Maison Ikkoku - Perfect Edition Vol.10 - Actualité manga

Maison Ikkoku - Perfect Edition Vol.10

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 28 October 2021

Bien que Mitaka se soit définitivement éloigné pour accepter son propre mariage, la situation entre Yusaku et Kyoko est plus chaotique que jamais. La gardienne est persuadée que Godai a demandé Kozue en mariage, un quiproquo qui est celui de trop, et pousse la jeune femme à quitter la Maison Ikkoku pour retourner chez ses parents. Tandis que le garçon essaie de raisonner l'élue de son cœur tout en attendant les résultats de ses examens, il doit endosser le rôle de gardien temporaire et connaît une situation embarrassante vis à vis de Kozue et... Akemi !

La situation de ce grand triangle amoureux commençait à se décanter avec le volume précédent, mais voilà que le retour de Kozue apporte les embarras qui pourraient être fatals à la relation entre Godai et Kyoko. C'est sur ces bases que s'ouvrent le dixième tome de Maison Ikkoku, le dernier de la série. Entamer l'opus est déjà une épreuve en soi tant la série de Rumiko Takahashi s'est montrée savoureuse, drôle et garnie de personnages attachants qu'on rechigne d'avance à vouloir quitter.

Un ultime volet qui se scinde en deux partie, dont la première est d'une logique implacable : Résoudre les derniers quiproquos, et pousser Godai à enfin s'ouvrir à Kyoko mais aussi à une Kozue qu'il n'a que trop longtemps laissée dans le doute. Des déboires simples pour la série, lais Rumiko Takahashi a la bonne idée de donner un rôle plus appuyé à Akemi, celui d'entremetteuse. Les incompréhensions se multiplient mais tel un puzzle, tout se met peu à peu en place pour dénouer toutes ces intrigues. L'autrice manie alors sa formule à la perfection, instaurant de l'humour quand il faut dans le drame, mais nous propose surtout de grands moments d'émotion pour résoudre les enjeux sentimentaux et amener l'intrigue amoureuse de Maison Ikkoku vers son climax. Dès lors, c'est avec de jolis instants de sincérité que la conclusion est entamée, des séquences belles et humaines, dont certains échanges nous laissent difficilement indifférents. Et lorsque même les pensionnaires de l'auberge mettent leurs tempéraments excentriques de côté pour apprécier la situation décisive comme il se doit, Rumiko Takahashi nous confirme que le temps des adieux est sur le point d'avoir lieu.

Pourtant, la résolution des amourettes n'a lieu qu'aux environ de la moitié du volume. Car Maison Ikkoku, ce n'est certainement pas qu'un drame sentimental teinté de quiproquos, ce que Rumiko Takahashi nous rappelle pour ce long final qui s'intéresse aussi bien au devenir du jeune couple qu'à l'avenir professionnel de Godai, un véritable fil rouge depuis un moment déjà. On peut considérer ici la présentation de la fin véritable de la série. L'autrice parvient avec brio à présenter le futur qui attend les différentes figures principales de la série tout en prenant le temps de traiter l'idylle entre Kyoko et Yusaku avec la justesse qui soit. Avoir formé le couple n'est pas tout, celui-ci va devoir résister à certaines épreuves telles que les présentations familiales, mais aussi à la question du deuil que traverse la jeune femme depuis des années. Tant d'optiques qui, même si le récit reste dans un registre humoristique à bien des moments, amènent une humanité forte au sein du titre. Parce que les deux tourtereaux s'ouvrent enfin l'un à l'autre, comme il se doit, il en découle la présentation d'un jeune couple puissant d'humanité et de sincérité. Une ambiance douce, parfois mélancolique et parfois porteuse d'espoir, se dégage de ce long final qui se savoure à chaque page et à chaque échange, comme si l'autrice avait calibré chacune de ses planches pour aboutir à cette harmonie d'ensemble. Il ne serait peut-être pas galvaudé de dire que Rumiko Takahashi nous offre ici l'une des conclusions de comédie sentimentale les plus poignantes qui soient. Et couplé au regret de devoir quitter les personnages, mais aussi au soulagement de les voir savourer des futurs bien mérités, la fermeture de ce tome final constitue une expérience presque éprouvante.

Les mots manqueront peut-être pour poser un verdict sur ce final, riche et sincère, achevant cette série sans renier ses multiples tons, les portant justement à leur plus parfait équilibre. Maison Ikkoku n'a pas pris une ride, la série restant une excellente lecture de sa première à sa dernière page, et se payant le luxe d'une fin aboutie et d'une franche humanité. Merci Rumiko Takahashi pour cette belle œuvre.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

19 20
Note de la rédaction






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