Maître des livres (le) Vol.15 - Actualité manga

Maître des livres (le) Vol.15

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 13 September 2018

La bibliothèque pour enfants de la Rose Trémière reste un lieu de vie important pour nombre de personnes, à commencer par ses employés. Aussi, chacun commence à s'activer en vue des préparatifs pour Noël, d'autant que la patronne Mme Kotegawa a promis de passer elle-même les voir. Et pourtant, personne n'est dupe: l'état de santé de la philanthrope âgée ne va pas en s'améliorant. Ses visites à l'hôpital commencent à se multiplier, elle maigrit à vue d'oeil... A l'heure où l'inévitable drame semble devoir s'abattre, quel avenir pour la bibliothèque, pour ses employés, et pour tous ses clients ?


Formant un ultime arc sur l'ensemble de ses pages, le dernier volume du Maître des Livres s'ouvre d'emblée sur un événement qui, quelque part, était annoncé, mais sur lequel au final Umiharu Shinohara saura offrir quelques surprises. Mais avant d'en arriver là, ce rebondissement dramatique a pour effet de bousculer l'ordre établi pour la bibliothèque, ses employés et nombres de ses visiteurs. Des questions essentielles se posent: la bibliothèque va-t-elle devoir fermer ? Quelqu'un pourra-t-il la reprendre ? Si oui, dans quelles conditions ? Que vont devenir les employés ? Et quelles seront les décisions de certains clients devenus plus que de simples clients, comme Miyamoto ?


Dans ce tome, les questions d'avenir se bousculent, mais pas uniquement, et chaque personnage doit s'interroger sur la suite. Que ce soit Mikoshiba, Mizuho, Kayo ou Miyamoto, des réflexions et décisions sont à faire, parfois douloureusement...  Le mangaka sait profiter des derniers problèmes pour mettre en avant certains aspects de la gestion d'une bibliothèque qui devaient encore être un peu plus développés, mais il ne s'arrête pas à ça, loin de là. En effet, il sait surtout en profiter pour utiliser bon nombre de ses personnages, y compris la soeur ou le père de Mikoshiba, et pour faire ressortir chez chacun d'eux des choses essentielles. On pense aux problèmes sentimentaux de Mizuho, à ce que Miyamoto est poussé à faire dans ses rapports familiaux entre autres, et forcément à Mikoshiba dont les derniers aspects un peu flous se dévoilent: ses relations avec son père et sa soeur qui aimeraient qu'il intègre l'entreprise familiale, certaines facettes de son passé avec notamment sa rencontre avec Kotegawa, ce que lui a apporté son "mentor"... avec, à la clé, des regrets qui s'effacent, et une réelle évolution et affirmation de notre cher "champignon" si austère en apparence. Loin de s'arrêter là, Shinohara sait aussi très bien mettre en valeur ce que la bibliothèque représente également pour ses clients, enfants, adolescents ou adultes, qui y ont vécu tant de choses. Le coup de la pétition permet de bien faire comprendre l'attachement des gens à ce lieu, certains visages en particulier (comme Shota) y ressortent très bien... le cas le plus intéressant restant celui de Miyamoto: la Rose Trémière a décidément complètement changé sa vie et sa façon de voir les choses, et elle le fera jusqu'au bout avec une évocation longue et impeccable d'un dernier livre riche en symboles. Quant au tout dernier chapitre, avec ses derniers rebondissements, ses dernières décisions, ou encore le choix d'avenir de l'un des enfants, il cristallise très bien le rôle intemporel de la bibliothèque.


"Ces livres, mais aussi ce lieu... m'ont littéralement sauvé la vie."


Mine de rien, on aura attendu pendant plusieurs mois ce dernier tome, mais on devine facilement que les éditions Komikku ont sûrement voulu jouer sur un effet "rentrée des classes" pour la conclusion de cette série qui mériterait une bonne place dans les CDI. Pour le dernier round de son oeuvre, l'auteur n'oublie donc absolument rien, parvient à conclure naturellement toutes les principales pistes évoquées au fil des tomes, exploite une large palette de ses personnages avec réussite, le tout en restant fidèle à la mise en avant de certains récits de la littérature jeunesse ainsi que de la bibliothèque en tant que lieu de vie, de rencontres et d'échanges. Une conclusion brillante, pour une série excellente et qu'il convient de conseiller vivement. On appréciera tout autant la postface intéressante de l'auteur, ainsi que le petit erratum des éditions Komikku sur le travail de professeur documentaliste.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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