Beastars Vol.5 - Actualité manga

Beastars Vol.5

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 06 August 2019

Chronique 3
  
Alors que Legoshi se débat avec ses sentiments ambigus vis à vis de la belle Haru, cette dernière se fait enlever par un gang de carnivores, le gang des Lions, qui souhaite faire d'elle le repas de leur leader!
Il faut agir mais s'opposer à un tel gang effraie tout le monde, y compris le maire, lui même un lion...

Ce tome se montre aussi passionnant que surprenant! Passionnant parce qu'il est rythmé et nous offre de grands moments d'action mais aussi un développement des personnages toujours plus poussé; surprenant parce qu'on ne s'attendait pas à un tel développement, ce qui suit ici pourrait s'apparenter à un shonen d'action bête et méchant avec des héros qui se rassemblent pour aller sauver une demoiselle en détresse détenue dans une forteresse où les ennemis sont bien plus nombreux qu'eux!

Le premier niveau de lecture c'est donc celui ci, celui d'un shonen d'action où Legoshi va braver ses peurs et faire appel à tout son courage et toute sa volonté pour aller sortir Haru des griffes des lions...
Le second niveau de lecture nous entraîne davantage dans un monde où la corruption domine, un monde où les plus forts peuvent faire ce qu'ils veulent en toute impunité, malgré les lois, un monde où même le maire, se voulant tout puissant, n'est rien et se préoccupe bien plus de son image que des personnes qu'il se doit de protéger!
Dans ce monde un loup tombe amoureux d'un lapin, un amour interdit, et ce même loup qui lutte depuis toujours contre ses pulsions violentes se voit contraint d'y céder pour cet amour interdit, il doit tuer et goûter le sang pour sortir celle qu'il aime des griffes de dangereux prédateurs!
Louis de son coté, s'il semble apeuré dans un premier temps va au final se montrer encore plus froid et plus violent que les prédateurs eux même, n'hésitant pas à donner la mort, en laissant même apparaître une certaine satisfaction!

Gohin, le panda rencontré auparavant, va ici prendre de l'importance et va aider notre jeune loup à rentrer plus rapidement dans le monde violent et sans concession des adultes...il a conscience qu'apporter son aide à Legoshi ne l'aidera pas vraiment, puisque c'est aussi à cause / grâce à lui que notre héros va goûter au sang!

Enfin, alors qu'il est couvert de blessures et de sang, Legoshi va se rapprocher de Haru, cette dernière, d'abord effrayée par sa violence, va surtout voir en lui le valeureux protecteur qu'il souhaite être...mais la culpabilité de Legoshi est trop forte et il se doit de se libérer de son poids...et nous en restons là...pressé de découvrir la suite, totalement absorbé par tout ce que ce tome nous a offert, séduit par l’approche géniale de son auteur!
  

Chronique 2
  
Legoshi commence à y voir clair dans ses sentiments, et il est bien décidé à déclarer à Haru l'amour qu'il éprouve pour elle. Au moment du rendez-vous, la lapine est la cible de ravisseurs, des membres d'une mafia locale de lions qui s'adonne au trafic et à la dégustation illégale d'autres animaux. Louis, freiner par l'ascension sociale qui l'attend, refuse de partir sauver Haru. Mais ce n'est pas le cas de Legoshi qui enquête de son côté pour tirer celle qu'il aime de ce mauvais pas.

Un événement imprévu se produit et va sortir plusieurs personnages importants de la série du cadre scolaire, le temps d'un volume. Le kidnapping de Haru est l'occasion pour Paru Itagaki de bousculer la routine de son trio principal, et notamment celui de Legoshi. Pour le pauvre loup qui se prenait la tête sur ses sentiments, il doit désormais affronter le monde extérieurs et le marché noir pour espérer mettre la main sur Haru.

En comme à chaque fois, il y a énormément à dire sur la manière dont l'autrice utilise son récit pour traiter ses personnages, toujours plus fascinants à chaque tome. Derrière un schéma cliché et un poil sexiste, celui de la demoiselle en détresse, la mangaka dévoile une Haru qui, au contraire, ne tombe pas dans le cliché de la princesse kidnappée. Son caractère associé à son passé est une véritable surprise pour le lecteur, si bien qu'on aurait tendance à dire que Haru est la véritable héroïne du volume grâce à son courage. De manière plus basique, Legoshi profite du feu de l'action pour montrer une détermination qui le rend toujours plus attachant, tandis que Louis montrera encore une fois toute son ambiguïté, à travers un passage qui a de quoi faire un bond sur le fauteuil de par sa conclusion.

