Iruma à l’école des démons Vol.1 - Actualité manga

Iruma à l’école des démons Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 18 September 2020

Chronique 2 :

En ce mois de rentrée scolaire, les éditions nobi nobi! nous proposent d'intégrer un établissement tout à fait particulier avec Iruma-kun à l'école des démons, l'un des beaux succès actuels, au Japon, du magazine Shônen Champion d'Akita Shoten (le magazine de Beastars, de Prisonnier Riku ou encore de Magical Girl of the End) ! En cours depuis 2017 au Japon où elle compte déjà 18 volumes actuellement, sous le nom Mairimashita! Iruma-kun, il s'agit de la première série vraiment longue d'Osamu Nishi, une mangaka qui a débuté sa carirère en 2014 et n'avait auparavant signé qu'une courte oeuvre en 3 volumes. Dans son pays mais aussi à l'international, l'oeuvre a vu sa popularité s'accroître considérablement entre l'automne 2019 et l'hiver 2020, période où fut diffusée sa très chouette première saison animée (proposée en France sur Crunchyroll). Un succès tel que dès la fin de cette première saison, une deuxième fut annoncée avec une diffusion prévue au printemps 2021 !

Iruma Suzuki, 14 ans, est ce que l'on peut appeler une bonne poire. Toujours gentil et serviable, il ne dit jamais non... y compris quand ses ordures de parents, qui lui ont donné une éducation lamentable, décident de le vendre à un démon contre une somme d'argent élevée ! Voici le pauvre garçon entre les mains de Sullivan, un vieux démon qui fera probablement une seule bouchée de lui... ou pas. Car Sully, en plus d'être le proviseur de l'école pour démons Babyls, est surtout un papy-gâteau qui a toujours rêvé d'être grand-père ! Il est donc bien décidé à faire de son petit-fils adoptif la coqueluche de l'école, en en faisant le chouchou, un élève spécial... mais il y a comme un hic: les humains étant un mets de premier choix pour les démons, nul doute que notre malheureux héros se fera dévorer si sa véritable nature est découverte ! Iruma souhaite donc surtout passer le plus possible inaperçu, mais c'est tout bonnement impossible quand on se retrouve d'emblée en tant qu'élève spécial, à devoir faire un discours étonnant, puis à devoir rencontrer nombre de démons... qui, tout compte fait, ne sont peut-être pas si méchants que ça.

Démarrant vite et vient, se premier volume nous immisce donc auprès d'un jeune héros humain dans un monde où il est censé être une proie de premier ordre, et qui va donc devoir se fondre dans la masse sans forcément y parvenir, tout en découvrant petit à petit le fonctionnement de cette école bien éloignée de ce qu'il a toujours connu. Osamu Nishi s'applique alors, au fil des découvertes et des premières rencontres et premiers cours d'Iruma, à poser des premières bases claires: types de cours donnés (dont certains font un peu froid dans le dos, n'est pas la torturerie ?), répartition des classes (notre héros se retrouvant forcément dans une classe vraiment à part regroupant les "cas", invocation d'un familier (celui invoqué par le jeune garçon ne manquant pas de faire rire), hiérarchie avec possibles montées en grades... sans oublier une donne ne se limitant pas à l'école avec la question de l'arrivée ou non d'un nouveau roi-démon après des siècles sans, et de ce côté-là la dernière page laisse déjà présager un avenir vraiment hors du commun pour notre héros !

Mais avant d'en arriver là, Iruma ne pense certainement pas à de telles choses, et dans l'immédiat il souhaite surtout essayer de survivre, et donc de passer inaperçu, chose qui rate à chaque fois. Et de là découle une bonne part de l'humour de ce premier tome: dès que le jeune humain cherche à rester discret net à fuit les problèmes, les choses font qu'il se fait encore plus remarquer en réglant les couacs presque malgré lui, et bien souvent grâce à sa part infinie de gentillesse et de serviabilité. Les instants jouant sur un certain comique de situation sont donc légion, et c'est encore plus le cas au gré des premières rencontres importantes faites par Iruma.

