Bestiarius Vol.5 - Actualité manga

Bestiarius Vol.5

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 12 September 2019

Chronique 2

Suite à la déroute de ses troupes lors de la campagne à Britannia, l'empereur Domitien a vu la confiance du peuple romain envers lui faiblir, si bien qu'il a décidé de prendre des prédispositions pour redorer son blason, à travers un spectacle aussi violent que cruel: les combats en arènes. Ainsi, l'abject souverain fait d'une pierre deux coups: en plus de faire remonter l'estime que le peuple a pour lui à travers ces impitoyables spectacles mortels, il continue d'éradiquer les non-humains, dont les prisonniers sont relégués au rang de simple chair à pâté sous les coups d'un homme: Lucius Dias lui-même. Celui qui a tué Arthur avant de prendre la fuite à Britannia a été relégué au rang de félon, et Domitien a réduit son rôle au pire de tous: en tant que gladiateur, il doit tuer tous les non-humains qui se présentent face à lui dans l'arène. S'il échoue, meurt ou refuse tout simplement, sa femme Diana et son fils Marcus seront exécutés...

Telle est la situation cruelle dans laquelle se retrouve désormais l'ancien centurion Lucius, un homme qui, il y a encore peu de temps, combattait pour Rome, mais qui, petit à petit, a vu ses convictions s'ébranler face à la violence et à la hargne de Rome, face à des non-humains qui n'ont rien demandé, à des êtres qui demandent simplement à pouvoir vivre en paix. Lucius a forcément de nombreux crimes à payer. Et au fil des meurtres qu'il est obligé de commettre dans l'arène, la liste ne fait que s'allonger. Mais à partir du moment où une possible évasion se présente, quel choix fera-t-il ? Se risquera-t-il à s'échapper avec tous les êtres martyrisés par les romains ? La bataille pour la liberté est-elle possible, au risque de signer l'arrêt de mort de sa famille ?

Poursuivant la quatrième grande partie de Bestiarius, ce cinquième volume signe les débuts d'une véritable révolte contre la tyrannie romaine, sous l'impulsion d'un ancien centurion romain qui a énormément de choses à se faire pardonner. Concrètement, le déroulement reste hyper classique et prévisible, les méchants sont très très méchants, et Masasumi Kakizaki, il faut l'avouer, tend même à reprendre des schémas narratifs déjà vus dans les volumes précédents, à tel point que l'issue de ce volume ne surprend aucunement, même si elle conserve toute sa force. Car le parcours de Lucius est ici plutôt bien campé, il y est essentiellement question de rédemption, de lutte pour la liberté, de rébellion contre le tyran, ou tout simplement du désir d'un père d'être un véritable héros pour son enfant, et tout cela réuni donne un divertissement toujours aussi épique et franc.

Lucius n'est évidemment pas seul dans sa nouvelle quête visant à ébranler le monde romain. A ses côtés, on trouve des figures charismatiques, comme le non-humain Gwyllgi, dont le look s'inspire de l'éponyme chien mythique du pays de Galles, ou bien sûr Hannibal Barca, figure historique de Carthage que le mangaka reprend très largement à sa sauce. Des visages secondaires qui sont loin de faire de la figuration, et qui font très bien le job jusqu'au combat final de ce volume.

Quant à la patte visuelle de Kakizaki, elle reste toujours aussi virtuose, avec ses montées de tension et de moment épiques très bien dosées, ses scènes d'action à la fois directes, brèves et brutales, ses designs d'humains à fortes gueules et de non-humains travaillés tout en restant expressifs, ses décors omniprésents, ses pleines pages ou doubles pages qui sont figées par des lignes blanches comme des symboles gravés dans le marbre... Ca reste tout simplement riche, efficace et immersif.

Même si la recette de l'auteur tend à se répéter sur certains points d'un volume à l'autre, et que de ce fait le mangaka surprend moins, Bestiarius conserve tout son souffle, son côté épique, sa rage, ses héros malmenés par le cruauté d'autres hommes détestables... un divertissement brut, qui fait toujours le job.