Le travail sur les personnages est donc plus plus fort, tandis que la société pensée par Paru Itagaki se montre à chaque fois plus cruel. Après le marché noir et le trafic d'enfant dont a été victime Louis, l'autrice dévoile une mafia particulièrement écœurante. La violence de Legoshi mais aussi de Gohin, le panda bourru trônant fièrement sur la couverture, se font le reflet du lecteur, et de manière intelligente. L'action n'est pas simplement là pour donner au lecteur son quota de combat, mais bien pour dépeindre des personnalités et poussée une envie de révolte dans un monde où les forts oppriment les plus faibles, de la manière la plus attroce qui soit. Dans une société comme celle de Beastars qui fait reflet avec notre propre monde, c'est particulièrement pertinent et bien mené.

On n'oublie pas non plus toute la patte Paru Itagaki, qui magnifient ces qualités d'écriture. Son coup de crayon se révèle toujours aussi expressif, durant quand il s'agit de dépeindre les dilemmes intérieurs des personnages, tandis que le rythme du volume est géré d'une main de maître. Avec ce cinquième tome, l'autrice montre que tout est murement réfléchit, et que chaque détail de Beastars a du sens. En résulte un nouvel opus qui se lit d'une traite, qui fait frissonner comme il émeut à certains instants, et qui se paie le luxe de quelques notes de suspense qui vont rendre l'attente du sixième tome particulièrement rude.
  
  
Chronique 1
  
Alors que le festival de la météorite approche à grands pas, nos héros ne sont pas au bout de leur peines. Face à Bill qui a découvert le secret de ses horribles origines et qui s'apprêtait à en tirer avantage, Louis a répondu en lui braquant un pistolet sur la tête: voilà le tigre averti s'il compte en dire trop à qui que ce soit ! Quant à Legoshi, il reste totalement troublé par ses sentiments pour Haru: ce qu'il avait peur de ne voir être qu'un résidu de son instinct de prédateur doublé d'un sentiment de culpabilité d'avoir blessé la lapine lors de leur première rencontre, semble bien être de l'amour, si bien qu'il est déjà allé jusqu' lui déclarer sa flamme, à sa manière... mais la petite lapine préfère ne rien entendre face à cette déclaration sortant de nulle part ! Mais à l'heure où les esprits sont troublés, une coupure de courant pendant les préparatifs du festival donne lieu à un terrible événement: Haru a été enlevée par un groupe de carni, le gang des lions, fricotant près du marché noir, et dont le boss raffole des petites créatures à poil blanc et sans la moindre impureté...

Alors que le tome 4 de Beastars continuait brillamment de développer ses personnages et de faire monter l'attente, l'enlèvement brutal de Haru dans les toutes dernières pages nous laissait sur un climax impeccable, et dès lors on attendait forcément beaucoup du 5e opus... Autant le dire tout de suite: ce que Paru Itagaki nous propose tout au long de ce tome mouvementé et intense est d'une maîtrise et d'une richesse frôlant la perfection.

