumes ont été publiés au Japon, le 7e tome étant prévu pour le mois de février 2021 (à l'heure où ces lignes sont écrites, donc).

Chez nous, c'est l'éditeur Kana qui fait de Shy l'une de ses grandes nouveautés de l'année. A son tour, la maison flirte avec le genre des super-héros, un pan de fiction dont chaque grand éditeur semble chercher son représentant. My Hero Academia chez Ki-oon, One-Punch Man chez Kurokawa tandis que Delcourt/Tonkam a fait de plus modestes propositions (le sympathique mais oubliable Hero Mask, par exemple), là où Akata a misé sur le délirant avec Chevalion. Dans ce petit milieu du manga héroïque, il convient donc de se demander si Shy a sa place, et une proposition à faire.

La réponse ne tarde finalement pas à arriver, puisqu'on devine au bout de quelques pages ce que Bukimi Miki cherche à développer avec son premier tome. Ici, pas de combats extraordinaires basés sur des pouvoirs destructeurs, et l'action n'est clairement pas l'optique dominante de ce début d'intrigue. Quelques petites scènes intenses, il y en a, mais ce n'est clairement pas ce que retiendra le lecteur après ce tome de départ. Non, c'est davantage l'héroïne, ses tourments, et tout le message que l'auteur veut véhiculer autour de la figure super-héroïque qui imprègne cette première fournée de chapitres, loin donc de toute volonté d'ébouriffer son lectorat avec de grands moments explosifs.

Une intention plutôt maline et qui se prête plutôt bien au thème de départ. Shy parle énormément d'humanité, d'abnégation, et tout simplement de cœur. Le récit se veut généreux et chaleureux dans ce qu'il aborde, un élément correctement mis en lumière à travers la timide héroïne à laquelle on s'attache sans mal, mais aussi aux premières relations qu'elle tisse dans ce premier ouvrage. Le calme du scénario permet de mettre en avant toute ces facettes, des idées que certains pourront néanmoins juger trop fleur bleue. Et ils n'auront pas tort : Ce premier tome, malgré quelques petits instants de drames, se veut porter d'espoir et de chaleur, via des événements pour l'heure mignons mais scolaires. Aussi, dans cette volonté de parler de héros humain, l'auteur laisse entrevoir certaines pistes via un ennemi distinct, tout en présentant les premières pièces d'un univers qui, on l'espère, continuera à gagner en consistance.

Et paradoxalement, ce sont ces points qui occupent un peu moins de place que le lecteur retiendra peut-être le plus, sans pour autant oublier les attachantes figures présentées, la générosité des thématiques ou les rapports bienveillants entre ces premiers personnages. Car Shy présente bien un antagoniste et tease un "Mal" qui pourrait prendre davantage d'ampleur par la suite. De même, le mangaka fait le silence sur certains grands développements de ses concepts, de vérités dont il semble déjà détenir les clés mais préfère ne pas trop en dire pour l'instant. Aussi, on reste curieux de voir ce que cet ensemble pourrait apporter, à terme.

Enfin, pour son premier manga, Bukimi Miki propose un trait véritablement séduisant. Ses planches sont fournies, vives et expressives, mais aussi un poil glauques lorsque les instants s'y prêtent. Par ses personnages souvent enjoués et mignonnets à bien des instants, la patte artistique entre en phase avec les idées de ce début de manga, une cohérence qui joue forcément sur le rapport dessin/scénario et vice versa. Pour un premier manga professionnellement publié, l'esthétique est prometteuse, aussi il convient de garder un œil sur cet artiste dont la marge de progression est sensationnelle.

Alors, le bilan de ce début de Shy est positif, mais le titre doit encore faire ses preuves. On apprécie des intentions différentes du récit de super-héros traditionnel ce qui, à terme, permettrait à l’œuvre de Bukimi Miki d'être un excellent complément du genre, plus qu'un concurrent à un My Hero Academia. Un potentiel qui doit se confirmer donc, aussi la parution simultanée semble tomber à pic.

Côté édition, Kana nous propose son format shônen classique, appuyé sur un papier fin mais de qualité. La traduction, elle, est signée Aline Kukor qui livre un texte bien vivant et cohérent vis à vis de la volonté de ce début d’œuvre.
A noter que si des goodies sont proposés avec ce premier tome, celui-ci existe aussi en coffret condensant les deux premiers opus. Pour les plus collectionneurs qui se sentent déjà prêts à suivre Shy dans ses aventures, voilà une sympathique initiative permettant de mettre la main sur un bel objet.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction






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