Orpheus of Midnight - Actualité manga

Orpheus of Midnight

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 24 May 2019

Découverte il y a un an aux éditions Boy's Love avec Asa & Mitya, la mangaka Billy Balibally revient en rance, cette fois-ci aux éditions Taifu Comics, avec Orpheus of Midnight, un récit en 5 chapitres pour un peu plus de 170 pages, qui a été prépublié en 2016 dans les pages du magazine Be x Boy des éditions Libre Shuppan.

Depuis un traumatisme d'enfance lié à sa famille, Kazushi est insomniaque. Toutes les nuits, le jeune homme fait le même cauchemar et en est terrifié, si bien qu'intérieurement il refuse de s'endormir. Fragile, il paraît donc sans cesse épuisé... jusqu'au jour où il constate que Wabuka, l'un de ses collègues, possède une voix grave profondément rassurante, si rassurant qu'elle lui fait un bien fou, le soulage de ses peurs et lui permet tout naturellement de s'endormir. Intrigué par ce jeune homme qui lui avoue ça, Wabuka finit par lui proposer d'emménager avec lui afin de l'aider à s'endormir et, peut-être un jour, de se débarrasser définitivement de ses craintes. Il s'agit là du premier pas vers une colocation étonnante où l'amour viendra bientôt s'en mêler.

Le déroulement du récit est très classique, et sans doute parfois rapide dans les avancées sentimentales et dans la découverte des personnages. Le classicisme se ressent aussi chez nos héros, dont les personnalités sont très standards. Mais cela n'empêche pas l'autrice d'offrir une oeuvre plutôt plaisante à suivre, en premier lieu grâce à l'idée d'aborder le sujet de l'insomnie, qui apporte régulièrement une pointe d'onirisme, voire même par instant une légère impression de fantastique via le sentiment que les rêves de Wabuka et Kazushi sont connectés. Un beau moyen de faire ressortir la connexion qui se crée aussi entre les deux hommes en dehors des rêves, connexion passant par la bienveillance de Wabuka envers Kazushi, le besoin de Kazushi d'avoir Wabuka près de lui, et les sentiments qui, même s'ils arrivent rapidement, naissent joliment entre eux. On a donc une atmosphère plutôt réussie et deux héros assez attachants, d'autant plus qu'entre ces deux-là Billy Balibally installe pas mal de tendresse et de douceur. Par exemple, les quelques instants érotiques restent centrés sur l'attention que les deux hommes se portent, et on s'amuse volontiers des moments où Kazushi apparaît irrésistiblement mignon, comme un petit animal fragile. Mais en dehors de tout ceci, Orpheus of Midnight a aussi pour intérêt de réussir à développer vite et bien le drame familial vécu dans l'enfance par Kazushi, et d'aborder plutôt efficacement quelques personnages secondaires qui ont un rôle important à jouer, en tête le père de Kazu. De tout ceci, via Kazushi et son traumatisme, il résulte également l'idée que les craintes et douleurs d'une personne peuvent avoir un impact sur tout son entourage, comme la mangaka le dit elle-même dans sa postface.

Visuellement, le dessin de Billy Balibally séduit tout d'abord pour sa jaquette, qui attire l'oeil par sa très belle composition. A l'intérieur, la dessinatrice livre un trait soigné, doux et expressif, où elle sait assez bien faire ressortir certains visages, autres parties du corps ou gestes. On regrettera simplement quelques cases où les visages sont parfois trop relâchés.

Orpheus of Midnight est donc, dans l'ensemble, un joli petit one-shot, plutôt classique sur certains points, mais développant avec douceur et attachement une histoire globalement réussie autour de l'insomnie de Kazushi. Du côté de l'édition, rien à redire: on a une première page en couleur, un papier bien épais tout en conservant de la souplesse, une bonne qualité d'impression, et une traduction soignée de Margot Maillac.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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