En premier lieu, pour ce que le récit, dans sa tension, parvient pourtant encore à développer autour des trois personnages centraux que sont Haru, Louis et Legoshi. Dès le début du tome, la petite lapine se retrouve confrontée à une situation terriblement humiliante de la part du boss de ses ravisseurs, un lion cherchant à installer en elle ne honte profonde pour que sa chair ait encore meilleur goût. Dès lors, Itagaki nous offre un focus plus prégnants que jamais sur la petite lapine et sur ses plus profonds tourments intérieurs. Cela, au fil du tome, va passer notamment par ses pensées, et par sa façon de rédiger son testament et ses confessions dans sa tête, et on découvre alors avec force et détails le ressenti de cette demoiselle : sa condition de lapine qu'elle n'a pas choisie et qui la fait toujours passer pour une petite chose faible et fragile aux yeux des autres, son rapport aux relations sexuelles dans lesquelles elle s'est réfugiée car c'est là l'unique refuge où elle a l'impression qu'on la traite d'égal à égale, le constat misérable qu'elle fait sur son existence, son sentiment d'avoir une vie dénuée de tout intérêt au point qu'elle ne manquerait réellement à personne... Alors, Legoshi va-t-il pouvoir changer quelque chose à la façon dont elle se considère elle-même ? Il y a bien des petits indices, comme sa tentative de rébellion à sa manière pour ficher en l'air les plans du boss du gang... Mais surtout, même si à l'heure la plus critique elle pense toujours à Louis, dans son esprit Legoshi revient toujours plus. Legoshi, qui, par son comportement difficile à cerner, la chamboule... Legoshi qui, lui aussi, et c'est une habitude, a droit à un traitement impeccable dans une tentative de sauvetage où il est poussé dans ses retranchements, jusqu'à être obligé de faire parler ses crocs qu'il se refusait pourtant d'utiliser. Le personnage principal de Beastars reste ci un régal, que ce soit pour son évolution, pour sa façon de se battre avec les pattes ou avec la mâchoire afin de sauver aveuglément celle qu'il aime, pour toutes les petites attentions qu'il continue de montrer alors qu'elles sont parfois décalées par rapport à la situation, pour les doutes qui continuent de le tirailler concernant sa condition de loup alors qu'il est en plein combat... Il est tout bonnement génial. Enfin, il y a le cas de Louis, qui prend ici une voie bien différente de son congénère loup. Prisonnier de son probable futur rôle de Beastar mais aussi de son désir de dominer les carni qui ont tant brisé son enfance, sommé par le maire d'éviter tout esclandre pour une "simple" petite lapine, quel choix fera-t-il ? Laissera-t-il tomber Haru ? Itagaki aborde très bien le cerf dans un début de tome où on le sent un peu tourmenté, mais aussi vers la fin du volume où, tout en se montrant beaucoup moins gentil que Legoshi, il prend un peu dans cette affaire d'enlèvement le rôle qu'a habituellement Legoshi, en restant plus dans l'ombre, quitte à ce que les rôles habituels de ces deux-là s'inversent en quelque sorte. Pendant que Louis agit dans l'ombre et renonce à certaines choses, Legoshi, lui, semble plus en lumière que jamais, quitte à avancer considérablement sur certains points et notamment son lien avec Haru...

Ensuite, il y a, autour de l'enlèvement, de ses enjeux et de ses trois personnages principaux, la manière hyper efficace dont Itagaki utilise d'autres personnages. On peut penser aux camarades de dortoir de Legoshi qui s'inquiètent de la disparition de leur ami (et Jack a définitivement une bonne tête), à Juno... mais celui qui attire le plus l'attention est évidemment le panda s'affichant d'une façon on ne peut plus badass sur la jaquette: Gohin, le psychiatre du marché noir. Aide très précieuse de Legoshi ici, il régale dans ses moments d'action, mais séduit encore plus dans la manière dont il s'installe peu à peu, pour Legoshi, comme un guide, un adulte de confiance sur qui il peut compter et à qui il pourrait se confier.

Enfin, la patte visuelle d'Itagaki atteint régulièrement ici des sommets. Pour les designs des personnages ben sûr, toujours aussi travaillés et véhiculant bien leur personnalité ainsi que l'animal dont ils sont inspirés. mais également pour des merveilles de mise en scène et de découpages, avec notamment plusieurs vues très impactantes de certains moments forts du combat, à commencer par les quelques dessin en doubles-pages qui dégagent tout ce qu'il faut.

Beastars a beau être une série excellente depuis ses débuts, Paru Itagaki trouve encore le moyen de faire monter la qualité jusqu'à atteindre des sommets. Ici, la mangaka, alors qu'elle suit un schéma assez simple d'enlèvement et de sauvetage, brille autant côté graphique que côté scénaristique. Tout en offrant plus d'action et de tension que jamais, l'autrice ne perd jamais de vue le développement de ses personnages, chose qu'elle effectue toujours avec de nombreuses nuances, de tout aussi nombreuses interrogations intérieures... Riche, passionnant, intelligent, visuellement remarquable, Beastars s'est bel et bien imposé comme le manga ou l'un des mangas de l'année.


Critique 3 : L'avis du chroniqueur
Erkael

16.5 20
Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

18 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

19.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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