Deep Scar Vol.1 - Actualité manga

Deep Scar Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 25 Avril 2018

Les éditions H2T étoffent leur catalogue physique au film des mois. Après une prépublication digitale sur Weekly Comics, plateforme affilié à H2T, c'est au tour de l’œuvre de l'autrice italienne Rossella Sergi d'être proposé en format physique. Deep Scar intègre ainsi la collection shojo de l'éditeur tout en bénéficiant d'une belle exposition puisque Rossella Sergi a déjà répondu présent à certaines conventions françaises, pour exposer son travail et assurer des séances de dédicace.

Sofia vient de la campagne, et s’apprête à rejoindre la ville de Turin pour ses études. Assez candide, son entourage ne l'a jamais autorisée à s'émanciper. Outre des parents strictes, Sofia a un petit-ami particulièrement protecteur en la personne de Luca.
Pour ses débuts en ville, Sofia emménage avec une colocataire : Véronica. Cette dernière est tout l'opposée de l'héroïne. Fashionista, elle fréquente des garçons, aime s'amuser en soirée... Tout ce que Sofia ne connait pas. Les caractères des deux demoiselles vont forcément entrer en conflit mais, justement, c'est bien ce qui pourrait provoquer l'éveil de Sofia. C'est sans compter la présence de Lorenzo, jeune homme assez énigmatique qui adoptera rapidement un comportement ambigu envers la nouvelle arrivante.

Avec Deep Scar, l'autrice Rossella Sergi nous propose de suivre le parcours de Sofia, campagnarde présentée comme ringarde qui va devoir s'adapter à une nouvelle vie citadine, non sans difficulté, et sous le regard trop protecteur de sa famille. Les bases de l’œuvre sont assez simples et ne sont pas sans rappeler Nana par ces deux colocataires diamétralement opposées. Mais la comparaison s'arrête là, la mangaka tenant compte des particularités de ses personnages et insufflant à ce premier tome des idées qui lui sont propres, et qui s'avèrent même particulièrement passionnantes dans leur traitement.

A travers Sofia, héroïne assez classique à première vue, il est question de surprotection. La candide protagoniste est couvée de toutes parts, aussi bien par ses parents que son petit-ami, ce qui l'empêche de véritablement évoluer. Ce premier volet plante le décor tout en douceur et amène petit à petit l'événement que le lecteur va attendre assez vite : l'émancipation de l'héroïne. Car très vite, l'autorité qu'exerce l'entourage de l'héroïne créé un climat de malaise, volontaire de la part de l'autrice puisque cet environnement donne l'idée d'une prison de laquelle Sofia va devoir s'échapper. L'idée de la colocation agit précisément à cet effet et, la fin du premier tome amenant de grandes évolutions aussi bien du côté du comportement de l'héroïne que sur ses interactions avec ses nouveaux « amis », les graines sont habilement plantées pour la suite qui devrait entrer davantage dans le vif du sujet. Une introduction donc, mais bien menée et qui exploite habilement les grandes idées du récit.

A côté de ça, Rossella Sergi instaure du drame dans son œuvre, un drame d'adolescents / jeunes adultes qui pourrait parler à certains. L'avantage de situer l’œuvre en Italie est de proposer des codes occidentaux qui nous parlent, un peu à l'image de Dreamland qui exploiter très bien l'univers étudiant dans ses phases de vie quotidienne. Ainsi, la vie de Sofia est façonnée par ses études, la rencontres de nouveaux amis, et la fréquentation de ses premières soirées quand ses parents et son petit-ami ne sont pas trop sur son dos. Le tout est montré d'un œil assez ambigu, de manière à faire ressortir des personnages dont on ne sait pas trop quoi penser. Véronica, bien que montrée superficielle, sera difficile à juger sur la fin du tome, et le constat sera similaire concernant Lorenzo, ce jeune homme un peu ténébreux et dont le comportement laisse croire qu'il connait Sofia... Les relations humains apportent donc de belles promesses pour la suite, on reste très curieux de voir comment l'autrice gèrera les relations entre ses personnages. Tout porte à croire que le récit nous entrainera dans des drames amoureux et sociaux communs, mais sera-t-il vraiment le cas ? De même, le récit montrera-t-il une Sofia victime d'un univers étudiant aux facettes parfois sombre, ou son émancipation lui permettre-t-elle de faire face à ces aspects négatifs ? Pas mal de questionnements après ce premier tome, donc, mais qui rend le lecteur curieux, en attendant la suite.

Visuellement, Rossella Sergi démontre un trait maîtrisé, tantôt fin, tantôt plus épais, respectant les codes esthétiques du manga romantique pour jeune fille avec une certaine maîtrise. Un point qui se remarque surtout par le casting masculin du titre, pour le moment composé de garçons tous jeunes et séduisants. L'autrice parvient néanmoins à insuffler à son univers visuel la touche occidental, notamment avec quelques particularités physiques qu'on ne retrouverait pas dans une œuvre japonaise. Les tenues de soirées des personnages, par exemple, ou le goût très prononcé des figures masculines pour les oreilles percées. Des petits détails, certes, mais qui rendent crédible la localisation occidentale de l'histoire.

Concernant l'édition, H2T offre un travail toujours aussi soigné : un papier épais et agréable, quelques pages couleur en début d'ouvrage, des croquis sympathiques à parcourir en guise de bonus... La petite nouveauté de l'éditeur viendra du sens de lecture occidental, choix curieux mais qui ne gène pas la lecture.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction






MN Actus
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