Love X Dilemma Vol.1 - Actualité manga

Love X Dilemma Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 05 September 2016

Critique 2


Tonkam est un éditeur féru des comédies sentimentales ancrées shônen, nous l’avons vu par les œuvres de Masakazu Katsura, celles de Mizuki Kawashita ou encore la saga To Love. En cet été 2016, le pionnier du genre récupère un auteur déjà repéré chez Kana par GE – Good Ending, Kei Sasuga. Love X Dilemma est sa dernière œuvre en date et compte une dizaine de volumes reliés au Japon, la série est d’ailleurs prépubliée dans le Shônen Magazine, un hebdomadaire qui accueille nombre de séries-fleuves comme Fairy Tail ou les œuvres de Ken Akamatsu.

Natsuo est un lycéen ordinaire qui vit seul avec son père. Amoureux de Hina, sa professeure d’anglais jeune au charme certain, ses déboires commencent lorsqu’il accepte un group dating avec ses camarades de classe. Il y rencontre alors Rui, demoiselle effacée avec laquelle il finit par coucher, une histoire de sexe toutefois sans lendemain. C’est peu après que son père lui annonce la nouvelle : il va se remarier, et les deux filles de sa nouvelle compagne sont… Hina et Rui ! Dans cette famille recomposée, un triangle amoureux des plus particuliers est d’ores et déjà formé…

Le pitch de Love X Dilemma n’est pas le plus surprenant qui soit. Sur ce premier volume, Kei Sasuga réutilise une formule qui a déjà fait ses preuves dans la comédie sentimentale, le fameux triangle amoureux avec un soupçon de dimension familiale, utilisant le prétexte de la famille recomposée pour toutefois éviter toute notion incestueuse. Simple sur la forme, le manga se démarque toutefois par son fond décomplexé, ne s’entourant d’aucun tabou afin de garder une allure crédible sur ces premiers chapitres. Ainsi, Natsuo n’est pas le genre de héros qui va s’entourer d’un harem et hésiter entre ses « conquêtes », loin de là. Ce dernier couche délibérément avec Rui au tout début de l’œuvre, un choix assumé qui n’oriente toutefois pas (pour le moment), la relation avec sa demi-sœur vers de l’amour. Le choix d’éviter certains grands stéréotypes, qui auraient pu se montrer agaçants d’entrée de jeu, est le bienvenu et rend l’intrigue aussi sérieuse que dotée d’une dimension plus étoffée. Est-ce que Love X Dilemma sera, sur le long terme, une comédie sentimentale plus mature et aboutie que ce qu’on aura l’habitude de voir ? Peut-être, la formule a toutefois de quoi laisser le lecteur captif des différents traitements de l’œuvre.
Dans cette optique, on remarque rapidement que les trois personnages centraux que sont Natsuo, Hina et Rui gardent un petit aspect cliché sans jamais trop en faire. Kei Sasuga flirte ainsi avec la limite d’un genre tout en gardant la tête sur les épaules pour donner aux péripéties une certaine justesse.

Cette justesse, peut-être que la série en aura besoin sur le long terme, c’est du moins ce que laisse présager le tome, sur sa dernière partie, qui n’hésite pas à aborder des sujets plutôt sensibles et inhabituels dans des revues shônen, de vrais dilemmes qui justifient dès lors le titre du manga. La manière dont ces éléments de l’histoire seront décortiqués est cruciale puisque déterminera définitivement le ton du manga. En tout cas, la série a des atouts et l’auteur un certain talent pour l’écriture, faisant sortir Love X Dilemma du lot des comédies romantiques trop classiques, tout en ne dépaysant pas les habitués du registre par l’utilisation de codes plus convenus.

Graphiquement, Kei Sasuga possède un trait très dense, que ce soit sur les personnages aux traits fins et aux allures soignées ou les arrière-plans jamais délaissés. On notera aussi que l’auteur a un sens bien à lui de la frivolité : les demoiselles sont des plus ravissantes et il n’est pas rare que certaines d’entre elles soient représentées sous leurs plus simples appareils, les poitrines n’étant d’ailleurs pas camouflées. A contrario, le mangaka ne s’essaie pas au fan-service facile, celui-ci est assez discret et contribue à rendre la lecture assez mature.

Quant à l’édition, Delcourt – Tonkam livre ici une excellente copie. La couverture est du plus bel effet par son papier mât et son vernis sélectif sur le titre, le livre lui-même est servi par un papier épais et de qualité. Rien à redire non plus sur la traduction de Fabian Nabhan qui adapte son texte au ton du récit.


Critique 1


Les éditions Delcourt-Tonkam, nouvellement fusionnées, nous proposent leur nouveauté de l’été : Love X Dilemma. L’auteure de la série n’est pas une inconnue au bataillon puisqu’elle s’est déjà illustrée chez nous avec l’excellent GE good ending.