Car bien sûr, qui dit casting démoniaque dit nombreuses possibilités pour proposer une palette de personnages hauts en couleur, et là-dessus Osamu Nishi fait pour l'instant un sans faute. Du proviseur "papy-gâteau" Sullivan au "rival" costaud mais idiot Sabnock, en passant par le professeur intransigeant mais humilié Callego, l'élève n°1 Asmodeus dont notre héros fait son serviteur un peu malgré lui, bien sûr l'hyper énergique Clara qui est complètement dans son monde et ne pense qu'à jouer, ou nombre de personnages de second plan farfelus (comme ce démon-hibou dragueur), les premiers visages sont tous bien campés, apportent déjà beaucoup d'animation, et certains pourraient même devenir d'ores et déjà de précieux amis pour Iruma, quand bien même ils restent des démons. D'ailleurs, celles et ceux ayant vu la saison 1 de l'anime savent bien que l'un des enjeux majeurs des tout premiers volume de la série sera l'intégration de notre héros dans cette école et le besoin qu'il y trouve sa place, lui l'humain parmi les démons.

Visuellement, ça séduit d'emblée, Osamu Nishi sachant nous immerger dans une école au designs un peu burtonien, gothique, halloweenesque, pour ensuite apporter toute une ribambelle de visages aux designs tous bien reconnaissables. Que ce soit pour les démons à visages humains, ceux qui le sont moins, ou certains monstres, chacun à ses petites particularités physiques, avec pour l'instant une mention spéciale au visages bien barré de Clara, toujours joyeuse avec sa grande bouche aux dents pointues et ses yeux ronds. Les décors sont toujours bien présents quand il le faut sans être surchargés, le découpage est clair et sert bien les gags, le trait se veut régulier et suffisamment dense... En somme, une copie agréable, qui augure vraiment du meilleur pour la suite.

Au bout du compte, la mission est amplement réussie pour ce premier volume: loin des shônen à démons sombres et sérieux, Osamu Nishi dévoile un univers surtout porté sur l'humour et le feel-good, qui s'amuse également à détourner certaines attentes (ne serait-ce que via le "rival" Sabnock), et qui donne d'emblée la patate. Assurément, l'histoire du jeune Iruma promet d'être très plaisante !

Côté édition, c'est du tout bon avec une jaquette soignée, 6 premières pages ne couleur sur papier glacé, un papier souple et assez épais permettant une excellente impression, des choix de lettrage très propres, et une traduction impeccable de Yohan Leclerc qui se veut bien animée et qui, en plus, colle bien aux sous-titres de l'anime au niveau des noms. Soulignons également le choix intéressant de l'éditeur concernant le rythme de publication: afin de vite rattraper l'anime mais aussi de nous plonger au mieux dans l'oeuvre, les 10 premiers tomes sortiront à rythme mensuel. Ainsi, quand on sait que la saison 1 de l'anime adapte les 5 premiers tomes du manga, l'édition française pourra profiter comme il se doit de la diffusion de la saison 2 au printemps prochain.


Chronique 1 :

Rattachées à Pika Edition, l'éditeur nobi nobi gardait cette image de branche jeunesse de la société principale, jusqu'à il y a peu. Mais depuis quelques temps, force est de constater qu'il se forge une belle identité avec certains titres qui s'éloignent des carcans actuels, comme Blizzard Axel ou encore Shine. En cette rentrée 2020, nobi nobi frappe assez fort en proposant ce qui pourrait être son gros shônen, à savoir le manga Iruma à l'école des démons d'Osamu Nishi.

Lancé en 2017 dans le magazine Shônen Champion des éditions nippones Akita Shoten, le manga connait un joli parcourt avec 18 volumes parus, la série étant toujours en cours. Un joli succès qui lui vaut aussi une adaptation animée par le studio BN Pictures, dont la première saison est disponible dans nos contrées sur Crunchyroll, tandis que la seconde partie est attendue pour l'année prochaine.

