Beastars Vol.14 - Actualité manga

Beastars Vol.14

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 15 January 2021

Chronique 2 :

Les prouesses de Legoshi lui valent la curiosité de Vahya, l'actuel grand Beastar. Aussi ce dernier convie le loup gris à un diner en bonne et due forme, au sommet de son repaire. Nerveux, Legoshi s'y rend tout en ignorant la nature de Vahya, ni la volonté de celui-ci de mettre à l'épreuve le petit-fils de Gohin. D'un diner formel, c'est une vraie confrontation entre les deux animaux qui s'apprête à avoir lieu. De son côté, Haru fait grise mine après avoir surpris Legoshi avec une autre, et aimerait bien tirer un trait sur son ancien camarade d'école...

Loin de n'avoir pas su rebondir, Paru Itagaki développe un nouvel arc passionnant après un climax de première partie tout à fait intense et habilement écrit. En faisant Lagoshi quitter son école, la mangaka aborde davantage la grande société animalière de sa série, tout en plantant de forts enjeux avec l'histoire familiale du loup gris et son rapport avec le charismatique Vahya. Le début de ce quatorzième tome aborde les répercussions de la fin du volet précédent, proposant une vraie confrontation entre le héros du titre et le grand Beastar. Un moment d'une grande intensité, encore une fois, et qui jette une sérieuse ambiguïté sur toute la société : Celle-ci n'est pas aussi manichéenne qu'on pourrait le penser, et ne repose pas sur les gentils mangeurs de végétaux d'un côté, en oppositions aux carnivores qui renonceraient face à leurs instincts primaires. Chaque aspect possède une face cachée, y compris les plus grands héros. C'est ici cru, voire choquant, mais en dit long sur l'univers et sur l'idéal que cherche à atteindre Legoshi.

On serait donc tenter de haïr Vahya, ce Beastar qui agit par égocentrisme et orgueil mal placé, mais ce serait oublier qu'il commet aussi de bonnes actions pour sa société. C'est en ce sens que la toute fin du tome joue un rôle capital en plus d'introduire un adversaire qui semble cristalliser à lui seul l'une des optiques de ce nouvel arc : La possibilité du mélange des cultures dans un tel monde animalier. L'idée est brillante et le personnage frissonnant à souhait, permettant ici au récit de retrouver son ambiance thriller qu'on lui connaissait dans sa première grande partie. Encore une fois, Paru Itagaki renforce notre impatience à l'idée de lire la suite de son œuvre.

Mais ce climax de volume n'est pas le seul à aborder cette question de l'hybridité au sein de la société animalière de la série. Avec un retour en avant de Haru, le titre renoue avec sa dimension love story et se sert de sa relation centrale pour faire des échos aux complications sur le vivre ensemble. D'une histoire de jalousie amoureuse, le récit bascule parfois vers des moments crus et glaciaux dans leurs atmosphère. Pourtant, quant l'ambiance s'apaise et se veut touchante, l'ensemble fonctionne à merveille. La romance principale de la série va véritablement de l'avant tout en renforçant l'alchimie entre ses personnages et en établissant un constat très nuancé du monde de la série, tant d'ingrédients qui s'entremêlent à merveille. Si certains en doutaient encore, Paru Itagaki prouve une nouvelle fois son talent d'écriture et son aptitude à développer des personnages en parallèle à un univers très personnel qui révèle, à chaque tome, un peu plus de sa densité. Après quatorze volumes, Beastars est plus passionnant que jamais.


Chronique 1 :

Ayant écarté le choix des études pour s'installer seul et entrer dans la vie active via un job dans un restaurant, Legoshi tâche de trouver sa propre voie dans la société, en se frottant à ce qu'il ne connaissait pas encore avec un esprit d'ouverture, et en élargissant ainsi son horizon. Son application au travail où il cherche à s'adapter à chaque animal, sa découverte des "marins", ses relations amicales avec les autres habitants de son immeuble qui sont tous bien différents, sont autant d'éléments qui ont commencé à l'ouvrir à un nouveau monde, premier pas pour lui vers le monde adulte... mais pendant ce temps-là, Haru, elle, que devient-elle ? La lapine naine est désormais sortie diplômée de Cherryton, et cherche à s'intégrer sans remous dans l'université qu'elle a intégrée, en tâchant de nouer des amitiés. mais au fond d'elle, quelque chose la tracasse: sa relation avec Legoshi. Elle a forcément le sentiment d'avoir été un peu laissée en plan, d'autant plus qu'elle s'est fait des films en voyant le loup rentrer chez lui avec Seven... Tandis que la jalousie apparaît, Haru s'auto-persuade que sa relation avec Legoshi est d'ores et déjà vouée à l'échec, que c'est normal, que c'est dans l'ordre des choses... Vraiment ?

