Bestiarius Vol.7 - Actualité manga

Bestiarius Vol.7

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 27 September 2019

Critique 2


Alors que Domitien, son épouse et Saeros pensent en avoir enfin fini avec Finn, celui-ci n'était que grièvement blessé, mais sait très bien qu'il n'en a plus pour longtemps. Il décide alors d'utiliser les derniers instants de sa vie pour faire un ultime coup de poker: il se rend jusqu'à Rome pour faire face à un Empereur stupéfait de le voir encore vivant, et cela non pas pour le tuer, car il a bien compris que le disparition de Domitien ne signerait pas pour autant la paix en Britannia. Finn propose donc tout simple à Domitien sa vie, en échange de la promesse qu'il laissera ensuite Britannia en paix. L'Empereur se fait alors déjà une joie d'abattre son plus grand ennemi dans l'arène, sous les yeux du peuple mais aussi d'un Saeros observateur. Mais évidemment, si les choses se passaient comme prévu, ce serait trop simple...


Après plusieurs années d'une lente mais passionnante publication, la saga épique de Masasumi Kakizaki tire sa révérence avec un dernier volume qui, s'il ne surprend quasiment pas dans son déroulement (hormis peut-être concernant Saeros) ni dans sa finalité, conserve à coup sûr toutes ses qualités de pur divertissement.


Il faut dire que le mangaka parvient à assurer le spectacle jusqu'au bout, tout d'abord par la force de ses héros, les principales têtes ayant tous un rôle-clé, fait de moments de bravoure intenses, d'abnégation, de sens du sacrifice brillant, et tout est alors au rendez-vous non seulement pour apporter jusqu'à la fin le souffle épique propre à l'oeuvre, mais aussi pour achever efficacement certaines thématiques autour des raisons de se battre. La puissance que Finn et les autres tirent de leur volonté de protéger les autres est belle et prenante, y compris dans l'écho que cela trouve en un Saeros cherchant toujours à chercher comment devenir plus fort. Et les relations père/fils restent, jusqu'au bout, une clé, ici à travers le parallèle entre deux situations différents de père monstre et fils humain: celle entre Durandal et Finn d'un côté, et celle entre Longinus et Saeros de l'autre.


C'est ensuite, bien sûr, la verve visuelle de Kakizaki qui fait le job jusqu'au bout. La puissance du dessin de l'auteur reste bien là: c'est riche, dense, porté par des designs forts en gueule ainsi que par des choix de mise en scène parfois iconiques dans leur rendu digne d'un film d'action épique... DU très bon boulot jusqu'au bout, en somme.


Enfin, les amatrices et amateurs d'Histoire pourront remarquer que, jusqu'au bout dans son récit, le mangaka aura pris soin de conserver une certaine fidélité historique, qui se ressent surtout ici dans la manière dont le règne de Domitien prend fin.


Au bout du compte, Bestiarius accomplit très bien son rôle jusqu'au bout. Divertissement classique mais intense, l'oeuvre de Kakizaki jouit d'un bout à l'autre d'un profond souffle épique, de personnages réussis et de quelques thèmes bien exploités. une nouvelle réussite pour un mangaka qui, décidément, est toujours un régal à suivre.


Critique 1


Suite à son combat contre Saeros, Finn est grièvement blessé. Pour assurer la paix aux siens, il profite des derniers instants de sa vie pour se rendre à Rome et demander à l'Empereur Domitien d'épargner ses camarades en échange de sa vie. Est-ce ainsi que la grande guerre entre Rome et les rebelles voguant en Britannia va s'achever ?

Une année après la parution française du sixième tome, le volume final de Bestiarius, série de fantasy de Masasumi Kakizaki, nous est enfin proposé. Un dernier acte qui interpelle déjà par sa couverture : Parfait miroir du premier tome, l'illustration présente cette fois un Finn apaisé et un Durandal qui a calmé sa fureur. Un bien long parcours a marqué la vie de ce duo attachant, et on se demande, avant même l'ouverture du tome, quelles dernières péripéties pourront vivre les deux compères pour amener à ce constat graphique.

Sans grande surprise, et parce que conclure toute une histoire en un seul tome n'est jamais chose aisée, l'auteur nous livre un ultime volet où tout va à cent à l'heure. La guerre entre nos acolytes et les armées de Rome dirigées par la bête Longinus est sujette à moult rebondissements, si bien qu'on ne prend jamais le temps de souffler jusqu'à la page finale. En ce sens, Masasumi Kakizaki assure un divertissement impeccable du début à la conclusion, une certaine maîtrise narrative qu'on ne saurait lui reprocher.

Mais plus que son rythme, qui constitue pourtant une force de ce tome, ce sont les événements mêmes qui nous marque. Comme il est de coutume chez l'auteur dans Bestiarius, il demeure un certain classicisme dans les rebondissements amenés et les traitements amenés. Mais classique ne veut pas dire mauvais, et le mangaka s'en sort ici très bien pour dépeindre quelques derniers développements qui donnent de la densité au récit, et lui confèrent une aura touchante efficace à bien des moments.
D'une manière générale, l'artiste exploite une dernière fois cette dimension père/fils entre Finn et Durandal, en l'opposant à Saeros et Longinus qui incarnent les parfaits opposés de nos deux protagonistes. Une véritable figure de style qui a du sens et donne à l'ensemble un côté shakespearien qui sied au climat de la série. Alors certes, certains traitements donnent une impression de déjà-vu, mais on ne boude jamais notre plaisir pour autant. Quelques personnages ont des instants forts, tandis que l'ultime focus sur la relation père et fils du duo central a de quoi émouvoir le plus grand nombre de lecteur.

Vient alors la conclusion du titre, qui a le mérite d'être une véritable fin qui ne laisse que peu de portes ouvertes à une potentielle suite. Masasumi Kakizaki a dû doubler la cadence, mais il parvient à apporter un point final honnête et logique. Certains éléments auraient pu être développés, certes, comme ceux des pages finales, mais l'intrigue telle qu'elle nous est proposée reste globalement très convaincante. Il en résulte une conclusion douce-amère qui nous fait refermer cet ultime volume avec une certaine satisfaction, mais aussi une certaine tristesse. Outre le sort poignant de certains personnages, il y a de quoi être triste de se dire qu'on ne verra plus jamais cette brochette de personnages si attachants. Mais parce que l'auteur a suffisamment trimé avec cette œuvre, de son aveu même dans la postface, on ne pourra lui reprocher d'avoir conclu son œuvre en sept tomes, et ce dernier aura mérité son repos, au même titre que les guerriers qui ont subi le conflit contre Domitien.

Un dernier tome au rythme effréné, mais une fin honnête, ponctuée de beaux moments d'héroïsmes, et très touchante. Voilà comment résumer la conclusion de Bestiarius, une série qui aura connu un rythme de parution difficile mais qui aura toujours constitué une lecture prenante et efficace. Masasumi Kakizaki a cherché à se faire plaisir avec son récit, malgré les difficultés rencontrées, et aura su nous proposer un manga de qualité jusqu'au bout.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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