Bestiarius Vol.3 - Actualité manga

Bestiarius Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 24 Febuary 2016

Critique 1


Arthur, Pan et Galahad ont subi le sévère entraînement de Finn et sont devenus des guerriers accomplis. C’est dans ces conditions qu’ils se sont rendus à Rome et retrouvent Elaine, au milieu d’une arène, leur amie d’enfance étant devenue une gladiatrice qui a oublié son passé. Mais pour Arthur, pas question d’abandonner, le jeune homme est déterminé à rentrer avec celle qu’il aime.

Ce troisième volume nous conte la fin du troisième arc de la série, le plus long à l’heure actuelle et peut-être le plus réussi. L’action qui nous est proposée est d’ailleurs plus riche que précédemment et nos trois compères auront fort à faire s’ils veulent sauver leur amie Elaine.

C’est donc par son sens de l’action que le volume brille et se présente comme un divertissement excellent d’un bout à l’autre tant Masasumi Kakizaki captive par son histoire d’héroïque-fantasy qui entretient un rythme effréné à tous moments. Les combats spectaculaires de gladiateurs s’enchaînent ainsi et les rebondissements se poursuivent jusqu’au dénouement du tome, particulièrement bien construit en terme d’intensité. L’histoire en elle-même reste souvent prévisible tant elle repose sur des ficelles classiques, ici le combat entre de jeunes gens situés dans des camps différents. Mais le mangaka utilise son talent afin que le lecteur se penche sur l’adrénaline des combats plutôt que sur le scénario en lui-même qui peut se limiter au sauvetage d’Elaine. Masasumi Kakizaki cherche simplement à créer une histoire au cadre original sur lequel s’appuie un scénario simplement efficace, sans chercher plus loin, et il y arrive très bien.

Evidemment, le coup de crayon de l’auteur joue énormément dans l’intérêt de la série. Ce dernier redouble d’imagination dans le design des monstres, et c’est une fois encore son souci du détail qui impressionne tant chaque case est peaufinée dans son moindre recoin et le moindre personnage détaillé au millimètre près. Cela se ressent notamment dans les monstres et les créatures fantastiques qui s’appuient davantage sur les codes de la BD de fantasy plutôt que sur le manga, donnant au titre une identité particulièrement saisissante.

La fin de ce troisième arc est particulièrement intéressante tant elle pourrait aussi sonner comme une fin pour la série, une fin ouverte et simpliste certes, mais une conclusion qui resterait honorable si Bestiarius s’était limite au développement de ces trois histoires. Mais l’œuvre se poursuit bel et bien et la fin de ce tome est d’autant plus efficace puisqu’une étape semble s’être achevée dans la série, celle-ci étant libre soit de poursuivre sur un rythme de petites aventures qui se recoupes, soient d’entamer une phase plus ambitieuse, par exemple la contre-attaque des multiples personnages sur un Empire qui a montré plus d’une fois son inhumanité. Seul le quatrième volume pourra nous le dire, mais il faudra s’armer de patience avant de le déguster…


Critique 2


Une année s'est écoulée depuis que le Romain Lépide, ancien gouverneur de Britannia, est reparti pour Rome après avoir anéanti le village d'Arthur et enlevé Elaine. Désormais fort de son entraînement aux côtés de Finn et Durandal, le jeune garçon, accompagné de ses fidèles amis Pan et Galahad, est parti pour la cité romaine afin de libérer la femme qu'il aime. Mais sur place, une terrible épreuve les attend tous les trois. Au sein de l'amphithéâtre flavien (ou colisée), le jeune garçon fait face à sa dulcinée, devenue une redoutable et impitoyable gladiatrice, dont Lépide a pris soin de laver le cerveau, à tel point qu'elle pense qu'Arthur et ses amis sont les ennemis ayant détruit son village. Un cruel combat s'engage alors entre les deux jeunes gens... Arthur parviendra-t-il à raisonner Elaine, à la sauver, et à se sortir indemne de ce lieu de mort ?

Quasiment tout le volume se déroule au coeur de l'amphithéâtre, pour un résultat enchaînant action et coups de théâtre. Car Arthur, en plus de devoir sauver Elaine, devra aussi déjouer les après les autres les plans odieux et sournois de Lépide qui va tout tenter pour éliminer les intrus tout en grandissant auprès du peuple son image et celle de Domitien. Autant dire que la tâche, d'emblée, s'annonce rude, car face à une Elaine devenue une combattante impressionnante, Arthur et les siens ne peuvent se résoudre à se battre pleinement. Comment pourraient-ils blesser celle qu'ils sont venus sauver ? Alors ajoutons à cela les plans de Lépide, tous plus fourbes et cruels les uns que les autres, et l'on obtient un résultat où fleure bon la cruauté et le désespoir. Arthur, Pan et Galahad ne sont d'ailleurs pas dupes : prisonniers de l'ennemi au sein d'un théâtre fermé de toutes parts, ils n'ont quasiment aucune chance de s'en sortir vivants, et sont prêts à mourir pour Elaine...

Concrètement, difficile de faire plus linéaire et manichéen que ce tome, globalement prévisible d'un bout à l'autre. Entre la cruauté totale d'un Lépide enchaînant les épreuves sadiques et les lavages de cerveau sur Elaine, l'amitié indéfectible de Pan et de Galahad envers Arthur, et l'inébranlable volonté de ce dernier de sauver la femme qu'il aime, on a tous les classiques du genre. Ce qui fait la différence, c'est le talent de l'auteur.
Car il est indéniable que Kakizaki a un don pour faire ressentir tout le parfum de cruauté, d'injustice et de désespoir de cette situation. Ses rebondissements ont beau être classiques et linéaires, il sait les mener efficacement pour relancer régulièrement le suspense, et parvient à teindre son récit d'une ambiance de mythe toujours aussi plaisante. En plus de continuer de se réapproprier brièvement et à sa sauce certains mythes (ici, notamment, Germaniques avec les personnages de Tyr, Wodan et Donar), les monstres, les combats épiques et la volonté profonde du chevaleresque héros de sauver sa dulcinée restent des thématiques très présentes dans la mythologie, que celle-ci soit gréco-romaine ou arthurienne.
Et évidemment, il y a les prouesses visuelles d'un auteur qui se fait plaisir. Son trait riche, ses combats bruts où la poussière du Colisée vole sous les coups, ses design de monstres marqués, ses visages humains forts en gueule... Un tel sujet, un tel univers, sont taillés pour le coup de crayon dense et impressionnant de cet auteur.

Classique, mais efficace, voilà donc ce qui peut résumer ce troisième tome, un peu à l'instar des deux premiers. Le récit est classique et assez linéaire, et c'est bien le talent de Kakizaki qui assure tout le spectacle. Un excellent divertissement... dont la suite se fera désormais attendre longtemps. Mis en pause pendant un certain temps après la fin de cet arc sur Arthur, la série a repris fin 2015 dans le Shônen Sunday Super, un magazine mensuel. On a hâte de voir ce que le mangaka nous réserve pour la suite, mais il faudra prendre son mal en patience. En attendant rien de frustrant, puisque l'arc sur Arthur est bien bouclé à la fin de ce troisième tome.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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