Vous l'aurez compris, une bonne partie de ce 14e volume de Beastars va revenir s'intéresser de plus près à la lapine et à sa relation amoureuse complexe avec notre notre héros. Pendant que Legoshi essaie de devenir plus responsable et plus adulte de son côté avant de revoir celle qu'il aime, Haru, forcément, vit les choses différemment, et on suit d'abord avec intérêt le tiraillement qui est en elle, et où son auto-persuasion cache surtout des sentiments qui restent bel et bien là. En prendra-t-elle conscience, et acceptera-t-elle ça ? La réponse survient à travers son comportement face à une de ses nouvelles amies, Ako, lapine qui s'est mise à sortir avec un lion pour, apparemment "faire genre", et le résultat sera aussi fort que choquant: choquant pour l'issue donnée à ce "couple", et fort pour tout ce qui en découle, que ce soit dans les nouvelles réflexions sur les problèmes de couple mixte, ou dans les résolutions nouvelles qui explosent en la lapine. Et ces résolutions, elles prendront ensuite la forme de retrouvailles espérées et attendues entre les deux atypiques tourtereaux vedettes de la série, où tous deux séduisent beaucoup. Lui, pour le sérieux un peu lourd qu'il montre toujours dans sa volonté de bâtir une relation sérieuse où il pourra rendre Haru heureuse. Et elle, pour sa volonté de faire face à celui qu'elle aime, d'accepter toutes ses facettes de carni, jusqu'à aller se confronter aux réalités d'un lieu où les herbi ne sont pourtant pas en sécurité.

Bref, Paru Itagaki fait encore avancer et grandir la relation complexe entre Legoshi et Haru, toujours avec beaucoup de choses à dire... mais cet aspect est, dans ce volume, loin d'être le seul facteur de nouvelles avancées pour notre cher loup. En premier car, dès le début du tome, l'heure est venue pour Legoshi de rencontrer un être de première importance: Yahya, dont il ne sait pas encore qu'il est le Beastar, et qui risque encore de changer pas mal de choses en lui. Comme Legoshi le découvre, Yahya est, forcément, un être particulièrement haï au sein du marché noir, où il exerce sa justice avec force. Mais que ressortira-t-il de la rencontre entre le loup et le cheval ? La réponse est assez passionnante, en finissant par confronter deux visions différentes pour rendre la société meilleure, parfaite... si tant est qu'il soit possible de définir ce qu'est une société parfaite. En Yahya, Legoshi découvre un homme poursuivant son idéal de société, mais appliquant d'une manière bien à lui sa justice, une justice reposant sur une certaine haine envers les carni, auxquels il réserve d'ailleurs un sort malaisant (miam, les bonnes carottes...). Sans compter que e cheval reste également nourri, plus personnellement, de sa rancoeur envers Gosha et le choix de vie qu'il a fait. Tandis que Yahya cherche à le mettre à l'épreuve et à explorer sa personnalité, Legoshi comprend bien quelles responsabilités pèsent sur ce Beastar, ce justicier... Pour autant, ses méthodes sont-elles les bonnes ? A cela, notre héros répond par une nouvel acte fou et symbolique dont il a le secret. Et gageons que cela nous promet une suite encore plus palpitante dans le rapport entre le loup et le cheval, encore plus au vu de toutes dernières pages faisant enfin entrer en scène un antagoniste qui aura une importance capitale dans l'arc à venir...

Enfin, entre Yahya et Haru, la vie de Legoshi continue également de se dessiner à travers ses vieux amis du dortoir du lycée, Jack et les autres, pour des retrouvailles courtes mais vraiment chouettes. Pas question pour les potes de s'oublier, bien au contraire, et cela passe notamment pas la découverte du B-Strike, un lieu où les animaux peuvent libérer les instincts propres à leur espèce, qu'il tentent désespérément de réfréner le reste du temps. Car c'est apparemment aussi ça, la vie adulte...

Paru Itagaki nous offre alors, une nouvelle fois, un volume bien complet et très pertinent. On appréciera énormément ici les nouvelles réflexions de société et prises de conscience véhiculées à travers Legoshi, au gré de ses retrouvailles avec plusieurs personnages, de sa relation plus intéressante que jamais avec Haru, des perspectives ouvertes par la rencontre avec Yahya... Passionnant et intelligent, encore et toujours.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.75 20
Note de la rédaction






MN Actus
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