Chronique 1

Dans l'optique de faire changer Rome de l'intérieur, Lucius Dias a tenté de convaincre Domitien, l'Empereur, d’œuvrer pour une politique pacifiste. Considéré comme un traître pour ses idées, Lucius est expédié dans l'arène, sous le nom du combattant Orcus, avec pour obligation de tuer chacun de ses adversaires, sans quoi sa femme et son fils seraient tués. Par son désir de paix, Lucius s'est mis dans la pire situation possible... Trouvera-t-il l'occasion de se révolter sans mettre la vie de sa famille en danger ?

L'arc narratif de Lucius Dias s'achève dans ce cinquième volume, un tome particulièrement dense où les rebondissements sont légion, et les actes héroïques aussi... tout ce qui fait le sel de Bestiarius en somme.

La petite nouveauté de cette partie vient d'abord de son héros, Lucius, un ancien centurion pacifiste qui doit sa chute en enfer à sa volonté de faire changer l'Empire de l'intérieur. Le protagoniste n'est donc plus directement un rebelle, mais bien un homme victime de ses nobles idéaux, l'amenant à devenir un gladiateur pouvant tuer des innocents de sang-froid. Comme souvent dans Bestiarius, un contexte dramatique bien appuyer toute la violence du récit, ici la prise en otage de la famille de Lucius, créant une tension constante et remettant sans cesse en question les choix du héros. Le ton du tome est alors bien trouvé, le suspense est palpable jusqu'à la fin, et ce aussi parce que Masasumi Kakizaki sait développer de forts enjeux, et peut désormais nous faire croire que n'importe qui peut trouver la mort, après ce qu'a subi le personnage d'Arthur.

Certes, certains événements du tome, quelques rebondissements notamment, sont prévisibles tant ils transpirent un héroïsme souvent vu dans ce genre de récit épique, dans des univers entre fantasy et historique. Pourtant, la recette fonctionne à merveille ici, d'abord parce que l'auteur sait rythmer son œuvre, proposer habilement moult retournements de situation et ne jamais trainer en longueur, mais aussi parce qu'il plante des personnages suffisamment forts qu'on se place immédiatement à leurs côtés avec, comme seul espoir, leur survie. Nous connaissions déjà Lucius, mais le dilemme dont il est victime en fait un héros poignant qu'on comprend sans mal. En parallèle, Gwyllgi est un personnage qui peut énerver au début, mais donc la bravoure et l'abnégation le rendent vite attachant aux yeux du lecteur, au point d'avoir une sacrée frayeur à un moment crucial de la première partie de tome. Vient enfin Hannibal, le fameux colosse effrayant présenté dans le tome précédent, qui renverse totalement nos attentes en étant planté comme une figure pleine de tendresse et victimes du sort qu'on lui a jeté. En somme, Bestiarius renouvelle toujours aussi bien son casting, notamment sur les designs des personnages, très variés, la créature la plus repoussante à première vue pouvant devenir le personnage le plus déchirant.

D'ailleurs, la gestion des personnages est d'autant plus remarquable que l'auteur sait se contenir et utilise les héros des arcs précédents astucieusement, afin de les rendre utiles sans jamais voler la vedette à Lucius, Gwyllgi et Hannibal.

Enfin, on constatera que la tension montante de l'arc est symbolique d'une volonté d'amener la série vers ce qui semble être son arc final. Les choix de Lucius et les siens vont profondément marquer l'évolution de Rome. Ainsi, le tome n'est pas que celui de la révolte de l'ancien centurion, mais aussi le début du déclin de Domitien, deux tableaux brillamment dépeints et violents, à l'image des batailles qui attendent ceux qui souhaitent rejoindre Britannia. Un cap est donc franchi avec ce tome, aussi le volume suivant devrait redoubler d'héroïsme, et sera donc forcément percutant.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.75 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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