Paradise Residence Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 14 June 2021

Le nom de Kôsuke Fujishima est particulièrement apprécié, notamment par les plus nostalgiques de la fin des années 90. Il est l'auteur de You're Under Arrest, que beaucoup connaissent davantage sous l'appellation Équipières de Choc, titre donné à l'adaptation animée chez nous. Le manga fut d'ailleurs proposé chez nous, bien qu'aujourd'hui en arrêt de commercialisation. Mais avant ça, une autre œuvre du mangaka fut entamée dans nos contrées, le long Ah ! My Goddess. La série a tout une histoire chez nous et constitue même une grande pièce de l'édition française du manga. Lancée initialement en 1997 chez un Pika qui se nommait encore Manga Player, l’œuvre n'a malheureusement pas connu le succès sur le long terme. N'étant pas parvenue à fidéliser son lectorat, la comédie fantastique a rejoint le banc des titres à la parution douloureuse, si bien que le 48e et dernier opus a été proposé en décembre 2019. Notons tout de même que la parution fut aussi longuette au Japon, puisqu'elle s'est conclue en 2014. L'été 2021 apportera une autre pierre à l'édifice symbolique de ce titre, puisque ce dernier tombera en arrêt de commercialisation dès le 1er juillet.

Pourtant, cet échec n'a pas fermé les portes à Kôsuke Fujishima chez nous, puisque Pika a choisit de nous proposer l'un de ses titres récents, dernièrement. Long de quatre volume (dont un « tome zéro »), Paradise Residence fut publié entre 2014 et 2016 au Japon, dans la revue good ! Afternoon de l'éditeur Kôdansha. Un titre court donc, et de quoi redonner une chance à l'artiste. On apprécie en tout cas que celui-ci ne soit pas purement renié et boudé.

Paradise Residence nous mène au sein du lycée féminin Kitsuka, ou plutôt dans l'un de ses dortoirs. Certes un peu délabré, le lieu accueille des élèves plutôt excentriques, dont Hatsune qui est arrivée il y a quelques semaines à peine. Vorace, c'est par la nourriture qu'on peut mener la demoiselle par le bout du nez, y compris la tirer de ses réveils difficiles ! Entre des colocataires pétillantes dont une étrangère aux élans nudistes, une rivale dans le dortoir opposé et la mignonne « mini-responsable », le quotidien de Hatsune est toujours sujet à tout un tas de péripéties.

Dès les premières pages, on sent l'ambiance que l'auteur a voulu insuffler dans Paradise Residence. Par un démarrage sans réelle contextualisation, Kôsuke Fujishima nous emmène directement aux côtés des résidentes du premier dortoir du lycée Kitsuka, pour ensuite façonner son récit sous le format un chapitre = un récit indépendant. Pas d'enjeu donc, juste une invitation pour le lecteur à rejoindre une galerie de jeunes filles toutes plus attachantes les unes que les autres, en savourant les frasques liées à leurs caractères bien originaux. Pour certains, ce premier tome ne présentera qu'un intérêt limité de par l'absence de trame scénaristique pure. Et pourtant, le charme opère assez vite grâce à la maîtrise du rythme de son auteur, sa capacité à dépeindre des personnages assez doux, délirant dans être dans un excès total, et dont on apprécie les relations nouées dans chaque mésaventure.

La finesse du trait de l'auteur joue aussi dans notre expérience. Le mangaka a une carrière maintenant longue et a pu étoffer sa patte, ce qui se ressent dans son coup de crayon précis et élégant qui dégage toujours quelque chose, outre le caractère mignon de ses personnages féminins. A ce titre, on apprécie aussi que l'artiste ne soit pas dans une surenchère du moe ou du fan-service, les seuls moments aguicheurs servant surtout à créer de l'humour autour du personnage de Stéphanie, étrangère qui a parfois du mal à se familiariser avec les codes du Japon.

Il n'en faut pas vraiment plus à ce premier tome pour proposer un contenu efficace en son genre : Léger, envoutant, drôle et apaisant. Paradise Residence a une aura particulièrement feel good, et sa lecture fait du bien pendant une telle période toujours un peu anxiogène. Le fait que la série soit vouée à être courte aide forcément dans le ressenti. Car si on imagine la formule se renouveler comme il se doit sur quatre opus, difficile d'envisager un développement sur le long terme.

Côté édition, Pika propose une copie très honorable avec, entre autre, un papier fin mais qualitatif. On tiquera néanmoins sur la traduction de Marie-Saskia Raynal, avec des jeux de mots qui peinent à être retranscrits, notamment.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction






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