Natsuo Fuji est un lycéen qui est amoureux de Hina Tachibana, une femme devenue professeur depuis peu. Réaliste, il ne se fait pas beaucoup d’illusions quant à ses chances de pouvoir un jour conquérir le cœur de sa belle. C’est dès lors de manière tout à fait innocente et résignée qu’il accepte de participer pour la première fois à un group dating. C’est là qu’il fera la connaissance d’une certaine Rui. Tous les deux s’ennuient durant le rendez-vous et décident de manière hasardeuse de s’isoler. C’est à ce moment-là que la jeune fille lui fera une drôle de proposition : celle de coucher avec elle, juste pour savoir ce que ça fait... On peut dire que Love X Dilemma n’y va pas  par quatre chemins.

Avec cette nouvelle série de Kei Sasuga, l’attente est très grande ! On espère qu’une chose : qu’elle fasse encore mieux ! La tâche est indéniablement ardue, mais il ne faudra pas attendre très longtemps, une fois plongé dans ce premier tome, pour être rassuré. Avec l’introduction que la mangaka nous propose, il y a fort à parier qu’elle n’aura aucun mal à nous séduire une nouvelle fois. Mais là où GE good ending se montrait maître dans la romance lycéenne, Love X Dilemma s’annonce d’un cru tout aussi bon, mais avec une maturité supplémentaire.

Si l’œuvre dont il est ici question s’inscrit sans la lignée des shonens romantiques, elle possède néanmoins une différence fondamentale avec ses pairs. Tout comme l’avait fait GE, Love X Dilemma ne se fond pas dans les pièges de son genre, mais, au contraire, s’amuse des codes et des stéréotypes propres aux shonens romantiques. On pense par exemple à l’éternel triangle amoureux, au remariage improbable des parents, aux scènes de fan service ou encore à ce bon vieil ami pervers qui devra sans doute se contenter de magazines jusqu’à la fin de sa vie). Tout en reprenant ces clichés, l’auteure en profite en outre pour clairement se démarquer. A la différence de bon nombre de titres soporifiques et prévisibles, Kei Sasuga se montre sérieuse et réaliste lorsqu’il est question de développer et d’exploiter son récit et ses personnages. Elle n’a en outre pas besoin de créer des protagonistes agaçants et superflus pour servir de faire-valoir à ses héros. Mieux, elle se distance de GE pour amener son tout nouveau récit vers des contrées jusqu’ici inexploitées, notamment en mettant son intrigue à cheval entre le monde lycéen et un monde plus adulte et en abordant des thématiques normalement taboues dans les shonens (amour interdit et compliqué, sexe ...), tout en restant mesurée et non forcée. Elle évite aussi de nous resservir un héros aux caractéristiques de looser et qui hésite en permanence. D’ailleurs, si les personnages que la mangaka crée possèdent des faiblesses, il n’en reste pas moins fort et profond pour autant. On pense par exemple au cas de Rui qui est une jeune lycéenne un peu asociale, mais qui garde un certain caractère et qui ne se lamente pas dans son coin.

Bien évidemment, le trait de Kei Sasuga n’a rien perdu de sa qualité et s’avère toujours aussi constant et plaisant. On peut également noter avec satisfaction qu’elle ne s’est pas contentée de reprendre la tête de ses anciens personnages pour les réutiliser ici. Chacun des protagonistes de LxD est unique et c’est tant mieux ! Au-delà de ça, la mangaka nous démontre aussi son savoir-faire en termes de découpage et d’organisation de ses planches. Le rythme est constant, les scènes importantes bien mises en valeur. Concrètement, c’est du tout bon !

Au niveau de l’édition, Delcourt-Tonkam propose un produit soigné doté d’une couverture à la texture agréable et au lettrage travaillé. Concernant ce dernier, on appréciera ou non le choix de la traduction du titre et la police d’écriture choisie, mais, ce qui est certain, c’est qu’ils ne feront pas l’unanimité. Il faut néanmoins concéder que le titre s’avère être pertinent quant au contenu que propose LxD. Il faut cependant également souligner la présence d’une page couleur en début de tome.

En somme, Love X Dilemma réussit haut la main son entrée en matière. Non seulement elle nous montre l’intelligence et la maturité de son récit, mais, en plus, elle se distingue de par son originalité et sa maîtrise. L’auteure joue et se joue des codes du shonen romantique, tout en le renouvelant et le rehaussant. Tout bon lecteur pourra y trouver son compte, mais encore faut-il qu’il s’y attaque ! Il lui faudra franchir l’étape du dilemme avant de tomber inéluctablement amoureux et d’avoir des fantasmes inavouables à l’égard de la série !


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
titali

17.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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