Dans cette comédie fantastique, c'est un jeune garçon du nom d'Irumi que nous sommes menés à suivre. Ce dernier, bien que toujours souriant, n'a pas eu une enfance simple à cause de ses parents capricieux et peu scrupuleux à l'égard de leur enfant. Ces derniers en viennent même à vendre Iruma à un papy démon, ce dernier proposant une belle somme aux deux géniteurs ! Mais contre toute attente, le vieillard ne cherchait qu'un petit-fils à choyer avec amour. Il envoie alors Iruma poursuivre sa scolarité à l'école Babyls, lieu où sont éduqués les démons, et où les humains sont tout simplement omis ! Pourtant, les singularités d'Iruma pourraient bien faire mouche, et lui valoir le respect de ses non semblables...

Les mangas comiques mettant en scène des protagonistes humains au milieu de démons et autres entités surnaturelles ne sont pas rares dans nos contrées. Tonkam, depuis devenue Delcourt/Tonkam, a fait du genre une réelle proposition avec des titres comme l'excellent Rosario+Vampire, ainsi que la série To Love. Avec son pitch, Iruma à l'école des démons sonne dans ce registre, exception faite d'une dimension ecchi qui se révèle beaucoup moins présente, pour ne pas dire inexistante. Aussi, Osamu Ishi nous offre un premier volume de belle facture, amorçant une aventure réussie sur plusieurs niveaux.

L'introduction elle-même représente une grande qualité du titre : Son humour. Malgré un élément déclencheur qui pouvait sonner dramatique, l'auteur traite sans cesse l'ensemble avec un décalage saisissant, et ne manque pas de nous prendre à contrepied sur certaines situations. Le grand démon qui achète le héros n'est donc autre qu'un papy gâteau rendu attachant dès sa première apparitions, tandis que la suite du volume tourne en dérisions les codes du genre et les mécaniques fantastiques qu'on attribue instinctivement au folklore démoniaque. Bien sûr, il faudra voir ce que cela donnera sur la durée. Mais dans l'immédiat, l'auteur a un réel talent pour planter son ambiance, aussi ce premier tome fait rire à bien des moments.

Mais on remarque aussi que le récit développe certains points qui le détache de la simple comédie à vocation routinière. De manière classique, ce premier opus est l'occasion d'introduire une pléthore de personnages, archétypaux à première vue mais qui se détachent parfois du cliché qu'ils représentent. La demoiselle qui se lie d'amitié avec le héros n'est donc pas la candide lycéenne qui s'amourachera naïvement de lui, mais deviendra l'un des éléments les plus farfelus et hilarants de ce premier volet. Et à côté de ça, l'auteur se sert à merveille des premières frasques de son œuvre pour planter un décor alléchant et développer un réel univers. Quelques promesses sont même dites, notamment sur la toute fin de tome qui laisse présager un réel fil conducteur qui guidera l’œuvre. Là aussi, c'est un point qui sera à juger sur la globalité. Mais force est de constater que l'amorce est plaisante et laisse espérer une suite toute aussi convaincante.

Visuellement, Osamu Nishi propose aussi une expérience intéressante avec ce qui est le début de sa série la plus longue, à l'heure actuelle. Petite remise en contexte d'abord : Avant Iruma, le mangaka n'avait qu'un titre à son actif, à savoir le manga en trois tomes Hotel Helheim. Une première expérience certes, mais l'auteur restait à ses débuts en tant qu'artiste professionnel. Aussi, la patte qu'il propose avec le premier volume d'Iruma est particulièrement saisissante. Les planches sont denses, jouant avec des épaisseurs de traits qui donnent de la profondeur, et expressives en ce qui concerne les personnages dépeints. L'ensemble est réellement attrayant et vivant, ce qui sied parfaitement à une œuvre comme Iruma qui repose sur son ambiance, son ton décalé et son casting.

La pioche est donc bonne avec ce premier opus d'Iruma à l'école des démons, et nobi nobi ne s'y est pas trompé en faisant de la comédie fantastique d'Osamu Nishi un titre fort de son catalogue. Un volume de démarrage drôle, vivant, aux personnages attachants et parfois atypiques, et qui sait mettre en place un univers crédible et coloré. On en redemande alors, aussi on apprécie le rythme de parution mensuel des premiers tomes.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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