Je voudrais être tué par une lycéenne Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 23 October 2017

Le 8 août 2014. Telle est la date que l'enseignant Haruto Higashiyama a choisie pour mettre un point final à son plan, à son objectif ultime dans son existence : celui de se faire tuer par une belle lycéenne. Dès lors, à un âge où l'on considérerait facilement qu'il est trop jeune pour mourir, lui pensera avoir réussi sa vie... et sa mort. Il ne lui reste désormais plus qu'à régler tous les derniers détails avant que sa "victime", Maho Sasaki, victime de troubles de la personnalité, ne l'achève grâce à son "elle" plus puissante... Mais tout se passera-t-il vraiment comme prévu ?


Par rapport à un premier volume savoureux et visuellement très abouti, il sera possible de trouver ce deuxième et dernier tome un peu plus convenu dans sa finalité, mais aussi dans son déroulement assez classique, et dans ses dessins où Usamaru Furuya insiste un peu moins sur la gestion bluffante de l'espace dont il est capable (même s'il y a toujours, par-ci par-là, des choix de cadrage vraiment excellents d'une case à l'autre). Oui, mais d'un bout à l'autre, il reste difficile de décrocher d'une lecture où le mangaka sait très bien où il va. A l'instar d'un Haruto qui a pensé à tout pour mourir sans laisser de traces et pour éviter à Maho d'être accusée, Furuya montre qu'il a pensé au moindre détail dans son déroulement (même l'odeur du shampoing de Maho a une importance !), notamment via les quelques bonds dans le temps qui finissent de revenir sur certains personnages pour montrer leur parcours personnel et les événements qui les ont conditionnés. Tout apparaît cohérent, et une fois la dernière page tournée la satisfaction est là, car avec un certain retour à la difficile "normalité" de la société, l'auteur a su offrir une conclusion intelligente et qui évite la plupart des écueils.


Il y a beau y avoir moins d'envolées côté mise en scène et narration, le travail de Furuya reste constamment impeccable. La narration, posée, reste d'une clarté exemplaire, et chaque planche bénéficie d'un grand soin, avec une gestion des cases bien construite et un souci de la précision. On soulignera notamment toute la gestion des ombres sur les personnages quand ils sont dans la forêt.


Et l'aspect un petit peu plus convenu, qui finalement colle bien à cette deuxième moitié de série, n'empêche pas l'auteur d'évoquer, même brièvement, des thématiques intéressantes, à commencer par celle de l'identité : il y a bien sûr les troubles de Maho qui n'est pas toujours elle-même, mais aussi la prise de conscience que dans une telle société, il suffit de se débarrasser de toutes les choses matérielles pouvant nous identifier (carte d'identité, vêtements...) pour que l'on se mette à douter soi-même de qui on est. Même discrète, l'évocation du rôle des parents (que ce soit ceux de Maho, ou ceux de Haruto) reste également intéressante, car elle a bel et bien participé à ce que sont devenus les principaux personnages.


En deux tomes, Usamaru Furuya a su développer un récit original, et abouti autant côté histoire que côté visuels, marquant ainsi avec réussite son retour tant attendu en langue française. Le point le plus dommage est peut-être d'avoir dû attendre plus de 7 mois entre le tome 1 et le volume 2, un choix étrange pour une série courte terminée, et encore plus pour un récit de ce type dont il est préférable de lire les tomes de façon rapprochée. A part ça, l'édition française possède quelques coquilles dans les textes sur ce 2ème tome, mais elle reste néanmoins de bonne facture dans l'ensemble.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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